Travaillons ensemble

Il est très beau de voir des chrétiens travailler ensemble dans une franche collaboration pour la gloire de Dieu et l’avancement de la cause de Jésus-Christ. Voici le souhait que l’apôtre Paul exprime dans sa lettre aux Philippiens : « J’aimerais voir que vous tenez bon dans l’unité spirituelle, combattant d’un seul cœur et d’une même âme pour la foi de l’Évangile, luttant comme un seul homme afin que d’autres arrivent à croire la Bonne Nouvelle » (Phil. 1.27, Parole Vivante). Dans ses autres épîtres il compare parfois l’Église à un corps humain ; chaque membre a des capacités particulières à contribuer au bien commun. « Car, comme nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n’ont pas la même fonction, ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres… Nous avons des dons différents, selon la grâce qui nous a été accordée » (Rom. 12.4-6). Les membres d’une assemblée peuvent accomplir ensemble ce qu’ils seraient incapables de faire si chacun travaillait de façon isolée.

Nous comprenons cette collaboration assez facilement dans le contexte de l’assemblée locale, mais que dire de la coopération entre plus d’une assemblée ? Surtout là où les assemblées ne sont pas grandes, il est claire qu’il pourrait y avoir des avantages dans le fait de réunir des ressources et entreprendre ensemble des efforts collectifs. Mais y a-t-il des dangers dont il faut se méfier ? Y a-t-il des manières d’y procéder sans violer des principes bibliques ou faire ce que la Parole de Dieu n’a pas autorisé ?

Formes de collaboration que nous voyons dans l’Église de la Bible

En lisant le Nouveau Testament, il semble évident que les différentes assemblées n’évoluaient pas dans l’isolement, sans contact avec des chrétiens dans d’autres assemblées locales. Une Église ne s’intéressait pas uniquement à ce qui se passait en son propre sein ; elle cherchait à implanter et à fortifier des assemblées en d’autres communautés, voir d’autres pays. Conduite par le Saint-Esprit, l’Église de la ville d’Antioche envoya Barnabas et Saul (Paul) pour qu’ils prêchent l’Évangile et établissent des assemblées à Chypre, en Phrygie, en Lycaonie et d’autres provinces (Actes 13, 14). À la fin de leur mission, ces deux frères « convoquèrent l’Église, et ils racontèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux nations la porte de la foi » (Actes 14.27). L’assemblée d’Antioche n’a pas assumé un rôle d’« Église-mère » vis-à-vis les Églises locales établies au cours de ce voyage, mais elle démontrait un intérêt fraternel pour leur bien-être. « Paul dit à Barnabas : Retournons visiter les frères dans toutes les villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur pour voir en quel état ils sont » (Actes 15.36).

Quand un frère voyageait vers une autre ville, son assemblée lui remettait une lettre pour l’assemblée qui se trouvait à sa destination : « Comme [Apollos] voulait passer en Achaïe, les frères l’y encouragèrent, et écrivirent aux disciples de le bien recevoir. Quand il fut arrivé, il se rendit, par la grâce de Dieu, très utile à ceux qui avaient cru » (Actes 18.27; voir aussi Rom. 16.1,2). Nous voyons aussi que Paul demandait à tel ou tel frère de se rendre auprès d’une assemblée ailleurs pour l’encourager, l’exhorter ou l’enseigner davantage ou pour lui en apporter des nouvelles (1 Thess. 3.1-3; Col. 4.7,8; etc.). Dans l’autre sens, nous voyons que certaines assemblées contribuaient financièrement aux besoins des serviteurs de Dieu comme Paul pour qu’ils puissent enseigner et fortifier d’autres assemblées (2 Cor. 11.8,9; Phil. 4.14-16).

Notons également que les assemblées se souciaient les unes des autres pour ce qui est des besoins physiques en temps de crise, surtout en ce qui concernait celles qui étaient les plus vulnérables. « En ce temps-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche. L’un d’eux, nommé Agabus, se leva, et annonça par l’Esprit qu’il y aurait une grande famine sur toute la terre. Elle arriva, en effet, sous [l’empereur] Claude. Les disciples résolurent d’envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui habitaient la Judée. Ils le firent parvenir aux anciens par les mains de Barnabas et de Saul » (Actes 11.27-30). À une autre occasion, « les chrétiens de Macédoine et d’Achaïe ont décidé de faire une collecte en faveur des pauvres appartenant au peuple de Dieu à Jérusalem  » (Rom. 15.26, FC). Les Églises n’ont pas créé de structure permanente pour de tels efforts, mais chaque assemblée a choisi un membre pour qu’ensemble les frères désignés apportent cette grosse somme d’argent en sécurité et dans la transparence jusqu’à sa destination (2 Cor. 8.16-23).

Formes d’organisation qu’on ne voit pas dans le Nouveau Testament

Dans toutes ces activités d’intérêt commun, aucun siège n’a été établi, aucun bureau exécutif n’a été créé, aucune assemblée générale réunissant les délégués de toutes les Églises locales n’a été organisée, ni pour administrer la vie collective de ces Églises ni pour imposer quoi que ce soit à des assemblées individuelles. Ceux qui prônent la création des ce genre d’organe administratif citent souvent le cas du soi-disant « Concile de Jérusalem » en Actes 15, qui s’est penché sur la question soulevée dans l’Église d’Antioche. « Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères, en disant : Si vous n’êtes circoncis selon le rite de Moïse, vous ne pouvez être sauvés. Paul et Barnabas eurent avec eux un débat et une vive discussion ; et les frères décidèrent que Paul et Barnabas, et quelques-uns des leurs, monteraient à Jérusalem vers les apôtres et anciens, pour traiter cette question » (Actes 15.1,2). En Actes 15 il n’est pas question de plusieurs assemblées qui envoient des délégués pour former un concile. Il n’est pas question de formuler un programme de réunions annuelles. Il n’est pas question de choisir des officiers tels qu’un président ou un secrétaire-général. Il n’est pas question de dire aux différentes assemblées locales comment elles devaient faire leur travail. En outre, il ne faut pas oublier que les hommes qui ont délibéré sur la question de la circoncision des païens en Actes 15 étaient des hommes inspirés. Dans ce chapitre nous avons tout simplement une assemblée ayant une question qui envoie des messagers pour la présenter à une autre assemblée où il y a des hommes inspirés. Ils sont loin de créer un siège et initier un congrès annuel. Cette réunion ne ressemble aux conciles modernes ni dans sa composition, ni dans son but, ni dans son origine.

Un aspect nécessaire à un retour à la Bible

Il y a plus de deux cents ans aux États-Unis, bon nombre de croyants commencèrent à voir comme un mal la multiplicité d’Églises ayant chacune son nom et ses doctrines qui la distinguaient des autres. Ils ont compris que ce phénomène était contraire à la volonté du Seigneur (Jean 17.20,21; 1 Cor. 1.10-13). Ils se sont dit que ce qu’ils avaient en commun, c’était la Bible, et qu’ils pourraient faire beaucoup de progrès vers l’unité s’ils laissaient de côté toute doctrine et toute pratique qui n’étaient pas clairement autorisées dans le Nouveau Testament. Ils ont conclu, en outre, qu’ils ne pourraient jamais être sûrs de la faveur de Dieu s’ils faisaient ce qui n’était pas enseigné dans sa Parole (Matt. 15.9; 2 Jean 9-11; etc.). Ils se mirent à appeler tout le monde à faire retour à la Bible, à être tout simplement chrétiens. Au lieu de créer une nouvelle dénomination, ils voulurent retrouver la simplicité de l’Église que Jésus avait promis de bâtir (Matt. 16.18). Ceux qui lançaient cet appel se trouvaient en différents états et n’étaient souvent pas au courant du fait que des personnes ailleurs tentaient la même chose.

Dans l’État de Kentucky, les membres et les dirigeants d’un groupe d’assemblées presbytériennes acceptèrent le principe de suivre la Bible comme seul guide. Ce principe, pourtant, les amena bientôt à douter du bien-fondé de leur existence en tant qu’organisation, qu’ils avaient nommé le « Presbytère de Springfield ». Ce n’est pas qu’ils étaient découragés par la lenteur des conversions. Au contraire, dans la première année de leur existence, ils avaient présidé à la création d’une quinzaine d’assemblées locales. Mais dans leur étude de la Bible, ces hommes n’ont trouvé aucune justification pour soutenir l’existence ni de leur dénomination ni de leur rôle à sa tête. Ces dirigeants entreprirent donc une action courageuse et inédite : ils rédigèrent un document pour renoncer à leur propre autorité religieuse et dissoudre volontairement l’organisation qu’ils avaient créée. Ce document, parfois un peu humoristique, prit la forme du testament d’une personne sur le point de mourir et exprimant ses dernières volontés. Le titre du document est, en effet, « Testament et dernières volontés du Presbytère de Springfield », signé le 28 juin 1804.

En voici un extrait :

« Nous voulons que ce corps meure, qu’il soit dissout, et qu’il devienne un avec le corps de Christ… car il n’y a qu’un seul corps, et un seul Esprit, comme aussi nous avons été appelés à une seule espérance par notre vocation.

« Nous voulons que notre nom de distinction, avec son titre révérend, soit oublié, et qu’il n’y ait qu’un seul Seigneur sur l’héritage de Dieu et que son nom soit unique.

« Nous voulons que notre pouvoir de faire des lois pour gouverner l’Église soit aboli à jamais, que le peuple ait libre accès à la Bible et qu’il adopte la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ…

« Nous voulons que le peuple prenne désormais la Bible comme le seul guide sûr pour aller au ciel. »

Quelques années plus tard, dans l’État d’Ohio, des Églises Baptistes ont créé « l’Association de la Mahoning ». En 1827 elle engagea comme évangéliste un homme du nom de Walter Scott. Pendant trois ans cette dénomination a connu une croissance rapide, avec plus de mille baptêmes chaque année. Scott prêchait un retour au christianisme du Nouveau Testament et la nécessité d’avoir de l’autorité biblique pour tout ce qu’on enseignait ou pratiquait. En écoutant cette prédication, quelques-uns commencèrent à se demander quel passage biblique autorisait l’existence de leur propre organisation, l’Association de la Mahoning. Alors, en août 1830, lors de sa convention annuelle, l’association prit la résolution de se dissoudre. Les Églises locales qui avaient composé cette organisation continuèrent d’exister et même de grandir ; elles continuèrent d’organiser de grandes rencontres pour s’exhorter et s’inspirer. Mais l’organisation formelle, son planning centralisé, ses déclarations officielles au nom de toutes les assemblées locales – tout cela a pris fin.

La possibilité de réintroduire ce qu’on a rejeté

Malheureusement, quelques-uns de ceux qui s’étaient dégagés de structures non-bibliques sont tombés plus tard dans un piège. Ils ont donné leur consentement à la création de « réunions de coopération ». Chaque assemblée dans un district ou un état envoyait des délégués qui, une fois rassemblés, s’organisaient en choisissant présidents, secrétaires-généraux, trésoriers, etc. Ils prétendaient, peut-être sincèrement, que leur objectif n’était pas de violer l’autonomie des assemblées locales en faisant des lois pour elles, mais de s’entretenir sur les moyens d’évangéliser les communautés où se trouvaient les assemblées-membres. Par leurs délégués, les assemblées promettaient certaines sommes d’argent pour financer la prédication de l’évangile. « Les réunions de coopération » choisissaient alors des évangélistes, fournissaient leurs salaires et les autorisaient à travailler dans telle ou telle zone.

La suite logique de cette façon de procéder au travail fut l’organisation en 1849 de ce qu’on appelait « la Société Missionnaire ». Elle adopta un règlement intérieur qui fixa le niveau de cotisations à verser pour y faire partie et qui donna au bureau exécutif le pouvoir de nommer des missionnaires, décider de leur soutien et de leur champ de travail, les superviser, les renvoyer en cas de besoin et présenter un rapport sur leurs activités lors de la convention annuelle. N’importe quelle assemblée, n’importe quel individu pouvait y adhérer à condition de verser la cotisation exigée. On prétendait que cette organisation n’avait pas d’autre but que d’aider les assemblées dans la tâche d’évangélisation du monde et qu’elle ne représentait aucune menace au principe de l’autonomie des assemblées.

De nombreuses assemblées choisirent de ne pas participer à la « Société » ou s’en retirèrent après avoir mieux compris son fonctionnement. Elles trouvaient que ni son existence ni son mode de financement n’était autorisé par la Bible. Certaines trouvaient, en plus, que malgré les promesses, la Société Missionnaire empiéterait inévitablement sur l’indépendance des assemblées. Ils n’ont pas eu tort.

Moins de 15 ans après sa création, la société se permettait de faire des déclarations sur la politique nationale au nom de toutes les assemblées, comme si elle était leur porte-parole officielle. De plus en plus, des évangélistes et des assemblées qui ne soutenaient pas la Société étaient calomniés ou tenus à l’écart. Trente ans après sa création, les Sociétés Missionnaires des différents états essayaient de consolider leur pouvoir sur les Églises dans leurs états respectifs. Au Mississippi, la Société mettait tout en œuvre pour que les titres fonciers de tous les lieux de culte des Églises du Christ soient faits à son nom ; au Kansas et en Caroline du Nord, les Sociétés voulaient empêcher que des assemblées engagent des prédicateurs qui n’avaient pas été approuvés et ordonnés par la Société. Au Missouri, la Société se dota de l’autorité de superviser toutes les écoles dans l’état que les frères avaient créées.

L’espace ne permet pas de retracer toute l’évolution de ces institutions, mais les Églises qui ont pris le chemin des « réunions de coopération » et des « Sociétés Missionnaires », connues sous le nom, « Disciples du Christ », finirent en 1968 par mettre en place une structure internationale qui légifère sur la doctrine aussi bien que les affaires pratiques, et qui ne fait même plus semblant de respecter l’autonomie des Églises locales. Les voilà donc revenus à la case départ : ceux qui s’étaient libérés d’une forme de gouvernement non-biblique afin d’être tout simplement l’Église de la Bible se retrouvent une fois de plus avec une bureaucratie étrangère à la Parole de Dieu.

Avec cela ils ont compromis un tas de convictions bibliques sur l’adoration, le plan du salut, le rôle des femmes, l’inspiration de la Bible, la nécessité de la foi en Jésus-Christ pour avoir accès à Dieu, et bien d’autres sujets. Ces Églises servent ainsi de triste illustration d’un principe que nous avons souligné il y a très longtemps dans un autre numéro de Chemin de Vérité  :

« L’abandon de l’autonomie des Églises représente déjà une apostasie, mais elle facilite l’apostasie sur d’autres plans. Quand toutes les Églises sont indépendantes et qu’une Église locale s’égare par une erreur doctrinale, les autres Églises peuvent rester dans la vérité. Elles ne seront pas forcément contaminées par la fausse doctrine. Par contre, quand les Églises sont soumises à une direction régionale ou nationale et qu’une erreur s’introduit au niveau de la direction, la fausse doctrine s’étend rapidement sur toute l’Église. La hiérarchie est presque toujours dotée de certains moyens pour assurer la conformité des Églises locales, que ce soit des pressions sociales ou des pressions financières. » (Vol. 3, No. 1 – « L’autonomie des Églises »)

Et tout a commencé par le fait de vouloir améliorer le dessein de Dieu selon lequel son œuvre dans le monde doit se faire dans le cadre des Églises locales dont la Bible nous parle. Reconnaissons la sagesse de Dieu et suivons son plan. L’autonomie des assemblées ne les oblige pas à vivre dans l’isolement, sans possibilité de s’entraider ; elle n’exclut ni la collaboration volontaire ni la communion fraternelle ni le soutien moral ou matériel à des assemblées sœurs. On n’a pas besoin de créer des associations distinctes de l’Église, de nommer des présidents ou des trésoriers, de s’arroger le pouvoir de régler des problèmes internes des assemblées, d’agir comme porte-parole des Églises, ou de décider d’un programme de travail collectif pour tous les jeunes, ou toutes les femmes, ou tous les évangélistes dans un pays ou un district.

Que nos assemblées organisent des rencontres, des retraites, des conférences et séminaires, des débats publiques, des stages de formation biblique, etc. Qu’elles invitent les autres assemblées à y prendre part. Si l’événement concerne juste des femmes ou des adolescents ou des couples mariés, qu’elles invitent les femmes, ou les adolescents ou les couples mariés des autres assemblées. On n’a pas besoin de créer un bureau exécutif – vous serez agréablement surpris en voyant ce qui peut se réaliser quand nous communiquons les uns avec les autres et que nous avons un esprit d’amour et de partage. « Combattant d’un seul cœur et d’une même âme pour la foi de l’Évangile, luttons comme un seul homme afin que d’autres arrivent à croire la Bonne Nouvelle. »

B.B.


Note : Dans beaucoup de pays, les autorités exigent que les Églises demandent formellement la reconnaissance légale afin de fonctionner librement sur leur territoire. Pour des assemblées qui partagent la même foi mais qui désirent conserver leur autonomie, la situation peut être délicate. On veut bien obéir aux autorités (Romains 13.1-7), mais on doit prendre soin en formulant des statuts et des règlements intérieurs de ne pas accorder à ceux qui auront la tâche de nous représenter auprès des autorités un autre rôle. Il ne faudrait pas suivre aveuglément le modèle d’un autre groupe religieux et attribuer à nos représentants des pouvoirs réels sur l’Église du Seigneur. Veillons également à choisir des représentants qui sont humbles et qui n’ont même pas le désir de présider, ni à des activités collectives de plusieurs assemblées ni aux affaires de telle ou telle assemblée locale autre que la leur.

Les « dénominations » – Qu’y a-t-il de mal en cela ?

Dans le monde de nos jours il existe une multitude de confessions religieuses qui se réclament de Jésus-Christ. Elles se distinguent les unes des autres sur plusieurs plans : elles ont des organisations distinctes, elles ont parfois différentes façons d’adorer Dieu, il y a des différences au niveau doctrinal, et elles se distinguent généralement les unes des autres par des noms. C’est ainsi que nous appelons parfois ces confessions des « dénominations ». Le mot évoque un groupe qui se distingue des autres par un nom.

