Où l’Église doit-elle se réunir?

Sous l’Ancien Testament, le lieu où l’on adorait Dieu était très important. Moïse ordonna aux Israélites:

«…Vous irez au lieu que l’Éternel, votre Dieu, choisira parmi toutes vos tribus pour y placer son nom…  C’est là que vous présenterez tout ce que je vous ordonne, vos holocaustes, vos sacrifices, vos dîmes, vos prémices… C’est là que vous vous réjouirez devant l’Éternel, votre Dieu… Garde-toi d’offrir tes holocaustes dans tous les lieux que tu verras; mais tu offriras tes holocaustes au lieu que l’Éternel choisira.» (Genèse 12. 6,12)

Le lieu d’adoration était donc très important sous la loi de Moïse, mais Jésus dit à la femme samaritaine que les choses étaient sur le point de changer: «Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne (en Samarie) ni à Jérusalem que vous adorerez le Père… Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande» (Jean 4.21,23). Ce que nous faisons et notre manière de le faire, voilà ce qui est plus important aux yeux de Dieu.

Il faut, néanmoins, adorer quelque part. Alors, quand il s’agit de lieux de culte, il y a deux attitudes opposées qui, toutes les deux, risquent de faire du mal à l’œuvre du Seigneur. La première est une sorte d’indifférence totale en ce qui concerne quelque chose qui pourrait faciliter grandement l’évangélisation et l’édification de l’Église. La deuxième est un souci exagéré, voire même une obsession, avec ce qui ne figure nullement dans les conseils inspirés que nous trouvons dans les pages du Nouveau Testament concernant la vie et le travail de l’Église.

Un aperçu historique

Si l’Église obéit à la recommandation biblique de s’assembler (Héb. 10.25), elle doit évidemment, comme nous venons de le constater, s’assembler quelque part. Dans certains climats, il est possible que ce lieu soit en plein air (au moins quand il ne pleut pas), sous un arbre, par exemple. Dans d’autres régions du monde, le froid et la neige exigent forcément une sorte d’abri. Le Nouveau Testament ne nous fournit pas beaucoup de détails concernant les endroits où les assemblées se réunissaient au premier siècle. Tout au début, l’Église de Jérusalem se réunissait au temple juif (Actes 2.46). Il faut comprendre que la grande majorité des Juifs n’avaient pas droit d’entrer dans le bâtiment propre du temple – ce droit était réservé aux lévites et aux sacrificateurs en fonction. Les adorateurs «ordinaires» se retrouvaient dans la cour du temple qui était composée de grandes places et de «portiques», ou galeries dont les toits étaient soutenus par de magnifiques colonnes. Plus tard nous trouvons des chrétiens réunis dans les maisons de certains membres (Actes 12.12; 1 Cor. 16.19; Philémon 2; etc.). Avant le jour de Pentecôte les disciples s’assemblaient dans une grande «chambre haute» qui semble avoir été soit empruntée soit louée (Actes 1.12-15; Luc 22.7-14), et les chrétiens de Troas disposaient, eux aussi, d’une chambre haute pour leurs réunions (Actes 20.7-10). L’histoire nous apprend que plus tard les chrétiens de Rome se retrouvaient dans les catacombes, un réseau de tunnels et de chambres qui constituait un cimetière souterrain. La raison pour un tel lieu de culte était la persécution subie par l’Église – de petits groupes pouvaient s’y réunir en cachette. On dit que les païens, qui craignaient les esprits des morts, ne fréquentaient pas de tels lieux. Ce n’est que des siècles plus tard, quand la persécution avait pris fin, que des Églises commencèrent à construire des édifices magnifiques dans le but de glorifier Dieu et inspirer les adorateurs par leur beauté artistique. Entre les catacombes et les cathédrales, une grande variété de lieux de prière ont été construits selon les cultures, les climats et les moyens des assemblées.

Quelle valeur attacher aux édifices?

Ce qui est certain, c’est que la validité d’une assemblée aux yeux de Dieu ne dépend pas du lieu de culte dont elle est dotée; ce n’est donc pas un lieu de culte qui devrait déterminer le respect que les hommes accordent à une assemblée. L’importance exagérée que le lieu de culte revêt dans la pensée de beaucoup d’hommes risque de fausser l’image que l’on a d’une communauté chrétienne. Une Église qui est en total accord avec la volonté de Dieu et qui enseigne fidèlement sa parole peut être rejetée d’office par certaines personnes pour la simple raison qu’elle se réunit dans une maison privée, dans une salle de classe, ou dans un autre local très modeste. C’est une grave erreur que de baser une décision dont les conséquences sont éternelles sur un facteur qui n’a aucune importance spirituelle. Certaines personnes se laissent impressionner et attirer par la grandeur, le confort ou la beauté d’un édifice et ne tiennent même pas compte du fait que ce qui se passe dans cet édifice est contraire à la parole de Dieu. C’est un piège qui peut coûter la vie éternelle.

Est-ce donc une erreur pour une assemblée de chrétiens de construire un local pour y rendre son culte à Dieu, pour s’y réunir afin d’étudier la Bible et jouir de la communion fraternelle? Non, ce n’est pas ce que nous disons. Un bâtiment est un outil, autorisé par le commandement de nous assembler (Hébreux 10.25, etc.).

Mais il faut garder une bonne conception des édifices. Un bâtiment, que ce soit une jolie chapelle, une cathédrale, ou une simple construction de bois, ne sauve personne. Romains 1.16 nous dit que c’est l’Évangile qui est «la puissance de Dieu pour le salut». En plus, le bâtiment n’est pas un moyen d’évangéliser: la bonne nouvelle du salut se répand aux autres grâce à des hommes et des femmes qui ont cru et qui ont été transformés par ce message. Certains appellent le bâtiment où l’on prie «la maison de Dieu» ou «le temple» de Dieu, mais Dieu n’y habite pas. Il habite en nous chrétiens. Paul dit en 1 Corinthiens 3.16: «Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous?» Un joli lieu de culte n’assure pas la survie de l’Église: si les membres vivent dans l’immoralité, s’ils tombent dans de fausses doctrines, ou s’ils manquent d’amour les uns pour les autres, l’assemblée sera rejetée par Dieu, ou abandonnée par les hommes, ou les deux. Enfin, ces bâtiments, auxquels on attache tant de valeur, seront détruits le jour où le Seigneur reviendra. L’apôtre Pierre dit:
«Le jour du Seigneur viendra comme un voleur. En ce jour, le ciel disparaîtra avec un bruit effrayant, les corps célestes seront détruits par le feu, la terre avec tout ce qu’elle contient cessera d’exister. Puisque tout va être détruit de cette façon, vous comprenez bien quel doit être votre comportement! Vous devez avoir une conduite sainte et marquée par l’attachement à Dieu» (2 Pierre 3.10,11, FC). Évidemment, les choses physiques que nous pouvons voir de nos yeux et toucher de nos mains ne sont pas l’essentiel pour Dieu.

Les avantages (et quelques dangers) d’un lieu de culte

N’y a-t-il pas des avantages à un lieu permanent pour une assemblée locale (un lieu loué ou acquis par l’Église) par rapport à la maison d’un membre, une salle de classe dans une école ou une salle publique qu’on louerait juste pour le culte du dimanche? Il y en a plusieurs:

1. La flexibilité. Un lieu qui est en tout moment à la disposition de l’Église permet de programmer des activités quand on le veut, même à la dernière minute. Que ce soit un culte, une étude biblique, une réunion de prière, une séance d’évangélisation, un repas fraternel, une activité spéciale pour les jeunes ou les femmes, ou même un rendez-vous pour n’importe quel entretien spirituel, le local de l’Église est un lieu approprié et disponible.

2. La tranquillité. Quand on fait le culte dans le domicile d’un membre de l’Église, il y a parfois des activités domestiques qui se passent en même temps que l’adoration et qui constituent une distraction. Il peut y avoir des personnes qui font partie du foyer mais qui ne sont pas membres de l’Église et qui s’entêtent à faire autre chose en même temps que l’assemblée essaie d’adorer Dieu: celle-ci fait sa linge, ou son ménage ou sa cuisine (et parfois gêne les autres avec la fumée); celui-là joue la radio trop fort; ceux-ci parlent haut et fort tout près de l’entrée de la salle. Si le culte se fait dans une cour commune, les distractions se multiplient en fonction du nombre de personnes dans la cour.

3. La légalité. Dans certains pays ou certaines villes, il existe des lois qui interdisent d’organiser des assemblées religieuses dans les maisons privées.

4. La respectabilité.  Cet argument doit être admis, mais dans une mesure plus limitée: il est vrai que les préjugés dans certains milieux font qu’une Église qui ne se réunit pas dans une chapelle assez traditionnelle peut être mal vue. Ceux du dehors peuvent avoir l’idée que l’assemblée n’est pas «sérieuse». Ils se disent qu’il s’agit simplement d’un effort d’escroquer les autres, comme une entreprise qui s’ouvre et se ferme subitement sans honorer ses engagements ou sans rembourser l’argent des clients qui n’ont pas eu satisfaction. Par contre, l’Église ne doit pas tomber dans le piège d’être l’esclave des attentes des non-chrétiens, des attentes qui n’ont rien à voir avec ce que Dieu veut pour son Église. Ce n’est pas à ceux qui ne sont même pas dans l’Église de déterminer les priorités de l’Église dans l’emploi de ses ressources.

Quand il s’agit d’un lieu que l’assemblée achète plutôt que de louer, il y a potentiellement un cinquième avantage et aussi quelques dangers:

5. La stabilité. Chaque fois qu’une assemblée change son lieu de réunion, elle perd généralement quelques visiteurs réguliers ou même des membres. Quand on est locataire ou qu’on s’arrange avec une école ou une famille dans l’Église pour l’emploi d’un espace, on n’a pas de garantie. Le propriétaire peut annuler ou ne pas renouveler le bail; l’école peut changer de directeur ou de politique en ce qui concerne l’utilisation de ses salles; la famille chrétienne peut déménager ou rechuter. La famille hôte peut s’engager dans des comportements qui déshonorent l’assemblée, ou profiter de la dépendance de l’Église en ce qui concerne le lieu d’adoration pour dominer sur les autres ou imposer sa volonté quand l’assemblée prend des décisions – ce qui pousse l’assemblée à vouloir changer de lieu. Quelle que soit la raison pour le déménagement de l’assemblée, il y a le danger de perdre certaines personnes.

Les dangers

(1) Le lieu que l’assemblée s’acquiert peut se trouver loin de là où habitent la plupart des membres actuels ou de ceux qu’on arrive à convertir. Les parcelles à la périphérie d’une ville sont souvent plus abordables, mais elles sont aussi moins accessibles. S’il y a déjà des assemblées dans quelques quartiers bien établis de la ville, il peut être très sage d’en établir aussi dans les quartiers en construction qui sont plus retirés du centre. Les nouveaux habitants trouveront une assemblée pour y prier. Mais si la première assemblée dans une ville s’implante tout à fait à l’extrémité sud de la ville, elle peut avoir du mal à attirer des gens du centre ou du côté nord, surtout là où beaucoup de la population ne disposent pas de leurs propres moyens de transport.

(2) Le local peut se trouver dans un quartier trop bruyant, trop dangereux ou trop sale. Soit il est entouré de beaucoup de sources de distraction, soit le milieu découragent les visiteurs. Si l’assemblée est propriétaire du local, elle peut se sentir forcée d’y rester malgré le fait qu’un autre quartier serait nettement mieux pour ses activités. Elle devient prisonnière de son lieu de culte.

(3) Si le bâtiment est construit ou acheté par des fonds venant d’ailleurs, telle qu’une autre assemblée qui se trouve à l’étranger, il est fort possible que le coût de l’entretien du bâtiment soit au-delà des moyens de l’assemblée qui a bénéficié de la largesse des autres. Ce qui a été prévu comme une aide, peut finir par devenir une charge difficile à porter. Il est souvent avantageux d’exercer de la patience à cet égard. Quand on s’applique à cultiver l’engagement, la foi et la générosité des membres d’une assemblée, ils apprennent à donner suffisamment pour satisfaire aux besoins de l’œuvre, y compris le besoin de construire et d’entretenir un lieu permanent pour ses réunions. Même si une aide d’ailleurs pour compléter les efforts locaux est la bienvenue, la responsabilité principale repose sur l’Église locale. Quand nous cherchons la facilité, voulant que d’autres personnes nous fassent cadeau d’un lieu de culte pour lequel nous n’avons pas sacrifié, nous n’apprenons pas les leçons spirituelles dont nous avons besoin. Que ce soit une question de force physique ou spirituelle, c’est par le travail et l’effort que l’on devient plus fort. L’aide accordée avec les meilleures intentions fait parfois plus de mal que de bien, surtout si elle est trop généreuse ou si elle est accordée sans que les bénéficiaires fassent des efforts selon leurs capacités.

Il est important de reconnaître que ce qui précède ne s’applique pas seulement dans des milieux pauvres. Il y a de très nombreux exemples d’assemblées qui ont bénéficié d’aides importantes pour construire leurs lieux de culte, et qui n’ont jamais appris à donner selon leurs moyens.  Que ce soit dans des pays riches, tels que l’Allemagne, le Canada, la Nouvelle-Zélande et d’autres, ou dans les pays très pauvres, des assemblées où les membres gagnaient des salaires comme ceux de leurs compatriotes ont perdu leurs locaux parce qu’elles n’arrivaient pas à payer les impôts fonciers ou ont permis à ces locaux de tomber en ruine par manque d’entretien. Les membres n’avaient pas investi leur propre argent pour les construire, et par conséquent, ils n’étaient pas prêts à dépenser ce qui était nécessaire pour les conserver. Ils considéraient que c’était le devoir d’autrui de leur fournir un lieu de culte. Même si une telle aide peut être utile ou appréciée, il est important de comprendre que rien dans la Bible n’indique que les apôtres et les évangélistes au premier siècle fournissaient les fonds pour louer ou acheter des lieux de culte pour les assemblées qu’ils établissaient. Aucun passage n’enseigne qu’il est le devoir d’une assemblée de fournir un lieu de réunion pour une autre assemblée.

