Vers un mariage heureux

     Il est étrange de constater combien on connaît peu les enseignements de Jésus en ce qui concerne le mariage. Et pourtant ces instructions devraient être la base même de tout foyer qui se veut solide et durable.

     Le mariage est d’origine divine. Les liens du mariage trouvent leur origine dans le jardin d’Éden lorsque Dieu créa Ève pour être la compagne d’Adam. Le mariage n’est pas, comme on le pense parfois, le résultat d’une évolution sociale ou une sorte «d’arrangement» institué par l’homme au cours des âges. Non, son institution est véritablement divine et c’est la raison pour laquelle nous devons considérer le mariage comme saint et même sacré. Ceux qui décident de se marier doivent non seulement envisager les obligations qu’ils ont contractées vis-à-vis d’eux-mêmes et de la société, mais de plus, ils doivent prendre conscience de ce que leur union comporte comme responsabilité vis-à-vis de la volonté de Dieu. Cela revient à dire qu’en se mariant on doit accepter cette volonté pour guide, de manière à voir cette union approuvée par le Créateur de l’univers. Il faut non seulement remplir les conditions exigées par la loi, mais également satisfaire aux désirs de Dieu.

Les buts du mariage

     Quels sont les buts principaux du mariage? Dans les deux premiers chapitres de la Genèse nous en trouvons deux :

     1— La vie en compagnie,

     2— La procréation de la race humaine. Dieu dit dans le livre de la Genèse:

     «Il n’est pas bon que l’homme soit seul, je lui ferai une aide semblable à lui…» (Genèse 2.18).

     «Alors l’Éternel fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. L’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme et il l’amena vers l’homme» (Genèse 2.21-22).

     Le roi de l’univers créa donc la femme pour que le premier homme ne souffre pas de solitude. Sa compagne est son complément ; elle correspond à ses besoins et lui apporte ce qui lui manque dans l’existence. L’origine divine du mariage montre bien l’immense amour que Dieu voue aux êtres humains.

     La seconde raison d’être du mariage est, nous l’avons dit, la procréation de la race. Dieu, nous dit toujours le livre de la Genèse, bénit le premier couple et ajouta : «Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre» (Genèse 1.18).

     L’union du mariage comporte par conséquent l’immense privilège de créer la vie. Le Seigneur voulait que ceux qui s’unissent puissent avoir des enfants et que cette faculté soit portée précieusement dans leur cœur. Trop de jeunes, de nos jours, se marient avec l’intention arrêtée de ne jamais avoir d’enfant car ils pensent que cela représenterait une charge accrue du point de vue financier ainsi qu’une responsabilité qu’ils ne veulent pas assumer. Ils passent ainsi à côté d’un des plus grands privilèges que Dieu ait accordé au couple. Il est évident que la tâche d’élever un ou plusieurs enfants représente une somme d’efforts, de pensées et de prières parfois considérable, mais comment peut-on décrire le bonheur et les bénédictions que représentent ce petit être qui est le fruit de l’amour de deux êtres! Ceux qui ne peuvent malheureusement pas avoir d’enfants à eux mesurent peut-être mieux l’étendue et la profondeur de la joie que peut apporter à un foyer vide un petit être abandonné qu’on adopte et qu’on mène vers la connaissance de Dieu.

     Un vrai mariage chrétien ne peut être basé principalement sur l’attirance physique, car on ne fonde pas un foyer en ayant pour unique raison la satisfaction sexuelle. C’est se ravaler au rang de l’animal. Par contre, l’Écriture montre sans équivoque que la relation sexuelle entre époux est loin d’être quelque chose à considérer comme coupable. Ceci est clairement et normalement exprimé par le Seigneur quand il dit : «C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme et les deux deviendront une seule chair» (Matthieu 19.5). Lorsqu’on en fait bon usage la relation sexuelle sanctifie même l’union dans les liens de l’amour véritable. L’apôtre Paul exhorte les époux en ces termes : «Que le mariage soit honoré de tous et le lit conjugal exempt de souillure car Dieu jugera les impudiques et les adultères» (Hébreux 13.4).

     La question sexuelle doit donc être comprise à sa juste valeur et considérée comme devant occuper tout naturellement sa place dans le mariage. Nous ne devons pas l’élever au-dessus de son niveau normal, mais tout de même réaliser qu’elle constitue une partie importante de l’existence du couple. L’aspect purement physique du mariage n’est pas le seul à entrer en ligne de compte quand il s’agit de vivre en parfaite entente.

La nature du mariage

     Il va du devoir des parents d’enseigner clairement à leurs enfants la véritable morale du mariage. Cela fait partie de leur préparation à la vie d’adulte et nous devons accepter la pleine responsabilité de répondre, selon leur stade de croissance, à leur besoin de connaître tous les aspects des principes de la vie. Cette préparation va les aider à assumer, plus tard, à leur tour, leurs responsabilités dans le mariage. Ils en comprendront mieux à la fois les privilèges et les devoirs.