Plus inquiétant que le fait de se distinguer les unes des autres, ces dénominations, par leurs messages concernant le salut ou les conditions du salut, par leur formes de gouvernement, par leur culte, ou par des doctrines non-bibliques, se distinguent de l’Église dont nous lisons dans la Bible, celle que Jésus a promis de bâtir (Matt. 16.18). (Notons qu’il est bien possible qu’un groupe religieux porte un nom biblique, comme Église de Christ ou Église de Dieu, mais qu’il soit quand même une dénomination à cause d’autres éloignements de la doctrine du Nouveau Testament. Malgré le nom qu’elle se donne, elle ne serait pas l’Église du Seigneur.)

Parler de « l’Église du Christ et des autres dénominations » révèle une fausse conception. Si une assemblée se conforme strictement au modèle de l’Église dans la Bible, elle n’est pas une dénomination, mais une assemblée locale de l’Église que Jésus a bâtie. Elle n’est ni catholique ni protestante, ni évangélique, mais tout simplement chrétienne.

Alors, quelle doit être notre attitude à l’égard des dénominations ? Supposons que je cherche à être un chrétien sans étiquette, un simple chrétien comme l’étaient les apôtres et tous les membres de l’Église au premier siècle ? J’ai obéi à l’évangile tel qu’il est présenté dans la Bible, et je sais que le Christ m’a ajouté à son Église. Est-il maintenant question de choisir une dénomination ? Puis-je participer au culte de n’importe quelle confession religieuse ou même devenir membre d’une Église quelconque, surtout si elle insiste beaucoup sur la Bible ? Les gens choisissent des Églises pour beaucoup de raisons : la proximité (ou la beauté) du lieu de culte, la présence des amis ou des parents, les programmes intéressants pour les enfants, le goût personnel, etc. Après tout, dit-on, nous adorons tous le même Dieu. Mais est-ce que tous les cultes sont égaux aux yeux de Dieu, qui ne s’intéresserait qu’au cœur des adorateurs ? Est-ce que pour Dieu le choix d’une confession religieuse n’a pas d’importance, pourvu qu’on y soit fidèle, actif et sincère ?

En fait, l’existence d’une multitude de confessions qui se disent toutes « chrétiennes » présente des dangers réels. Si l’on ne fait pas attention, on risque d’adorer Dieu inutilement, se laisser égarer loin de la vérité et se rendre coupable de cautionner des faux docteurs.

Le problème de l’adoration non-biblique

Qu’on le veuille ou pas, la Bible enseigne clairement que ce ne sont pas tous les cultes qui sont acceptables à Dieu. Nous devons montrer « notre reconnaissance en rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable » (Héb. 12.28). C’est Dieu, et non pas les hommes, qui doit apprécier le culte. Déjà dans le livre de Genèse, nous voyons par l’histoire de Caïn et Abel que ces deux frères ont offert un culte à Dieu, mais l’Éternel « ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande » (Gen. 4.5). Les paroles de Christ confirment que Dieu ne veut pas de certains cultes qu’on pourrait lui vouer : « Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité » (Jean 4.23,24). Adorer Dieu en esprit, c’est l’adorer en sincérité, du cœur, dans l’homme intérieur ; adorer Dieu en vérité, c’est l’adorer conformément à sa parole, car sa parole est la vérité (Jean 17.17). Adorer Dieu en suivant les commandements des hommes, c’est l’adorer en vain (Matt. 15.9) ; c’est donc une perte de temps.

La plupart des dénominations s’éloignent de l’enseignement du Nouveau Testament, d’une manière ou d’une autre, en ce qui concerne l’adoration en assemblée. Certaines négligent de célébrer le repas du Seigneur (la fraction du pain), alors que les premiers chrétiens l’observaient chaque dimanche (Actes 2.42 ; 20.7 ; 1 Cor. 11.23-26 ; etc.) ; d’autres déforment ce repas sacré en utilisant du pain contenant du levain (Luc 22.1, 14-20 ; 1 Cor. 5.6-8), ou bien en refusant la coupe aux « simples fidèles » (Matt. 26.27). Certaines dénominations font la prière dans le désordre, en invitant toute l’assistance à parler à haute voix en même temps, contrairement aux instructions apostoliques (1 Cor. 14.16,17,26-33,40) ; d’autres adressent des prières et des chants à Marie, aux anges ou aux « saints » plutôt qu’à Dieu seul (Actes 10.25,26 ; Col. 3.17 ; Apoc. 19.10 ; 22.8,9). La plupart des dénominations se permettent d’ajouter au culte chrétien des éléments du culte de l’ancienne alliance. Bien qu’elles n’optent pas pour les sacrifices d’animaux et l’encens, elles incorporent à leur adoration l’emploi des instruments de musique, le battement des mains, ou même la danse. Malgré l’interdiction formelle de donner la parole aux femmes quand toute l’Église est réunie pour le culte (1 Cor. 14.33-37 ; 1 Tim. 2.11-15), on trouve des femmes qui conduisent les assemblées en prière ou dans la lecture biblique, ou qui montent à la chaire pour prêcher.

Certaines personnes ont du mal à reconnaître qu’il est possible de pécher par le fait d’offrir à Dieu un culte qui n’est pas conforme à ses commandements. Elles ont besoin de réfléchir à l’exemple de Nadab et Abihu en Lévitique 10.1-3. Dieu les a punis de mort pour n’avoir pas suivi sa parole en ce qui concerne un acte d’adoration. « Ces choses leur sont arrivées pour servir d’exemples, et elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des siècles. Ainsi donc, que celui qui croit être debout prenne garde de tomber ! » (1 Cor. 10.11,12).

Nous ne pouvons pas, en principe, adorer Dieu en bonne conscience quand nous sommes conscients de faire ce qu’il n’a pas autorisé, ce qu’il a peut-être même défendu. Nous savons que l’obéissance à Dieu signifie que l’on n’ajoute pas à ce qu’il autorise et qu’on ne néglige pas ce qu’il ordonne. « Vous n’ajouterez rien à ce que je vous prescris, et vous n’en retrancherez rien ; mais vous observerez les commandements de l’Éternel, votre Dieu, tels que je vous les prescris » (Deut. 4.2). Nous pouvons avec un esprit tranquille suivre ce que la Bible enseigne. Si, par contre, nous dévions de ce chemin sûr, nous n’avons aucune assurance de la faveur de Dieu. Les Écritures sont la seule source légitime de notre foi (Rom. 10.17). « Tout acte qui n’est pas fondé sur la foi est péché » (Rom. 14.23, FC). Des actes d’adoration qui ne sont pas autorisés par la Bible ne peuvent pas être « fondés sur la foi » ; ils sont plutôt fondés sur des désirs personnels ou des raisonnements humains.

Ce qu’on fait au départ malgré soi, on finit le plus souvent par l’accepter même sans soutien biblique. J’ai une fois entendu un chrétien qui encourageait ses frères à accepter les instruments de musique dans le culte. Il leur a dit : « Moi aussi, j’étais gêné au départ quand je me suis mis à participer à des cultes avec des instruments. Mais après, je m’y suis habitué, et ça ne me gêne plus. » Un tel argument devrait nous faire peur au lieu de nous convaincre. Cet homme n’avait pas été persuadé par un argument biblique. Il avait plutôt violé sa conscience tant de fois qu’elle ne l’accusait plus sur ce point. Il ressemblait, sûrement sans le savoir, aux faux docteurs « dont la conscience est morte, comme si on l’avait brûlée au fer rouge » (1 Timothée 4.2, FC).

L’influence des faux enseignements

S’il existe de nombreuses divisions parmi ceux qui croient en Jésus, cela est dû en grande partie aux faux enseignements. Non seulement ceux-ci créent la division, ils mettent en péril les âmes des personnes qui acceptent ces erreurs. En effet, si nous voulons être sauvés, nous devons rester dans la bonne doctrine. (Doctrine signifie enseignement.) « Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ, n’a point Dieu ; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils » (2 Jean 9). « Veille sur toi-même et sur ton enseignement ; persévère dans ces choses, car, en agissant ainsi, tu te sauveras toi-même, et tu sauveras ceux qui t’écoutent » (1 Tim. 4.16).

Il y a une tendance à minimiser la gravité des erreurs doctrinales. Certes, nous devons aborder ceux qui sont dans l’erreur doctrinale avec amour et humilité, comme nous le ferions quand nous cherchons à aider des personnes qui se trouvent dans toute autre sorte de péché. « Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté » (Gal. 6.1). Mais l’amour et la tolérance ne doivent pas nous amener à traiter à la légère le problème des faux enseignements. Parfois nous nous permettons de déclarer que telle ou telle erreur ne peut pas mettre en danger le salut de quelqu’un. Si nous traitons d’un sujet sur lequel Dieu lui-même a parlé dans sa parole, nous devons faire très attention de ne pas le déclarer de faible importance. Ne soyons pas prétentieux. Même si Jésus a dit qu’il y a des choses « plus importantes » comme « la justice, la miséricorde et la fidélité », il dit bien qu’il ne faut pas « négliger les autres choses » (Matt. 23.23). Il dit au diable que l’homme « vivra de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Matt. 4.4), et Paul précise que « toute Écriture inspirée de Dieu est utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre » (2 Tim. 3.16,17).

Considérez quelques erreurs que les apôtres ont eu à condamner ou à combattre au premier siècle :

– Certains croyants enseignaient des erreurs concernant la résurrection d’entre les morts (1 Cor. 15.12 ; 2 Tim. 2.18).

– D’autres faisaient de la grâce une justification pour le péché (Jude 3,4 ; 2 Pierre 2.1,2,18,19).

– D’autres disaient de s’abstenir du mariage ou imposaient des lois sur le régime alimentaire du chrétien (1 Tim. 4.1-5).

– D’autres enseignaient que les chrétiens vivent encore sous la loi de Moïse (Col. 2.8-10,16-18 ; Gal. 1:6-8 ; 5.1-4).

– D’autres encourageaient les chrétiens à se permettre de manger des viandes sacrifiées aux idoles (Apoc. 2.14-16).

– D’autres encore répandaient des erreurs concernant le retour de Jésus-Christ (2 Thess. 2:1,2 ; 2 Pierre 3.10,17).

– D’autres niaient que Jésus était venu en chair (2 Jn. 7).

– D’autres déformaient le repas du Seigneur (1 Cor. 11.17-34).

Cette liste n’est pas exhaustive, et les hommes y ont ajouté beaucoup d’autres fausses doctrines depuis le temps des apôtres. Ce qu’il faut remarquer à l’égard de toutes ces erreurs, c’est que la Bible dit qu’elles sont bien capables de faire perdre ceux qui y croient. Les apôtres n’hésitaient pas à qualifier de « faux docteurs » ceux qui les répandaient. La fausse doctrine n’est pas un problème à minimiser. Les anciens de l’Église ont un devoir de réfuter les faux docteurs et les empêcher ainsi d’égarer les brebis (Tite 1.9-11 ; Actes 20.28-31). Jésus a condamné les Églises de Pergame et de Thyatire pour avoir permis à de faux enseignants d’enseigner et de séduire ses serviteurs (Apoc. 2.14-16,20).

Des gens enseignent de fausses doctrines pour différentes raisons : certains sont motivés par des intérêts matériels, par l’amour de l’argent (2 Pierre 2.3) ; d’autres sont simplement ignorants de la vérité ou ils ont eux-mêmes été égarés (Gal. 3.1 ; 5.7-9 ; 2 Tim. 2.25,26). Il n’est pas forcément utile ou nécessaire de dénoncer publiquement quelqu’un comme faux docteur. Parfois il y a lieu de faire comme Aquilas et Priscille ont discrètement fait à l’égard d’Apollos : ils « le prirent avec eux et lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu » (Actes 18.26).

Mais qu’une personne enseigne la fausse doctrine sciemment ou pas, de bonne ou de mauvaise foi, nous voulons insister plus sur le besoin de tout chrétien de se protéger de son influence. « Car plusieurs séducteurs sont entrés dans le monde… Prenez garde à vous-mêmes, afin que vous ne perdiez pas le fruit de votre travail, mais que vous receviez une pleine récompense » (2 Jean 7,8). « Quant à vous, mes chers amis, vous êtes maintenant avertis. Prenez donc garde, ne vous laissez pas égarer par les erreurs de gens sans scrupules et n’allez pas perdre la position solide qui est la vôtre » (2 Pierre 3.17, FC). Si l’on s’expose régulièrement à de faux enseignements en fréquentant une dénomination, on peut facilement finir par accepter ce qu’il ne faut pas. Après tout, « la foi vient de ce qu’on entend » (Rom. 10.17), y compris la foi aux faussetés. À force d’écouter ce qui est contraire à l’enseignement du Nouveau Testament, à force de ne pas entendre certaines vérités, il arrive aux gens de croire à ce qu’ils reconnaissaient comme étant faux et d’oublier des vérités qu’ils avaient comprises.

Le péché de soutenir l’erreur

Non seulement le fait de fréquenter une dénomination ou de s’y associer de certaines manières expose le chrétien fidèle au danger d’être induit en erreur, mais il peut se rendre coupable de contribuer à l’égarement d’autres personnes. L’apôtre Jean a écrit des paroles très fortes à ce sujet : « Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine de Christ n’a point Dieu ; celui qui demeure dans cette doctrine a le Père et le Fils. Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne lui dites pas : Salut ! car celui qui lui dit : Salut ! participe à ses mauvaises œuvres » (2 Jean 9-11). L’apôtre Paul, pour sa part, souligne le même principe : « Ne participe pas au péché d’autrui » (1 Tim 5.22) « Heureux celui qui ne se condamne pas dans ce qu’il approuve » (Rom. 14.22). Si je reconnais qu’une doctrine est fausse et dangereuse, qu’une organisation n’est pas autorisée dans les Écritures, qu’une pratique dans l’adoration n’est pas biblique, ne suis-je pas capable de reconnaître aussi que ma présence régulière, mes dons financiers ou mon silence à l’égard de l’erreur pourraient constituer une « participation », une « approbation » ou un encouragement ?

Notre Seigneur nous enseigne l’amour pour nos ennemis : « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent » (Matt. 5.44). À plus forte raison aurons-nous de l’amour pour ceux qui partagent avec nous la foi en Dieu et en Jésus-Christ comme son Fils unique, l’amour pour la Bible, la moralité chrétienne, et qui font de bonnes œuvres qui glorifient le Seigneur. Cela est particulièrement vrai en des milieux où la majorité montre du mépris pour Jésus et sa parole. En même temps, nous devons reconnaître la triste réalité que la fausse doctrine et les innovations humaines qui éloignent les hommes de l’enseignement du Nouveau Testament constituent une barrière à la communion fraternelle dont nous voudrions jouir avec tous ceux qui invoquent le nom de Jésus. Quand les autres ne suivent pas l’enseignement que Jésus Christ et ses apôtres inspirés nous ont laissé, nous ne pouvons pas faire comme s’il n’y avait pas de problème. L’apôtre Paul dit : « Je vous le demande, frères, prenez garde à ceux qui suscitent des divisions et égarent les croyants en s’opposant à l’enseignement que vous avez reçu. Éloignez-vous d’eux, car les gens de cette espèce ne servent pas le Christ notre Seigneur » (Rom. 16.17,18 FC). Même si certains d’entre eux se persuadent qu’il servent Christ, ils ne font pas la volonté du Père (Matt. 7.21-23). Nous les aimons, mais nous devons éviter de les encourager dans le mal, nous méfier de l’influence de leurs enseignements et nous garder d’adorer Dieu en vain en suivant des commandements d’hommes (Matt. 15.9).

B.B.

Ne jugez point?

L’un de ces passages bibliques qui sont les mieux connus et le moins compris (ou peut-être le plus souvent tordus) se trouve en Matthieu 7.1, où Jésus dit: « Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés » (Matt. 7.1). Yann Opsitch, dans le petit livre Paroles du Christ sur la Montagne (Éditions CEB), dit qu’en lisant ce verset tout seul on risque de «conclure que nous pourrions, simplement, éviter le jugement divin en ne jugeant point nous-mêmes. Notre salut dépendrait de notre capacité de ne pas juger! … Mais il ne faut pas faire un dogme de ce qui est, en fait, une parole de sage.» Le frère Opsitch suggère que le sens de ces paroles de Jésus est: «La miséricorde dont Dieu fait preuve envers ses enfants doit, en retour, se manifester en eux. Pourquoi seraient-ils jugés avec miséricorde si eux-mêmes n’ont pas été miséricordieux?»

La Bible enseigne clairement qu’il y a des sortes de jugements qui ne sont pas interdites, et des situations ou nous avons même un devoir de «juger». Par exemple, dans le même chapitre où Jésus dit de ne pas juger pour ne pas être jugé, il dit: «Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au-dedans ce sont les loups ravisseurs…. C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez» (Matt. 7.15,20). Une idée similaire est enseignée par l’apôtre Jean: «Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit; mais éprouvez les esprits pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde» (1 Jean 4.1). Il faut exercer une sorte de jugement, n’est-ce pas, afin d’identifier les faux prophètes et ne pas se laisser tromper (Col. 2.4,8,18-23).

Il ne faut pas prendre la parole de Jésus en Matthieu 7.1 pour une interdiction à quiconque d’exercer le rôle de magistrat. Les magistrats doivent certainement faire leur travail avec intégrité, sans se laisser corrompre par l’argent ou influencer par le racisme ou le favoritisme. Mais ils ne sont pas condamnés par Dieu pour avoir « jugé » ceux qui sont au banc des accusés. Si le magistrat condamne, conformément à la loi du pays, les coupables parmi les accusés, il n’a pas péché. « Le magistrat est serviteur de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, crains; car ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée, étant serviteur de Dieu pour exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal » (Rom. 12.4)

Une autre sorte de jugement qui est nécessaire concerne la correction spirituelle qu’exerce l’Église quand un membre qui vit dans le péché n’accepte pas de se repentir. L’apôtre Paul écrit à l’assemblée de Corinthe «de ne pas avoir des relations avec quelqu’un qui, se nommant frère, est impudique, ou cupide, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas même manger avec un tel homme. Qu’ai-je, en effet, à juger ceux du dehors? N’est pas ceux du dedans que vous avez à juger? Pour ceux du dehors, Dieu les juge. Ôtez le méchant du milieu de vous» (1 Cor. 5.11-13). L’Église est appelée parfois à «juger» un chrétien qui ne cherche pas à vivre selon les commandements de Dieu parce qu’elle veut éviter que d’autres membres se mettent à pratiquer les mêmes choses, parce qu’elle cherche à préserver la réputation de l’Église (qui porte le nom de son Sauveur), et parce qu’elle espère amener le fautif à la repentance. (Pour plus d’explications, voir Chemin de Vérité, Vol 7, No 5, «La correction spirituelle».)