Un bâtiment produit-il la croissance?

Nous avons admis qu’un lieu de culte peut être très utile pour une assemblée et constituer une aide dans son travail d’évangélisation. Il y a peu de gens qui diraient le contraire. Mais nombreux sont ceux qui exagèrent l’importance du local. Le dirigeant d’une Église en Côte d’Ivoire me parlait un jour du grand édifice que son assemblée construisait depuis plusieurs années. J’ai été fort surpris de l’entendre dire: «C’est ce bâtiment qui va évangéliser pour nous». Je me suis demandé si ce bâtiment serait capable de produire la foi dans le cœur des hommes, car la Bible dit: «La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ» (Romains 10.17). J’ai pensé aux chapelles et aux cathédrales que j’avais vues en Europe qui étaient beaucoup plus magnifiques que ce que son assemblée construisait; pourtant ces édifices n’étaient plus fréquentés. J’ai pensé à un joli lieu de culte que des Américains avaient construits quelques années auparavant pour une assemblée baptiste dans une autre ville ivoirienne: ce «temple», beau et spacieux, ne recevait pourtant qu’une poignée de fidèles. Je pensais aux villageois qui avaient encouragé les chrétiens à construire, en disant: «Quand vous aurez construit votre église, nous serons avec vous, car nous voyons que vous prêchez la vérité». Le bâtiment fut construit, mais ces gens-là n’ont jamais rejoint ceux qui y adoraient. Si la vérité ne pouvait pas les gagner sans bâtiment, c’est qu’ils n’aimaient pas vraiment la vérité.

Pareillement, certains frères se plaignent qu’ils convertissent des gens, mais que ces convertis ne restent pas longtemps parce que le lieu de culte n’est pas satisfaisant. Jésus dit en Matthieu 10.37-39: «Celui  qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi; celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n’est pas digne de moi. Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera.» Le problème n’est probablement pas le lieu de culte, mais plutôt le fait que ces «convertis» n’avaient pas la sorte d’engagement que Jésus demande; ils n’avaient pas «calculé la dépense» (Luc 14.28-30); ils n’étaient pas dignes d’être ses disciples. L’Église au premier siècle ne disposait pas de lieux de culte comme ceux auxquels on pense de nos jours; en plus, elle était persécutée avec furie. Et pourtant, elle grandissait et remplissait le monde de sa doctrine.

Ce qui contribue réellement à la croissance

L’évangile que nous devons prêcher et le cœur de celui qui l’écoute sont les deux éléments les plus importants dans la conversion. Certaines personnes ne se convertissent pas ou ne restent pas fidèles parce qu’elles n’ont pas le cœur «bon et honnête», comme Jésus nous l’enseigne dans la parabole des sols (Luc 8.5-15). Si nous cherchons, après ces deux éléments, des facteurs secondaires, soyons assez honnêtes pour reconnaître que le lieu de culte est relativement bas sur la liste. Beaucoup plus nécessaires sont le zèle et la fidélité dans l’enseignement de la parole de Dieu, l’amour sincère les uns pour les autres et pour ceux du dehors, des vies dans la communauté qui s’harmonisent avec notre prédication, et un accueil chaleureux pour tous – qu’ils soient riches ou pauvres, autochtones ou étrangers. Est-ce que des visiteurs ou de nouveaux convertis trouvent des gens qui sont plutôt moroses, qui se plaignent de ce qu’on ne les aide pas, et qui se comparent défavorablement aux autres groupes religieux? Ou bien, ces visiteurs et nouveaux chrétiens découvrent-ils des personnes qui sont heureuses d’appartenir à l’Église que Jésus a créée, de faire partie d’une vraie famille spirituelle, de posséder la vérité qui sauve leurs âmes, et de pouvoir consacrer leurs vies et leurs biens à la gloire de Dieu?  Si ces visiteurs découvrent un peuple avec une telle joie, avec ou sans bâtiment, ils seront attirés.

Mettons donc l’accent là où la parole de Dieu le met:

«Exhorte de même les jeunes gens à être modérés, te montrant toi-même à tous égards un modèle de bonnes œuvres, et donnant un enseignement pur, digne, une parole saine, irréprochable, afin que l’adversaire soit confus, n’ayant aucun mal à dire de nous.»

(Tite 2.6-8).

«Alors le proconsul crut… étant frappé de la doctrine du Seigneur.»

(Actes 13.12).

«Faites tout sans murmure ni plainte. Ne soyez pas de perpétuels mécontents ou hésitants. Mettez-vous en garde contre un esprit de contestation et de doute. Alors personne ne saura vous trouver en faute, vous pourrez vous présenter en hommes irréprochables, nets de toute fausseté, en authentiques enfants de Dieu au sein d’une humanité dégénérée et corrompue. En cette époque perverse et dépravée, brillez comme des foyers de lumière au milieu d’un monde enténébré

(Philippiens 2.14,15, Parole vivante).

«A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres.»

(Jean 13.35).

BB

(dans Vol. 12, No. 2)

Le jour du Seigneur

Après avoir examiné la question du sabbat, nous abordons la question suivante:

Pourquoi les chrétiens se réunissent-ils le dimanche?

Toutefois, avant d’entamer le sujet, il faut clarifier un point important: la question du sabbat et la question du dimanche sont deux questions différentes.

Dans la Bible, le dimanche n’est jamais appelé le sabbat. On entend dire parfois que le dimanche est le sabbat chrétien. Cette affirmation n’est pas fondée. Je crois qu’elle relève plutôt de l’effet de style que de la théologie. Le sabbat était le dernier jour de la semaine juive. Il commençait le vendredi soir au coucher du soleil et finissait le samedi soir au coucher du soleil. Durant cet intervalle, toute activité devait cesser sous peine d’exclusion ou de mort (Exode 31.14). Nous avons vu toutes les interdictions et les prescription qui régissaient ce septième jour. Nous avons vu également comment le jour du sabbat est absorbé en Christ, en qui il s’accomplit. Il faisait partie de ce que Paul appelle «l’ombre des choses à venir» – l’ombre qui fait place à la réalité, c’est-à-dire à Christ (Colossiens 2.16,17).

Or, en se réunissant le dimanche, les chrétiens ne changent pas le jour du sabbat. Ils ne le transfèrent pas à un autre jour. Il n’y eut qu’un seul sabbat et ce fut le septième jour du calendrier juif, correspondant à notre samedi. Ce jour, avec toutes ses restrictions est effacé. Le dimanche est le premier jour de la semaine. Il n’a rien à voir avec le sabbat.

Quelle importance, quelle signification les premières communautés chrétiennes attachaient-elles à ce premier jour de la semaine? C’est ce que nous allons voir présentement.

La résurrection

Plusieurs événements importants, mémorables, se sont produits le premier jour de la semaine. Notons tout d’abord le plus marquant: la résurrection du Seigneur. L’Évangile de Matthieu rapporte qu’«après le sabbat, à l’aube du premier jour de la semaine, Marie-Madeleine et l’autre Marie allèrent voir le sépulcre» (Matt. 28.1). L’Évangile de Jean témoigne du même fait (20.1). Marc déclare clairement, ainsi que Luc (24.2) «Jésus, ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut d’abord à Marie Madeleine» (Marc 16.9). «Elle alla en porter la nouvelle à ceux qui avaient été avec lui […] ils ne la crurent pas» (Marc 16.9-11). Alors Jésus apparaîtra personnellement à ses disciples. Voici comment l’apôtre Jean nous décrit cet événement dont il a été témoin, cet événement qui va tous les transformer:

«Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étant fermées, par la crainte qu’ils avaient des Juifs; Jésus vint, et debout au milieu d’eux, il dit: que la paix soit avec vous!» (Jean 20.19)

Mais «Thomas, appelé Didyme, l’un des douze, n’était pas avec eux» (Jean 20.24) et Jésus apparaîtra aussi à Thomas lorsqu’il se trouvera réuni avec les douze dans cette même maison où il leur était apparu la première fois. Jean nous précise que cette seconde apparition se fit «huit jours après» (Jean 20.26), c’est-à-dire de nouveau le premier jour de la semaine.

Je n’affirme pas que Jésus entendait par là faire du premier jour de la semaine un jour spécial de célébration de sa résurrection (quoique cette hypothèse ne soit pas dénuée de raison). Les Écritures ne nous disent pas s’il a donné un commandement spécifique à ce sujet. Mais cela explique naturellement la pratique que les Apôtres inspirés ont évidemment enseigné aux Églises de garder, car ce jour-là revêtait un caractère particulièrement solennel.

Il faut signaler un autre événement marquant qui se produisit un dimanche. Il s’agit de l’établissement de l’Église qui eut lieu lors de la fête de la Pentecôte juive à Jérusalem sept semaines après la résurrection du Seigneur. Cette fête tombait en effet toujours le premier jour de la semaine (Lév. 23.11-15). Ce jour-là, l’Esprit de Dieu promis par le Christ (Jn 14.25,26; Ac 1.8) descendit sur les Apôtres qui furent revêtus de sa puissance (Actes 2). Pour la première fois l’Évangile fut annoncé avec son message de salut au nom de Christ. Ce fut en ce jour de la Pentecôte que l’Église fut définitivement établie, que 3000 personnes furent baptisées au nom de Jésus-Christ…

Des passages tels que Hébreux 10.25 et 1 Corinthiens 11.17-29 nous montrent qu’à la suite du commencement de l’Église les chrétiens se réunissaient régulièrement. Y a-t-il des indications quant au jour des ces réunions? Oui.

En Actes 20 l’Apôtre Paul se trouve en Macédoine et se dirige vers l’Asie Mineure, plus précisément vers la ville de Troas. Plusieurs de ses compagnons qui avaient pris les devants s’y trouvent déjà. Luc, l’évangéliste, qui accompagne l’Apôtre, écrit ceci: «nous nous sommes embarqués à Philippes, et au bout de cinq jours nous les avons rejoints à Troas, où nous avons passé sept jours. Le premier jour de la semaine, nous étions assemblés pour rompre le pain» (Actes 20.6,7). On sait que l’expression rompre le pain désignait le repas du Seigneur, la Sainte Cène, dans les milieux chrétiens (1 Cor. 10.16; Actes 2.42). Le délai de sept jours que l’Apôtre s’accorda à Troas s’explique parfaitement: Il tenait à être présent le dimanche pour participer au saint repas avec ses frères de l’Église de Troas. Il est fort probable que ce fut pour cette même raison que l’Apôtre tint à passer sept jours parmi les chrétiens de la ville de Tyr (Actes 21.4) et que ceux de la ville de Pouzzoles en Italie le «prièrent de rester sept jours avec eux» (Ac 28.14).

C’est encore le premier jour de la semaine que l’apôtre Paul recommande aux Églises de la Galatie ainsi qu’à celle de Corinthe de faire une collecte en faveur de l’Église de Jérusalem (1 Cor. 16.1,2). Le fait qu’il a indiqué précisément le premier jour de la semaine n’est-ce pas un autre signe que ce jour avait une signification particulière au cœur des chrétiens? C’était d’ailleurs tout à fait pratique de réunir leurs dons quand ils venaient ensemble déjà pour manger le repas du Seigneur.

Selon Apocalypse 1.10, ce jour est désigné par la très belle expression: «Le jour du Seigneur» autrement dit: «Le jour du Christ». On la retrouve dans les écrits des chrétiens les plus anciens, des deux premiers siècles du christianisme (La Didaché; Ignace; Barnabas; Justin; etc.). Ces écrits témoignent sans aucune équivoque que l’Église primitive observait le premier jour de la semaine pour la célébration de son culte.

En fait, lorsque Constantin le Grand décrète au 4ième siècle que le dimanche sera jour férié légal, il ne dérange en aucune façon les habitudes des chrétiens. Quelles qu’aient pu être ses intentions en prenant cette initiative, il ne fit que ratifier et légaliser une pratique déjà fermement établie depuis le premier siècle.

adapté d’un article par Richard Andrejewski

(dans Vol. 11, No. 1)

Les fêtes religieuses

LES FETES RELIGIEUSES

Les hommes ont toujours éprouvé ce désir naturel de se réjouir. Ainsi, à travers les âges, ils ont toujours eu des moments de réjouissance populaire: les fêtes. Cette tendance se retrouve aussi bien dans l’histoire profane que dans l’histoire biblique. Mais compte tenu du fait que les fêtes dites religieuses pullulent aujourd’hui, il nous apparaît plus que nécessaire de nous poser des questions: Est-il biblique de célébrer des fêtes religieuses aujourd’hui? Pour répondre à cette interrogation, nous essayerons d’examiner toutes les fêtes religieuses une à une pour voir les conditions dans lesquelles elles ont été instituées et surtout s’il faut toujours leur accorder de l’importance.