     1— Le mariage est une union spirituelle aussi bien que physique, car ses liens dépas­sent la chair de très loin. Dieu a voulu qu’il en soit ainsi et c’est pourquoi il dit en Matthieu 19.5 que : «L’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme».

     Ces liens sont établis dans le cœur et dans l’esprit des époux aussi bien que dans l’attrait physique.

     2— Le mariage est une union exclusive, mais l’homme s’est souvent éloigné de l’ordre originel de son Créateur qui voulait que l’être humain soit purement monogame. Dans certains pays ce commandement a été changé à un point tel qu’un homme peut avoir officiellement plusieurs épouses. Jésus dit:

     «Au commencement il n’en était pas ainsi» (Matthieu 19.8).

     Dans le Nouveau Testament le concept du mariage revient à ce que l’Éternel avait prévu au début de la création, c’est-à-dire une seule femme jusqu’à ce que le décès de l’un d’eux mette fin à l’union du couple. Personne n’a donc le droit de s’immiscer dans l’intimité existant entre mari et femme.

     3— Le mariage doit être permanent et définitif. En commentant la relation existant entre l’ancienne loi de Moïse et le chrétien, Paul utilise précisément le mariage pour exemple. Il déclare : «Ainsi, une femme mariée est liée par la loi à son mari tant qu’il est vivant, mais si le mari meurt, elle est dégagée de la loi qui la liait à son mari» (Romains 7.2).

     Nous voyons donc que Dieu a toujours voulu que le mariage lie deux êtres jusqu’à la mort. Les Pharisiens abordèrent un jour Jésus et lui demandèrent:

     «Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour un motif quelconque? Il répondit: N’avez-vous pas lu que le Créateur, au commencement, fit l’homme et la femme et qu’il dit: C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme et les deux deviendront une seule chair? Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint.» (Matthieu 19.3-6).

     Cette conversation prouve que le mariage est quelque chose de permanent, qui dure tant que dure la vie.

     4— Le mariage est une union hautement honorable. Ainsi en a décidé l’Éternel dans sa Parole. Christ a également toujours enseigné qu’il s’agit là d’un état méritant le respect de tous par sa valeur spirituelle et morale. Il serait faux de croire qu’il ne s’agit là que d’une concession faite par Dieu à l’homme à cause de sa faiblesse et de sa luxure, autrement dit un mal nécessaire.

     Pas du tout! Le mariage fait partie du plan prévu par l’Éternel quand il a créé l’être humain. Il fait partie de tout ce que Dieu avait prévu dès le commencement du monde en ce qui concerne la race humaine.

     Ce serait également faire fausse route que de penser que le mariage peut prédominer sur le Royaume de Dieu. L’Église que Christ a fondée doit passer d’abord comme l’affirme le Fils de Dieu. «Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu et toutes ces choses vous seront données par-dessus» (Matthieu 6.33).

     Cela signifie que le mariage, comme toutes les choses terrestres, doit se conformer à la volonté divine et s’entretenir à sa seule lueur. Le respect de ces conditions est garant d’une parfaite union physique, morale et spirituelle et le mariage devient alors une existence où le meilleur domine et où le pire s’estompe et s’efface.

     «Un bon mariage n’est pas une promesse ou un contrat échangé entre deux personnes mais entre trois! Trop souvent on oublie d’y inviter Christ et il n’y a pas de place pour lui dans le nouveau foyer. Pourquoi? Parce que nous nous sommes fait une fausse image de lui et que nous avons oublié de suivre ses conseils sur la vie.» (D. Kauffman)

Ingrédients d’un mariage réussi

     Certains colis sont marqués du mot «Fragile». Parfois même, ce mot est suivi de la phrase «À manipuler avec soin». Il s’agit là d’une définition presque parfaite du mariage. L’union de deux êtres est très fragile mais elle peut être menée vers un grand succès à condition d’observer certaines règles simples mais essentielles. Le feu que le couple a allumé le jour de son mariage doit être soigneusement entretenu et il faut sans cesse y apporter du combustible.

     La réalisation de son bonheur. En regardant autour de soi avec lucidité, on réalise, en effet, que tout le monde ne dispose pas de notre bonheur, d’une épouse ou d’un mari comme le nôtre. L’Écclésiaste disait déjà il y a bien des siècles : «Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, pendant tous les jours de ta vie de vanité, que Dieu t’a donnés sous le soleil. Car c’est ta part dans la vie, au milieu de ton travail que tu fais sous le soleil» (Ecclésiaste 9.9).

     Souvent, nous avons l’impression que la haie est bien plus verte chez le voisin que chez nous. En suivant un tel raisonnement, on en arrive très vite à effacer les réalités de notre vie de chaque jour et, au lieu d’en voir toutes les beautés, de comprendre tout notre bonheur, nous nous figurons être frustrés et privés des choses que nous possédons déjà bel et bien.