Alors, qu-est-ce que Jésus voulait dire par «Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés»? Les versets suivants montrent qu’il visait ceux qui jugent sans miséricorde, sans humilité, et sans vouloir le bien de celui qui est tombé dans le péché. L’apôtre Paul dit en Galates 6.1: «Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté.» Celui qui « juge » avec une telle attitude n’est pas en danger de violer l’enseignement de Jésus en Matthieu 7. 

B.B

L’évangélisation

Un devoir de tout chrétien

Après avoir accompli sa mission sur la terre en offrant sa propre vie comme sacrifice pour les péchés des hommes, Jésus-Christ confia à ses disciples une autre mission tout aussi nécessaire pour le salut du monde: «Il leur dit: Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné» (Marc 16.15,16). Cette responsabilité d’annoncer l’Évangile au monde entier se transmet forcément à tous ceux qui obéissent à la parole et deviennent des disciples de Jésus. En effet, le Seigneur dit à ses apôtres à l’égard de ceux qui seraient baptisés: «et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit» (Matthieu 28.20).

En lisant le Nouveau Testament, nous voyons facilement que les premiers chrétiens comprenaient bien que le travail de répandre le message du salut en Christ n’appartenait pas aux seuls apôtres et dirigeants des assemblées locales. En Actes 8.1,4 par exemple, il est dit qu’après le meurtre d’Étienne, il y eut «une grande persécution contre l’Église de Jérusalem ; et tous, excepté les apôtres, se dispersèrent dans les contrées de la Judée et de la Samarie… Ceux qui avaient été dispersés allaient de lieu en lieu, annonçant la bonne nouvelle de la parole.» Remarquez que dans ce passage ceux qui annonçaient la parole n’étaient pas les apôtres, car ces derniers étaient restés à Jérusalem. Les membres «ordinaires» de l’Église avaient compris qu’ils avaient, eux aussi, le devoir et le privilège de prêcher l’Évangile à tous ceux qu’ils rencontraient.

La connaissance est presque toujours accompagnée de responsabilité. Supposez qu’une personne est blessée dans un accident: sa douleur est atroce et sa vie est en danger. Un médecin est présent ; il a la formation et l’expérience nécessaires pour apporter les soins qui sauveraient la vie de la victime. Que dirait-on si ce médecin affirmait que ce n’était pas son problème et ne voulait pas secourir celui qui avait tant besoin de son aide? Tout chrétien connaît des personnes qui sont perdues et séparées de Dieu à cause de leurs péchés, destinées au châtiment éternel. Tout chrétien sait que Jésus est le Sauveur, le seul sauveur, et que son sang est le seul remède au péché. Toute personne qui a été sauvée par Jésus sait ce qu’elle a fait pour que ses péchés soient lavés par le sang précieux du Christ. Comme le médecin face à la victime d’un accident grave, le chrétien a une connaissance qui lui donne, qu’il le veuille ou non, la responsabilité de venir en aide à ceux qui se perdent à cause du péché. Il n’a pas le droit de rester indifférent. Il faut qu’il se laisse pousser par l’amour pour annoncer à son tour la bonne nouvelle du pardon et de la vie éternelle que quelqu’un a un jour eu la bonté de lui annoncer. Inutile de se dire que ce travail appartient aux «professionnels», c’est-à-dire aux évangélistes et aux anciens de l’Église. Jésus dit qu’il est venu pour «chercher et sauver ce qui était perdu» (Luc 19.10); il veut que ses disciples lui ressemblent (Luc 6.40; Philippiens 2.5; 1 Pierre 2.21; 1 Jean 2.6).

D’autres Évangiles

En annonçant l’Évangile, il est très important de s’assurer qu’on prêche le message qu’il faut. Les chrétiens en Galatie au premier siècle commencèrent d’accepter un Évangile modifié qui, selon l’apôtre Paul, n’était plus l’Évangile. Il les avertit en ces termes: «Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Évangile que celui que nous vous avons prêché, qu’il soit maudit!» (Galates 1.8).

Les faux enseignants en Galatie altéraient l’Évangile en changeant les conditions du salut en Christ. Certains de nos jours altèrent l’Évangile, eux aussi, par le fait de modifier les conditions du salut détaillées dans le Nouveau Testament. D’autres changent le sujet même de l’Évangile. Selon 1 Corinthiens 15.1-4, les faits que les apôtres annonçaient avant tout étaient les suivants: «Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures; il a été enseveli, et il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures.» Dieu a, «au moyen de la bonne nouvelle, révélé la vie éternelle» (2 Timothée 1.10). Voilà pourquoi la Bible l’appelle «l’évangile de votre salut» (Éphésiens 1.13). Au lieu de mettre l’accent sur le salut du péché, la réconciliation avec Dieu, et la promesse de la vie éternelle, beaucoup aujourd’hui prêchent un «évangile de prospérité matérielle». Ils mettent l’accent sur le fait que Dieu est capable de bénir ses enfants sur le plan matériel. Cela est vrai (bien que ce ne soit pas l’Évangile). Mais ils vont au-delà et ils promettent au nom de Dieu ce que Dieu n’a pas promis. Ils ne reconnaissent pas, d’ailleurs, que les promesses du vrai Évangile valent infiniment mieux que la prospérité sur la terre. Comme Jésus l’a dit: «Que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme ? » (Matthieu 16.26). «Les choses visibles sont passagères, mais les choses invisibles sont éternelles» (2 Corinthiens 4.18). «Le monde passe, et sa convoitise aussi ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement» (1 Jean 2.17). D’autres mettent au premier plan la guérison et d’autres miracles, mais le message de l’Évangile n’est pas «Jésus guérit» ; ces gens, peut-être sans le savoir, se sont mis à prêcher «un autre Évangile». D’autres insistent sur les atouts de leur Église, tel que la bonne musique, l’ambiance de fête, un bel édifice, le rang respectable des membres de leur communauté, ou d’autres considérations mondaines. En «évangélisant» de cette manière, ils ne suivent pas l’exemple de Paul. Il écrivit en 2 Corinthiens 4.5: «Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes; c’est Jésus-Christ que nous prêchons.»

Quelques attitudes à adopter

Il est toujours possible, n’est-ce pas, de prononcer un message vrai et bénéfique mais de le faire avec une attitude qui fait que les auditeurs le rejettent. Cela est particulièrement le cas quand il s’agit d’un message qui déclare que les hommes sont tous des pécheurs qui méritent la colère et le châtiment de Dieu (Romains 1.18; 3.23). Il convient donc de veiller sur nos attitudes quand nous prêchons l’Évangile. Considérez les passages suivants:

«Sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur, étant toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque demande raison de l’espérance qui est en vous» (1 Pierre 3.15)

«…professant la vérité dans la charité» (Éphésiens 4.15)

«Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté» (Galates 6.1)

«Or, un serviteur du Seigneur ne doit pas se quereller. Il doit être aimable envers tous, capable d’enseigner et patient, il doit instruire avec douceur ses contradicteurs : Dieu leur donnera peut-être l’occasion de changer de comportement et de parvenir à connaître la vérité» (2 Timothée 2.24,25).  

Tout en étant doux et humbles, conscients de nos propres faiblesses et péchés, nous devons enseigner avec confiance à la vérité de la parole de Dieu que nous apportons. Paul dit: «Je n’ai point honte de l’Évangile: c’est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit» (Romains 1.16). Nous sommes pleinement convaincus que la parole de Dieu est vraie et qu’elle est capable de toucher les cœurs des hommes et de produire la foi et sauver l’âme. En plus, nous savons que le Seigneur est avec nous (Matthieu 28.20) quand nous sommes en train d’accomplir la mission qu’il nous a confiée. Nous avons donc du courage. Paul dit à Timothée: «Ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de sagesse. N’aie donc point honte du témoignage à rendre à notre Seigneur» (2 Timothée 1.7,8). Quand les chefs des Juifs «virent l’assurance de Pierre et de Jean, ils furent étonnés, sachant que c’étaient des hommes du peuple sans instruction; et ils les reconnurent pour avoir été avec Jésus» (Actes 4.13).

Non seulement nous devons être caractérisés par l’humilité personnelle et la confiance complète au message que nous prêchons; nous devons aussi être motivés par l’amour sincère pour nos auditeurs. L’apôtre Paul en était un très bon exemple. Malgré le fait que ses frères juifs l’avaient souvent persécuté et avaient même cherché à le faire mourir, il dit: «J’éprouve une grande tristesse, et j’ai dans le cœur un chagrin continuel. Car je voudrais moi-même être maudit et séparé de Christ pour mes frères, mes parents selon la chair… Le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés» (Romains 9.2,3; 10.1). Dieu lui-même «veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité» (1 Timothée 2.4). Nous devrions en vouloir autant.

À qui dois-je annoncer l’Évangile?

Toute personne responsable de ses actes a besoin de l’Évangile, «car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu» (Romains 3.23). Dieu ne nous demande pas de trier les personnes que nous évangélisons. Ce n’est pas à nous de décider d’avance que telle ou telle personne n’acceptera pas le message. Nous ne connaissons pas le cœur d’autrui. Ce n’est jamais une faute que de vouloir partager avec quelqu’un le message qui peut lui sauver l’âme, mais c’est un péché grave de se taire quand Dieu nous dit de parler (Actes 4.19,20). Dieu dit au prophète Ézéchiel qu’il était comme une sentinelle chargée d’avertir le peuple d’un danger. Si le peuple ne prêtait pas attention à l’avertissement et ne se préparait pas en conséquence, ce peuple périrait, mais la sentinelle aurait fait son devoir. Si, par contre, la sentinelle voyait venir le danger et n’en disait rien, le peuple périrait tout de même, mais Dieu la tiendrait responsable de la mort de ces gens.

Personne n’est donc à exclure, mais il y a autour de chacun de nous beaucoup de personnes ayant besoin de la parole de Dieu et par qui nous pouvons commencer. Il suffit souvent de demander à ces personnes, qui nous connaissent déjà, si elles accepteraient d’étudier la Bible avec nous. J’ai fait l’expérience moi-même avec celui qui me vendait du pain chaque jour, le technicien qui réparait mon ordinateur, des visiteurs dans mon assemblée locale, la serveuse dans un restaurant où j’ai mangé, l’employé dans le service où je payais des photocopies, mon plombier, un élève qui voulait perfectionner son anglais, le père d’un membre de l’Église, et bien d’autres. Toutes ces personnes n’ont pas seulement accepté que je leur partage l’Évangile; elles ont toutes fini par obéir à la bonne nouvelle. Il y a beaucoup de personnes qui suivent Jésus aujourd’hui parce qu’un chrétien qu’elles ne connaissaient pas a frappé un jour à leurs portes et leur a parlé du Seigneur. Peu importe si d’autres ont claqué la porte dès qu’ils s’apercevaient qu’on voulait leur parler de la Bible; au moins ceux qui ont écouté sont maintenant sauvés, et ils ne le seraient pas si un chrétien n’avait pas eu l’amour et le courage de se présenter chez eux.

Par où commencer?

Le point de départ dans l’enseignement dépend souvent de ce que l’élève comprend déjà. Parfois il faut prendre du temps pour poser un fondement. Certaines personnes ont besoin qu’on leur parle d’abord de Dieu et de sa nature. D’autres connaissent déjà les arguments qui prouvent l’existence de Dieu, mais ils ont besoin de comprendre que Dieu nous parle à travers sa parole inspirée, la Bible. Beaucoup reconnaissent l’autorité de la Bible, mais ils ne comprennent pas la relation entre l’Ancien Testament, qui n’est plus en vigueur, et le Nouveau Testament. Les gens ont généralement besoin qu’on leur parle de ce qu’est le péché aux yeux de Dieu et de ses conséquences. Il est très important de faire comprendre que l’homme ne peut pas se sauver lui-même de ses péchés, raison pour laquelle Dieu, dans son grand amour, a envoyé son Fils pour  mourir à notre place. Il faut expliquer également que seule la personne qui croit en Jésus comme Fils de Dieu et le déclare ouvertement peut bénéficier de son sacrifice sur la croix. Il ne faut pas sauter l’étape de la repentance: si une personne n’est pas prête à se détourner de ses péchés, elle n’aura pas le pardon. Enfin, il faut enseigner le sens, la forme et le but du baptême, par lequel le pécheur entre en contact avec le sang de Christ. Par la suite, on parlera de l’Église que Jésus a bâtie, de son culte, de l’importance de jouer un rôle actif dans l’assemblée comme un membre du corps de Christ.

Certaines  personnes fréquentent des Églises depuis leur jeunesse, et elles comprennent la plupart de ces idées. En prenant le temps de parler avec elles, vous découvrirez ce qu’ils ignorent dans la parole de Dieu. Il n’est pas rare que les gens qui croient en Jésus et fréquentent des Églises vous encouragent de ne pas perdre du temps avec eux, mais d’aller évangéliser ceux qui ne connaissent pas du tout le Seigneur. Cette attitude se comprend, mais il faut se rappeler aussi le cas d’Apollos. «Un Juif nommé Apollos, originaire d’Alexandrie, homme éloquent et versé dans les Écritures, vint à Éphèse. Il était instruit dans la voie du Seigneur, et, fervent d’esprit, il annonçait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jésus, bien qu’il ne connût que le baptême de Jean. Il se mit à parler librement dans la synagogue. Aquilas et Priscille, l’ayant entendu, le prirent avec eux, et lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu» (Actes 18.24-26). Cette homme avait beaucoup de qualités et connaissait beaucoup de vérités concernant Jésus. Il connaissait bien les Écritures. Mais il y avait une insuffisance grave dans ses connaissances: il ne connaissait rien du baptême que Jésus avait ordonné quand il confia aux disciples la mission d’évangéliser le monde. Apollos enseignait le baptême que Jean-Baptiste avait pratiqué, un baptême qui préparait les gens à recevoir Jésus mais qui n’était plus en vigueur. Il s’agissait bien d’une immersion dans l’eau, mais ce baptême n’avait pas la même signification que celui qui doit se faire au nom de Jésus. Aquilas et sa femme Priscille, ces deux chrétiens qui avaient travaillé avec l’apôtre Paul, ont tout de suite reconnu l’erreur d’Apollos, cette lacune dans sa connaissance de la bonne nouvelle. Au lieu de raisonner qu’après tout, Apollos connaissait déjà le Seigneur et les Écritures et qu’il valait mieux passer leur temps à parler avec ceux qui n’avaient pas encore entendu parler de Jésus, ce couple l’a pris à part pour parler. Ils «lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu». C’est aussi de l’évangélisation.

Conseils divers

Évitez de dire: «Moi, je pense…», «Dans notre Église nous croyons…», «Mon prédicateur a dit…», etc. Les opinions personnelles ne sauvent pas. Les hommes ont besoin de savoir ce que la Bible enseigne et non pas ce que vous pensez. Dites plutôt: «Jésus a dit…», «L’apôtre Pierre enseigne…», «Selon l’Épître aux Éphésiens…» ou «Voyons ensemble ce que la Bible nous dit à ce sujet en Jacques, chapitre 2».

Il n’y a pas besoin de condamner des personnes ou de citer le nom de tel ou tel groupe religieux pour le condamner. Il est important d’exposer des erreurs – de faux enseignements ou des pratiques qui ne sont pas autorisées par la parole de Dieu (1 Timothée 4.6). Mais on peut signaler que telle doctrine est fausse sans dire que telle Église est mauvaise parce qu’elle l’enseigne. La personne qui vous écoute sera capable de tirer ses propres conclusions.

Sachez qu’il n’y a pas de mal à dire quand on ne sait pas: «Je ne sais pas. Mais j’essaierai de vous trouver la réponse biblique dès que possible.»

Ne vous découragez pas quand les gens ne réagissent pas de la manière que vous espérez. Continuez de les aimer, de prier pour eux, et d’annoncer la bonne nouvelle à ceux qui écouteront. Et ne considérez pas la réaction de ceux qui refusent d’écouter comme un rejet de votre personne. Si vous avez présenté fidèlement la parole du Seigneur, c’est le Seigneur qu’ils rejettent. Jésus dit: «Celui qui vous reçoit me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé» (Matthieu 10.40).

N’oubliez pas la suite du baptême. Si quelqu’un à qui vous avez prêché la parole l’accepte et se fait baptiser, reconnaissez que le travail n’est pas fini. Jésus a dit de faire des disciples, de les baptiser, ET de leur enseigner tout ce qu’il a prescrit (Matthieu 28.19). Prenez le temps de leur enseigner au sujet de la vie chrétienne et de l’Église du Nouveau Testament.

Examinez-vous pour savoir si vous avez obéi à l’Évangile tel qu’il est enseigné dans le Nouveau Testament (2 Corinthiens 13.5). Si vous n’avez pas encore été immergé pour le pardon de vos péchés, ne renoncez pas à l’évangélisation – faites-vous baptiser!

Conclusion

Dans un monde qui ne croit pas qu’il y ait des vérités objectives et universelles, qui pense que toutes les religions sont bonnes (ou qu’elles sont toutes mauvaises), qui n’accepte pas que ses actions ou ses valeurs soient traitées de condamnables devant Dieu, l’idée même de l’évangélisation est inacceptable. Dans la société occidentale, on essaie de plus en plus de faire taire la voix des chrétiens. Dans le monde musulman, le fait de persuader quelqu’un de devenir chrétien est souvent traité d’acte criminel. Mais les choses n’étaient pas très différentes au premier siècle – la prédication de l’Évangile était «scandale pour les Juifs et folie pour les païens» (1 Corinthiens 1.23). Pour celui qui pense comme Jésus, par contre, il n’y a rien de plus utile, de plus noble et de plus urgent que d’annoncer dans l’amour sincère le message de vie éternelle en Jésus.

B.B.