I. Les fêtes juives.

1) La pâque. (Exode 12.1-28; Lévitique 23.4-7)  Le nom signifie: passé par-dessus. La fête a lieu pendant huit jours entiers, c’est-àdire à partir du 14e jour du 1er mois de l’année jusqu’au 21e jour selon le calendrier juif. Mais déjà au 10e jour, l’on doit prendre un agneau ou un chevreau mâle, sans défaut, ayant un an pour l’immoler le 14e jour. Son sang est mis sur toutes les portes. L’agneau est rôti au feu et mangé la nuit même avec des pains sans levain et des herbes amères. Pendant le dîner, l’on doit manger précipitamment tout en ayant les reins ceints, les souliers aux pieds et le bâton à la main. L’on ne doit pas conserver de la viande pour la manger le lendemain matin. Pendant le reste des 7 jours (du 15 au 21) l’on doit manger uniquement des pains sans levain. Cette fête commémore la délivrance du peuple juif de l’Egypte (voir Deutéronome 16.1-3). Il n’y a pas plusieurs pâques dans la Bible. c’est la seule dont la Bible parle. Elle n’est plus en vigueur comme toutes les autres fêtes que nous verrons d’ailleurs. (Je donnerai la raison sur d’autres pages). De plus, ceux qui voudraient l’observer doivent respecter scrupuleusement les règles ci-dessus énumérées concernant sa célébration.

2) La Pentecôte ou fête des prémices. (1eres récoltes)    Elle est aussi appelée « fêtes des semaines » (Nombres 28.26). Pendant la moisson, l’on apporte une gerbe des prémices au sacrificateur qui l’agitera le lendemain du sabbat. Le même jour, on offre en holocauste à l’Eternel un agneau d’un an, sans défaut. On y ajoute 2/10 de fleur de farine pétrie à l’huile puis on fait une libation de 1/4 de hin de vin. (Lévitique 23.10-14) Sept semaines après cette cérémonie, on passe à la fête proprement dite (Deutéronome 16.9,10): on apporte 2 pains faits de 2/10 de fleur de farine cuits avec du levain pour être agités; ensuite on offre en holocauste 7 agneaux d’un an, 1 jeune taureau, 2 béliers. On y ajoute l’offrande et la libation ordinaires puis on offre 1 bouc en sacrifice d’expiation et 2 agneaux d’un an en sacrifice d’actions de grâces. (voir Lévitique 233.15-21) C’est l’Eternel qui choisissait le lieu où cette fête devait être célébrée. Elle n’avait lieu donc qu’à Jérusalem selon l’indication du Seigneur. (Deutéronome 12.11,12; I Rois 8.1,29,30)

3) La fête des tabernacles (Lévitique 23.33-36; Deutéronome 16.13-17)    C’est la fête de la moisson à la fin des récoltes. Elle dure une semaine entière (7 jours): elle commence le 15e jour du 7e mois. Pendant ces jours, l’on offre à l’Eternel des sacrifices consumés par le feu, on se réjouit, on fait des dons selon sa prospérité (Deutéronome 16.17). Mais il n’est pas question de vente aux enchères. Pendant ces 7 jours, l’on doit demeurer sous des tentes (Lévitique 23.42). 4) La fêtes des trompettes (Nombres 29.1-6; Lévitique 23.24) C’est un jour de repos publié au son des trompettes. Ce jour, l’on offre à l’Eternel des sacrifices consumés par le feu: on offre en holocauste 1 jeune taureau, 1 bélier, 7 agneaux d’un an sans défaut. On y ajoute une offrande de fleur de farine pétrie à l’huile, 3/10 pour le taureau, 2/10 pour le bélier, et 1/10 pour chacun des agneaux. Beaucoup d’autres sacrifices sont encore faits. Cette fête a lieu le 1er jour du 7e mois.

5) Le jour des expiations (Lévitique 23.26-31; Exode 30.10; Hébreux 9.7-28) C’était un jour où les juifs s’humiliaient pour le pardon de leurs péchés. Le souverain sacrificateur apporte du sang dans la partie du tabernacle appelée le saint des saints pour l’expiation de ses péchés et ceux du peuple. Cela a lieu une fois par année, au 10e jour du 7e mois.

6) La fête des purim (Esther 9.17-22)    Elle a lieu le 14e jour du mois d’Adar (12e mois). C’est un jour de réjouissance pendant lequel on distribue des dons aux indigents, où on pratique la générosité. Cette fête fut instituée pour commémorer la délivrance des juifs au temps d’Esther.

7) La fête de la dédicace (Jean 10.22)     Elle fut instituée en -164 par Judas Maccabée et ses frères en souvenir de la purification du temple après les 3 ans d’occupation syrienne.

8) Le sabbat (Deutéronome 5.12-15; Lévitique 23.1-3)     Il a lieu chaque samedi. C’est un jour solennel pendant lequel aucune activité n’est permise: on ne marche pas plus d’un kilomètre, l’on ne doit pas faire de feux; ce qu’on doit manger est préparé le vendredi… Ce jour devait rappeler aux israélites leurs années d’esclavage en Egypte, et le fait que Dieu les en avait délivrés, lui qui s’est reposé le 7e jour après avoir créé toutes choses. Ce sont là les fêtes dont la Bible parle. Toutes les autres que nous verrons maintenant ne sont que des ordonnances d’hommes. Mais comme je le disais, même ces fêtes qui étaient observées par les Juifs sous l’ancien testament ne sont plus en vigueur aujourd’hui. Et ceux qui veulent les observer à tout prix les dénaturent puisqu’ils ne respectent pas les conditions de leur célébration.

II. Les fêtes non bibliques

1) La Noël: « anniversaire de Jésus » Selon une tradition bien établie, Jésus serait né le 25 décembre, ce qui est douteux quand on sait que dans ce mois il fait un mauvais temps en Palestine (c’est l’hiver) et les bergers n’avaient pas l’habitude de veiller dehors. Or, à la naissance de Jésus, les bergers veillaient dans les champs avec leurs troupeaux (Luc 2.8-11). De plus, nulle part dans la Bible, il n’est fait mention de la commémoration du jour anniversaire de Jésus. C’est la preuve évidente que les premiers chrétiens n’ont pas observé Noël.. Certes les hommes fêtent leur anniversaire et il apparaît tout à fait logique de fêter l’anniversaire de celui qui est notre sauveur. Mais si le Seigneur lui-même n’a pas cru bon d’instituer une telle fête, ce n’est pas à nous de le faire. Rappelons-nous que nous ne devons rien ajouter au message biblique car « quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu » (II Jean 9). (lire aussi Apocalypse 22.18,19; Galates 1.6-9)

2) L’Assomption:    D’après la tradition, Marie mère de Jésus serait montée au ciel après sa mort. L’Assomption commémorerait donc cette mystérieuse montée. Mais lisez toute la Bible, vous serez peut-être surpris de constater que cette fête n’y est pas mentionnée. Ce n’est qu’une autre invention de l’imagination « fertile » des hommes.

3) L’Ascension:    Contrairement à l’Assomption, l’Ascension est un évènement réel. C’est la montée du Christ au ciel (Actes 1.9). Mais dans la Bible, aucune fête ne fut instituée en mémoire de cette montée. On ne trouve aucun exemple dans la Bible qui suggère que les apôtres et les premiers chrétiens ont observé cette fête.

4) La fête des rameaux:      Les gens pensent que la Bible ordonne de célébrer la fête des rameaux. Mais il n’en est rien. Tenez! Un jour, Jésus entrait à Jérusalem sur un ânon. Ce fut un jour de réjouissance: la plupart des gens de la foule étendirent leur vêtements sur le chemin; d’autres coupaient des branches d’arbres et en jonchèrent la route et tous criaient: hosana, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Ce fut un évènement unique qui ne fut pas commémoré par les apôtres et les premiers chrétiens. (lire Marc 11.1-10) D’ailleurs, comment cela pouvait-il se faire quand on sait que Christ est monté au Ciel? Qui pourrait monter sur l’ânon et devant qui pourrait-on étendre les vêtements? A qui pourrait-on dire: béni soit celui qui vient au nom du Seigneur? Autant de choses qui montrent encore que cette fête n’est qu’une institution humaine. Les hommes ont institué de leur propre chef beaucoup d’autres fêtes que je ne pourrai citer ici (Toussaint, fête en l’honneur de Jean- Baptiste…) Sachons toutefois que nous ne devons pas observer ces traditions aux dépens de la parole de Dieu.

III. Pourquoi les fêtes juives ne sont plus en vigueur?

Les fêtes juives sont les seules dont la Bible parle. Toutes les autres qui sont inventées par les hommes sont à écarter. Mais je soutenais tantôt que même les fêtes juives ne doivent plus être célébrées car elles ne sont plus en vigueur. Je vais m’expliquer. Toutes ces fêtes faisaient partie de la loi et cette loi a été abolie sur la croix: « ayant anéanti par sa chair la loi des ordonnances dans ses prescriptions... » (Ephésiens 2.15) [L’expression “la loi” désigne d’abord l’ensemble des commandements de Dieu pour Israël, en particulier ceux que Moïse communiqua à ce peuple au Sinaï (Exode 20). Par extension, la loi vint à désigner parfois les livres où sont consignés ces commandements, c’est-à-dire essentiellement les cinq premiers livres de la Bible. L’expression, « la loi » est alors synonyme de « les livres de Moïse ». En un sens encore plus large, elle désigne l’ensemble de l’Ancien Testament. C’est dans ce dernier sens qu’il faut comprendre ce terme dans cette leçon.] . L’apôtre Paul disait donc aux Colossiens: « Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d’une fête, d’une nouvelle lune, ou des sabbats: c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ » (Colossiens 2.16-17). Le même Paul était exaspéré de constater que les Galates observaient toujours les fêtes juives: « vous observez les jours, les mois, les temps, les années! Je crains d’avoir inutilement travaillé pour vous. » (lire Galates 4.9-11) D’ailleurs, la Bible dit qu’il ne faut pas extraire des ordonnances de la loi pour les pratiquer; autrement l’on est tenu d’observer toute la loi (cf. Galates. 3.10; 5.2-3), à savoir, faire des sacrifices d’animaux, observer les restrictions alimentaires (telles que la souris, le serpent, le porc, le lièvre, le hibou…qui ne devaient pas être mangés sous l’Ancien Testament: lire Lévitique 11). Or, tous ceux qui continuent de célébrer les fêtes juives n’observent pas les autres consignes de l’Ancien Testament. Pis, ils n’observent même pas toutes ces fêtes. Ils relèvent des écritures quelques-unes (sûrement celles qui leur plaisent) pour les célébrer. Ils sont donc transgresseurs de la loi « car quiconque observe toute la loi, mais pèche contre un seul commandement, devient coupable de tous » (Jacques 2.10). De toute façon, Galates 5.4 soutient que ceux qui veulent pratiquer la loi sont « séparés de Christ », « déchus de la grâce ». La loi n’est cependant pas contre les promesses de Dieu. Elle était comme un surveillant, un guide qui devait conduire le peuple vers le Christ Jésus. Jésus étant venu, « nous ne sommes plus sous ce pédagogue » (Galates 3.24,25).

IV. Pourquoi Jésus a-t-il observé les fêtes juives?

Quelqu’un dira: Pourquoi Jésus a-t-il donc observé toutes les fêtes juives s’il est vrai qu’elles ne doivent plus être célébrées? (Luc 2.41,42; 22.7-8; Jean 4.4,5; 5.1; 7.2) D’abord c’est parce que Jésus était juif. Or, tous ceux qui observent ces fêtes actuellement ne sont pas tous des Juifs. De plus, Jésus est né sous la loi (Galates 4.4). Il fut donc soumis à cette loi. Il est venu inaugurer une nouvelle alliance, un nouveau testament. Mais ce testament n’est entré en vigueur qu’après sa mort car « là où il y a un testament, il est nécessaire que la mort du testateur soit constaté » pour que ce testament soit en vigueur (Hébreux 9.16). Les fêtes juives devaient donc être célébrées jusqu’à la mort de Jésus. La seule fête instituée par Jésus et observée par les premiers chrétiens c’est la sainte cène qui commémore sa mort sur la croix. Elle consiste en la prise par les chrétiens, c’est-à-dire ceux qui sont baptisés, du pain sans levain (symbole du corps de Jésus) et du jus de raisin (symbole de son sang expiatoire). Elle a lieu chaque premier jour de la semaine, c’est-àdire le dimanche. (lire Luc 22.14-20; I Corinthiens 11.23-26; Actes 20.7). Voyez-vous, les hommes ont l’imagination très fertile et ils essayent d’imposer leurs convictions, les faire accepter comme si el les étaient bibliques. Heureusement que la Bible est là pour réfuter tous ces contradicteurs. Examinons tous d’une manière objective, sans parti pris les écritures pour voir ce qu’elles disent des fêtes religieuses. Si la Bible confirme ces propos, soyons assez humbles pour les accepter. Car au dernier jour, c’est la Bible, la Parole de Dieu qui nous jugera.