     L’altruisme. L’être humain a souvent la fâcheuse tendance à ne regarder que ce qui se passe en lui-même au lieu de se tourner vers l’extérieur et de faire du mariage un compagnonnage basé sur un amour véritable de… l’autre. Lors de la création, Dieu avait dit : «Il n’est pas bon que l’homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui. C’est pourquoi, l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme et ils deviendront une seule chair» (Genèse 2.18, 24).

     Comme le dit très justement l’apôtre Paul en 1 Corinthiens 13.5, «l’amour ne cherche pas son intérêt». Cela exclut par conséquent d’office cet égoïsme qui a fait s’écrouler tant d’unions qui pourtant avaient débuté sous les meilleurs auspices. Dans l’épître aux Philippiens, il nous est également parlé d’une règle qui pourrait parfaitement s’appliquer au mariage:

     «…rendez ma joie parfaite, ayant un même sentiment, un même amour, une même âme, une même pensée. Ne faites rien par esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l’humilité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des autres» (Philippiens 2.2-4).

     Le respect de l’autre. Nous avons toujours un œil impitoyable pour « l’autre » sans vouloir admettre un seul instant que nous sommes, nous-mêmes, loin d’être parfaits. C’est ce qui a fait dire à Jésus:

     «Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil et alors, tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère» (Matthieu 7.5).

     La tolérance. L’intolérance fait partie intégrante de l’égoïsme qui nous pousse à toujours voir des défauts chez les autres et à ne jamais retenir que les mauvaises choses sans vouloir apercevoir tout le bien, tout l’amour et tout le dévouement dont est capable notre conjoint. Oh ! qu’il est difficile de prononcer ce petit mot gentil, cet encouragement, ce remerciement, ce compliment ! Cela fait cependant tant de bien, met un baume sur la plaie à vif et réconforte le cœur blessé. Salomon disait : «Les paroles agréables sont un rayon de miel, douces pour l’âme et salutaires pour le corps» (Proverbes 16.24).

     Ne pensez-vous pas qu’il avait raison? Soyons francs, combien de fois nous mettons-nous en colère avant même de laisser une chance à notre femme ou à notre mari de s’expliquer, avant que n’éclate la dispute ?

     Il est pourtant bien dit dans la Bible: «Celui qui répond avant d’avoir écouté fait un acte de folie et s’attire la confusion» (Proverbes 18.13).

     Le pardon. Avez-vous également remarqué qu’après une discussion, nous trouvons tout normal que ce soit «l’autre» qui fasse le premier pas vers l’apaisement et la récon­ci­liation ? Nous pensons être des civilisés et nos réactions ressemblent souvent à celles des sauvages. Écoutons un des Apôtres de Jésus nous exhorter : «Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonnés, pardonnez-vous aussi» Colossiens 3.13).

     «Si vous vous mettez en colère, ne péchez point; que le soleil ne se couche pas sur votre colère» (Éphésiens 4.26).

     Le véritable amour. Quand on se donne le temps de réfléchir, on s’aperçoit très vite que tout gravite autour de ce sentiment merveilleux qu’on appelle l’amour. Avons-nous réellement pour notre femme ou pour notre mari ce véritable amour qui est patient, plein de bonté, qui ne cherche pas son intérêt, qui ne s’irrite pas, qui ne soupçonne point le mal, qui excuse tout, qui supporte tout ? (1 Corinthiens 13.4-7). N’oublions pas la maxime qui dit que : «Là où il y a mariage sans amour, il y a bientôt de l’amour sans mariage».

     La règle d’or. ll est un verset de la Bible qu’on appelle souvent la règle d’or. Si elle était appliquée, elle apporterait sans doute une solution aux multiples problèmes que représente la vie conjugale :  «Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux» (Matt. 7.12).

     La communion spirituelle. Nous n’avons pas encore abordé le problème essentiel qui est la communion spi­ri­tuelle du couple. Cette unité d’esprit découle de toutes les autres choses dont nous venons de nous entretenir. On pourrait également affirmer que ces choses dépendent étroitement de la vie spirituelle du couple. Il existe à notre époque une sorte de pudeur qui empêche de parler des problèmes spi­ri­tuels. On considère, dans la société moderne, qu’il s’agit là d’une affaire strictement privée, qui ne regarde absolument personne. Cette conception revêt très souvent un caractère secret, caché, voire mystérieux. Le couple n’échappe pas à cette règle et bien qu’on n’ait aucun secret physique l’un pour l’autre, on se garde malgré tout de partager ses pensées profondes en matière spirituelle. Les spécialistes s’accordent à dire qu’il s’agit là d’un des principaux obstacles à la réalisation parfaite du couple et par là même d’une cellule familiale réellement harmonieuse.