La croissance spirituelle

Cela fait pitié, n’est-ce pas, de voir une personne qui a l’âge
d’un adulte mais dont le développement s’est arrêté trop tôt.
Il peut s’agir du développement physique. Certaines personnes
n’ont jamais eu la force physique nécessaire pour travailler. Que
ce soit dû à des facteurs génétiques ou à la sous-alimentation, il
y a des gens dont les membres sont atrophiés ou qui n’ont pas
la taille «normale». Il peut s’agir du développement intellectuelle
ou émotionnelle. On s’attend à ce qu’une personne majeure soit
capable de comprendre, de parler, de lire et écrire, de raisonner
comme un adulte et de prendre des décisions rationnelles. Celui
qui a le corps d’un homme adulte mais qui raisonne et réagit
comme un enfant de trois ou quatre ans fait pitié parce qu’il ne
sera jamais autonome. On peut même parler de développement
sur le plan social: une personne qui est physiquement et intellectuellement
mûr est quand même parfois incapable de s’intégrer
dans un groupe, d’assumer des responsabilités dans la société ou
de compatir aux problèmes d’autrui.
Un phénomène encore plus triste que ce que nous venons de
décrire, c’est le manque de croissance spirituelle chez un enfant
de Dieu ou dans une assemblée de chrétiens. Si l’on ne grandit
pas sur le plan spirituel, si l’on ne progresse pas vers la maturité
en Christ, les conséquences risquent d’être désastreuses et même
éternelles.
Mais qu’est-ce qui constitue le développement spirituel que
Dieu souhaite voir en nous?

Quelques traits d’un chrétien mûr
La connaissance
L’apôtre Pierre nous exhorte: «Croissez dans la grâce et
dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-
Christ» (2 Pierre 3.17). On n’a pas besoin de connaître toutes
les doctrines chrétiennes avant de devenir disciple de Jésus, mais
il faut continuer d’apprendre après son baptême. Jésus dit en
Matthieu 28.19,20: «Allez, faites de toutes les nations des disciples,
les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit.»
Oui, on peut ignorer certains enseignements au moment de sa
conversion; mais celui qui a eu le temps de les maîtriser n’est
pas sans faute s’il reste au stade du débutant. L’auteur de l’Épître
aux Hébreux adresse un reproche à ses destinataires parce qu’ils
n’avaient pas grandi en connaissance. Ils devaient être capables
d’instruire d’autres personnes, mais ils avaient encore besoin
qu’on leur enseigne des vérités de base: «Vous, en effet, qui
depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez besoin
qu’on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de
Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d’une
nourriture solide. Or, quiconque en est au lait n’a pas l’expérience
de la parole de justice; car il est un enfant. Mais la
nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le
jugement est exercé par l’usage à discerner ce qui est bien et ce
qui est mal.» (Hébreux 5.11-14).

Un chrétien mûr en connaissance de la parole du Seigneur
sait ce qui constitue le péché aux yeux de Dieu; les récits de la
vie de Jésus lui sont tous familiers; il est capable d’expliquer
correctement la relation entre l’Ancien Testament et le Nouveau
Testament; il comprend la nature de l’Église que Jésus a bâtie et
les principes de l’adoration en esprit et en vérité; il sait ce que
Dieu demande d’un père de famille, d’une épouse ou d’un enfant
dans le foyer; il a étudié l’oeuvre du Saint-Esprit dans le coeur du
chrétien et le rôle des dons miraculeux aux temps des apôtres; il
n’est pas confus par toutes les doctrines contradictoires concernant
la fin du monde et le jugement dernier, car il a étudié ce que
la Bible elle-même enseigne là-dessus. Nous devons tendre vers la
maturité en matière de connaissance «afin que nous ne soyons
plus des enfants, flottant et emportés à tout vent de doctrine,
par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de
séduction» (Éphésiens 4.14).

Le caractère moral
Il est possible de posséder de la connaissance sans pour
autant vivre selon ce qu’on a appris intellectuellement. Jésus
demandait à certains qui l’honoraient des lèvres: «Pourquoi m’appelez-
vous ‘Seigneur, Seigneur!’ et ne faites-vous pas ce que je
dis?» Pierre nous dit en 2 Pierre 1.5: «Faites tous vos efforts pour
ajouter à votre foi la bonne conduite». Et Jacques nous dit: «Mettez
en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter, en
vous trompant par de faux raisonnements» (Jacques 1.22). Il y
a malheureusement trop de personnes qui sont capables de citer
de nombreux passages bibliques, mais qui n’ont jamais appris à
exercer la maîtrise de soi quand on les provoque à la colère, qui
ne résistent pas à la tentation de gagner de l’argent malhonnêtement,
à qui manque l’amour du prochain, que l’on n’aurait jamais
envie d’engager comme employés à cause de leur paresse, qui se
découragent devant la moindre persécution, ou qui traitent à la
légère le devoir chrétien de se garder sexuellement pur. Celui
qui est mûr sur le plan spirituel ne connaît pas la vie chrétienne d’une simple manière théorique – il la vit tous les jours. «Tout
disciple accompli sera comme son maître» (Luc 6.40).

La confiance en Dieu
Trop souvent, des personnes qui sont censés avoir marché
pendant longtemps avec Christ sont encore des individus que le
Seigneur qualifierait de «gens de peu de foi» (Matthieu 6.30; 8.26;
14.31; 16.8). Des chrétiens mûrs prient beaucoup parce qu’ils
sont convaincus que Dieu est capable d’exaucer leurs prières. Ils
vivent sans crainte des sorciers parce qu’ils ont confiance que
le Seigneur les protégera. Il n’ont jamais recours aux pratiques
occultes ou aux actions malhonnêtes quand ils sont face à des
problèmes. Ils ont assez de confiance en Dieu pour remettre leur
sort entre ses mains et croire qu’il cherche leur bien ultime malgré
les épreuves qu’il les laisse traverser. Certaines personnes
sont chrétiennes depuis de longues années, mais elles ne manifestent
toujours pas de confiance en Dieu par leurs offrandes:
malgré ses promesses de bénir celui qui donne avec générosité
(Luc 6.38; 2 Corinthiens 9.6-11; Philippiens 4.10-19, etc.), elles
ont toujours peur de ne pas avoir le nécessaire si elles donnent
beaucoup à Dieu. Elles ont besoin de grandir en ce qui concerne
leur confiance en lui.

L’évangélisation et le service
Un arbre fruitier qui est mûr portera normalement du fruit.
Des animaux qui arrivent au stade de la maturité commencent
généralement à se reproduire. Le fait de se reproduire spirituellement,
c’est-à-dire d’évangéliser d’autres personnes pour qu’elles
soient nés de nouveau, est généralement un signe de maturité. En
fait, le plus grand encouragement pour un évangéliste n’est pas
de baptiser quelqu’un à qui il a enseigné la parole de Dieu – c’est
de voir ce dernier à son tour enseigner et amener une autre personne
à se convertir. C’est en ce moment que l’évangéliste est rassuré
que la bonne nouvelle a réellement pris racine dans le coeur.
Mais le fruit que le chrétien doit porter n’est pas seulement
les conversions que Dieu produit au moyen des efforts de ce chrétien.
Paul nous enseigne: «Il faut que les nôtres aussi apprennent
à pratiquer de bonnes oeuvres pour subvenir aux besoins pressants,
afin qu’ils ne soient pas sans produire des fruits» (Tite
3.14). Un chrétien sur le chemin de la maturité spirituelle ne
s’attend pas à une récompense matérielle de la part de l’Église
quand il rend service. Il s’occupe gratuitement de la propreté du
lieu de culte, et il le fait de bon coeur à cause de ce que le Seigneur
a fait pour lui. Il fait des courses pour l’assemblée sans hésitation,
parce qu’il se soucie de l’avancement du royaume de Christ. Si on
lui demande de gérer l’argent de collecte, enseigner un groupe
d’enfants, visiter un malade, ou exercer de l’hospitalité envers
un frère qui est de passage, il le fait sans murmures, heureux de
l’occasion de servir son prochain et son Seigneur.

Quelques traits d’une assemblée mûre
On peut aussi considérer le sujet de la maturité spirituelle en
ce qui concerne des assemblées locales. On devrait s’attendre à ce
qu’une assemblée fasse du progrès spirituel sur plusieurs plans.
Liens de fraternité
Il faut, par exemple, que des liens de fraternité et de solidarité
soient tissés entre les membres du corps de Christ, qui
est l’Église. «C’est grâce à [Christ] que les différentes parties du
corps sont solidement assemblées et que le corps entier est bien
uni par toutes les jointures dont il est pourvu. Ainsi, lorsque
chaque partie agit comme elle doit, le corps entier grandit et
se développe par l’amour» (Éphésiens 4.16, FC). Ceux qui composent
une assemblée doivent se voir comme étant une famille,
comme un corps où chaque membre est important et apprécié. Ils
doivent apprendre à s’encourager les uns les autres, à prier les
uns pour les autres et à s’entraider. Est-ce qu’ils connaissent les
domiciles les uns des autres? les numéros de cellulaire? les noms
des enfants? Remarquent-ils quand un tel est absent des réunions
de l’Église et se rendent-ils chez cette personne pour connaître le
problème et offrir de l’aide? Quand on commence une assemblée,
il faut chercher à cultiver ces expressions d’amour mutuel.
Conducteurs qualifiés
Une assemblée où les hommes ne sont pas capables de faire
un culte sans la présence d’un frère de l’extérieur de l’assemblée
pour les aider n’est évidemment pas une Église mûre. Dès que
possible il faut préparer et former des hommes sur qui on puisse
compter, des hommes dont le comportement ne fasse pas honte à
l’Église et qui aient du zèle pour le Seigneur.
Au début d’une assemblée, il n’est généralement pas possible
de remplir tous les rôles dont nous lisons dans le Nouveau Testament:
anciens (pasteurs, évêques), diacres, évangélistes, enseignants,
etc. En effet, il est précisé qu’un ancien ne doit pas être
«un nouveau converti» (1 Timothée 3.6); quant aux diacres, Paul
dit: «Qu’on les éprouve d’abord, et qu’ils exercent ensuite leur
ministère» (1 Timothée 3.10). Dans un premier temps, les Églises
sur l’île de Crète n’avaient pas d’anciens, mais Paul écrivit à Tite:
«Je t’ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste
à régler, et que, selon mes instructions, tu établisses des anciens
dans chaque ville, s’il s’y trouve quelque homme irréprochable,
mari d’une seule femme, ayant des enfants fidèles, qui ne soient
ni accusés de débauche ni rebelles» (Tite 1.5,6).
Non seulement les hommes de l’assemblée doivent être en
mesure de la conduire dignement, ils doivent aussi progresser afin
de pouvoir établir de nouvelles assemblées ailleurs, là où le besoin
se présente. Un chrétien mûr devrait pouvoir «se reproduire»
spirituellement en amenant d’autres personnes à la conversion;
une assemblée mûre devrait être capable de se reproduire aussi
en créant une autre assemblée locale, que ce soit dans un autre
quartier, une autre ville, ou le village d’un membre.
Fidélité à la doctrine des apôtres
Nous avons déjà cité Éphésiens 4.13 qui décrit les chrétiens
immatures comme des «enfants, flottant et emportés à tout vent
de doctrine, par la tromperie des hommes». La même description
s’applique à une assemblée qui n’a pas encore une bonne assise doctrinale. Elle devient facilement victime des faux docteurs, ou
elle adopte des pratiques qui ne sont nulle part autorisées dans
la parole de Dieu. Les Églises de la Galatie n’étaient apparemment
pas mûres sur ce plan. Après le départ de Paul, elles ont
dévié de la vérité. Paul leur écrivit en Galates 1.6-8: «Je m’étonne
que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a
appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile.
Non pas qu’il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui
vous troublent, et qui veulent renverser l’Évangile de Christ…
Je crains d’avoir inutilement travaillé pour vous.» (Galates 1.6-
8; 4.11). Le Seigneur reprocha aux assemblées de Pergame et de
Thyatire d’avoir permis aux fausses doctrines de s’introduire au
milieu d’elles (Apocalypse 2.14,15,20); il loua, par contre, l’Église
de Philadelphie – ses membres n’étaient pas nombreux mais elle
avait gardé la parole du Seigneur (Apocalypse 3.8).
Correction spirituelle
Une assemblée mûre sait traiter les problèmes de péché, que
ce soit l’immoralité, la division ou la fausse doctrine. Elle sait ce
que la Bible recommande à ce sujet, et elle a le courage de mettre
en pratique cet enseignement. L’Église de Corinthe, à laquelle
Paul fut contraint de dire «ce n’est pas comme à des hommes
spirituels que j’ai pu vous parler, mais comme à des enfants
en Christ» (1 Corinthiens 3.1), n’était pas mûre dans la pratique
de la discipline. Il leur dit: «On entend généralement qu’il y a
parmi vous de l’impudicité, et une impudicité telle qu’elle ne
se rencontre pas même chez les païens; c’est au point que l’un
de vous a la femme de son père. Et vous êtes enflés d’orgueil!
Et vous n’avez pas été plutôt dans l’affliction, afin que celui
qui a commis cet acte fût ôté du milieu de vous! … Maintenant,
ce que je vous ai écrit, c’est de ne pas avoir des relations avec
quelqu’un qui, se nommant frère, est impudique, ou cupide,
ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas
même manger avec un tel homme.» (1 Corinthiens 5.1-2,11). La
correction d’un chrétien qui s’égare dans le péché doit se faire
avec humilité et amour (Galates 6.1; 2 Thessaloniciens 3.14,15) et
selon les étapes enseignées par Jésus lui-même (Matthieu 18.15-
17), mais elle doit se faire. Une assemblée mûre se soucie de la
condition spirituelle de ses membres, et quand il s’avère nécessaire,
elle applique la discipline appropriée.
La croissance spirituelle ne vient pas
automatiquement avec le temps
Il semble que nos enfants grandissent généralement qu’on le
veuille ou pas. En effet, Jésus pose la question: «Qui d’entre vous,
par le souci qu’il se donne, peut ajouter une coudée à sa taille?»
(Matthieu 6.27, Version Darby). L’enfant qui se dit: «quand je serai
grand, je vais faire 1,85 m» n’atteint pas forcément cette taille;
cela ne dépend ni de sa volonté ni de son effort. Certaines choses
qui dépendent de nous, telle que l’alimentation, sont, néanmoins,
nécessaires ou contribuent à la croissance physique. Pareillement,
certaines choses que nous devons faire contribueront à notre
croissance spirituelle. Quand l’auteur de l’Épître aux Hébreux dit
que ses destinataires n’avaient pas progressé comme ils auraient
dû faire (Hébreux 5. 12), ou quand Paul accuse les Corinthiens
d’être encore des «enfants spirituels» (1 Corinthiens 3.1), il est
sous-entendu qu’ils étaient en faute. Qu’est-ce qu’on peut donc
faire pour promouvoir notre propre croissance spirituelle et celle
de nos assemblées?
Se nourrir de la parole
Un enfant ne grandit pas convenablement s’il ne mange pas
bien. Il doit manger suffisamment et régulièrement. La nourriture
spirituelle dont nous avons besoin pour grandir, c’est la parole
de Dieu. L’apôtre Pierre dit: «Désirez, comme des enfants nouveaux-
nés le lait non frelaté de la parole, afin que par lui vous
croissiez pour le salut» (1 Pierre 2.2, Colombe). La parole n’est
pas seulement pour les nouveaux convertis. Dans certaines communautés,
il y a peu d’occasions pour l’étude sérieuse de la Bible
après le catéchisme destiné aux candidats pour le baptême. Mais
au lieu de cesser de manger après l’enfance, une grande personne
prend de plus grandes quantités de nourriture. En plus, il est
capable de supporter et profiter d’aliments que le bébé ne peut
pas digérer. Pareillement, le chrétien qui tend vers la maturité
doit «consommer» (lire, étudier, méditer) fréquemment la parole.
Il doit augmenter au lieu de réduire le temps qu’il met à étudier,
et il doit se nourrir de la «nourriture solide» de la parole, les
enseignements qu’il n’était pas en mesure de comprendre lors de
sa conversion (Héb. 5.11-14).
Une personne en bonne santé a généralement un appétit normal,
mais parfois il faut manger même quand on n’en a pas envie.
Le corps a besoin des nutriments. Même si le chrétien n’a pas
envie d’écouter ou d’étudier la parole de Dieu, il doit s’efforcer
de le faire, car son âme en a besoin. Il trouvera peut-être que
l’appétit vient en mangeant.
Une bonne alimentation spirituelle contribue également au
développement d’une assemblée. Quand une Église locale manifeste
des faiblesses spirituelles, il est fort possible que quelque
chose manque à son régime, c’est-à-dire à l’enseignement qu’elle
reçoit. Je me rappelle une conversation avec un membre d’une
dénomination en Afrique: le jeune homme avec qui je parlais
m’affirma qu’il pouvait être sûr que le sujet de la prédication du
dimanche suivant se porterait soit sur la fornication, soit sur la
dîme, soit sur la tenue des femmes. Selon lui, on ne prêchait jamais
sur autre chose dans son Église! La parole de Dieu contient
pourtant de nombreux enseignements sur ce que nous devons
croire, la manière qu’il faut mener nos vies en tant que chrétiens,
l’amour de Dieu pour nous, le modèle que Jésus représente pour
nous, les fausses doctrines dont il faut se méfier, la glorieuse espérance
qui devrait nous animer, l’Église que le Seigneur a bâtie et
bien d’autres choses. Veillons à ce que nos assemblées suivent un
régime bien équilibré afin de grandir spirituellement.
Demander l’aide de Dieu
Dieu nous a donné son Saint-Esprit pour nous fortifier et
nous aider à atteindre la sainteté (Romains 8.13,26; Éphésiens
3.16). Il se soucie de notre survie et notre croissance spirituelles,
et il écoutera certainement nos prières dans ce sens. Nous ne
prétendons pas connaître toutes ses voies et tous les moyens à sa
disposition pour nous venir en aide, mais nous savons que rien
n’est difficile pour Dieu (Genèse 18.14). Voilà pourquoi l’apôtre
Paul n’a pas manqué de prier pour ceux qu’il avait évangélisés. Il écrivit aux Philippiens: «Je suis persuadé que celui qui a commencé
en vous cette bonne oeuvre la rendra parfaite pour le
jour de Jésus-Christ… Et ce que je demande dans mes prières,
c’est que votre amour augmente de plus en plus en connaissance
et en pleine intelligence pour le discernement des choses
les meilleures, afin que vous soyez purs et irréprochables pour
le jour de Christ, remplis du fruit de justice qui est par Jésus-
Christ, à la gloire et à la louange de Dieu» (Philippiens 1.6,9-11).
Dieu nous aide à progresser vers la maturité grâce à l’aide
des personnes qu’il «donne» à son Église: «Et il a donné les
uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres
comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs
[Segond]. Il a agi ainsi pour préparer les membres du peuple
de Dieu à accomplir la tâche du service chrétien, pour faire
progresser le corps du Christ dans la foi. De cette façon, nous
parviendrons tous ensemble à l’unité de notre foi et de notre
connaissance du Fils de Dieu; nous deviendrons des adultes
dont le développement atteindra à la stature parfaite du Christ.
Alors, nous ne serons plus des enfants... [FC]» (Éphésiens 4.11-
14a). Il est vrai que les apôtres et les prophètes ont déjà achevé
leur travail de nous révéler la vérité de l’évangile et la volonté
de Dieu pour tous les hommes: nous continuons de jouir du fruit
de leur travail chaque fois que nous ouvrons la Bible. Le travail
des évangélistes et des pasteurs-docteurs, par contre, n’est jamais
achevé et des hommes doivent continuer de jouer ces rôles aujourd’hui
parmi nous pour que les chrétiens soient équipés pour
le service et qu’on parvienne à la maturité.
Dieu nous aide également à travers les épreuves dans nos
vies. Certes, nous ne souhaitons pas ce qui est difficile et douloureux,
mais Dieu se sert même de ces expériences pour notre
bien, pour faire de nous les personnes que nous devons être. «Mes
frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses
épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que
l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais il faut que la
patience accomplisse parfaitement son oeuvre, afin que vous
soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien» (Jacques 1.2-4).
Que ce soit la patience, l’humilité, la compassion, la confiance en
Dieu ou bien d’autres qualités, c’est souvent à travers des expériences
difficiles que Dieu les cultive en nous. (Voir aussi Hébreux
12.5-11; 2 Pierre 1.6,7).
S’exercer
Si vous voulez devenir plus fort physiquement, vous devez
vous exercer. Vous devez utiliser la force que vous possédez déjà,
vous entraîner, tester vos limites et vous efforcer de faire toujours
davantage. Le paresseux ne fera pas de grands progrès.
Nous voyons le même phénomène dans le domaine spirituel. Il
faut utiliser les dons que Dieu vous a déjà confiés, qu’ils vous
semblent grands ou petits, sinon vous risquez de les perdre. «Car
on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à
celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a» (Matthieu 25.29).
Si vous ne faites aucun effort pour évangéliser, vous n’en serez
jamais capable. Il faut vous appliquer si vous espérez un jour donner
très généreusement, ou conduire des cantiques lors du culte,
ou prêcher un sermon, ou encourager quelqu’un qui est abattu,
ou apprendre un chapitre de la Bible par coeur. Et si vous ne réussissez
pas la première fois que vous essayez, il faut persévérer.
Ce principe s’applique, bien sûr, aux assemblées aussi bien
qu’aux individus. Une Église locale doit s’aventurer à faire des
choses pour Dieu qu’elle n’a jamais tentées dans le passé. Peutêtre
qu’elle veut s’engager à soutenir un frère pour qu’il reçoive
une formation comme évangéliste ou même pour le soutenir
pour qu’il travaille à plein temps après cette formation. Peut-être
qu’elle veut s’organiser pour venir en aide aux veuves et aux
orphelins de son entourage. Peut-être qu’elle veut construire un
lieu de culte. Il y a une tendance à vouloir attendre que d’autres
personnes ou d’autres assemblées fassent le gros du travail, mais
une Église qui attend les autres de cette façon au lieu de puiser
dans ses propres ressources matérielles et spirituelles ne grandira
pas.
Le premier pas
Si vous voulez grandir spirituellement en tant que chrétien,
il faut tout d’abord vous demander si vous êtes déjà un enfant de
Dieu. Êtes-vous déjà né de nouveau? L’apôtre Jean écrit en 1 Jean
3.2 : «Bien aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu…»
Comment devient-on enfant de Dieu? Jean nous l’explique dans
son évangile. Il dit, en parlant de la lumière qui est venue dans
le monde, c’est-à-dire, Jésus: «Mais à tous ceux qui l’ont reçue,
elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui
croient en son nom et qui sont nés… de Dieu» (Jean 1.12-13).
Ce n’est pas par le simple fait de recevoir Jésus, de croire en son
nom, que l’on devient enfant de Dieu. Mais celui qui croit en lui a
« le pouvoir» (la possibilité, le moyen) de devenir enfant de Dieu,
en étant né de Dieu.
En Jean 3.3,2 Jésus explique comment naître de Dieu, comment
naître de nouveau: «…En vérité en vérité je te le dis, si
un homme ne naît de nouveau, … Si un homme ne naît d’eau
et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu.» Cette
naissance d’eau et d’esprit s’accomplit quand le croyant pénitent
est baptisé en Christ (ensevelis, immergé dans l’eau). C’est en
ce moment que ses péchés lui sont pardonnés et qu’il reçoit le
don du Saint-Esprit (Actes 2.38). Il est alors sauvé et ajouté par
le Seigneur à son Église. Si quelqu’un est en Christ, il est une
nouvelle créature (2 Cor. 5.17). C’est alors que la vraie croissance
spirituelle peut commencer.
BB