M’Bla Kouassi Séraphin

(dans Vol. 6, No. 3)

La dîme

La Dîme

La dîme est un sujet qui est partout mal compris, même dans l’Eglise du Seigneur. Il s’agit tout simplement de la pratique de garder pour Dieu la dixième part de ce qu’on gagne. Dans l’Ancien Testament cette pratique était la base, le point de départ en ce qui concerne les dons matériels offerts à Dieu. Nous la voyons pour la première fois, non pas dans la loi de Moïse, mais 400 ans plus tôt, au temps d’Abraham. En Genèse 14, Abraham avait pris 318 de ses serviteurs pour se battre contre des soldats de Mésopotamie et sauver son neveu Lot et les autres habitants de Sodome qui avaient été pris captifs. Quand Abraham revenait avec Lot, les autres captifs qu’il avait délivrés et beaucoup de butin, Melchisédek, “sacrificateur du Dieu très-haut,” est allé à sa rencontre. Il bénit Abraham, et Abraham lui a donné la dîme de tout le butin. Plus tard, quand Jacob, petit-fils d’Abraham, quittait le pays de Canaan pour séjourner chez son oncle Laban, il a fait cette promesse en Genèse 28.20-22: “Si Dieu est avec moi et me garde pendant ce voyage que je fais, s’il me donne du pain à manger et des habits pour me vêtir, et si je retourne en paix à la maison de mon père,alors l’Eternel sera mon Dieu; cette pierre, que j’ai dressé pour monument, sera la maison de Dieu, et je te donnerai la dîme de tout ce que tu me donneras.” Dans ces deux cas, Abraham et Jacob ne semblent pas avoir reçu de commandement de donner la dîme, mais il est possible qu’ils suivaient une pratique ou un principe qui leur était déjà connu.
Plus tard, quand Dieu donna la loi par Moïse, il en a fait un commandement direct. En fait, il a ordonné trois dîmes. La première, appelée la dîme de l’Eternel, est ordonné en Lévitique 27.30,32. Elle devait être remise aux Lévites, qui étaient chargés d’assister les sacrificateurs dans le service de Dieu. La deuxième dîme est décrite en Deutéronome 14.22-27; elle est parfois appelée la dîme festin parce qu’on devait la transporter au temple et la manger là devant l’Eternel comme élément d’une fête de réjouissance et de reconnaissance à Dieu. Tous les trois ans il y avait une troisième dîme que l’on devait apporter pour les Lévites encore, mais surtout pour les pauvres, les étrangers, et les orphelins (Deutéronome 14.28,29). D’une part il est vrai que la dîme était une obligation pour les Israélites, un commandement direct. D’autre part, on ne trouve pas de police établie pour veiller à ce que chacun paie sa dîme. Aucune punition n’était appliquée par les hommes à la personne qui négligeait de payer (sauf le fait d’exiger 12% au lieu de 10% de la personne qui avait manqué de donner la dîme quand elle devait le faire.) Sinon, c’est Dieu lui-même qui bénirait celui qui donnerait la dîme, et qui ne ferait pas prospérer celui qui ne la donnait pas.
A nous les chrétiens, Dieu n’a pas donné un commandement qui prescrit de donner forcément la dîme. Malgré les pratiques des dénominations, dans l’Eglise du Christ nous ne nous permettons pas d’enseigner le contraire. Il n’y a pas un verset dans le Nouveau Testament qui dit clairement que le chrétien a l’obligation de verser la dîme à l’Eglise. Malheureusement, au lieu de dire que l’on n’est pas obligé par une loi à donner la dîme, certains membres de l’Eglise affirment parfois que l’on ne doit pas donner la dîme. Et même si l’on reconnaît que l’on peut donner la dîme ou même plus que la dîme, il n’y a pas beaucoup qui le font. En fait, dans de nombreuses assemblées locales, on constate que la collecte ne représente qu’au maximum entre 3% et 4% de ce que les membres gagnent, ou souvent moins que cela. Dans les assemblées rurales où il y a une période de l’année où les revenus sont nettement plus élevés (la moisson ou la traite), les montants qui entrent dans la caisse de l’Eglise sont généralement pareils à ce qui est donné pendant le reste de l’année. En ville comme à la campagne, on est très loin de donner “plus que la dîme”.
Evidemment si chacun donnait au moins 10% de ce que Dieu lui confiait, l’Eglise aurait beaucoup plus d’argent pour soutenir des évangélistes dans les assemblées qui existent déjà et pour envoyer des évangélistes ailleurs dans le but de créer des assemblées là où il n’y en a pas encore. Les Eglises pourraient construire des lieux de culte convenables. Elle pourraient faire plus de bonnes œuvres en faveur des plus nécessiteux. Elle pourraient faire beaucoup plus pour avancer la cause de Christ et glorifier Dieu. Voilà autant de bonnes raisons qui devraient pousser chaque chrétien à se résoudre à contribuer à l’Eglise un minimum de 10% de ce qu’il gagne.

Alors pourquoi tant de chrétiens n’acceptent-ils pas de donner volontairement la dîme?
   1. Certains citent comme raison le fait que la dîme n’est pas une loi pour le chrétien. Il est vrai que la loi de Moïse n’est plus en vigueur (Galates 3.21-25; II Corinthiens 3.7-11; Hébreux 8.6-13; etc.), et le Nouveau Testament n’a pas introduit “une dîme chrétienne”. La dîme n’est plus une obligation légale. Pourtant, ce n’est pas là un argument contre la pratique de donner la dîme volontairement. Nous faisons d’autres choses que nous ne sommes pas légalement obligés de faire, pourvu que nous reconnaissions leur utilité pour notre vie spirituelle ou pour l’œuvre de Dieu. Il n’est pas précisé dans la Bible qu’une assemblée doit se réunir pour l’étude biblique le mercredi soir ou pour la prière le vendredi soir, mais beaucoup d’Eglises organisent de telles réunions pour l’édification de leurs membres. Le Nouveau Testament n’a nulle part ordonné de jeûner. Ce n’est pas une obligation. Mais de nombreux chrétiens jeûnent parce qu’ils reconnaissent que c’est utile.
Quand nous sommes motivés par l’amour, nous ne cherchons pas à faire le minimum qui nous est imposé. Nous ne demandons pas “Combien dois-je donner?” mais plutôt “combien puis-je donner?”
2. D’autres disent qu’ils ne donnent pas la dîme parce que c’est une pratique des dénominations, c’est-à-dire, des Eglises d’origine humaine. Il est vrai que notre modèle doit être l’Eglise du Nouveau Testament et non pas les dénominations. Mais ce n’est pas parce qu’une personne ou une Eglise croit à une erreur que tout ce qu’elle fait ou croit est contraire à la vérité. Ce n’est pas une erreur que d’encourager les hommes à donner au moins 10% de leurs revenus à Dieu. L’erreur c’est d’introduire la contrainte, de vouloir forcer les gens à donner la dîme. Dieu n’a pas dit: “Ne donnez pas 10%.” Il a dit “Ne donnez pas par contrainte” (II Corinthiens 9.7).
3. D’autres encore disent: “Je ne donne pas la dîme parce que je n’aurais pas assez pour satisfaire à mes besoins et accomplir mes responsabilités.” On se dit que déjà on n’arrive pas à joindre les deux bouts; comment ferait-on si l’on enlevait 10% de son maigre salaire pour le donner à Dieu? On peut facilement comprendre ce souci quand on dresse une liste de ses dépenses légitimes: loyer, factures de courant et d’eau, nourriture, savon, scolarité des enfants, aide aux parents âgés, habillement pour toute sa famille, économie pour les urgences (médicaments, funérailles, autres imprévus), transport, diverses cotisations au travail ou aux associations auxquelles on appartient, remboursement de dettes, etc. Même quand son salaire est assez élevé on peut être financièrement serré. Salomon dit: “Quand le bien abonde, ceux qui le mangent abondent; et quel avantage en revient-il à son possesseur, sinon qu’il le voit de ses yeux?” (Ecclésiaste 5.10). Celui qui a un bon salaire a souvent plus de personnes à sa charge.
Après s’être occupé de toutes ces dépenses nécessaires le chrétien trouve souvent qu’il ne reste rien pour Dieu. Pour calmer sa conscience il trouvera quelques jetons pour mettre dans la collecte chaque dimanche, mais il ne voit pas comment il peut accorder un pourcentage fixe de son salaire à Dieu quand tout est déjà consacré aux autres besoins.
Ceux qui raisonnent de cette manière ont besoin de reconnaître deux principes fondamentaux de la Parole de Dieu:
(A) Il faut donner la part de Dieu avant de s’occuper de soi-même (Lévitique 23.10- 14)  Tout appartient à Dieu; tout ce que nous avons lui appartient (Lévitique 25.23; Psaume 50.10-12; Aggée 2.8; I Chronique 29.11-14), mais il nous le confie et nous demande de le gérer selon sa volonté (I Corinthiens 4.2; Luc 16.12). Pour nous rappeler cette réalité, Dieu ordonnait à son peuple de lui apporter les prémices, la première partie de leurs récoltes (Exode 23.19; 34.26; Deutéronome 26.1-11; Proverbes 3.9,10). Dieu est au-dessus de tout et il mérite ce qui est meilleur; on ne lui offre ni les miettes ni ce qui est de qualité inférieure (Malachie 1.6-9,14). L’offrande à Dieu doit être la première chose sur notre liste de dépenses à faire. 
(B) Dieu promet subvenir à tous nos
 besoins si nous montrons notre confiance en lui par nos dons. Il ne dit pas que nous serons forcément riches, mais nous aurons le nécessaire pour la vie et même plus afin d’abonder en bonnes œuvres.
Honore l’Eternel avec tes biens, et avec les prémices de tout ton revenu: Alors tes greniers seront remplis d’abondance, et tes cuves regorgeront de moût.” (Proverbes 3.9,10)
Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes, afin qu’il y ait de la nourriture dans ma maison; Mettez-moi de la sorte à l’épreuve, dit l’Eternel des armées. Et vous verrez si je n’ouvre pour vous les écluses des cieux, si je ne répands sur vous la bénédiction en abondance. Pour vous je menacerai celui qui dévore, et il ne vous détruira pas les fruits de la terre, et la vigne ne sera pas stérile dans vos campagnes, dit l’Eternel des armées. Toutes les nations vous diront heureux.”(Malachie 3.10-12)
Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus.” (Matthieu 6.33)
Donnez, et il vous sera donné: on versera dans votre sein une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde; car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis.” (Luc 6.38)
J’ai été comblé de biens, en recevant par Epaphrodite ce qui vient de vous comme unparfum de bonne odeur, un sacrifice que Dieu accepte, et qui lui est agréable. Et mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus- Christ.” (Philippiens 4.18,19)
Sachez-le , celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondamment moissonnera  abondamment… Et Dieu peut vous combler de toutes sortes de grâces, afin que, possédant toujours en toutes choses de quoi satisfaire à tous vos besoins, vous ayez encore en abondance pour toute bonne œuvre, selon qu’il est écrit: Il a fait des largesses, il a donné aux indigents, sa justice subsiste à jamais. Celui qui fournit de la semence au semeur, et du pain pour sa nourriture, vous fournira et vous multipliera la semence et il augmentera les fruits de votre justice. Vous serez de la sorte enrichis à tous égards pour toutes espèce de libéralités…” (II Corinthiens 9.6,8-11)

Si nous ne donnons pas 10% parce que nous craignons ne pas avoir assez pour nos besoins, il faut dire que nous ne croyons tout simplement pas aux promesses de Dieu. Où est donc notre foi? Et pourtant les témoignages abondent pour attester que Dieu a tous les moyens pour nous bénir matériellement quand nous montrons notre confiance en lui de cette manière. Les Juifs, qu’ils soient riches ou pauvres, donnaient bien au-delà de 10% de leurs revenus à Dieu, et il s’occupait d’eux. Des membres des dénominations donnent la dîme, bien que ce soit souvent par contrainte; ils ne sont pas pour cela plus appauvris que leurs prochains. Pourquoi douter de la fidélité de Dieu?
Si vous donnez déjà 10% à Dieu, vous savez sûrement que Dieu vous bénit. Mais au lieu de vous contenter de la dîme comme si vous aviez accompli une exigence légale, pourquoi ne pas chercher à faire encore mieux? Prenez 10% comme un minimum et non pas un maximum à donner à Dieu. 
Conclusion

Une Eglise du Christ n’introduira jamais un élément de contrainte pour obliger qui que ce soit à donner la dîme. Nous n’essayerons pas de forcer quelqu’un à faire ce qu’il n’a pas assez d’amour ou de foi pour faire. Mais nous avons besoin de nous mettre sérieusement au défi les uns les autres pour donner plus à notre Dieu. Cherchons à lui donner de façon qu’il soit honoré. Prions Dieu de nous aider à grandir là où nous sommes faibles. Que ce soit l’amour ou la foi qui nous manque, qu’il nous pardonne et qu’il nous fortifie.
B.B.