Comment réaliser cette union spirituelle ?

      Certains se demandent comment réaliser cette union spirituelle? Je pense que, dans ce cas, on peut appliquer un dénominateur commun à la fois au mariage et à la volonté de Dieu. Tout d’abord, qu’est-ce que le mariage? C’est un don total de soi-même, en ayant la ferme résolution de ne pas changer de disposition d’esprit. Faire la volonté de Dieu est exactement la même chose. C’est également se donner, choisir, changer et être prêt à souffrir, à lutter pour ne plus être ce qu’on était avant. Le christianisme est une question de choix librement consenti, de volonté de faire ce qu’il faut pour vivre une existence heureuse. Le mariage n’est-il pas exactement la même chose, mais transposé sur le plan physique et sentimental? Pourquoi, dès lors, n’y aurait-il pas une parfaite harmonie spirituelle entre deux êtres qui sont prêts à faire n’importe quoi l’un pour l’autre?

     Le ménage chrétien possède un immense trésor commun: la Parole de Dieu. À partir de la volonté divine, tout est possible. On a souvent dit que le couple qui lutte ensemble se soude plus intimement que tout autre. La vie chrétienne est, elle aussi, une sorte de lutte quotidienne qu’on doit faire ensemble en partageant totalement ses idées et ses soucis spirituels. C’est de ce combat livré en commun que va jaillir cette merveilleuse union spi­ri­tuelle sans laquelle on ne peut réellement vivre quand on est vraiment chrétien. Cet effort commence à genoux, dans la prière. Le mari et la femme qui, ensemble, parlent à Dieu et lui confient ce qu’ils ont sur le cœur, trouvent là une force contre laquelle rien, absolument rien, ne peut prévaloir.

     Il faut des efforts, du temps et surtout de l’amour pour en arriver là, mais, à des chrétiens, rien n’est impossible.

Jacques Marchal

  Êtes-vous vraiment un couple chrétien? Voulez-vous savoir si vous êtes arrivés à cette parfaite unité spirituelle dont nous venons de parler? Répondez pour vous-mêmes à la série de questions qui vont suivre et dont le thème est:

Sl JÉSUS VENAIT DANS VOTRE FOYER…

  L’accueilleriez-vous à la porte, les bras ouverts, ou devriez-vous changer de vêtements avant de le laisser entrer?

  Devriez-vous cacher certains magazines et mettre votre Bible en évidence?

  Éteindriez-vous vite le poste de radio, la télévision ou l’ordinateur pour vous mettre à fredonner un cantique?

  Pourriez-vous laisser Jésus entrer directement sans devoir vous précipiter sur l’une ou l’autre chose?

  Si le Christ venait passer un jour ou deux chez-vous, pourriez-vous continuer à agir exactement comme vous le faites d’habitude?

  Pourriez-vous dire exactement les mêmes choses?

  Prendriez-vous Jésus avec vous partout où vous aviez l’intention d’aller avant qu’il n’arrive ou préféreriez-vous changer vos projets durant un jour ou deux?

  Aimeriez-vous vraiment qu’il fasse la connaissance de vos amis ou préféreriez-vous plutôt qu’ils restent chez eux pendant qu’ll est là?

  Aimeriez-vous qu’ll reste plus longtemps que prévu ou soupireriez-vous d’aise à l’heure de son départ?

La polygamie

*Si vous trouvez que ce sujet n’est pas pertinent dans votre pays parce que la polygamie ne fait pas partie de vos mœurs, prenez quand même le temps de lire ce numéro. Plusieurs principes dans cette étude s’appliquent à la question du divorce et du remariage. En plus, les idées concernant le mariage sont constamment mises en question dans les sociétés occidentales. Si le mariage homosexuel se fait accepter aujourd’hui dans certains pays, il n’est pas invraisemblable que l’on voie demain des campagnes en faveur du droit de contracter des mariages polygames. Enfin, des immigrants en Europe ou en Amérique qui viennent de pays où le mariage polygame n’est pas accepté se sont mis à pratiquer une forme de polygamie : ils ont une femme et des enfants dans leur pays d’origine, et une autre famille dans leur pays adoptif.


Le problème

De nombreuses personnes en Afrique sont touchées par le problème de la polygamie. Bien que certains hommes continuent de prendre plusieurs femmes, d’autres ont vu que la polygamie est un piège. Les avantages qu’elle semble offrir sont moins importants que les malheurs qu’elle crée.

L’homme pense au prestige, au plaisir que lui procurerait une femme plus jeune et plus belle, et peut-être à l’aide de plusieurs femmes et de leurs enfants dans ses travaux champêtres. Il découvre plutôt que les charges d’une si grande famille dans le monde moderne sont lourdes : frais de scolarité, habillement, ordonnances médicales, nourriture, etc. Il a du mal à supporter les querelles entre ses épouses. Et il se voit toujours en train de mentir dans un effort de ne pas exciter la jalousie de l’une ou de l’autre.