Où l’Église doit-elle se réunir?

Sous l’Ancien Testament, le lieu où l’on adorait Dieu était très important. Moïse ordonna aux Israélites:

«…Vous irez au lieu que l’Éternel, votre Dieu, choisira parmi toutes vos tribus pour y placer son nom…  C’est là que vous présenterez tout ce que je vous ordonne, vos holocaustes, vos sacrifices, vos dîmes, vos prémices… C’est là que vous vous réjouirez devant l’Éternel, votre Dieu… Garde-toi d’offrir tes holocaustes dans tous les lieux que tu verras; mais tu offriras tes holocaustes au lieu que l’Éternel choisira.» (Genèse 12. 6,12)

Le lieu d’adoration était donc très important sous la loi de Moïse, mais Jésus dit à la femme samaritaine que les choses étaient sur le point de changer: «Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne (en Samarie) ni à Jérusalem que vous adorerez le Père… Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande» (Jean 4.21,23). Ce que nous faisons et notre manière de le faire, voilà ce qui est plus important aux yeux de Dieu.

Il faut, néanmoins, adorer quelque part. Alors, quand il s’agit de lieux de culte, il y a deux attitudes opposées qui, toutes les deux, risquent de faire du mal à l’œuvre du Seigneur. La première est une sorte d’indifférence totale en ce qui concerne quelque chose qui pourrait faciliter grandement l’évangélisation et l’édification de l’Église. La deuxième est un souci exagéré, voire même une obsession, avec ce qui ne figure nullement dans les conseils inspirés que nous trouvons dans les pages du Nouveau Testament concernant la vie et le travail de l’Église.

Un aperçu historique

Si l’Église obéit à la recommandation biblique de s’assembler (Héb. 10.25), elle doit évidemment, comme nous venons de le constater, s’assembler quelque part. Dans certains climats, il est possible que ce lieu soit en plein air (au moins quand il ne pleut pas), sous un arbre, par exemple. Dans d’autres régions du monde, le froid et la neige exigent forcément une sorte d’abri. Le Nouveau Testament ne nous fournit pas beaucoup de détails concernant les endroits où les assemblées se réunissaient au premier siècle. Tout au début, l’Église de Jérusalem se réunissait au temple juif (Actes 2.46). Il faut comprendre que la grande majorité des Juifs n’avaient pas droit d’entrer dans le bâtiment propre du temple – ce droit était réservé aux lévites et aux sacrificateurs en fonction. Les adorateurs «ordinaires» se retrouvaient dans la cour du temple qui était composée de grandes places et de «portiques», ou galeries dont les toits étaient soutenus par de magnifiques colonnes. Plus tard nous trouvons des chrétiens réunis dans les maisons de certains membres (Actes 12.12; 1 Cor. 16.19; Philémon 2; etc.). Avant le jour de Pentecôte les disciples s’assemblaient dans une grande «chambre haute» qui semble avoir été soit empruntée soit louée (Actes 1.12-15; Luc 22.7-14), et les chrétiens de Troas disposaient, eux aussi, d’une chambre haute pour leurs réunions (Actes 20.7-10). L’histoire nous apprend que plus tard les chrétiens de Rome se retrouvaient dans les catacombes, un réseau de tunnels et de chambres qui constituait un cimetière souterrain. La raison pour un tel lieu de culte était la persécution subie par l’Église – de petits groupes pouvaient s’y réunir en cachette. On dit que les païens, qui craignaient les esprits des morts, ne fréquentaient pas de tels lieux. Ce n’est que des siècles plus tard, quand la persécution avait pris fin, que des Églises commencèrent à construire des édifices magnifiques dans le but de glorifier Dieu et inspirer les adorateurs par leur beauté artistique. Entre les catacombes et les cathédrales, une grande variété de lieux de prière ont été construits selon les cultures, les climats et les moyens des assemblées.

Quelle valeur attacher aux édifices?

Ce qui est certain, c’est que la validité d’une assemblée aux yeux de Dieu ne dépend pas du lieu de culte dont elle est dotée; ce n’est donc pas un lieu de culte qui devrait déterminer le respect que les hommes accordent à une assemblée. L’importance exagérée que le lieu de culte revêt dans la pensée de beaucoup d’hommes risque de fausser l’image que l’on a d’une communauté chrétienne. Une Église qui est en total accord avec la volonté de Dieu et qui enseigne fidèlement sa parole peut être rejetée d’office par certaines personnes pour la simple raison qu’elle se réunit dans une maison privée, dans une salle de classe, ou dans un autre local très modeste. C’est une grave erreur que de baser une décision dont les conséquences sont éternelles sur un facteur qui n’a aucune importance spirituelle. Certaines personnes se laissent impressionner et attirer par la grandeur, le confort ou la beauté d’un édifice et ne tiennent même pas compte du fait que ce qui se passe dans cet édifice est contraire à la parole de Dieu. C’est un piège qui peut coûter la vie éternelle.

Est-ce donc une erreur pour une assemblée de chrétiens de construire un local pour y rendre son culte à Dieu, pour s’y réunir afin d’étudier la Bible et jouir de la communion fraternelle? Non, ce n’est pas ce que nous disons. Un bâtiment est un outil, autorisé par le commandement de nous assembler (Hébreux 10.25, etc.).

Mais il faut garder une bonne conception des édifices. Un bâtiment, que ce soit une jolie chapelle, une cathédrale, ou une simple construction de bois, ne sauve personne. Romains 1.16 nous dit que c’est l’Évangile qui est «la puissance de Dieu pour le salut». En plus, le bâtiment n’est pas un moyen d’évangéliser: la bonne nouvelle du salut se répand aux autres grâce à des hommes et des femmes qui ont cru et qui ont été transformés par ce message. Certains appellent le bâtiment où l’on prie «la maison de Dieu» ou «le temple» de Dieu, mais Dieu n’y habite pas. Il habite en nous chrétiens. Paul dit en 1 Corinthiens 3.16: «Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous?» Un joli lieu de culte n’assure pas la survie de l’Église: si les membres vivent dans l’immoralité, s’ils tombent dans de fausses doctrines, ou s’ils manquent d’amour les uns pour les autres, l’assemblée sera rejetée par Dieu, ou abandonnée par les hommes, ou les deux. Enfin, ces bâtiments, auxquels on attache tant de valeur, seront détruits le jour où le Seigneur reviendra. L’apôtre Pierre dit:
«Le jour du Seigneur viendra comme un voleur. En ce jour, le ciel disparaîtra avec un bruit effrayant, les corps célestes seront détruits par le feu, la terre avec tout ce qu’elle contient cessera d’exister. Puisque tout va être détruit de cette façon, vous comprenez bien quel doit être votre comportement! Vous devez avoir une conduite sainte et marquée par l’attachement à Dieu» (2 Pierre 3.10,11, FC). Évidemment, les choses physiques que nous pouvons voir de nos yeux et toucher de nos mains ne sont pas l’essentiel pour Dieu.

Les avantages (et quelques dangers) d’un lieu de culte

N’y a-t-il pas des avantages à un lieu permanent pour une assemblée locale (un lieu loué ou acquis par l’Église) par rapport à la maison d’un membre, une salle de classe dans une école ou une salle publique qu’on louerait juste pour le culte du dimanche? Il y en a plusieurs:

1. La flexibilité. Un lieu qui est en tout moment à la disposition de l’Église permet de programmer des activités quand on le veut, même à la dernière minute. Que ce soit un culte, une étude biblique, une réunion de prière, une séance d’évangélisation, un repas fraternel, une activité spéciale pour les jeunes ou les femmes, ou même un rendez-vous pour n’importe quel entretien spirituel, le local de l’Église est un lieu approprié et disponible.

2. La tranquillité. Quand on fait le culte dans le domicile d’un membre de l’Église, il y a parfois des activités domestiques qui se passent en même temps que l’adoration et qui constituent une distraction. Il peut y avoir des personnes qui font partie du foyer mais qui ne sont pas membres de l’Église et qui s’entêtent à faire autre chose en même temps que l’assemblée essaie d’adorer Dieu: celle-ci fait sa linge, ou son ménage ou sa cuisine (et parfois gêne les autres avec la fumée); celui-là joue la radio trop fort; ceux-ci parlent haut et fort tout près de l’entrée de la salle. Si le culte se fait dans une cour commune, les distractions se multiplient en fonction du nombre de personnes dans la cour.

3. La légalité. Dans certains pays ou certaines villes, il existe des lois qui interdisent d’organiser des assemblées religieuses dans les maisons privées.

4. La respectabilité.  Cet argument doit être admis, mais dans une mesure plus limitée: il est vrai que les préjugés dans certains milieux font qu’une Église qui ne se réunit pas dans une chapelle assez traditionnelle peut être mal vue. Ceux du dehors peuvent avoir l’idée que l’assemblée n’est pas «sérieuse». Ils se disent qu’il s’agit simplement d’un effort d’escroquer les autres, comme une entreprise qui s’ouvre et se ferme subitement sans honorer ses engagements ou sans rembourser l’argent des clients qui n’ont pas eu satisfaction. Par contre, l’Église ne doit pas tomber dans le piège d’être l’esclave des attentes des non-chrétiens, des attentes qui n’ont rien à voir avec ce que Dieu veut pour son Église. Ce n’est pas à ceux qui ne sont même pas dans l’Église de déterminer les priorités de l’Église dans l’emploi de ses ressources.

Quand il s’agit d’un lieu que l’assemblée achète plutôt que de louer, il y a potentiellement un cinquième avantage et aussi quelques dangers:

5. La stabilité. Chaque fois qu’une assemblée change son lieu de réunion, elle perd généralement quelques visiteurs réguliers ou même des membres. Quand on est locataire ou qu’on s’arrange avec une école ou une famille dans l’Église pour l’emploi d’un espace, on n’a pas de garantie. Le propriétaire peut annuler ou ne pas renouveler le bail; l’école peut changer de directeur ou de politique en ce qui concerne l’utilisation de ses salles; la famille chrétienne peut déménager ou rechuter. La famille hôte peut s’engager dans des comportements qui déshonorent l’assemblée, ou profiter de la dépendance de l’Église en ce qui concerne le lieu d’adoration pour dominer sur les autres ou imposer sa volonté quand l’assemblée prend des décisions – ce qui pousse l’assemblée à vouloir changer de lieu. Quelle que soit la raison pour le déménagement de l’assemblée, il y a le danger de perdre certaines personnes.

Les dangers

(1) Le lieu que l’assemblée s’acquiert peut se trouver loin de là où habitent la plupart des membres actuels ou de ceux qu’on arrive à convertir. Les parcelles à la périphérie d’une ville sont souvent plus abordables, mais elles sont aussi moins accessibles. S’il y a déjà des assemblées dans quelques quartiers bien établis de la ville, il peut être très sage d’en établir aussi dans les quartiers en construction qui sont plus retirés du centre. Les nouveaux habitants trouveront une assemblée pour y prier. Mais si la première assemblée dans une ville s’implante tout à fait à l’extrémité sud de la ville, elle peut avoir du mal à attirer des gens du centre ou du côté nord, surtout là où beaucoup de la population ne disposent pas de leurs propres moyens de transport.

(2) Le local peut se trouver dans un quartier trop bruyant, trop dangereux ou trop sale. Soit il est entouré de beaucoup de sources de distraction, soit le milieu découragent les visiteurs. Si l’assemblée est propriétaire du local, elle peut se sentir forcée d’y rester malgré le fait qu’un autre quartier serait nettement mieux pour ses activités. Elle devient prisonnière de son lieu de culte.

(3) Si le bâtiment est construit ou acheté par des fonds venant d’ailleurs, telle qu’une autre assemblée qui se trouve à l’étranger, il est fort possible que le coût de l’entretien du bâtiment soit au-delà des moyens de l’assemblée qui a bénéficié de la largesse des autres. Ce qui a été prévu comme une aide, peut finir par devenir une charge difficile à porter. Il est souvent avantageux d’exercer de la patience à cet égard. Quand on s’applique à cultiver l’engagement, la foi et la générosité des membres d’une assemblée, ils apprennent à donner suffisamment pour satisfaire aux besoins de l’œuvre, y compris le besoin de construire et d’entretenir un lieu permanent pour ses réunions. Même si une aide d’ailleurs pour compléter les efforts locaux est la bienvenue, la responsabilité principale repose sur l’Église locale. Quand nous cherchons la facilité, voulant que d’autres personnes nous fassent cadeau d’un lieu de culte pour lequel nous n’avons pas sacrifié, nous n’apprenons pas les leçons spirituelles dont nous avons besoin. Que ce soit une question de force physique ou spirituelle, c’est par le travail et l’effort que l’on devient plus fort. L’aide accordée avec les meilleures intentions fait parfois plus de mal que de bien, surtout si elle est trop généreuse ou si elle est accordée sans que les bénéficiaires fassent des efforts selon leurs capacités.