(dans Vol. 6, No. 2)

Le financement de l’œuvre de l’Eglise

Le financement de l’œuvre de l’Eglise

On n’a pas besoin de dire qu’il est presque impossible de vivre dans le monde aujourd’hui sans argent. C’est une évidence. Mais l’argent n’est pas seulement très important pour la vie des individus, il est aussi important pour certaines activités religieuses. Par exemple, une assemblée a généralement besoin de se pourvoir un lieu pour ses réunions. Ou bien elle loue un local ou bien elle paie ou construit son propre lieu de culte. L’Eglise est appelée à faire de bonnes œuvres en assistant les plus nécessiteux et ceux qui souffrent. L’Eglise a la tâche de propager la Parole de Dieu – quand l’argent est disponible elle a la possibilité de faire travailler des évangélistes à plein temps, à distribuer de la littérature chrétienne, ou à employer les mass médias. D’autres besoins qui nécessitent de l’argent pourraient être ajoutés à cette liste.
Mais où doit-on trouver ces fonds pour l’œuvre de l’Eglise? Comment faut-il financer les activités religieuses? Si nous considérons les groupes religieux qui nous entourent, nous constaterons plusieurs méthodes. Certains groupes imposent un taux annuel que chaque homme ou chaque femme doit payer. Les membres doivent aussi payer de l’argent s’ils désirent certains offices spirituels, tel que le baptême ou des prières spéciales. D’autres Eglises organisent ce qu’elles appellent une fête des moissons, où l’on propose divers articles en vente aux enchères et ceux qui assistent acceptent de payer des prix exagérés, sachant que l’argent doit servir aux activités de l’Eglise. D’autres imposent des cotisations, d’autres vendent des objets qui sont censés avoir un pouvoir spirituel, d’autres font des collectes plusieurs fois chaque semaine, et d’autres encore s’engagent dans des activités qui peuvent leur rapporter de l’argent, telle que l’agriculture. Beaucoup insistent sur la dîme et enseignent à leurs membres qu’ils ont l’obligation de donner à l’Eglise 10% de ce qu’ils gagnent.
Est-ce que la Bible dit comment l’œuvre de Dieu doit être financée ? Oui. En fait, la Bible nous dit beaucoup à ce sujet.
En lisant le Nouveau Testament la première chose que nous constatons concernant le financement de l’Eglise, c’est qu’il y avait une seule méthode employée : les offrandes, c’est-à-dire les dons volontaires des membres.
Quand on dit “volontaires”, il faut entendre ce qui est donné sans contrainte. II Corinthiens 9.7 dit clairement : “ Que chacun donne comme il l’a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte; car Dieu aime celui qui donne avec joie.” Il faut donc donner librement, parce qu’on veut donner. On doit donc décider soi-même combien on va donner. Quand nous donnons parce qu’on nous a imposé de donner une certaine somme, cela devient une sorte d’impôt, et pratiquement personne n’aime payer des impôts. On les paie parce qu’il le faut, mais ce n’est généralement pas avec joie. Quand on fait un cadeau à quelqu’un qu’on aime, parce qu’on veut lui faire plaisir, là c’est autre chose. Dans ce cas on découvre, comme Jésus l’a dit en Actes 20.35, qu’“Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. ”
Au commencement de l’Eglise de Jérusalem l’attitude des chrétiens envers leurs biens leur permettait d’être très généreux : “Nul ne disait que ses biens lui appartinssent en propre, mais tout était commun entre eux.” (Actes 4.32) On parle de ceux qui allaient jusqu’à vendre des champs et des maisons afin de subvenir aux besoins des plus pauvres. Mais il ne faut pas penser que cela leur avait été imposé comme dans certains pays communistes. Le chapitre suivant nous parle d’un couple nommé Ananias et Saphira, qui a vendu une propriété mais a menti concernant le prix de vente. Ils ont retenu une partie de l’argent, ce qu’ils avaient le droit de faire, mais ils voulaient qu’on pense qu’ils avaient été aussi généreux que les autres. Les paroles que l’apôtre Pierre a adressées à Ananias montrent qu’il n’y avait pas de contrainte en ce qui concernait les dons: “S’il n’eût pas été vendu, ne te restait-il pas? Et, après qu’il a été vendu, le prix n’était-il pas à ta disposition ?…Ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu. ” (Actes 5.4)
Le petit livre de Philémon souligne aussi que ce que nous faisons pour Dieu doit être fait de bon coeur, volontairement. Voici la mise en scène. Philémon, un chrétien de la ville de Colosse et ami proche de l’apôtre Paul, avait un esclave nommé Onésime. Ce dernier, ayant apparemment volé son maître, s’était évadé et s’est enfuit à la ville de Rome. A Rome, il est entré en contact avec Paul qui y était emprisonné à cause de sa prédication. Paul lui a annoncé la bonne nouvelle de Jésus et Onésime s’est converti. Par la suite, Onésime s’est rendu très utile à Paul, qui n’avait pas la liberté de se déplacer. Mais au lieu de garder Onésime auprès de lui pour qu’il continue de lui rendre service, Paul l’a renvoyé à Philémon, avec une lettre, en lui demandant de pardonner son ancien esclave et de le recevoir maintenant comme un frère en Christ. Aux versets 13 et 14 Paul écrit: “J’aurais désiré le retenir auprès de moi, pour qu’il me servît à ta place, pendant que je suis dans les chaînes pour l’Evangile. Toutefois, je n’ai rien voulu faire sans ton avis, afin que ton bienfait ne soit pas comme forcé, mais qu’il soit volontaire.” Ce que nous faisons de bien perd sa valeur si nous le faisons parce qu’on nous force à le faire.
Tout ceci n’est pas pour dire qu’il n’y a pas d’obligation de donner à Dieu, mais l’obligation est d’ordre moral. La contrainte vient de notre conscience et non de la politique de ceux qui nous conduisent. Considérez les paroles de Paul en II Corinthiens 8.8,9 avec leur appel à l’exemple de Jésus lui-même. Après avoir cité l’exemple de la générosité des Eglises de la Macédoine pour exhorter celle de Corinthe à bien participer à une oeuvre de bienfaisance, l’apôtre écrit: “Je ne dis pas cela pour donner un ordre, mais pour éprouver, par le zèle desautres, la sincérité de votre charité. Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vousfussiez enrichis. ”
Concernant ce même effort bénévole, Paul écrit en Romains 15.26,27: “Car la Macédoine et l’Achaïe ont bien voulu s’imposer une contribution en faveur des pauvres parmi les saints de Jérusalem. Elles l’ont bien voulu, et elles le leur devaient ; car si les païens ont eu part à leurs avantages spirituels, ils doivent aussi les assister dans les choses temporelles.” On voit clairement dans ces versets qu’il y avait la libre volonté de donner et en même temps la reconnaissance d’une obligation morale de donner.
En envoyant ses apôtres pour prêcher, Jésus leur a dit en Matthieu 10.8 : “ Vous avezreçu gratuitement; donnez gratuitement.” Quand le chrétien considère tout ce que Dieu lui a donné et continue de lui donner dans sa grâce, il devrait vouloir donner en retour avec joie et reconnaissance. S’il ne peut pas le faire avec un tel esprit, Dieu ne veut pas de son offrande.
On devrait réexaminer plusieurs pratiques dans les Eglises à la lumière de cette insistance biblique sur l’importance de donner sans contrainte. Quand les membres de l’Eglise doivent faire marquer dans un carnet qu’ils ont donné ce qui est exigé, quand on va chez les membres à domicile pour réclamer une dîme ou une cotisation qu’ils n’ont pas donné d’eux-mêmes, quand on déduit une contribution automatiquement du bulletin de salaire de ceux qui travaillent pour l’Eglise ou ses ministères telles que les écoles primaires et secondaires – quand on fait ces choses on introduit la contrainte, on enlève la joie, et on transforme des dons d’amour en impôt.

Un autre principe concernant le financement de l’Eglise est le jour pour les collectes. Les Ecritures précisent que ces dons volontaires sont réunis le premier jour de la semaine, c’est-à-dire, le dimanche. “Pour ce qui concerne la collecte en faveur des saints, agissez, vous aussi, comme je l’ai ordonné aux Eglises de la Galatie. Que chacun de vous, le premier jour de la semaine, mette à part chez lui ce qu’il pourra, selon sa prospérité, afin qu’on n’attende pas mon arrivée pour recueillir les dons.” Puisque le jour où toute l’Eglise se réunissait pour prendre la Sainte Cène était le dimanche (Actes 20.7), c’est l’occasion naturelle pour faire la collecte en même temps. Aucun autre jour de la semaine n’est mentionné dans le Nouveau Testament pour réunir les dons des membres. S’ils savent qu’il n’y aura pas de collecte le mercredi quand ils viennent ensemble pour étudier la Bible, ou le vendredi quand ils se réunissent pour la prière, ils apporteront le dimanche tout ce qu’ils ont à donner pour la semaine. Inutile donc de faire des collectes à chaque réunion.
Cela ne veut pas dire que le chrétien ne peut pas faire un don à un nécessiteux ou faire une bonne oeuvre quelconque un autre jour de la semaine. Sur le plan individuel, “Pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi.” (Galates 6.10).
Combien fallait-il que chacun contribue à l’œuvre de Dieu ? Le principe qu’on trouve partout dans le Nouveau Testament est que chacun donnait selon ses moyens, ou selon sa prospérité. Nous avons déjà lu que Paul dit en I Corinthiens 16.2 que chacun doit mettre à part “ce qu’il pourra, selon sa prospérité.” En Actes 11, les chrétiens à Antioche ont appris qu’une famine allait se produire et peser beaucoup sur les habitants de la Judée. Le verset 29 dit: “Les disciples résolurent d’envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui habitaient la Judée.”
Ce principe est contre l’idée d’imposer dans l’Eglise des cotisations où chaque homme doit payer la même somme. Tous n’ont ni les mêmes revenus ni les mêmes charges. Tous ne devraient pas donner la même chose.
Dire que l’on doit donner selon sa prospérité ne veut pas dire que certains sont exclus du devoir de donner à Dieu. Même les pauvres montraient leur foi et leur amour par leur façon de donner. Les Macédoniens étaient très pauvres, mais ils donnaient avec libéralité, c’est-à-dire, avec générosité – ils donnaient beaucoup. “Nous vous faisons connaître, frères, la grâce de Dieu qui s’est manifestée dans les Eglises de la Macédoine. Au milieu de beaucoup de tribulations qui les ont éprouvées, leur joie débordante et leur pauvreté profonde ont produit avec abondance de riches libéralités de leur part. Ils ont, je l’atteste, donné volontairement selon leurs moyens, et même au-delà de leurs moyens…Et non seulement ils ont contribué comme nous l’espérions, mais ils se sont d’abord donnés eux-mêmes au Seigneur. ” (II Corinthiens 8.1-3,5). L’histoire de la pauvre veuve en Luc 21.1-4 montre aussi que les pauvres ne sont pas exclus de cette question d’offrandes à Dieu. Cette femme n’a donné que deux petites pièces d’argent, mais c’était tout ce qu’elle avait pour vivre. Le Seigneur le savait, et il l’a louée pour le sacrifice qu’elle a fait. Quand on parle de donner selon nos moyens, l’expression “nos moyens” ne se réfère pas à ce qui nous reste après avoir fait ce que nous voulons faire. “Nos moyens” veut dire tout ce que Dieu nous donne. Or, nous devons donner à Dieu, Celui de qui nous avons tout reçu, avant de commencer à satisfaire à nos besoins personnels. Dans l’Ancien Testament, Dieu avait donné cet ordre à son peuple : “Vous ne mangerez ni pain, ni épis rôtis ou broyés, jusqu’au jour même où vous apporterez l’offrande à votre Dieu. C’est une loi perpétuelle pour vosdescendants, dans tous les lieux où vous habiterez.” (Lévitique 23.14). Même chez les païens on reconnaît qu’il faut honorer son dieu avant de se servir soi-même. Ainsi, ils ne mangent pas d’ignames, par exemple, sans avoir observé leur fête des ignames. Si les Juifs et les païens ont assez de respect pour leurs dieux pour les mettre en premier lieu, nous les chrétiens devrions pouvoir faire autant. Donner selon nos moyens veut dire donner selon ce que Dieu nous a donné et non selon ce qui nous reste à la fin.
Mais combien de nos moyens faut-il donner? La loi mosaïque ordonnait, en Lévitique 27.30,32 de donner la dîme, ou 10% de tous ses revenus. Cette loi n’a pas été reprise dans le Nouveau Testament, qui nous parle de donner avec générosité : “ Que celui qui donne le fasse avec libéralité ” (Romains 12.8). (Ne confondons pas librement, qui veut dire sans contrainte, et libéralement, qui veut dire généreusement.) “N’oubliez pas la bienfaisance et la libéralité, car c’est à de tels sacrifices que Dieu prend plaisir.” (Hébreux 13.16). Pour le chrétien il n’y a pas un taux fixe, telle que la dîme, mais chacun doit s’examiner pour voir s’il est vraiment généreux avec Dieu. La dîme peut servir de point de repère pour s’évaluer. Par exemple, on pourrait se dire que si Dieu exigeait un minimum de 10% de ses serviteurs dans le passé, donner 3 ou 4% de nos revenus aujourd’hui ne serait probablement pas généreux à ses yeux. Si TOUS les Juifs devaient forcément donner la dîme, quelle que soit leur position sociale, je ne pourrais pas dire que pour moi il n’est pas possible de donner autant. C’est une question de foi et de volonté. Il ne faut pas faire de la dîme une loi pour l’Eglise, mais la dîme peut me servir personnellement de point de départ en ce qui concerne mes dons. Dans l’amour que j’ai pour Dieu, j’essaierai de donner le plus possible.

Enfin, pour la gérance de l’argent qui est collecté, il faut que ce soit fait avec intégrité et transparence. Paul a parlé des précautions prises avec l’argent donné pour aider les pauvres de la Judée . Il dit: “Nous agissons ainsi, afin que personne ne nous blâme au sujet de cette abondante collecte, à laquelle nous donnons nos soins; car nous recherchons ce qui est bien, non seulement devant le Seigneur, mais aussi devant les hommes.” (II Corinthiens 8.19,20). Les assemblées locales étant autonomes, chacune doit gérer ce qui est donné. Les membres devraient savoir comment l’argent est utilisé. Tous devraient reconnaître que ce qui est dans la caisse de l’Eglise appartient à Dieu lui-même et doit être employé de manière à le glorifier.
Le plan de Dieu pour financer son oeuvre est donc très simple et très beau. Chaque dimanche, chaque chrétien donne volontairement tout ce qu’il peut, selon sa foi, son amour pour le Seigneur, et sa reconnaissance pour la grâce de Dieu, “car Dieu aime celui qui donne avec joie. ”
B.B.

(dans Vol. 6, No. 1)

LA MUSIQUE DANS LE CULTE

LA MUSIQUE DANS LE CULTE

AVANT-PROPOS
On s’interroge souvent sur les raisons pour lesquelles les Églises du Christ n’utilisent pas d’instruments de musique dans le culte. C’est peut-être l’une des choses les plus frappantes pour le visiteur qui assiste pour la première fois à nos réunions, que de constater l’absence d’orgue, de piano, de guitare, de tam-tam, ou d’autres instruments d’accompagnement du culte. Cet étonnement est assez naturel si l’on considère que l’usage en est presque universel.
Par la voie de cet article, nous croyons utile de répondre à la question posée, en nous rapportant aux paroles de l’apôtre Pierre, qui nous dit: «Soyez toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous.» (1 Pierre 3.15)
Signalons immédiatement que ce n’est ni par goût personnel, ni par mesure d’économie, que nous nous abstenons d’employer des instruments de musique dans l’exercice du culte que nous rendons à Dieu, mais que c’est par principe de foi.