La première femme a peut-être accepté l’idée d’un foyer polygame en pensant à l’aide dans ses devoirs domestiques. La nouvelle femme pensait à la sécurité matérielle et sociale d’un mariage avec un homme déjà établi dans la vie. Chacune s’est retrouvée dans une situation où elle doit lutter contre sa rivale afin d’avoir l’amour et l’argent de son mari pour elle-même et pour ses enfants.

L’enfant, qui n’a pas choisi de naître dans un foyer polygame, se voit négligé par son père, qui a peut-être déjà trop d’enfants pour bien s’occuper d’eux tous. Peut-être que l’enfant est méprisé par sa marâtre. Peut-être qu’il ne reçoit pas les mêmes avantages donnés à ses frères et sœurs parce que sa mère n’est pas la femme préférée.

Il existe sûrement des exceptions, des foyers polygames où l’on trouve une bonne entente, mais les témoignages négatifs abondent. Il suffit de considérer les foyers polygames cités dans la Bible pour trouver une confirmation : Abraham et ses femmes Sara et Agar (Gen. 16.1-6; 21.1-12), Jacob et ses femmes Léa et Rachel (Gen. 29.31–30.24), Elkana et ses femmes Anne et Peninna (1 Sam. 1.1-8) montrent tous le potentiel pour la discorde quand on se marie à plus d’une femme. Dans le cas du roi David, c’étaient les enfants de ses différentes femmes qui perpétuaient et même rendaient violente la rivalité.

La polygamie, pourtant, produit plus que des problèmes de mésentente domestique ; elle représente aussi un problème moral. Les différentes dénominations catholiques et protestantes ont pris toute une gamme de positions face à ce problème. Certaines Églises défendent à leurs membres de prendre plus d’une femme, mais acceptent et baptisent ceux qui se sont mariés à plus d’une femme avant d’entendre l’Évangile. D’autres demandent au polygame de se séparer de toutes ses femmes sauf la première avant de recevoir le baptême. D’autres refusent aux polygames le baptême et la communion, mais leur permettent de jouer un rôle actif dans la vie de l’Église locale. D’autres encore, généralement d’origine africaine, approuvent la polygamie, leurs fondateurs mêmes prenant plusieurs femmes.

Que faut-il enseigner et pratiquer à cet égard ? Comme pour toute autre question de moralité, la Bible seule doit faire autorité. Il est important de signaler dès le départ de nos recherches que Dieu nous dit : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Éternel. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées » (Ésaïe 55.8,9). C’est Dieu seul qui peut nous montrer ce qui est réellement selon la justice, la charité et la sainteté.

Le mariage et l’adultère

La Bible déclare sans équivoque : « Que le mariage soit honoré de tous, et le lit conjugal exempt de souillure, car Dieu jugera les impudiques et les adultères » (Héb. 13.4). Dieu exige que les hommes respectent le mariage, une institution qu’il a lui-même ordonnée. Violer ses principes, c’est souiller quelque chose de pur. Se rendre coupable de l’impudicité (fornication, débauche) ou de l’adultère mérite la condamnation de Dieu. Ceux qui commettent ces péchés se souillent (Marc 7.21-23), doivent être ôtés du milieu de l’Église (1 Cor. 5.11-13), n’hériteront pas le royaume de Dieu (1 Cor. 6.10), pratiquent des œuvres de la chair (Gal. 5.19), et seront jetés dans l’étang de feu (Apoc. 21.8). Il n’est pas étonnant que Paul dise : « Fuyez l’impudicité ! » (1 Cor. 6.18). Au vu d’un si grand danger, nous devons nous garder avec soin de participer à ou d’approuver des actes de péché sexuel.

Mais est-ce que la polygamie est égale à l’adultère ? Voyons de quelle manière la Bible présente la nature du mariage et de l’adultère.

1 Corinthiens 7.2-5 : « Toutefois, pour éviter l’impudicité, que chacun ait sa femme et que chaque femme ait son mari. Que le mari rende à sa femme ce qu’il lui doit, et que la femme agisse de même envers son mari. La femme n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est le mari ; et pareillement, le mari n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est la femme. Ne vous privez point l’un de l’autre, si ce n’est d’un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière ; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente par votre manque de maîtrise de soi. »

Pour éviter la tentation d’avoir des rapports sexuels en dehors du mariage, la Bible recommande de se marier. Dans le mariage selon Dieu, chaque homme a sa propre femme et chaque femme a son propre mari. Dans le mariage polygame, la femme partage un mari avec d’autres femmes. Selon Dieu, quand un homme se marie, il n’a plus autorité sur son propre corps. Son corps appartient à sa femme, et il a le devoir de satisfaire aux désirs sexuels de sa femme. Le corps de la femme appartient à son mari, et elle a le devoir de satisfaire à ses besoins sexuels. De cette manière les tentations de chercher la satisfaction ailleurs sont diminuées.