Il est important de reconnaître que ce qui précède ne s’applique pas seulement dans des milieux pauvres. Il y a de très nombreux exemples d’assemblées qui ont bénéficié d’aides importantes pour construire leurs lieux de culte, et qui n’ont jamais appris à donner selon leurs moyens.  Que ce soit dans des pays riches, tels que l’Allemagne, le Canada, la Nouvelle-Zélande et d’autres, ou dans les pays très pauvres, des assemblées où les membres gagnaient des salaires comme ceux de leurs compatriotes ont perdu leurs locaux parce qu’elles n’arrivaient pas à payer les impôts fonciers ou ont permis à ces locaux de tomber en ruine par manque d’entretien. Les membres n’avaient pas investi leur propre argent pour les construire, et par conséquent, ils n’étaient pas prêts à dépenser ce qui était nécessaire pour les conserver. Ils considéraient que c’était le devoir d’autrui de leur fournir un lieu de culte. Même si une telle aide peut être utile ou appréciée, il est important de comprendre que rien dans la Bible n’indique que les apôtres et les évangélistes au premier siècle fournissaient les fonds pour louer ou acheter des lieux de culte pour les assemblées qu’ils établissaient. Aucun passage n’enseigne qu’il est le devoir d’une assemblée de fournir un lieu de réunion pour une autre assemblée.

Un bâtiment produit-il la croissance?

Nous avons admis qu’un lieu de culte peut être très utile pour une assemblée et constituer une aide dans son travail d’évangélisation. Il y a peu de gens qui diraient le contraire. Mais nombreux sont ceux qui exagèrent l’importance du local. Le dirigeant d’une Église en Côte d’Ivoire me parlait un jour du grand édifice que son assemblée construisait depuis plusieurs années. J’ai été fort surpris de l’entendre dire: «C’est ce bâtiment qui va évangéliser pour nous». Je me suis demandé si ce bâtiment serait capable de produire la foi dans le cœur des hommes, car la Bible dit: «La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ» (Romains 10.17). J’ai pensé aux chapelles et aux cathédrales que j’avais vues en Europe qui étaient beaucoup plus magnifiques que ce que son assemblée construisait; pourtant ces édifices n’étaient plus fréquentés. J’ai pensé à un joli lieu de culte que des Américains avaient construits quelques années auparavant pour une assemblée baptiste dans une autre ville ivoirienne: ce «temple», beau et spacieux, ne recevait pourtant qu’une poignée de fidèles. Je pensais aux villageois qui avaient encouragé les chrétiens à construire, en disant: «Quand vous aurez construit votre église, nous serons avec vous, car nous voyons que vous prêchez la vérité». Le bâtiment fut construit, mais ces gens-là n’ont jamais rejoint ceux qui y adoraient. Si la vérité ne pouvait pas les gagner sans bâtiment, c’est qu’ils n’aimaient pas vraiment la vérité.

Pareillement, certains frères se plaignent qu’ils convertissent des gens, mais que ces convertis ne restent pas longtemps parce que le lieu de culte n’est pas satisfaisant. Jésus dit en Matthieu 10.37-39: «Celui  qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi; celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n’est pas digne de moi. Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera.» Le problème n’est probablement pas le lieu de culte, mais plutôt le fait que ces «convertis» n’avaient pas la sorte d’engagement que Jésus demande; ils n’avaient pas «calculé la dépense» (Luc 14.28-30); ils n’étaient pas dignes d’être ses disciples. L’Église au premier siècle ne disposait pas de lieux de culte comme ceux auxquels on pense de nos jours; en plus, elle était persécutée avec furie. Et pourtant, elle grandissait et remplissait le monde de sa doctrine.

Ce qui contribue réellement à la croissance

L’évangile que nous devons prêcher et le cœur de celui qui l’écoute sont les deux éléments les plus importants dans la conversion. Certaines personnes ne se convertissent pas ou ne restent pas fidèles parce qu’elles n’ont pas le cœur «bon et honnête», comme Jésus nous l’enseigne dans la parabole des sols (Luc 8.5-15). Si nous cherchons, après ces deux éléments, des facteurs secondaires, soyons assez honnêtes pour reconnaître que le lieu de culte est relativement bas sur la liste. Beaucoup plus nécessaires sont le zèle et la fidélité dans l’enseignement de la parole de Dieu, l’amour sincère les uns pour les autres et pour ceux du dehors, des vies dans la communauté qui s’harmonisent avec notre prédication, et un accueil chaleureux pour tous – qu’ils soient riches ou pauvres, autochtones ou étrangers. Est-ce que des visiteurs ou de nouveaux convertis trouvent des gens qui sont plutôt moroses, qui se plaignent de ce qu’on ne les aide pas, et qui se comparent défavorablement aux autres groupes religieux? Ou bien, ces visiteurs et nouveaux chrétiens découvrent-ils des personnes qui sont heureuses d’appartenir à l’Église que Jésus a créée, de faire partie d’une vraie famille spirituelle, de posséder la vérité qui sauve leurs âmes, et de pouvoir consacrer leurs vies et leurs biens à la gloire de Dieu?  Si ces visiteurs découvrent un peuple avec une telle joie, avec ou sans bâtiment, ils seront attirés.

Mettons donc l’accent là où la parole de Dieu le met:

«Exhorte de même les jeunes gens à être modérés, te montrant toi-même à tous égards un modèle de bonnes œuvres, et donnant un enseignement pur, digne, une parole saine, irréprochable, afin que l’adversaire soit confus, n’ayant aucun mal à dire de nous.»

(Tite 2.6-8).

«Alors le proconsul crut… étant frappé de la doctrine du Seigneur.»

(Actes 13.12).

«Faites tout sans murmure ni plainte. Ne soyez pas de perpétuels mécontents ou hésitants. Mettez-vous en garde contre un esprit de contestation et de doute. Alors personne ne saura vous trouver en faute, vous pourrez vous présenter en hommes irréprochables, nets de toute fausseté, en authentiques enfants de Dieu au sein d’une humanité dégénérée et corrompue. En cette époque perverse et dépravée, brillez comme des foyers de lumière au milieu d’un monde enténébré

(Philippiens 2.14,15, Parole vivante).

«A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres.»

(Jean 13.35).

BB

(dans Vol. 12, No. 2)

La bienfaisance

Il n’y a aucun doute que la mission de l’Église, comme celle de Jésus lui-même, vise le salut des âmes. Avant de remonter au Ciel, Jésus chargea ses disciples d’évangéliser le monde : «Il leur dit : Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné» (Marc 16.15,16). Il ajouta : «Et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit» (Matthieu 28.20). Notre mission primordiale, c’est de prêcher le message du salut à tous ceux qui sont perdus dans le péché, et d’aider ceux qui obéissent à cet évangile à croître dans leur connaissance et leur foi afin de persévérer jusqu’au bout pour atteindre le Ciel.
Il y a cependant un autre aspect au travail de l’Église, et il correspond à un autre aspect du ministère de Jésus. L’Église n’existe pas pour faire ce travail, comme Jésus n’est pas venu dans le monde pour faire ce travail. Pourtant, il s’agit de quelque chose que Jésus, tout comme son Église, ne pourrait omettre de faire. Il s’agit de la bienfaisance, ou des bonnes œuvres, c’est-à-dire le fait de venir en aide à ceux qui ont divers problèmes et en souffrent. Il est vrai que les bonnes oeuvres ouvrent parfois les coeurs de telle sorte que certaines personnes sont mieux disposées à écouter et à accepter l’évangile, mais ce n’est pas là la raison pour laquelle Jésus faisait le bien. Jésus faisait du bien aux hommes parce qu’il est amour, parce qu’il est rempli de compassion, parce qu’il se soucie des hommes et de tous leurs problèmes. Cela fait partie de son caractère. L’Église doit être motivée par le même amour quand elle fait le bien. Nourrir ceux qui sont physiquement affamés, par exemple, n’est pas la mission de l’Église et cela ne doit pas la détourner de la prédication de l’évangile qui donne la vie éternelle. Néanmoins, c’est un travail que des chrétiens entreprennent naturellement par amour et par compassion et qui est tout à fait en harmonie avec la volonté de Dieu.

L’importance de la bienfaisance
Jésus a toujours enseigné à ses disciples de faire de bonnes œuvres. En Luc 14.12-14, par exemple, il dit: «Lorsque tu donnes à dîner ou à souper, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni des voisins riches, de peur qu’ils ne t’invitent à leur tour et qu’on ne te rende la pareille. Mais, lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles. Et tu seras heureux de ce qu’il ne peuvent pas te rendre la pareille; car elle te sera rendue à la résurrection des justes».  A une autre occasion il a raconté, en Luc 10.25-37, la parabole du bon Samaritain pour montrer l’importance de l’amour du prochain, l’amour qui se manifeste concrètement dans les actes. En Matthieu 25.31-46 Jésus décrit le dernier jugement, où les uns se verront condamnés au feu éternel et les autres accueillis dans le royaume de gloire. Aux condamnés qui auraient manqué de faire du bien aux autres, Jésus dira: «Car j’ai eu faim, et vous ne m’avez pas donné àmanger; j’ai eu soif, et vous ne m’avez pas donné à boire, j’étais étranger, et vous ne m’avez pas recueilli; j’étais nu, et vous ne m’avez pas vêtu; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité. Ils répondront aussi: Seigneur, quand t’avons- nous vu ayant faim, ou ayant soif, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et ne t’avonsnous pas assisté? Et il leur répondra: je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous n’avez pas fait ces choses à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne les avez pas faites» (Matthieu 25.42- 45).
Les apôtres, dans leur enseignement, ont insisté autant que Jésus sur les bonnes œuvres. Jacques 1.27 les présente comme étant nécessaires à la vraie religion: «Voici ce que Dieu le Père considère comme la religion pure et authentique: prendre soin des orphelins et des veuves dans leur souffrance, et se garder de toute tache produite par la mauvaise influence du monde» (FC). Dans le chapitre suivant il affirme que les bonnes œuvres sont nécessaires pour rendre notre foi efficace et vivante: «Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l’un d’entre vous leur dise: Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez! et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il? Il en est ainsi de la foi: si elle n’a pas les œuvres, elle est morte en elle-même» (Jacques 2.15-17). L’apôtre Jean parle de la même manière: «Si quelqu’un possède les biens du monde, et que voyant son frère dans le besoin, il lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui? Petits enfants, n’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité» (1 Jean 3.17,18). L’Epître de Paul à Tite contient de nombreuses références aux bonnes œuvres. Il dit au 3.14: «Il faut que les nôtres apprennent à pratiquer de bonnes œuvres pour subvenir aux besoins pressants, afin qu’ils ne soient pas sans produire des fruits».

L’une des tâches de l’Église
Dans le Nouveau Testament il est clair que les bonnes œuvres étaient pratiquées non seulement individuellement par les chrétiens, mais aussi collectivement. L’aide aux démunis a fait partie des œuvres de l’Église dès les premiers jours après son établissement à Jérusalem. A cette époque, de nombreuses personnes, originaires d’autres régions, s’étaient rendues à Jérusalem pour la fête de la Pâque juive. Là ils avaient entendu l’évangile et s’étaient convertis. Ils voulaient sûrement rester quelque temps pour approfondir leur nouvelle foi, mais ils ne disposaient pas des moyens nécessaires pour prolonger leur séjour. Dans un tel contexte nous lisons en Actes 2.44,45; «Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun». En Actes 6.1, la situation avait changé, mais l’Église était toujours sensible aux besoins des nécessiteux: une distribution de nourriture aux veuves dans l’Eglise se faisait chaque jour. Plus loin, en Actes 11.27-30 nous lisons: «En ce temps-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche. L’un d’eux, nommé Agabus, se leva, et annonça par l’Esprit qu’il y aurait une grande famine sur toute la terre. Elle arriva, en effet, sous (l’empereur) Claude. Les disciples résolurent d’envoyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui habitaient la Judée. Ils le firent parvenir aux anciens par les mains de Barnabas et Saul.» Tous ces cas montrent que la bienfaisance n’était pas seulement l’affaire de chaque chrétien pris individuellement, mais tous unissaient souvent leurs efforts pour ce genre de travail.

Quelques principes à retenir: 
Les non-chrétiens peuvent en bénéficier

Bien que les exemples que nous avons dans le livre des Actes nous montrent l’Église en train de faire preuve de bienfaisance envers ses membres les plus pauvres, il est certainement permis que les non-chrétiens, eux aussi, bénéficient de cette charité. La priorité est aux chrétiens, mais les autres ne sont pas du tout exclus. L’apôtre Paul dit en Galates 6.9,10: «Ne nous lassons pas de faire le bien; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas. Ainsi donc, pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi». 
Un devoir plutôt qu’un droit

Il est important que les chrétiens considèrent la bienfaisance comme un devoir à accomplir, de préférence comme un devoir agréable ou même comme une grâce. Paul dit ceci au sujet des chrétiens de la Macédoine qui voulaient aider les Églises de la Judée: «Nous vous faisons connaître, frères, la grâce de Dieu qui s’est manifestée dans les Eglises de la Macédoine. Au milieu de beaucoup de tribulations qui les ont éprouvées, leur joie débordante et leur pauvreté profonde ont produit avec abondance de riches libéralités de leur part. Ils ont, je l’atteste, donné volontairement selon leurs moyens, et même au-delà de leurs moyens, nous demandant avec de grandes instances la grâce de prendre part à l’assistance destinée aux saints» (2 Corinthiens 8.1-4). Le chrétien doit penser à la bienfaisance comme une chose à accomplir, et non à recevoir, non pas un droit à réclamer. Certaines personnes considèrent leur contribution à la collecte comme une participation à une sorte de cagnotte (ou ce qu’on appelle en Afrique une tontine): elles pensent que lorsque leur tour arrivera, lorsqu’elles auront besoin de puiser dans le fond commun, elles y auront pleinement droit. C’est pour cela elles y contribuent. Cette manière de penser n’a rien à voir avec l’esprit de générosité que le Christ nous enseigne. 
Les pauvres, aussi, peuvent faire de la
 bienfaisance
Remarquez que les chrétiens macédoniens étaient très pauvres. Ils avaient, pourtant, un grand empressement pour participer à l’effort d’aider d’autres frères en Christ dont les besoins étaient encore plus importants. Dans des milieux où la pauvreté est en quelque sorte la norme, il est facile de se voir comme dispensé du devoir de faire de la bienfaisance. On trouve parfois l’attitude que l’aide devrait toujours venir des pays riches. Certes, ceux qui vivent dans l’abondance matérielle, quel que soit leur pays de résidence, devraient être prêts à partager ces biens que Dieu leur confie. Ils ont un devoir particulier «d’être riches en bonnes œuvres, d’avoir de la libéralité, de la générosité, et de s’amasser ainsi pour l’avenir un trésor placé sur un fondement solide, afin de saisir la vie véritable» (1 Timothée 6.18,19). Mais cela ne signifie pas que les pauvres ne peuvent rien donner. La plupart d’entre nous considèrent qu’un homme qui n’a que deux habits doit être assez pauvre. Mais Jean-Baptiste dit aux Juifs: «Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a point, et que celui qui a de quoi manger agisse de même» (Luc 3.11). La personne que Jésus a citée comme modèle en ce qui concerne la foi et la générosité était une veuve très pauvre (Luc 21.1-4). 
Faire de la bienfaisance d’une manière
 responsable
Dans certains pays, le gouvernement essaie de pourvoir aux besoins des plus nécessiteux dans la société. Il peut y avoir des allocations pour les familles nombreuses, pour les logements, pour les handicapés, pour les chômeurs ; il y a des «food banks», la médecine socialisée, le «revenu minimum d’insertion», la caisse de prévoyance sociale, de l’aide pour les jeunes mères non-mariées, etc. Sans vouloir ni déclarer notre adhésion à cette politique ni militer contre les programmes socialistes, nous pouvons faire un constat général: Très souvent, une personne ne cherche pas à faire pour elle-même ce que les autres sont prêts à faire pour elle (même quand la personne qui en bénéficie est capable de se débrouiller sans aide). A force de faire pour quelqu’un ce qu’il pourrait et devrait faire pour lui-même, on le rend dépendant et on l’habitue à considérer ces aides comme un «droit». Quand un gouvernement, une Église ou un individu veut venir au secours d’une personne qui se trouve dans un besoin quelconque, il faut tenir compte de cet aspect de la nature humaine et essayer de l’aider d’une manière qui ne risque pas d’encourager à la paresse ou à négliger ses devoirs. En 2 Thessaloniciens 3.10- 12 Paul enseigne que ceux qui sont capables de travailler mais refusent de le faire ne devraient pas bénéficier de la bienfaisance: «Car, lorsque nous étions chez vous, nous vous disions expressément: si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. Nous apprenons, cependant, qu’il y en a parmi vous qui ne travaillent pas, mais qui s’occupent de futilités. Nous invitons ces gens-là, et nous les exhortons par le Seigneur Jésus-Christ, à manger leur propre pain, en travaillant paisiblement». De même, s’il est tout à fait normal que l’Église assiste les veuves qui sont sans ressources, la première responsabilité appartient cependant à la famille. «Si une veuve a des enfants ou des petits-enfants, qu’ils apprennent avant tout à exercer la piété envers leur propre famille, et à rendre à leurs parents ce qu’ils ont reçu d’eux; car cela est agréable à Dieu… Si quelque fidèle, homme ou femme, a des veuves, qu’il les assiste, et que l’Église n’en soit point chargée, afin qu’elle puisse assister celles qui sont véritablement veuves» (1 Timothée 5.4,16). Paul conseilla dans ce même chapitre de ne pas inscrire certaines femmes «sur le rôle» de veuves que l’Église assisterait de manière continue, notamment les «jeunes veuves» qui tendaient à devenir «oisives» quand elle recevaient cette aide, alors qu’elles auraient pu facilement se remarier et s’occuper d’une famille.