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Qu’a autorisé Dieu dans le culte chrétien, quant à l’adoration sous forme de cantiques ? Écoutons le Saint-Esprit quand il dit : «Entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre coeur les louanges du Seigneur;» (Éphésiens 5.19) Écoutons la même expression de pensée dans l’Épître aux Colossiens : «Instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la grâce. » (Colossiens 3.16)
Notons en particulier que l’Esprit-Saint nous recommande expressément de nous «entretenir », c’est-à-dire, nous « instruire » et de nous «exhorter » mutuellement par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels et de chanter à Dieu sous l’inspiration de la grâce. Il s’avère que Dieu autorise, pour sa louange, l’usage de nos voix et de «nos cœurs », en chantant, en récitant les psaumes, etc.
La musique que Dieu agrée pour le culte qu’on lui rend se «joue» uniquement par les «cordes» de nos coeurs et s’élève jusqu’à lui par nos voix. Il n’est nulle part question dans le Nouveau Testament, que ce culte lui soit rendu avec l’addition ou par le moyen d’instruments quelconques.
Telle est la voie indiquée par Dieu. Et puisque c’est Dieu que nous voulons adorer et exalter, et puisque c’est à lui que nous voulons plaire, obéissons attentivement à ses instructions.
En parlant de culte, nous faisons uniquement allusion à celui pratiqué sous l’ère chrétienne et non à celui pratiqué sous l’ère patriarcale ou mosaïque. Nous savons, en effet, que sous la loi de Moïse la musique instrumentale était non seulement tolérée, mais commandée par le Livre des Chroniques dans les termes suivants: « Il fit placer les Lévites dans la maison de l’Éternel avec des cymbales, des luths et des harpes, selon l’ordre de David, de Gad le voyant du roi, et de Nathan le prophète; car c’était un ordre de l’Éternel,transmis par ses prophètes.» (1 Chroniques 29.25) Mais il faut cependant remarquer qu’à l’époque indiquée l’exercice du culte comprenait également des sacrifices d’animaux qui ne seraient assurément plus tolérés de nos jours.
De même, si un homme se présentait à notre lieu de culte avec un agneau sans défaut, afin de l’offrir en sacrifice à Dieu, lui serait-il permis de le faire sous prétexte que David offrait de tels sacrifices et qu’ils étaient à cette époque agréables à Dieu ? Que répondrions-nous? Simplement que nous ne vivons plus actuellement sous la loi qui commandait des sacrifices d’animaux.
L’apôtre Paul a averti les chrétiens de Galatie que s’ils cherchaient leur justification dans la loi de Moïse, ils seraient « déchus de la grâce» et « séparés de Christ.» Dans le même contexte, il leur dit que s’ils cherchaient leur justification dans une partie de la loi, ils étaient tenus logiquement de l’observer tout entière (Galates 5.4,3; voir aussi Jacques 2.10).
Il faut donc s’en reporter à Jésus plutôt qu’à Moïse pour l’observance justifiée des pratiques auxquelles doivent obéir ceux qui s’appellent des chrétiens. Paul nous exhorte : «Quoi que vous fassiez, en parole ou en oeuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père.» (Colossiens 3.17). Ainsi tout ce que nous faisons en tant que chrétiens doit s’accomplir, non au nom de Moïse, mais «au nom du Seigneur Jésus.» Cette expression «au nom de» implique l’autorité dont elle est revêtue. Par exemple «au nom du roi» implique l’autorité royale comme base de directive. Faire quelque chose au nom du Seigneur signifie le faire par son autorité. Or, nous ne pouvons pas employer les instruments de musique dans le culte pour la bonne raison qu’il ne les a jamais autorisés.
Et ceux qui les emploient sans l’autorité divine doivent tenir compte de l’avertissement de l’apôtre Jean: «Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu.» (2 Jean 9). Or, aller plus loin que la doctrine (ou l’enseignement) du Christ, c’est faire ce qu’il n’a pas autorisé, et c’est le cas lorsqu’on se sert d’instruments de musique dans le culte. Il ne s’agit pas là d’une opinion ou d’une théorie humaine, mais bien d’un principe enseigné dans l’Ecriture Sainte.
Il ne faut pas se tromper sur l’importance d’un ordre ou d’une directive émanant de Dieu. Il est clair que Dieu exige toujours que nous observions scrupuleusement sa parole. Comparons les avertissements de l’Ancien Testament avec ceux du Nouveau Testament. Dans le premier cas, Dieu dit : « Vous n’ajouterez rien à ce que je vous prescris et vous n’en retrancherez rien, mais vous observerez les commandements de l’Éternel votre Dieu, tels que je vous les prescris. » (Deutéronome 4.2). Dans le Nouveau Testament il est tout aussi sévère quant à ceux qui modifient sa parole (voir Apocalypse 22.18,19)
Considérons le cas de Moïse qui, pour avoir frappé un rocher afin qu’il en sorte de l’eau, au lieu, simplement de lui parler comme Dieu lui avait ordonné de faire, perdit son droit d’entrer en Terre Promise (Nombres 20.8-12). Et pourtant, Dieu lui avait ordonné auparavant de frapper un rocher (Exode 17.6). Il faut donc faire attention à ne rien faire que Dieu n’ait pas autorisé.
Sur le point de quitter ses apôtres et de retourner chez son Père, le Christ comprenait et prévoyait qu’ils auraient besoin de directives infaillibles, bien qu’il les eût personnellement instruits pendant plus de trois ans. C’est pourquoi il leur dit : « Et moi, je prierai le Père, et ilvous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit devérité, que le monde ne peut recevoir.» (Jean 14.16,17). Il leur dit encore : «Mais le consolateur, l’Esprit de vérité, vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir.» (Jean 16.13). L’Esprit- Saint descendit sur les apôtres au jour de la Pentecôte suivant la résurrection du Christ (Actes 2.1-4). Comme prévu et annoncé il vint sur eux pour les diriger dans toute la vérité. Les apôtres ont reçu et annoncé dans l’Évangile cette vérité qui sauve (1 Pierre 1.22-25). Il est à remarquer pourtant que l’Esprit n’a pas indiqué aux apôtres d’employer la musique instrumentale en les dirigeant « dans toute la vérité»
Il s’en suit forcément que l’emploi d’instruments de musique ne fait aucunement partie de la «vérité» transmise par les apôtres.
Écoutons l’avertissement biblique contre la tendance qui prévaut d’élever nos propres désirs jusqu’à ne plus supporter la saine doctrine qui est l’Évangile de Christ (2 Timothée 4.3,4).

DES OBJECTIONS

Certaines objections sont soulevées contre cette pratique, pourtant apostolique, d’exclure les instruments de musique du culte chrétien.
1. «La Bible ne défend pas de se servir d’instruments de musique dans le culte chrétien.»
Répondons qu’il n’est pas nécessaire que Dieu défende spécifiquement tout ce qu’il ne veut pas, et méditons l’exemple ci-après. Dans le livre du Lévitique, nous lisons que Nadab et Abihu, fils d’Aaron «apportèrent devant l’Éternel du feu étranger, ce qu’il ne leur avait point ordonné », au lieu du feu qu’il autorisait. A cause de cette substitution, que Dieu compta comme désobéissance volontaire, « le feu sortit de devant l’Éternel et les consuma: ils moururent devant l’Éternel » (Lévitique 10.1,2) Il est vrai que Dieu n’avait pas dit explicitement de ne pas utiliser le feu que ces deux sacrificateurs ont employé pour brûler le parfum. Mais il n’est pas nécessaire que Dieu défende spécifiquement tout ce qu’il ne veut pas qu’on fasse. Un ordre positive et explicite exclut d’office tout ce qui n’est pas compris dans un tel ordre. La parole de Dieu est en même temps exclusive et inclusive: elle inclut tout ce qui est commandé et elle exclut tout ce qui ne l’est pas.
Voyons un autre exemple: lorsque Dieu dit à Noé de construire l’arche, il lui dit de la construire en bois de gopher (Genèse 6.14). Dieu ne lui a pas dit: « Tu ne te servira pas de bois de sapin, ou de chêne.» En spécifiant «bois de gopher» toutes autres espèces de bois étaient automatiquement exclues, sans que Dieu fut tenu à les citer par leur nom.
Le même principe doit s’appliquer aux instruments de musique. Il y a deux sortes de musique: la musique vocale et la musique instrumentale.
Le Seigneur ayant spécifié la musique vocale, il n’était pas nécessaire de défendre explicitement tout autre genre de musique. Le commandement de chanter précise ce que Dieu veut et exclut la musique instrumentale tout comme dans la Sainte Cène, l’ordre spécifiant le pain et le fruit de la vigne élimine tout autre aliment de la table du Seigneur. La substitution ou l’addition de lait, de viande, de pommes de terre, d’eau, etc., serait une désobéissance à l’ordre. Puisque nous admettons tous que Dieu exclut d’une manière positive et définitive tout autre aliment de cette partie du culte sans l’interdire explicitement, pourquoi ne pas faire application du même principe en ce qui concerne la musique instrumentale dans le culte ? Le commandement positif et explicite de chanter est une exclusion de tout autre genre de musique.
2. «On peut nous objecter que le Nouveau Testament nous exhorte à adorer Dieu par des Psaumes et que le 150e, parmi d’autres, recommandant qu’on l’adore avec toutes sortes d’instruments, nous pouvons le faire.»
Cette objection contre notre thèse perd sa force lorsque l’on considère à nouveau les textes des Écritures précités. En effet, il ne faut pas perdre de vue que les Psaumes issus de l’Ancien Testament recommandent aussi aux adorateurs d’autres actes de culte tels que les holocaustes (Psaumes 66.13-15), actes qui ont été abolis.
En effet les Psaumes et de telles prescriptions font partie de l’Ancienne Alliance, qui fut remplacée par la Nouvelle (Hébreux 8.7).
L’usage recommandé par le Nouveau Testament pour les Psaumes nous autorise à les chanter, à les réciter, mais n’autorise pas l’emploi d’instruments de musique.
3. «Il est loisible d’avoir des instruments de musique chez soi; pourquoi donc ne pas les avoir dans l’Église ?»
Chez soi, tout ce qui est moralement juste est permis, mais dans l’Église rien n’est permis qui ne soit autorisé par le Nouveau Testament. Ce qui est moralement acceptable chez soi n’est pas nécessairement permis dans le culte. Par exemple, il est moralement permis de se laver les mains avant le repas, mais ce ne sera pas là un acte de culte.
4. «Il n’y a pas de différence entre l’emploi d’instruments de musique, et l’emploi d’un baptistère ou d’un recueil de cantiques; ils sont l’un et l’autre tout simplement des aides dans le service de Dieu»
Il est vrai qu’un baptistère et un recueil de cantiques sont des aides, mais l’instrument de musique est une addition. L’acte accompli dans un baptistère est l’acte ordonné par Dieu tandis que l’acte exécuté quand on joue d’un instrument de musique est un acte que Dieu n’a pas ordonné. Se servir d’un livre de cantiques en chantant constitue un acte que Dieu a ordonné (ni plus ni moins), mais chanter n’est pas jouer : ce sont deux actes bien différents. Chacun peut exister sans l’autre. Dieu a ordonné l’un dans le culte mais pas l’autre. 

Les Instruments dans l’Église
Il n’y a pas eu d’instruments de musique dans le culte chrétien pendant plus de 600 ans après la mort du Christ – 600 ans après l’établissement de l’Église du Seigneur. Citons l’American Encyclopedia : «Le Pape Vitalien a, pour la première fois, introduit les orgues dans quelques églises d’Europe occidentale vers l’an 670. Mais le plus ancien rapport digne de confiance est celui d’un orgue envoyé comme cadeau par l’empereur grec Constantin Copronymu, à Pépin, roi de Francs, en 755» (Tome XII, page 688).
Citons aussi la Schaff-Herzog Encyclopedia: « Dans l’Église grecque l’orgue n’est jamais entré en usage. Mais après le VIIIe siècle il est devenu de plus en plus courant dans l’Église latine: pas toutefois, sans opposition du côté des moines…» (Tome III, page 702). L’Église orthodoxe, quoique ne suivant pas les ordonnances bibliques en bien des points, a conservé néanmoins l’exemple biblique dans le baptême par immersion et dans la musiquea capella, c’est-à-dire sans instrument.
Le fait d’exclure les instruments de musique dans leur culte n’est pas une « idée fixe» suivie uniquement par les Églises du Christ. C’est plutôt un point de conviction commun à plusieurs chefs religieux des plus éminents et érudits. Ecoutons ce que quelques-uns d’entre eux disent à ce sujet.
Martin Luther rejeta l’emploi de l’orgue en disant: «L’orgue dans le culte à Dieu est un insigne de Baal.»
Jean Calvin disait de l’orgue dans le culte: « Les instruments de musique pour célébrer les louanges de Dieu ne sont pas plus appropriés que de brûler de l’encens, d’allumer des lampes ou de restaurer les autres ombres de la loi. Les hommes qui aiment la pompe extérieure peuvent se réjouir dans ce bruit mais la simplicité que Dieu nous recommande par les apôtres lui est de beaucoup plus agréable… La voix humaine… surpasse assurément tous les instruments de musique» (Dans son commentaire du 23e Psaume).
John Wesley dit: «Je n’ai point d’objection contre les instruments de musique dans nos églises, pourvu qu’ils ne soient ni vus, ni entendus » (Adam Clarke’s Commentary, Tome IV, page 684).
Adam Clarke est compté parmi les plus éminents commentateurs bibliques au monde. Il fut contemporain de John Wesley. Concernant les orgues dans le culte, il dit: «Je suis un vieil homme et un vieux prédicateur: et je déclare que je n’ai jamais pu constater qu’ils aient été producteurs d’un bien quelconque dans l’adoration de Dieu: et j’ai des raisons de croire qu’ils ont été producteurs de beaucoup de mal. La musique en tant que science, je l’estime et l’admire, mais les instruments de musique dans la maison de Dieu je les ai en abomination et je les déteste; c’est l’abus de la musique et je joins ma protestation contre toutes corruptions pareilles dans le culte de l’Auteur du Christianisme.» (Adam Clarke’s Commentary, page 684).
Ce qu’ont pensé ces hommes ne prouve pas qu’on ne doit pas se servir d’instruments de musique dans le culte chrétien: seul l’enseignement du Christ et de ses apôtres peut établir cette interdiction. Mais ces hommes sont cités pour démontrer que de tels instruments dans le culte ont été rejetés par beaucoup parmi les plus grands chefs religieux.
Résumons donc en disant au sujet de la musique instrumentale que ni le Christ, ni le Saint-Esprit, ni les apôtres ne l’ont jamais autorisée. Aucune assemblée apostolique ne l’a employée. Prenant le Nouveau Testament comme notre seule règle de foi et de pratique en matière du culte chrétien, et voulant demeurer dans l’enseignement apostolique, nous nous voyons dans l’obligation absolue d’exclure les instruments de musique de notre culte.
Auteur inconnu

(Vol. 4, No. 4

La grâce s’en occupera-t-elle?