Un homme déjà marié n’a plus le droit de donner son corps à une autre femme. Faire une cérémonie de mariage avec l’autre femme ne change pas le fait que la première a l’autorité sur le corps de cet homme. Il est évident que la sexualité devait s’exprimer dans une relation monogame. En dehors de ce cadre, les rapports ne sont pas approuvés de Dieu.

En Matthieu 19.4,5 le Seigneur dit : « N’avez-vous pas lu que le Créateur, au commencement, fit l’homme et la femme et qu’il dit : C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. » En donnant son enseignement sur le mariage Jésus s’est basé sur ce que Dieu avait ordonné au commencement. Il s’agit de l’union permanente de deux personnes, un homme et sa femme. Ces deux deviennent une seule chair. Une troisième personne n’a pas de place dans l’union intime que Dieu a voulue. Il n’y a aucun doute que Dieu a prévu pour l’homme la monogamie. Il n’a créé qu’une femme pour Adam. Bien que les hommes se soient égarés du plan originel, Jésus les rappelle au modèle donné lors de la création.

Romains 7.2,3 dit : « Ainsi, une femme mariée est liée par la loi à son mari tant qu’il est vivant : mais si le mari meurt, elle est dégagée de la loi qui la liait à son mari. Si donc, du vivant de son mari, elle devient la femme d’un autre homme, elle sera appelée adultère ; mais si le mari meurt, elle est affranchie de la loi, de sorte qu’elle n’est point adultère en devenant la femme d’un autre. » La Bible définit l’adultère très clairement dans ce passage. Une femme déjà liée à un homme dans le mariage commet l’adultère en se joignant à un autre homme. Une femme ayant plusieurs maris est forcément adultère.

Est-ce que la femme seule peut se rendre coupable de l’adultère, ou bien est-ce que Dieu exige que l’homme aussi soit fidèle à son conjoint ? Y a-t-il deux mesures différentes de fidélité : une mesure pour la femme qui a droit à un seul mari, et une autre mesure pour l’homme qui peut se permettre toutes les femmes qu’il désire épouser ? En Marc 10.11,12 Jésus dit : « Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard ; et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère. » Évidemment, la même règle s’applique aux hommes comme aux femmes. Il n’y a pas de distinction qui donne aux hommes un droit qui serait refusé aux femmes. Le même acte rendrait coupable d’adultère homme ou femme.

Notez bien que Jésus dit que l’homme qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère « à son égard », c’est-à-dire, à l’égard de sa femme. L’homme commet l’adultère, non seulement quand il séduit la femme d’autrui, mais aussi quand il n’est pas fidèle à sa propre femme. Si celui qui répudie sa première femme avant de prendre une deuxième commet un adultère à l’égard de la première, il est encore plus sûr que celui qui fait venir à la maison la deuxième femme pendant que la première est toujours avec lui commet aussi un adultère et provoque par son infidélité la jalousie de sa femme légitime.

En Matthieu 19.9 Jésus déclare : « Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère. » La seule cause légitime pour laquelle un homme pourrait prendre une autre femme du vivant de sa première femme est donc l’infidélité de celle-ci. Le mot grec utilisé dans ce verset est « porneia » (« fornicatio » dans la version latine) et signifie un acte sexuel, la fornication. Ainsi, la version TOB rend l’expression dans ce verset « sauf en cas d’union illégale ». Il ne s’agit pas d’une infidélité en matière de religion, mais d’une infidélité sexuelle.

Si un homme divorce d’avec sa femme et en épouse une autre, tandis que la première femme n’avait pas commis la fornication, Dieu ne reconnaît pas ce divorce. Ainsi, cet homme est toujours lié à sa femme et se rend infidèle envers elle en prenant la deuxième. Répudier la femme innocente, c’est du péché, mais ce n’est pas l’adultère. L’adultère se commet en prenant la deuxième femme.

Matthieu 5.32 ajoute que « celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d’adultère, l’expose à devenir adultère, et celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère ». Cet élément s’accorde avec la manière dont nous avons déjà présenté les liens du mariage. Si un homme divorce d’avec sa femme pour une cause quelconque, c’est-à-dire, quand elle n’a pas commis d’adultère, il la prive des rapports sexuels (et de son soutien matériel) et la met dans une situation ou elle sera tentée d’avoir des rapports avec un autre homme ou même de se marier à un autre. Puisque Dieu ne reconnaît pas leur droit de se divorcer, ils sont toujours liés par le mariage. Le fait d’avoir des rapports avec un autre homme après ce divorce non-reconnu par Dieu serait un adultère. L’homme qui épouse la femme ainsi divorcée se rend coupable aussi en prenant une femme qui est toujours mariée aux yeux de Dieu.