Moyens de financer l’œuvre bénévole
Dans d’autres numéros de Chemin de Vérité nous avons démontré de quelle manière l’Église doit financer l’oeuvre qu’elle entreprend : Chaque premier jour de la semaine (dimanche) chaque chrétien donne volontairement tout ce qu’il peut, selon ses moyens, sa foi et son amour pour Dieu. La collecte qui se fait de cette manière sert à beaucoup de choses. Elle permet souvent à l’assemblée de se fournir un lieu de réunion. Elle peut servir à soutenir des évangélistes à plein temps (ou des évangélistes en formation) pour qu’ils puissent consacrer plus de temps à l’étude et à la prédication. Elle peut servir à répandre la bonne nouvelle au moyen de la radio, de la littérature, ou des déplacements de ceux qui voyagent pour enseigner la parole. Elle peut aussi servir à la bienfaisance, ainsi que plusieurs passages bibliques l’attestent (Actes 2.45; 4.34,35; 6.1; 11.27-30; etc.)
Dans des pays où la pauvreté est particulièrement répandue, les besoins légitimes semblent sans limites, et les assemblées sont loin de disposer des moyens pour satisfaire à tous ces besoins d’aide matérielle ou financière. Une assemblée pourrait chaque semaine épuiser toute sa collecte pour aider des membres ou des voisins à payer des ordonnances, des frais scolaires, des vivres, et des factures de tout genre. Évidemment, rien ne resterait pour que l’assemblée ait les moyens de répondre aux autres besoins, tel qu’un lieu de culte ou le travail d’évangélisation. La réaction de certaines Églises devant cette situation est de ne plus faire de bienfaisance du tout en tant qu’assemblée, mais cela n’est pas une solution acceptable. Nous avons déjà vu, en effet, plusieurs passages qui témoignent de l’importance de la bienfaisance dans l’Église du Nouveau Testament.
Pour éviter les deux extrêmes (tout dépenser dans la bienfaisance, ou renoncer complètement aux bonnes œuvres collectives), certaines assemblées ont trouvé des solutions pratiques. Certaines prélèvent un pourcentage fixe (10%, par exemple) sur tout ce qui est contribué pendant le mois; elles mettent cette somme dans un fond à part qui sert uniquement aux œuvres de bienfaisance (aide aux veuves, orphelins, malades, etc.). Dans d’autres assemblées, après la collecte principale, on fait passer les paniers une deuxième fois en signalant que ces fonds seront utilisés pour la bienfaisance. D’autres assemblées annoncent de temps en temps que la collecte entière de tel dimanche sera consacrée aux bonnes œuvres. Par exemple, chaque fois qu’il y a cinq dimanches dans un même mois, elles mettent à part la collecte du cinquième dimanche.
Soulignons enfin que les bonnes œuvres ne nécessitent pas toujours de l’argent ; parfois les autres ont plus besoin de notre temps ou de notre travail. Il y a des assemblées en Afrique où ceux qui sont plus jeunes s’organisent pour ramasser des fagots pour les vieilles personnes dans l’Église qui n’ont personne pour les assister. Des assemblées aux États-Unis offrent gratuitement des cours d’anglais pour aider les étrangers à s’adapter. D’autres se rendent dans les hôpitaux pour prier avec les malades ou dans les maisons de retraite pour encourager ceux qui se sentent seuls. D’autres collectionnent des habits d’occasion qu’ils distribuent à ceux qui en ont besoin. Il y a des personnes qui sont malades et qui n’ont pas de force pour nettoyer leur maison ou laver leurs habits: on peut les aider même si l’on n’a pratiquement pas d’argent.

Conclusion
Il y a toutes sortes de personnes que l’Église peut aider: les veuves, les réfugiés de guerre, les malades, les victimes de la famine, les prisonniers, les sourds ou les aveugles, les orphelins, ceux qui n’ont ni toit ni vêtements. L’Église n’existe pas pour résoudre les problèmes de toutes ces personnes, mais comme Jésus est son modèle et son chef, elle ne pourra jamais rester indifférente aux souffrances des êtres humains. Terminons par les mots d’un cantique peu connu mais très beau: « Tu naquis pour servir, et servir fut ta gloire; servir est à jamais le sceau de tes enfants. Celui qui, sans agir, se contente de croire, ne sait pas croire encore, ô Sauveur des croyants! «Que de maux, de périls et de besoins m’appellent! Que de frères, d’amis, tu jettes dans mes bras! Que d’oeuvres à fonder, que d’oeuvres qui chancellent! Garde à jamais nos coeurs d’être des cœurs ingrats».
B.B.

(dans Vol. 10, No. 2)

L’imposition des mains

L’auteur de l’Épître aux Hébreux exhorte ses lecteurs à croître dans leur connaissance de la vérité, en passant du «lait» de la parole de Dieu, approprié aux besoins des petits «enfants» dans la foi, à la «nourriture solide» qui convient aux chrétiens spirituellement mûrs. Il dit ensuite: «C’est pourquoi, laissant les [premiers] éléments de la parole de Christ, tendons à ce qui est parfait [un enseignement d’adulte – FC], sans poser de nouveau le fondement du renoncement aux œuvres mortes, de la foi en Dieu, de la doctrine des baptêmes, de l’imposition des mains, de la résurrection des morts et du jugement éternel» (Hébreux 6.1,2). L’auteur énumère ainsi certains enseignements fondamentaux qu’un croyant devrait apprendre assez tôt dans sa vie chrétienne. Cela ne veut pas dire que tout le monde ait compris la vérité biblique concernant chacun de ces sujets. Il y a, par exemple, beaucoup de confusion concernant le baptême: sa forme, son but, qui peut l’administrer, qui peut le recevoir, etc. Certains ont besoin d’étudier les nombreux passages bibliques qui éclaircissent cette étape dans le plan du salut. Un autre sujet cité par l’auteur comme étant une doctrine de base, c’est l’imposition des mains. Puisqu’il s’agit d’enseignements qui sont comparés au lait (facile à digérer même par les nouveaux-nés), nous supposons que ce sujet, bien qu’important, n’est pas excessivement compliqué, profond ou mystérieux. Et pourtant, comme le sujet du baptême, celui de l’imposition des mains est souvent mal compris.

Quatre sens

L’imposition des mains semble avoir quatre sens différents dans le Nouveau Testament; on arrive assez facilement à déterminer la signification du geste dans un passage donné quand on en considère le contexte. A la base, c’est une action qui symbolise la transmission de quelque chose d’une personne à une autre. Quelque chose passe, comme si c’était à travers le contacte des mains posées sur la tête ou l’épaule, de la personne qui impose les mains à la personne à qui on les impose.

Sous la loi de Moïse, une cérémonie accomplie le jour des expiations exigeait que le souverain sacrificateur pose les mains sur le bouc expiatoire pour lui «transmettre» les péchés du peuple: «Aaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant, et il confessera sur lui toutes les iniquités des enfants d’Israël et toutes les transgressions par lesquelles ils ont péché. Il les mettra sur la tête du bouc, puis il le chassera dans le désert, à l’aide d’un homme qui aura cette charge. Le bouc emportera sur lui toutes leurs iniquités dans une terre désolée; il sera chassé dans le désert» (Lévitique 16.21,22). Évidemment, les péchés du peuple ne passaient pas littéralement par les mains du prêtre pour entrer dans le bouc. Ce geste servait, néanmoins, à illustrer l’importance d’éloigner des Israélites (par leur repentance et par le pardon de Dieu) le péché, qui était une offense aux yeux du Dieu très saint et qui aurait nécessité qu’ils soient bannis de sa présence.

Dans le Nouveau Testament, comme nous l’avons dit, ce geste est employé dans quatre sortes de situations:

1) En signe de bénédiction: «On amena [à Jésus] des petits enfants, afin qu’il les touche. Mais les disciples reprirent ceux qui les amenaient. Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit: Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent… Puis il les prit dans ses bras, et les bénit, en leur imposant les mains.» (Marc 10.13,14,16).

2) Des guérisons miraculeuses: Plusieurs fois dans le ministère de Jésus nous le voyons imposer les mains aux malades quand il les guérit. En Luc 13, par exemple, nous lisons qu’un jour Jésus enseignait dans une synagogue «Et voici, il y avait là une femme possédée d’un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans; elle était courbée, et ne pouvait aucunement se redresser. Lorsqu’il la vit, Jésus lui adressa la parole, et lui dit: Femme, tu es délivrée de ton infirmité. Et il lui imposa les mains. A l’instant elle se redressa, et glorifia Dieu» (Luc 13.11-13). D’autres passages indiquent Jésus avait l’habitude de toucher ainsi les personnes qu’il guérissait (Marc 6.5; Luc 4.40), bien qu’il y ait également plusieurs situations où il guérissait à distance ou avec une simple parole (Marc 9.25,26; 10.51-53; Luc 7.1-6; 17.11-14). Les apôtres, aussi, ayant le don de guérison, l’exerçait parfois en imposant les mains aux malades (Marc 16.18; Actes 28.8; voir aussi Actes 9.12,17,18).

3) La communication des dons miraculeux: En Actes 8 nous avons un récit qui nous révèle une autre situation où l’imposition des mains jouait un rôle. La première partie du chapitre raconte la prédication de Philippe, l’évangéliste, dans la ville de Samarie et la conversion de beaucoup de Samaritains, y compris un magicien du nom de Simon. Quand la nouvelle des conversions à Samarie parvint aux oreilles des apôtres, ils envoyèrent Pierre et Jean, qui prièrent (v. 15) et imposèrent les mains (v. 17) aux Samaritains afin qu’ils reçoivent le Saint-Esprit. «Lorsque Simon vit que le Saint-Esprit était donné par l’imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l’argent, en disant: Accordez-moi aussi ce pouvoir, afin que celui à qui j’imposerai les mains reçoive le Saint-Esprit» (Actes 8.17-19). En disant que le Saint-Esprit était donné, Luc se réfère apparemment aux dons miraculeux accordés par l’Esprit. Simon a pu voir quelque chose d’impressionnant, comme ce qui est décrit en Actes 19.6: «Lorsque Paul leur eut imposé les mains, le Saint-Esprit vint sur eux, et ils parlaient en langues et prophétisaient».

Soulignons que le texte dit que le Saint-Esprit était donné par l’imposition des mains des apôtres; il est évident que Philippe, qui faisait lui-même des miracles, n’a pas imposé les mains aux autres pour qu’ils reçoivent ces pouvoirs. N’étant pas apôtre, il n’avait pas cette possibilité. Notons aussi que Simon n’a pas offert de l’argent aux apôtres pour qu’ils lui donnent le pouvoir de faire des miracles. Ils accordaient cette capacité déjà à plusieurs, et le faisaient sans demander de l’argent. Simon voulait quelque chose de plus. Il voulait le pouvoir de communiquer les dons aux autres par l’imposition de ses mains. Cette possibilité n’était pas donnée automatiquement par le fait de recevoir soi-même des pouvoirs miraculeux. On pouvait faire des miracles, comme Philippe en faisait, sans être en mesure de communiquer ce pouvoir aux autres.

L’imposition des mains dans ces deuxième et troisième sens n’a plus lieu depuis la mort des apôtres et des personnes qui avaient reçu le don de guérison par l’imposition des mains des apôtres. Dieu continue d’agir puissamment dans ce monde, mais il n’accorde plus à certaines personnes ces dons miraculeux de l’Esprit, car ils ont déjà servi leur but dans son plan (1 Cor. 13.8-10; Héb. 2.3,4; Mc. 16.20; etc.).

4) Le quatrième sens de l’imposition des mains dans le Nouveau Testament se rapporte à l’idée de confier à quelqu’un une charge, de le désigner formellement ou publiquement pour un rôle à jouer ou un devoir à accomplir. En Actes 13.1-3 les chrétiens à Antioche, reconnaissant la charge que Dieu avait donnée à Saul (Paul) et Barnabas, leur imposèrent les mains quand ces derniers devaient partir pour leur premier voyage missionnaire. En 1 Timothée 4.14, Paul dit au jeune prédicateur de ne pas négliger le don qu’il avait reçu avec l’imposition des mains des anciens. (Selon 2 Timothée 1.6, ce fut par l’imposition des mains de l’apôtre Paul que Timothée avait reçu ce don de Dieu. Paul lui avait imposé les mains dans le troisième sens – pour lui communiquer un don miraculeux, mais à la même occasion les anciens lui imposèrent les mains dans le quatrième sens – pour lui confier une responsabilité à accomplir en se servant du don qu’il venait de recevoir.) En 1 Timothée 5.22, Paul lui dit de ne pas lui-même imposer les mains à quelqu’un (lui confier une responsabilité importante) avec précipitation, avant que le caractère de la personne soit prouvé; sinon, il partagerait la faute si la personne se servait de sa position pour mal faire. En Actes 6 le troisième et le quatrième sens de ce geste étaient tous les deux présents lorsque les apôtres demandèrent à l’Eglise de Jérusalem de choisir six hommes qu’ils pourraient charger de la tâche d’organiser la distribution quotidienne de nourriture aux veuves. L’Eglise a choisi des hommes qu’elle présenta aux apôtres, «qui, après avoir prié, leur imposèrent les mains», évidemment pour leur confier formellement le travail pour lequel ils avaient été désignés (Actes 6.5,6). Mais par la suite, nous voyons que ces hommes, après l’imposition des mains des apôtres, avaient également reçu des pouvoirs miraculeux (Actes 6.8; 8.5-7). Etienne et Philippe étaient, en effet, les premiers chrétiens à part les apôtres à qui le Nouveau Testament attribue des miracles.

Ordination?

Beaucoup de groupes religieux ont déformé cette idée de confier formellement une charge ou une responsabilité, de déléguer à quelqu’un l’autorité de diriger un aspect de l’œuvre de Dieu, ou de mettre quelqu’un à part pour jouer un rôle particulier. Chez les Catholiques, cette pratique de l’Église primitive est la base de ce qu’ils appellent le sacrement de l’Ordre. Sans être passé par la cérémonie où l’on recevrait ce «sacrement», une personne n’a normalement pas le droit de baptiser, de bénir le pain et le vin de la communion, et d’accomplir plusieurs autres services dans l’Église. Selon le Catéchisme Catholique, «l’acte sacramentel qui intègre dans l’ordre des évêques, des presbytres (prêtres) et des diacres… va au-delà d’une simple élection, désignation ou institution par la communauté, car elle confère un don du Saint-Esprit permettant d’exercer un “pouvoir sacré” qui ne peut venir que du Christ Lui-même, par son Église.»  Selon cette croyance, les évêques «tiennent la place du Christ lui-même» et sont les «successeurs légitimes des apôtres» (Catéchisme, pp. 332,333).

Ce ne sont pas seulement les Catholiques qui augmentent beaucoup la signification de l’imposition des mains de cette manière. Les Protestants, aussi, parlent généralement de l’ordination et de pasteurs «ordonnés» (mis en contraste avec de simples prédicateurs ou des dirigeants «laïques»). Chez les Mormons il est question de détenir «la prêtrise d’Aaron» et «la prêtrise de Melchisédek», qui auraient été transmises aux fondateurs de leur communauté par l’imposition des mains de Jean-Baptiste et des apôtres Pierre, Jacques, et Jean, revenus sur terre à cet effet. Depuis presque deux cents ans, une succession sans interruption auraient permis de conserver dans l’Eglise Mormone «l’autorité d’agir dans les choses de Dieu». Un baptême, par exemple, ne serait valable qu’à condition d’être administré par un homme à qui l’on aurait transmis ces prêtrises par l’imposition des mains.

Même parmi ceux qui cherchent à pratiquer le christianisme du premier siècle, on trouve parfois qu’on a été influencé par la conception qu’il faut une sorte de «droit par succession» pour que certains actes soient légitimes. Un frère a écrit: «Tout groupe de chrétiens réuni par la prédication d’un frère préparé, ordonné et envoyé par une ancienne Eglise du Seigneur à un lieu où il n’y avait pas eu d’Eglise du Christ au préalable, constitue une assemblée locale biblique…Une telle Eglise…doit se laisser diriger par… la doctrine de Christ, au moyen des enseignements des ministres préparés pour le ministère.»  En d’autres termes, des gens qui découvrent, à travers leurs recherches sincères dans la parole du Seigneur, ce qu’il faut faire pour devenir chrétien et adorer Dieu conformément à sa parole, ne pourraient pas le faire sans l’intervention d’un ministre «ordonné». Les conséquences logiques de cette doctrine sont énormes. En effet, une fois que les hommes abandonnaient la foi biblique et perdaient ainsi leur relation avec Dieu (1 Timothée 4.1-3; 2 Pierre 2.1,2; 2 Jean 9), les générations suivantes n’auraient plus la possibilité de recevoir le baptême ou la communion ou de servir Dieu valablement. La Bible ne pourrait plus être considérée comme une semence vivante (Luc 8.11; 1 Pierre 1.23-25; etc.), capable de porter du fruit dans les cœurs honnêtes et de produire une nouvelle naissance pour le salut; elle ne serait qu’une lettre morte jusqu’à ce qu’un homme ayant une autorité reconnue se présente pour permettre aux croyants de mettre en pratique ce que dit la Bible.

Une tradition des hommes

En Marc 7.1-13, Jésus accuse les Juifs d’annuler les commandements de Dieu au profit de leur tradition. La même sorte de problème se présente aujourd’hui, et la question de l’ordination en fournit un exemple. Nous savons que Jésus et ses apôtres ont enseigné la nécessité du baptême. Jésus a dit avant de retourner au Ciel : «Allez, faites de toutes les nations mes disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit» (Matthieu 28.19). Ou encore, «Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé» (Marc 16.15,16). Mais aucun passage biblique n’enseigne que seuls certains chrétiens ont le droit de baptiser ceux qui ont cru. L’accent est mis sur la foi et la repentance de la personne qui reçoit le baptême. Rien n’est dit au sujet des qualifications de la personne qui plonge le nouveau disciple dans l’eau du baptême. Nulle part dans la Bible on ne trouve l’expression «pasteur ordonné», et les détails que nous avons vus concernant l’imposition des mains sont bien insuffisants pour justifier la création d’un clergé ou l’idée de l’ordination telle qu’elle est enseignée dans les dénominations de nos jours. Pourtant, j’ai connu des communautés où des personnes dans des villages jouaient un rôle actif dans l’Église depuis dix ans, mais elles n’avaient pas reçu le baptême tout simplement parce que le «pasteur titulaire» n’était pas venu baptiser les nouvelles personnes. La parole de Dieu dit clairement que les hommes doivent se faire baptiser, mais afin de respecter un commandement d’hommes, une tradition d’Église, on n’osait pas baptiser ces gens. Les hommes annulent ainsi le commandement de Dieu.