La grâce s’en occupera-t-elle?
Il y a quelques années je connaissais un ancien de l’Eglise qui était franchement inexcusable. C’était un homme instruit, très doué dans sa profession. On lui faisait appel de partout; on l’engageait pour des projets que lui seul était capable de réaliser. Il gagnait un salaire extraordinaire. Voilà pourquoi j’ai été si étonné le jour où, par hasard, j’ai appris qu’il ne donnait à Dieu que $10 (50 FF ou 5000 CFA) par semaine.
Etant l’un de ses amis, je l’ai rencontré chez lui pour parler de ce qui me semblaient être de l’avarice. J’ai présenté des excuses pour l’avoir découvert, et je lui ai dit que je supposais qu’il faisait du bien ailleurs avec son argent. Mais je l’ai informé que dix dollars était une somme chiche, et un mauvais exemple au troupeau (si jamais la chose venait à jour). Il m’a écouté patiemment, puis il a confessé qu’en effet il ne donnait pas comme il fallait (il ne contribuait à aucune bonne cause quelconque) et que l’avarice avait toujours été l’une de ses faiblesses. “Mais David – ajouta-t-il, “à mon avis, je suis sauvé par la grâce et la grâce de Dieu devra tout simplement couvrir de tels défauts.”
Un autre homme abandonna sa femme pour prendre une autre. Il expliqua plus tard: “Nous avons tous des péchés. Je ferai confiance au Seigneur de me sauver par sa grâce.”
Il y a toujours eu deux fausses idées concernant la grâce: (1) certains n’y croient pas, donc, ils pensent que ce n’est pas spirituel de prétendre être sauvé. (2) d’autres en abusent et se servent de la grâce comme excuse pour continuer dans le péché. Les deux idées sont erronées, dangereusement erronées.
La grâce n’est pas une “indulgence” qui permet à une personne de demeurer dans le péché: “Que dirons-nous donc? Demeurerions-nous dans le péché afin que la grâce abonde? Loin de là! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché? Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisé en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie.” (Romains 6.1-4). La grâce devait nous libérer du péché, mais ce pardon “nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété.” (Tite 2.12) Nous excuser dans le péché c’est essayer d’accepter le pardon sans la repentance. Dans de tels cas la grâce n’est pas la grâce. C’est se tromper soi-même. Tu te séduis toi-même si tu excuses ton péché – la chose même que Christ est venu enlever. C’est de la trahison et de l’infidélité à l’égard de l’alliance.
Oui, Dieu est bon, Dieu est bienveillant et il nous sauve par sa grâce. Mais le même Dieu dit à tous ceux qui sont sauvés: “Recherchez … la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur” (Hébreux12.14). Si tu refuses de te repentir d’un péché, Dieu refusera de le pardonner. (I Jean 5.16)

David Lusk

(Vol. 3, No. 2)

L’assistance est-elle vraiment important?

L’ASSISTANCE EST-ELLE VRAIMENT IMPORTANTE ?
On pourrait demander en toute sincérité «L’assistance au culte est-elle vraiment importante ? Nous sommes parfois fatigués, occupés, et préoccupés par beaucoup de choses. Si le culte est si important, comme on le dit, je ferai l’effort nécessaire pour y participer, mais il faut me rappeler de temps en temps son importance réelle.» 
C’est important pour le Seigneur.
 Il n’abandonne jamais l’assemblée des chrétiens et il demande aux autres de faire autant (Matthieu 18.20; Hébreux 10.25) 
C’est important pour votre famille. 
Votre foi et votre exemple parlent avec plus de force que 10 millions de paroles. Il n’est pas probable que vos enfants apprennent à aimer l’Eglise plus que vous l’aimez. Vos actions comme modèle pour les autres sont d’une importance suprême. 
C’est important pour vos voisins. 
Le message de ce que nous faisons passe avant et peut rendre nul le message de ce que nous disons. Le premier test que les autres appliquent à votre foi est: «Sa vie est-elle conforme à ce qu’il prétend croire ?» 
C’est important pour l’Eglise. 
Chaque aspect de l’oeuvre de l’Eglise souffre quand les chrétiens négligent le privilège d’adoration. Aucun sermon ne peut surmonter l’effet de votre place vide.
C’est important pour ceux qui conduisent l’assemblée. Ces hommes portent un fardeau lourd en essayant d’encourager l’Eglise et de la garder fidèle. Le manque de fidélité peut être pour ces hommes une source de découragement et de confusion. Votre fidélité fait une différence énorme et les aide à porter leur charge – plus qu’on ne puisse le dire. 
C’est important pour votre développement
 spirituel. Les chrétiens sont des disciples, ce qui signifie ceux qui suivent et apprennent, des élèves. Tout comme le fait de s’absenter à l’école publique produit l’échec, ainsi il empêche le progrès et le succès spirituels. 
C’est important pour Dieu. 
Il est certain que celui qui nous a tant aimés qu’il a donné son Fils est sensible au degré d’amour que vous manifestez pour lui.
Votre assistance fidèle est très imporante. Je vous prie de ne pas négliger cet aspect de vote christianisme qui joue un si grand rôle dans le bien-être de votre âme et le bien-être spirituel des autres.

par     Owen Cosgrove

(dans Vol. 2, No. 4)

Conseils pour les petites assemblées

Conseils pour de petites assemblées
La plupart des Eglises du Christ dans le monde francophone sont de petites assemblées – composées de moins de vingt membres. Certaines n’ont que quatre ou cinq membres. Une assemblée peut certainement être une Eglise valable aux yeux de Dieu bien qu’elle ait peu de membres. Jésus nous assure: «Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux» (Matthieu 18.20). En s’adressant à l’Eglise de Philadelphie le Seigneur dit : «Je connais tes oeuvres. Voici, parce que tu as peu de puissance, et que tu as gardé maparole, et que tu n’as pas renié mon nom, j’ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer.» (Apocalypse 3.8). L’Eglise de Philadelphie n’était peut-être pas une grande assemblée _ elle avait «peu de puissance.» Et pourtant, le Seigneur félicita cette assemblée à cause de sa fidélité.
Aux yeux de Dieu, le fait d’avoir un nombre restreint n’est pas un défaut en soi pour une Eglise. Parfois le manque de croissance est le résultat de certains défauts chez l’assemblée tels que la division, un mauvais témoignage à cause du péché, ou un manque de zèle et de persévérance dans l’évangélisation. Mais Dieu ne juge pas les assemblées sur le nombre de leur assistance.
Les petites assemblées, pourtant, doivent être particulièrement vigilantes pour éviter certaines erreurs qui peuvent non seulement faire obstacle à leur croissance mais aussi déplaire à Dieu.
1. Heures des réunions non-respectées.
Un petit groupe peut se permettre d’être plus flexible en ce qui concerne ses réunions, mais cette flexibilité peut jouer contre les efforts d’attirer les autres. Si l’on n’a pas d’heure fixe ou que l’on ne la respecte pas, les visiteurs qui ne vous trouvent pas prêts pour le culte risquent de ne plus revenir. (Ce qui est encore pire, c’est de ne même pas se réunir par occasion. C’est un défaut constaté dans certaines petites assemblées et qui précipite leur mort en tant qu’Eglise.)
2. Mauvaise préparation des leçons.
Généralement celui qui doit s’adresser à une grande assistance ne veut pas avoir honte devant tant de personnes. Pour cette raison il prend le temps nécessaire de bien préparer ce qu’il va dire. Il veut avoir quelque chose de bon à présenter de la parole de Dieu. Dans une petite assemblée on sent moins de pression. Et pourtant, que les hommes soient nombreux ou pas, tout ce que nous faisons pour Dieu doit être de notre mieux. C’est la faveur de Dieu que nous devons rechercher en toutes choses (Galates 1.10).
En plus, la petite assemblée peut avoir en son sein moins de frères doués pour l’enseignement. Si l’on veut que les membres soient nourris spirituellement et que les visiteurs soient convaincus, ceux qui doivent enseigner ont besoin de faire encore plus d’efforts dans leurs préparatifs par rapport à la personne ayant plus de formation, d’expérience ou de dons naturels.
3. Négligence dans l’observance du repas du Seigneur.
Certaines petites assemblées sont très irrégulières en ce qui concerne la communion, surtout des assemblées se trouvant loin de la ville. Elles ne prévoient pas l’achat du jus de la vigne ou même la farine pour faire du pain sans levain. Il n’y a pas d’excuse pour une telle négligence. Bien avant le dimanche il faut s’assurer que le nécessaire est là pour rendre à Dieu un culte conforme au modèle biblique.
4. La paresse en ce qui concerne le lieu d’adoration.
Quand une assemblée vient de commencer, elle est souvent obligée de «se débrouiller» pour avoir un lieu de réunion. Ce sera peut-être dans le salon d’un frère ou même d’un «sympathisant», dans une salle de classe d’une école primaire, ou même sous un arbre. Ces solutions devraient généralement être provisoires. L’Eglise peut ne disposer du lieu que pendant des heures bien déterminées, ce qui l’empêche d’organiser des activités spéciales. L’assemblée peut-être «chassée» par un nouvel administrateur de l’école ou suite à un changement d’attitude chez le propriétaire de la maison. Et bien sûr, un arbre ne constitue pas un abri pendant la saison des pluies. Si vous vous êtes jamais réunis dans de tels lieux, vous pourriez énumérer d’autres inconvénients. Parfois on se contente de ces solutions insatisfaisantes parce qu’elles ne demandent pas de sacrifice financier. Au lieu de faire l’effort nécessaire afin de pourvoir un lieu propre à l’Eglise, on opte pour la voie la plus facile. Frères, un tel comportement ne convient pas au service de Dieu et ne contribue pas au progrès de l’Eglise.
5. Le défaitisme.
Quand on est peu nombreux, on est souvent tenté de penser que l’on ne peut rien réaliser, que ses ressources sont trop limitées. Sans même faire d’effort on se voit déjà comme vaincu. Que ce soit une question d’évangélisation, de construction de lieu de culte, d’oeuvre bénévole, ou de l’organisation d’une période de communion fraternelle, certains frères sont prêts à décourager toute initiative en prédisant son échec. On oublie si vite que «je puis tout par celui qui me fortifie» (Philippiens 4.13), que «tout est possible à celui qui croit» (Marc 9.23), et que Dieu «peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons» (Ephésiens 3.20).
Une petite assemblée n’a pas besoin d’avoir honte du fait qu’elle est petite tant qu’elle est fidèle. Mais que les nombres restreints ne deviennent jamais une excuse pour la négligence dans l’oeuvre du Seigneur.

B.B.