Quand on est lié à un conjoint par le mariage, on n’a le droit ni au mariage ni aux rapports sexuels avec d’autres personnes. Toute violation de ce principe est un adultère.

Quelques objections à la condamnation de la polygamie

Certaines objections peuvent venir à l’esprit quand il est dit que la polygamie est un péché. Examinons-les pour voir si elles pourraient annuler les principes que nous venons de présenter.

–En voyant que l’on ne trouve ni le terme « polygame » ni l’exemple d’un polygame dans le Nouveau Testament, certains chrétiens ont cru que la Bible se tait sur le sujet et que nous ne pouvons donc pas condamner la polygamie.

Mais est-ce que la Bible est silencieuse au sujet de ce que Dieu accepte dans le mariage ? Loin de là. Elle montre clairement que c’est le mariage monogame que Dieu approuve, et elle définit avec suffisamment de précision ce qui constitue l’adultère. Le mariage à plusieurs femmes ne correspond pas à ce que Dieu ordonne (les deux deviendront une seule chair), mais plutôt à ce qu’il condamne (qui en épouse une autre commet un adultère).

–Certaines personnes soutiennent la polygamie en se référant à des hommes de Dieu dans l’Ancien Testament qui étaient polygames (Abraham, Jacob, David, etc.). Si Dieu leur a permis d’avoir plusieurs femmes et ne les a pas condamnés, se disent-ils, pourquoi dirait-on maintenant que c’est un péché ? C’est une question tout à fait naturelle.

Les pharisiens ont posé une telle question quand Jésus leur disait de ne pas divorcer d’avec leurs femmes (« Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint »). « Pourquoi donc, lui dirent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner à la femme une lettre de divorce et de la répudier ? Jésus leur répondit : C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes ; au commencement, il n’en était pas ainsi. Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre commet un adultère » (Matt. 19.6-9). Dieu avait permis certains éloignements de sa volonté sur le plan du mariage, mais Jésus déclarait que cela ne serait plus le cas. Rappelons-nous que toute autorité lui a été donnée (Matt. 28.18). C’est sous le Nouveau Testament que nous vivons (Héb. 8.6-13).

–Un autre argument offert en faveur de la tolérance de la polygamie est basé sur la culture. On peut remarquer que dans une culture donnée, on ne considère pas qu’un homme marié qui épouse d’autres femmes tout en gardant la première commet un acte d’infidélité. Si en Afrique on ne pense pas que la polygamie soit un adultère, les chrétiens ne doivent pas imposer aux africains la conception européenne ou américaine du mariage.

Dans chaque société, qu’elle soit africaine, occidentale, ou asiatique, on trouve des valeurs communes et des pratiques répandues qui sont condamnées par Dieu. C’est pourquoi le chrétien, où qu’il se trouve, est appelé à sortir du monde et faire partie d’un peuple séparé (1 Cor. 6.17). Afin d’être le peuple de Dieu, il faut accepter une moralité plus élevée que celle de nos voisins qui sont du monde.

Il y a, en plus de la polygamie, beaucoup de pratiques et de valeurs relatives au mariage qui sont contraires aux enseignements du Christ et de ses apôtres. Par exemple, beaucoup s’attendent à ce qu’un homme fréquente des copines ou même des prostituées si sa femme est en voyage, parce que, se disent-ils, « les hommes sont faits comme ça ». Encore, certaines cultures acceptent difficilement que la stérilité d’une femme n’est pas une cause légitime pour le divorce. Dans la société actuelle, la majorité des jeunes rejettent l’idée qu’il faut attendre le mariage avant d’avoir des rapports sexuels. Toutes ces attitudes sont contraires aux principes bibliques. L’Église doit tenir courageusement aux commandements de Dieu. « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait » (Rom. 12.2).

Ce n’est pas la société occidentale qui nous pousse à croire que la Bible enseigne la monogamie. C’est l’influence de la Bible qui a amené la société occidentale à croire que le mariage doit être monogame. L’Afrique doit bénéficier de la même bonne influence.

La repentance

La polygamie, étant une forme d’adultère, est bien un péché que Dieu jugera, qui exclut le coupable du royaume de Dieu, et qui doit être pardonné pour que l’homme accède au ciel. Le polygame, peut-il recevoir le pardon de Dieu et être sauvé ? Bien sûr. Mais on ne peut pas parler de pardon sans parler de la repentance.

En envoyant ses disciples évangéliser le monde entier, Jésus a bien parlé de la nécessité de croire et d’être baptisé pour être sauvé (Marc 16.15,16), mais il a aussi parlé de la repentance : « Il leur dit : Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu’il ressusciterait des morts le troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem » (Luc 24.46,47). Nous voyons donc l’accent mis sur la repentance dans la prédication des apôtres. Pierre prêcha : « Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés » (Actes 3.19).