Le problème de Diotrèphe

Parfois le problème est lié à la tradition, mais il faut reconnaître qu’il y a aussi des cas où des hommes se réservent le droit de faire certaines choses dans l’Eglise parce qu’ils cherchent à créer une sorte d’empire personnel. Il font penser à un homme mentionné dans la Troisième Épître de Jean: «J’ai écrit quelques mots à l’Église; mais Diotrèphe, qui aime à être le premier parmi eux, ne nous reçoit pas… il ne reçoit pas les frères, et ceux qui voudraient le faire, il les en empêche et les chasse de l’Église» (3 Jean 9,10). Souvent, un homme cherchera non seulement à dominer sur une assemblée locale, mais sur toutes les assemblées dans son district ou son pays. Certains le font en s’attribuant une autorité en matière d’argent. Soit on oblige chaque assemblée locale à envoyer ses collectes à un siège central qui en fait la distribution, soit on cherche à jouer un rôle d’entonnoir pour les fonds qui viendraient d’ailleurs pour aider l’œuvre de Dieu dans ce pays. D’autres essaient de développer un monopole sur l’autorité d’agir dans l’Église; ils enseignent ainsi que «l’ordination» est nécessaire. Parfois un homme prétend qu’il est le seul à détenir le droit d’«ordonner» d’autres frères au ministère pour la simple raison qu’il fut le premier membre de l’Eglise dans le pays ou la région. D’autres se basent sur des visions divines qu’ils prétendent avoir vues. Quoi qu’il en soit, le désir de contrôler l’Eglise de cette manière n’est pas sain, et la pratique n’est pas basée sur un enseignement biblique.

La sauvegarde de la vérité 

Pour justifier les pouvoirs que l’on donne à certains hommes grâce à ce système d’ordination, on fait appel parfois au besoin d’éviter le désordre et de maintenir la pureté doctrinale. Malheureusement, on rencontre de nombreux cas dans l’histoire du christianisme où c’étaient les dirigeants, ceux qui étaient «ordonnés», qui introduisirent les erreurs et les éloignements du modèle biblique. Cela s’accorde avec la prophétie de Paul en Actes 20.17,18,29,30. Pour sauvegarder la vérité, il faut compter sur l’étude et l’enseignement assidus de la parole divine et non sur les hommes faillibles et leurs décrets. Il faut toujours cultiver l’attitude des Béréens, qui «examinaient chaque jour les Écritures pour voir si ce qu’on leur disait était exact» (Actes 17.11)

Conclusion

L’imposition des mains, a-t-elle une place dans l’Eglise aujourd’hui? Comme nous venons de le voir, des hommes ont abusé de l’idée biblique de l’imposition des mains, surtout en essayant de se réserver des droits qui devraient appartenir à tout homme fidèle dans l’Eglise: le droit d’évangéliser, de baptiser, de servir la communion, etc. Est-ce pour cela que la pratique d’imposer les mains doit être bannie? Pas si l’on reconnaît que de nos jours on n’imposerait pas les mains comme pour exercer un don miraculeux ou pour communiquer de tels dons aux autres. Si l’on retient ce geste comme un moyen solennel de faire ressentir l’importance de prendre au sérieux une responsabilité confiée ou de désigner publiquement quelqu’un pour un rôle particulier, on peut certainement s’en servir. Prenons soin seulement de ne pas aller au-delà de ce qui est écrit (1 Cor. 4.6).

B.B.

(Dans Vol. 9, No. 5)

 

Pierre fut-il le premier «Pape»?

Pierre fut-il le premier «Pape»?
Considérez ce que vous connaissez des papes, à la lumière de ces faits concernant l’apôtre Pierre:
1. Pierre avait une belle-mère et était donc marié (Luc 4.38). Au lieu de délaisser sa femme pour servir le Seigneur, il se fit accompagner par elle (1 Corinthiens 9.5).
2. Pierre demeura un homme pauvre. Il dit en Actes 3.6: «Je n’ai ni argent ni or».
3. Pierre n’acceptait pas qu’on se prosterne devant lui. Lorsque Corneille voulut se prosterner aux pieds de Pierre, celui-ci «le releva, en disant: Lève-toi; moi, aussi, je suis un homme» (Actes 10.26).
4. Les autres apôtres ne regardaient Pierre ni comme infaillible ni comme leur supérieur. Paul écrivit: «Mais quand Pierre vint à Antioche, je me suis opposé à lui en public, parce qu’il était dans l’erreur» (Galates 2.11).

Ce que la Bible ne dit jamais:
1. La Bible n’emploie pas les termes «Pape», «Pontife », «Évêque de Rome», «Vicaire du Christ». L’expression «Saint Père» n’est jamais employée pour parler de Pierre ou d’un autre homme.

2. La Bible ne dit nulle part que Pierre était l’évêque de Rome. Elle ne suggère même pas qu’il y ait jamais mis les pieds. En fait, dans son Épître aux Romains, l’apôtre Paul salue par leurs noms 27 personnes dans l’Eglise de Rome, mais il ne fait pas mention de Pierre. Ne l’aurait-il pas salué si Pierre se trouvait à Rome et qu’il était même le «chef» de l’Eglise? Plus tard, lorsque Paul lui-même se trouvait à Rome, il écrivit plusieurs épîtres. Il y met des salutations de la part de certains frères dans l’Eglise romaine, mais encore, le nom de Pierre n’y figure pas – chose étrange si Pierre dirigeait réellement l’assemblée de Rome

3. Aucun passage biblique ne parle de successeurs des apôtres. Les évêques sont mentionnés dans le Nouveau Testament, mais ils ne sont jamais appelés successeurs de qui que ce soit.

B.B.

(dans Vol. 9, No. 3)

Jésus, seul chef de son Église

Jésus: seul chef de son Eglise 

Jésus est le fondateur de l’Eglise dont nous lisons dans la parole de Dieu. Il est en même temps son chef, ou roi, car l’Eglise est bien un royaume, un royaume spirituel. La parole du Christ, contenue dans le Nouveau Testament, est la loi qui gouverne l’Eglise. C’est par elle que le roi fait connaître sa volonté. Comme Jésus dit en Matthieu 28.18, avant de remonter au ciel: «Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre».
Dans l’histoire du christianisme, les hommes ont toujours tenté de s’approprier l’autorité du Christ, s’attribuant un rôle auquel ils n’ont aucun droit. De la bouche ils honorent l’autorité du Christ, mais dans la pratique ils mettent de côté les enseignements clairs du Christ pour imposer leurs propres conceptions humaines. Qu’ils portent le titre de «Prophète-Pasteur» (Eglise du Christianisme Céleste), de «Pontife romain» (Eglise Catholique), ou de Président du Conseil des Apôtres (Eglise Mormone), ces chefs humains cherchent à jouer un rôle dont on ne trouve aucune trace dans le Nouveau Testament. Selon le catéchisme de l’Eglise Catholique, le Pape, que le Catholique fidèle est censé considérer comme étant «le doux Christ sur terre», a sur l’Eglise – et je cite: «en vertu de sa charge de Vicaire du Christ et de Pasteur de toute l’Eglise, un pouvoir plénier, suprême et universel qu’il peut toujours librement exercer». (Notez bien que le mot vicaire, du latin vicarius, signifie littéralement «remplaçant».) D’autres communautés n’emploient pas forcément le même langage, mais leurs dirigeants s’approprient en réalité presque le même degré de pouvoir sur les assemblées.
Au vu de cet état des choses dans les différentes Eglises de nos jours, il vaut la peine de revoir les passages qui insistent sur le rôle de Christ dans son Eglise. Fixer dans notre esprit l’autorité suprême de Jésus-Christ peut nous aider à ne pas mal comprendre les textes qui nous parlent des rôles à jouer par de simples hommes, les rôles d’évêques ou de pasteurs, de diacres, d’évangélistes, etc. Nous éviterons ainsi d’approuver une usurpation du pouvoir de Jésus.

La souveraineté du Christ
Plusieurs images sont employées dans le Nouveau Testament pour enseigner la place de Jésus dans son Eglise. Il est présenté, par exemple, comme étant la tête du corps de l’Eglise. Ephésiens 1.20-23 dit que Dieu a déployé sa puissance en Christ, «en le ressuscitant des morts, et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes… Il a tout mis sous ses pieds, et il l’a donné pour chef suprême à l’Eglise, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous.» La même idée paraît en Colossiens 1.18: «Il est la tête du corps de l’Eglise; il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin d’être en tout le premier». Il est évident que c’est la tête qui dirige ou «donne des ordres» au corps. Les membres du corps ne se réunissent pas pour voter ou décider ensemble s’ils veulent faire ce que veut la tête. Aucun membre du corps humain ne prétend remplacer la tête ou diriger les autres membres à sa guise.
D’autres passages bibliques présentent Jésus comme le roi. Il dit lui-même devant Ponce Pilate: «Mon royaume n’est pas de ce monde… Pilate lui dit: Tu es donc roi? Jésus répondit: Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité» (Jean 18.37). Dès le jour de la Pentecôte, la royauté ou la seigneurie de Jésus était un élément constant dans la prédication des apôtres. Pierre conclut son sermon en Actes 2 par ces paroles: «Que toute la maison d’Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié» (Actes 2.36). Dieu l’a fait Seigneur et Christ, c’est-à-dire celui qui est oint comme roi. Son royaume n’est pas une monarchie constitutionnelle où son pouvoir est sévèrement limité, un royaume où, en réalité, un premier ministre gouverne le pays. Non. Toute autorité a été donnée à Jésus.
Une troisième comparaison qu’emploie le Nouveau Testament pour décrire la relation entre Jésus et son Eglise concerne le berger et son troupeau. Jésus dit en Jean 10.14-16: «Je suis le bon berger. Je connais mes brebis, et elles me connaissent, comme le Père me connaît et comme je connais le Père; et je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie; celles-là, il faut que je les amène; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger.» «Cette bergerie» était le peuple juif, au milieu duquel Jésus exerçait son ministère terrestre. Les brebis qui n’étaient pas «de cette bergerie» étaient les non-Juifs qui accepteraient l’Evangile. Les «brebis» juives et les «brebis» non-juives forment, selon la parole de Jésus, «un seul troupeau», et il n’y a qu’«un seul berger». En d’autres termes, il y aurait une seule Eglise pour tous, Juifs et non-Juifs, et il y aurait un seul berger, ou chef, un seul homme pour guider et diriger l’Eglise. Cet unique berger est Jésus. Il n’y a pas un berger dans le ciel et un autre qui le représente sur la terre.
Quelques-uns se diront: «Mais les brebis, les simples fidèles, que peuvent-ils faire si des hommes se sont emparés du pouvoir dans l’Eglise? Oui, il y a des chefs religieux qui s’attribuent de l’autorité que la Bible ne leur donne pas. Mais les membres ordinaires n’ont aucune possibilité de changer cela. Ils sont obligés de faire ce que décident les chefs.» Mais ce raisonnement n’est pas juste. Toujours en Jean 10 nous lisons au sujet de Jésus: «Les brebis entendent sa voix; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent, et il les conduit dehors. Lorsqu’il a fait sortir toutes ses propres brebis, il marche devant elles; et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. Elles ne suivront point un étranger; mais elles fuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers» (Jean 10.2-5). Notre foi doit être basée sur Jésus-Christ, et lui seul. C’est Jésus que l’Eglise doit suivre. C’est sa voix, qui se fait entendre dans le Nouveau Testament, que nous devons écouter. 

N’y a-t-il pas d’autres pasteurs légitimes?
Jésus est bien le berger ou le pasteur de l’Eglise, mais la Bible ne parle-t-elle pas d’autres pasteurs légitimes? Il est vrai que le terme «pasteur» ne se réfère pas uniquement à Jésus dans le Nouveau Testament; les autres «pasteurs» travaillent sous la direction de Jésus, le vrai propriétaire du troupeau. Aucun d’eux n’occupe la place de Jésus sur la terre. Considérez ces propos de l’apôtre Pierre: «Voici les exhortations que j’adresse aux anciens qui sont parmi vous, moi ancien comme eux, témoin des souffrances de Christ, et participant de la gloire qui doit être manifestée. Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu; non pour un gain honteux, mais avec dévouement; non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire» (1 Pierre 5.1-4). Il n’est pas nécessaire de préciser que «le souverain pasteur» est Jésus-Christ. Il est également clair que ces autres pasteurs doivent suivre non pas leur volonté mais celle du souverain pasteur s’ils espèrent recevoir de sa part cette couronne de gloire dont l’apôtre parle.

Et l’apôtre Pierre?
D’autres objecteront que l’apôtre Pierre avait une place particulière dans l’Eglise. Ne l’appelle-t-on pas «le Prince des Apôtres»? N’est-ce pas à lui seul que Jésus dit: «Je te donnerai les clefs du royaume des cieux: ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux» (Matthieu 16.19)? En fait, la Bible n’appelle nulle part Pierre «le Prince des Apôtres». Mais examinons cette question des clefs que Jésus promet donner à Pierre, les clefs de son royaume, son Eglise. A quoi sert une clef? A ouvrir ou fermer, à donner ou refuser l’accès. Jésus emploie le mot «clef» de cette façon en Luc 11.52 : «Malheur à vous, docteurs de la loi! parce que vous avez enlevé la clef de la science; vous n’êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d’entrer ceux qui le voulaient». Comment Pierre s’est-il servi des clefs du royaume pour ouvrir les portes de l’Eglise? Le jour de la Pentecôte, c’est Pierre qui a prêché l’Evangile pour la première fois. Il a parlé de la vie, la mort et la résurrection de Jésus. Quand la foule a demandé ce qu’il fallait faire, «Pierre leur dit, selon Actes 2.38: «Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint- Esprit.» Trois mille Juifs ont obéi à cette exhortation, et l’Eglise du Christ a vu le jour. Plus tard, en Actes 10, ce fut encore Pierre qui a prêché pour la première fois aux non- Juifs. C’était dans la maison de Corneille. En Actes 15.7,8 Pierre se référa à ce qui était arrivé ce jour-là chez Corneille: «Une grande discussion s’étant engagée, Pierre se leva, et leur dit : Hommes, frères, vous savez que dès longtemps Dieu a fait un choix parmi vous, afin que, par ma bouche, les païens entendissent la parole de l’Evangile et qu’ils crussent. » Pierre a ainsi ouvert les portes du royaume aux Juifs et aux non-Juifs.
Quant au droit de lier et de délier, il s’agit de déclarer obligatoire ou de dispenser d’un devoir. En Matthieu 23.4, Jésus accuse les scribes et pharisiens d’avoir lié de lourds fardeaux et de les avoir mis sur les épaules des hommes. Ils avaient rendu obligatoires toutes sortes de devoirs religieux, qui, en fait, n’étaient que des traditions humaines. Pierre aurait l’autorité de dire aux hommes ce que Dieu exigeait d’eux, et ce qu’ils ne seraient plus obligés de faire. Mais remarquez bien que cette même autorité serait donnée par le Seigneur à tous les apôtres. Il leur dit en Matthieu 18.18: «Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel.» Tous les apôtres communiqueraient par inspiration la volonté de Dieu pour les hommes dans l’ère chrétienne. LA DISTINCTION DE PIERRE SERAIT LE FAIT D’ÊTRE LE PREMIER À PRÊCHER L’EVANGILE ET LES CONDITIONS DU SALUT, D’ABORD AUX JUIFS, ET ENSUITE AUX PAÏENS, TOUT COMME IL AVAIT ÉTÉ LE PREMIER À CONFESSER QUE JÉSUS ÉTAIT LE CHRIST, LE FILS DE DIEU.
Pierre avait-il une plus grande mesure d’autorité que les autres apôtres? Pierre lui-même n’en dit rien. Nulle part dans la Bible Pierre ne se réfère à lui-même comme étant le chef des apôtres. Et rien ne suggère que les autres voyaient Pierre comme étant leur supérieur. Quelques heures avant l’arrestation de Jésus, et donc bien après la promesse de Jésus de donner les clefs du royaume à Pierre, «il s’éleva parmi les apôtres une contestation: lequel d’entre eux devait être estimé le plus grand?» (Luc 22.24). Les collègues de Pierre n’avaient évidemment pas compris les propos de Jésus comme un signe que Pierre serait le plus grand parmi eux. Et Jésus n’a pas saisi l’occasion pour appuyer la position spéciale de Pierre. Au contraire, il a tout simplement répété son enseignement que celui qui veut être grand doit s’humilier et se rendre serviteur des autres. Ni Pierre ni ses soi-disant successeurs n’ont été chef de l’Eglise sur terre.

Conclusion:
L’Eglise n’a qu’un seul chef, Jésus- Christ. Il n’y en a pas deux: un dans le ciel et un autre sur la terre. Jésus est la tête du corps; il est le roi qui règne sur le royaume; il est le berger qui dirige le troupeau. Il n’accepte pas de rival; il n’a pas besoin de remplaçant.
B.B.

«Le Pape, évêque de Rome et successeur de S. Pierre,… est fondement de l’unité qui lie entre eux soit les évêques, soit la multitude des fidèles. En effet, le Pontife romain a sur l’Eglise, en vertu de sa charge de Vicaire du Christ et de Pasteur de toute l’Eglise, un pouvoir plénier, suprême et universel qu’il peut toujours librement exercer – ¶882
«…De cette infaillibilité, le Pontife romain, chef du collège des évêques, jouit du fait même de sa charge quand, en tant que pasteur et docteur suprême de tous les fidèles, et chargé de confirmer ses frères dans la foi, il proclame, par un acte définitif, un point de doctrine touchant la foi et les moeurs.» ¶891
Catéchisme de l’Eglise Catholique, 1992

«Quel est le protocole pour celui qui voudrait écrire une lettre au Pape? On se sert comme en-tête de la formule Très Saint Père, on écrit à la troisième personne en désignant le pape par les mots Votre Sainteté et l’on termine par les lignes suivantes, sans en changer la disposition:

Prosterné aux pieds de Votre Sainteté

et implorant la faveur de sa bénédiction apostolique,

J’ai l’honneur d’être,

Très Saint Père,

avec la plus profonde vénération,

de Votre Sainteté,

le très humble et très obéissant serviteur et fils.»

Le parfait secrétaire, Références Larousse, 1986.