(dans Vol. 2, No. 4)

Le repas du Seigneur

LE REPAS DU SEIGNEUR

On l’appelle de plusieurs noms: La Sainte Cène, le repas du Seigneur, la fraction du pain, la communion, la table du Seigneur, même l’eucharistie chez certains. De quoi s’agit-il?
En I Corinthiens 10 et 11, l’apôtre Paul donne un enseignement assez détaillé concernant cet élément important du culte chrétien. Quatre aspects de cette observance ressortent de ce qu’il écrit.
1. C’est un rappel, un souvenir.
Car j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné; c’est que le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain, et après avoir rendu grâces, le rompit, et dit: Ceci est mon corps, qui est rompu pour vous; faites ceci en mémoire de moi. De même, après avoir soupé, il prit la coupe, et dit: Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang; faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez.” (I Corintheins 11.23-25).
Jésus dit à ses disciples de faire cela en sa mémoire. En prenant ce repas (le pain et le vin), le chrétien pense à Jésus: la gloire qu’il a laissée pour venir dans ce monde, sa vie parfaite, son amour, les souffrances qu’il a supportées, sa mort, sa résurrection, et notre besoin de lui. Cette cérémonie sert de monument vivant; il n’est pas limité à un seul endroit et il ne se dégrade pas sous l’effet du temps. Chaque semaine et à travers le monde, ce “monument” porte à l’esprit des hommes leur Sauveur.
Ce repas nous rappelle également la nouvelle alliance que Dieu traite avec nous, selon laquelle il est notre Dieu et nous sommes son peuple. En Matthieu 26.28, Jésus dit: “Ceci est mon sang, le sang de l’alliance.” Cela veut dire que c’est le sang de Jésus qui inaugure ou rend officiel, confirme ou met en vigueur l’alliance que Dieu traite avec nous. (Rappelons-nous que l’ancienne alliance avait été inaugurée par le sang des animaux: “ Voilà pourquoi c’est avec du sang que même la première alliance fut inaugurée. Moïse, après avoirprononcé devant tout le peuple tous les commandements de la loi, prit le sang des veaux et des boucs, avec de l’eau, de la laine écarlate, et de l’hysope; et il fit l’aspersion sur le livre lui-même et sur tout le peuple, en disant: Ceci est le sang de l’alliance que Dieu a ordonnépour vous.” (Hébreux 9.18-20).
2. C’est une proclamation.
Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.” (I Corinthiens 11.26). En participant à ce repas, nous disons au monde que Jésus est mort pour les péchés des hommes. En le faisant le premier jour de la semaine, jour de la résurrection, nous disons qu’il est revenu à la vie et que nous attendons avec confiance son retour.
3. C’est un repas sacré.
Lors donc que vous vous réunissez, ce n’est pas pour manger le repas du Seigneur; car, quand on se met à table, chacun commence par prendre son propre repas, et l’un a faim, tandis que l’autre est ivre. N’avezvous pas des maisons pour y manger et boire? Ouméprisez-vous l’Eglise de Dieu et faites-vous honte à ceux qui n’ont rien. Que vous dirai-je? Vous louerai-je? En cela je ne vous loue point…Si quelqu’un a faim, qu’il mange chez lui, afin que vous ne vous réunissiez pas pour attirer un jugement sur vous.” (I Corinthiens 11.20-22, 34).
Les corinthiens avaient déformé le repas du Seigneur au point où il était devenu chez eux un repas ordinaire. Ils s’enivraient même! Ils ne considéraient ni le corps physique de Jésus qui fut donné pour leur salut, ni son corps spirituel, qui est l’Eglise. Paul leur dit donc de s’examiner pour ne pas prendre le repas indignement. C’est un repas saint et l’on ne le mange pas n’importe comment. “ C’est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun donc s’éprouve soi-même, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe; car celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur mange et boit un jugement contre luimême.” ( I Corinthiens 11.27-29). S’éprouver ne veut pas dire qu’il faut confesser les péchés qu’on aurait commis pendant la semaine jusqu’au dimanche (bien qu’il soit conseillé de renouveler en ce moment son amour et sa décision de se détourner des péchés que l’on voit toujours dans sa vie). S’examiner veut dire surtout de considérer sa façon de participer au repas. Il faut le manger avec du respect, conscient de son vrai sens, car c’est un repas sacré.
4. C’est une communion avec le Seigneur et avec son Eglise.
La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas la communion au sang de Christ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas la communion au corps de Christ? Puisqu’il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps; car nousparticipons tous à un même pain. Voyez les Israélites selon la chair: ceux qui mangent les victimes ne sont-ils pas en communion avec l’autel? Que dis-je donc? Que la viande sacrifiée aux idoles est quelque chose, ou qu’une idole est quelque chose? Nullement. Je dis que ce qu’on sacrifie, on le sacrifie à des démons, et non à Dieu; or, je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons. Vous ne pouvez boire la coupe du Seigneur, et la coupe des démons; vous ne pouvez participer à la table du Seigneur, et à la table des démons. Voulons-nous provoquer la jalousie du Seigneur? Sommes-nous plus forts que lui?( I Corinthiens 10.16-22).
Le repas du Seigneur est un signe d’unité entre nous qui formons un seul corps et qui partageons ce même pain et vin. Nous sommes unis avec tous nos frères et soeurs en Christ partout au monde qui, ce même jour, participent au même repas.
Comme ceux qui mangent ensemble la viande sacrifiée à une idole se sentent unis et en communion avec leur idole, les chrétiens se sentent unis à Jésus, et les uns aux autres, quand ils mangent le repas du Seigneur. Il faut savoir, pourtant, que la communion avec Jésus et avec son peuple exclut la communion avec les idoles. On ne doit pas manger aux deux tables. L’enseignement de la Bible concernant le repas du Seigneur n’est pas compliqué. Malgré ce fait, de nombreuses pratiques erronnées se sont introduites dans le culte des différentes dénominations. De fausses idées à l’égard de la communion sont très répandues; l’importance du sujet exige que ces égarements soient identifiés afin qu’on les évite. Les quatre premières erreurs que nous traiterons se rapportent particulièrement à la conception catholique de la communion. Les autres ne sont pas limitées au catholicisme.

Erreur: Le pain devient littéralement la chair de Jésus lorsqu’il est béni au moment du repas. Le vin devient “réellement” son sang. Même l’âme du Seigneur est présente dans cette chair et ce sang. Jésus est donc là physiquement. Voici pourquoi Jésus dit en Matthieu 26.26,28: “Ceci est mon corps… ceci est mon sang.”
Réponse: Quand Jésus, en prenant le pain, dit à ses disciples, “ceci est mon corps,” il ne leur a pas distribué son corps physique qui serait bientôt attaché à la croix. Comme dans beaucoup d’autres passages, Jésus emploie le verbe “être” dans le sens de “représenter, ressembler à, ou signifier.” Voyons des exemples: “Je suis la porte des brebis” (Jean 10.7); “Je suis le vrai cep, mon Père est le vigneron” (Jean 15.5); “La semence, c’est la parole de Dieu” (Luc 8.11). Jacques, aussi, parle de la même manière: “Vous êtes une vapeur.” Evidemment, Jésus veut dire que le pain symbolise ou représente son corps qui serait “rompu” pour les hommes. L’apôtre Paul ne donne pas l’impression de croire qu’il mange la chair humaine ayant mystérieusement l’apparence du pain. Il parle de pain: “Nous participons tous à un même pain” (I Corinthiens 10.17), “Toutes les fois que vous mangez ce pain…C’est pourquoi celui qui mangera le pain…Que chacun donc s’éprouve soi-même,et qu’ainsi il mange du pain…etc.” (I Corinthiens 11.26- 29). Erreur: La messe (le repas) est un sacrifice du vrai corps et du vrai sang du Christ. Ce n’est pas simplement une question de se rappeler le sacrifice de Jésus; on le répète, on le renouvelle. Réponse: La Bible dit clairement que le sacrifice de Jésus a été fait une fois pour toutes. Jésus “n’a pas besoin,comme les souverains sacrificateurs, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple – car ceci, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même.” (Hébreux 7.27). “C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes… lui, après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu…Car, par une seule offrande, il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés.”(Hébreux 10.10,12,14).

Erreur: Par la communion on peut obtenir la grâce, c’est-àdire, le pardon. L’officiant peut obtenir cette grâce même pour les morts par ce rite.
Réponse: Ce n’est pas le pain et le vin qui nous purifient du péché. C’est le sang de Jésus versé sur la croix, c’està- dire, sa mort, qui fait cela. “Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché.” (I Jean 1.7). Erreur: L’on ne doit pas offrir le vin à tous les croyants. L’officiant seul doit en prendre de peur que quelqu’un en verse quelques gouttes et que le “sang de Christ” soit profané de cette manière. D’ailleurs, il est plus facile de servir seulement le pain quand un grand nombre doit être servi. Réponse: En instituant le repas du Seigneur, Jésus dit explicitement, “Buvez-entous.” (Matthieu 26.27). L’apôtre Paul écrit: “Que chacun donc s’éprouve soimême, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe.” (I Corinthiens 11.28). Nous devons célébrer le repas tel que Jésus l’a voulu et tel que les premiers chrétiens l’observaient: “sous les deux espèces.”

Erreur: Seul un prêtre ou un pasteur ordonné peut bénir le pain et le vin. Si la personne “autorisée” n’est pas présente, les simples fidèles ne doivent pas observer le repas du Seigneur.
Réponse: La Bible ne dit nulle part que seuls certains chrétiens peuvent présider à la table du Seigneur. Réserver ce droit pour une certaine catégorie de membres est une tradition des hommes et non de Dieu. En ajoutant une loi que Dieu n’a pas donnée, on empêche de nombreux croyants de faire ce que Jésus a ordonné: manger le pain et boire le vin en sa mémoire. Les paroles de Paul en I Corinthiens 10.16, suggère que ce n’était pas un seul individu dans l’Eglise qui rompait le pain et bénissait la coupe: “la coupe que nousbénissons…le pain que nous rompons.” En effet, le seul médiateur entre Dieu et les hommes, c’est Jésus-Christ (I Timothée 2.5). Tous les chrétiens sont des prêtres ( I Pierre 2.5,9).

Erreur: Soit on prend la communion le plus souvent possible, de préférence tous les jours, soit on ne le prend que rarement – une fois par mois, par trimestre ou par an. Certaines Eglises passent plusieurs années sans observer la Sainte Cène.
Réponse: Les deux extrêmes s’éloignent de l’exemple de l’Eglise du premier siècle. Sa pratique était de l’observer chaque dimanche, le jour du Seigneur. En parlant des chrétiens de Jérusalem dans la période qui suivit l’établissement de l’Eglise le jour de Pentecôte, Luc dit qu’”ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans le prières.” (Actes 2.42). Le mot “persévérer” indique que l’on persiste ou continue dans une action. On fait quelque chose continuellement ou régulièrement – sans la négliger. Plus tard dans le livre des Actes, nous voyons le repas du Seigneur célébré parmi les chrétiens à Troas: “Le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain. Paul, qui devait partir le lendemain, s’entretenait avec les disciples, et il prolongea son discours jusqu’à minuit.” Ce verset nous apprend que le but de la réunion des disciples le premier jour de la semaine (le dimanche) était de partager le repas du Seigneur. Certainement, ils priaient et louaient Dieu aussi, et le texte nous précise qu’ils reçurent de l’enseignement apostolique par Paul lui-même. Paul profitait de la réunion pour enseigner, mais la raison de ce rassemblement était pour rompre le pain. En I Corinthiens 11, chapitre que nous avons déjà considéré, Paul fait une reproche à l’Eglise à Corinthe en ces termes: “Lors donc que vous vous réunissez, ce n’est pas pour manger le repas du Seigneur.” Cela devait être le but de leur réunion comme ce fut le cas à Troas, mais comme nous l’avons vu, les corinthiens avaient déformé ce repas sacré au point où l’on ne pouvait plus l’appeler “le repas du Seigneur.” (Le contexte d’Actes 20 nous suggère, en plus, que le dimanche était le seul jour où l’Eglise participait à la communion. En effet, le verset 16 dit que “Paul avait résolu de passer devant Ephèse sans s’y arrêter, afin de ne pas perdre de temps en Asie: car il se hâtait pour se trouver, si cela lui était possible, à Jérusalem le jour de la Pentecôte.” Selon Actes 20.6, Paul et ses compagnons de voyage avaient passé sept jours à Troas. Le premier jour de la semaine ils ont pris le repas, et le lendemain Paul devait partir. Pourquoi, si Paul se pressait pour arriver à Jérusalem, sont-ils restés toute une semaine à Troas? Parce qu’ils étaient arrivés un lundi, et voulant prendre le repas avec les disciples de Troas, ils devaient attendre le jour où l’on se réunissait autour de la table du Seigneur: le jour du Seigneur, c’est-à-dire, le dimanche.) I Corinthiens 16.1,2 renforce l’idée que le repas était pris chaque dimanche. Ici, Paul exhorte les chrétiens à se préparer, avant de quitter leurs domiciles, afin de participer à la collecte. Il précise qu’ils devaient agir ainsi “le premier jour de la semaine.” Evidemment, chaque semaine a un premier jour. Donc, et la collecte et la réunion de dimanche, dont le but était l’observance du repas, avaient lieu chaque semaine.

Erreur: Dans certaines Eglises on se sert de n’importe quel pain (pain de boulangerie, par exemple) pour le repas du Seigneur.
Réponse: La Bible dit que Jésus institua la Sainte Cène pendant la fête juive de la Pâque (Luc 22.14-20). Or, pendant la Pâque, il était formellement interdit aux juifs de garder du pain levé (Deutéronome 16.1-8). C’était du pain sans levain que Jésus prit pour représenter son corps. (Cela est particulièrement à propos en vue du fait que la levure symbolisait souvent le péché ou l’impureté, dont Jésus était exempt: I Corinthiens 5.6-8) De même qu’il ne faudrait pas remplacer le fruit de la vigne (jus de raisin ou vin) par autre boisson, tel que le Coca-Cola; nous ne devons pas nous écarter du modèle biblique en ce qui concerne le pain. Nous n’avons pas le droit de changer les éléments que le Seigneur choisit pour commémorer sa mort.

Le repas du Seigneur nous ramène, chaque semaine de notre vie chrétienne, au pied de la croix de Jésus. Il n’est pas un rite qui perd sa signification parce qu’on y participe tous les dimanches. Au contraire, il nous rappelle le coeur même de notre foi, la base de notre salut. Il nous invite à réfléchir régulièrement à la grâce de Dieu et nous inspire de nouveau à vivre pour Celui qui nous a tant aimé. Tout comme le baptême, par lequel le croyant pénitent entre en contacte avec la mort du Christ (Romains 6.3-6; Colossiens 2.12,13) et reçoit le pardon de ses péchés (Actes 2.38), le repas fait penser à la mort et la résurrection du Christ.
Tous ceux qui ont été baptisés pour former le seul corps, qui est l’Eglise (I Corinthiens 12.12; Ephésiens 1.22,23), mangent un seul pain. Que chaque chrétien le fasse avec fidélité, d’une manière digne du Seigneur, et en toute conformité à l’enseignement biblique.
B.B.

(dans Vol. 2, No. 3)