Quand on se repent de ses péchés, on cesse de les pratiquer. La repentance est la ferme résolution que l’on prend de changer sa pensée et son comportement. Étant triste devant l’iniquité de ses actes, on se repent (2 Cor. 7.10). Cette repentance produit par la suite des fruits qui en sont dignes, un comportement nouveau (Matt. 3.8). Celui qui vole s’arrête de voler et si possible restitue ce qu’il a pris (Luc 19.7-9). Celui qui adore les idoles s’en débarrasse. Celui qui s’enivre renonce à l’ivresse. Et celui qui commet l’adultère cesse d’avoir des rapports avec d’autres femmes que sa femme légitime, sa première.

En Marc 6.17,18 nous lisons que le roi Hérode fit arrêter Jean-Baptiste « à cause d’Hérodias, femme de Philippe, son frère, parce qu’il l’avait épousée, et que Jean lui disait : Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère ». Pour se soumettre à la prédication de Jean il n’aurait pas suffi pour Hérode de simplement renoncer à épouser d’autres femmes de ses frères à l’avenir. Jean s’attendait à ce qu’Hérode se sépare d’Hérodias. Il n’a pas dit : « Il ne t’était pas permis de la prendre », mais : « Il ne t’est pas permis de l’avoir. »

Est-ce que Dieu exigerait réellement à un homme de répudier des femmes qu’il a épousées et avec qui il a fait des enfants ? Si l’homme n’avait pas le droit de les épouser au départ, oui. C’est ce qui a été exigé au temps d’Esdras. En Esdras chapitre 9 il est dit que des hommes parmi les Juifs revenus en Israël après la captivité babylonienne avaient péché en prenant pour femmes des filles parmi les peuples païens qui les entouraient. Esdras 10.44 ajoute que « plusieurs en avaient eu des enfants ». Or, la loi de Moïse avait formellement interdit de tels mariages. Le chapitre 10 montre ce que ces hommes décidèrent de faire quand ils virent leur faute. Ils dirent : « Faisons maintenant une alliance avec notre Dieu pour le renvoi de toutes ces femmes et de leurs enfants, selon l’avis de mon seigneur et de ceux qui tremblent devant les commandements de notre Dieu. Et que l’on agisse d’après la loi » (Esdras 10.3). Évidemment, comme il a déjà été dit, nous ne vivons plus sous la loi de Moïse. Ce cas n’est pas cité pour que l’on applique cette loi contre le mariage avec d’autres ethnies. Mais le récit nous montre que la repentance d’un mariage interdit par Dieu exige la séparation. De la même manière, on ne peut pas se repentir du péché de la polygamie et continuer de vivre dans la polygamie.

Quelques objections à l’exigence de se séparer de toute sauf la première femme

Certains chrétiens acceptent le fait que la polygamie n’est pas conforme à la volonté de Dieu, mais croient que celui qui a déjà plus d’une femme avant de devenir chrétien doit garder toutes ses femmes après sa conversion. Examinons les arguments qui sont avancés.

–L’apôtre Paul dit en 1 Cor. 7.24 : « Que chacun, frères, demeure devant Dieu dans l’état où il était lorsqu’il a été appelé. » Au verset 27 il dit même : « Es-tu lié à une femme, ne cherche pas à rompre ce lien. » On conclut donc que le polygame ne doit pas rompre les liens avec ses multiples femmes, mais plutôt demeurer dans l’état où il était quand il a été appelé. (On ne souligne pas, pourtant, que la deuxième partie du verset 27 dit : « N’es-tu pas lié à une femme, ne cherche pas une femme, » ce qui empêcherait au chrétien célibataire de pouvoir se marier.)

Si l’on ne considère pas le contexte de ce chapitre, on risque de mettre la Bible en contradiction avec elle-même. Si le verset 24 n’est pas qualifié par le contexte, il enlève la nécessité de toute repentance. L’homosexuel, le brigand, l’idolâtre, et le rebelle à ses parents auraient tous à demeurer dans leur état de péché. Mais en réalité, Paul parle de conditions qui ne sont pas pécheresses. Les exemples qu’il cite sont l’état circoncis ou incirconcis, l’état esclave ou libre, et l’état marié ou célibataire. On n’a pas besoin de s’inquiéter, car on peut servir Dieu de manière acceptable dans n’importe lequel de ces états. Un état d’adultère n’est pas en vue dans ces versets.

–D’autres attachent beaucoup d’importance au fait que celui qui aspire à la charge d’évêque doit être, selon 1 Timothée 3.2 et Tite 1.6, « mari d’une seule femme ». On définit cette expression comme « non-polygame ». On suppose donc qu’il y avait des hommes polygames dans les Églises et que cela était acceptable tant que ces hommes ne cherchaient pas à devenir évêques.

Au moins deux problèmes enlèvent la force de cette objection. Premièrement, le fait de préciser un péché qui disqualifie un homme de la charge d’évêque ne signifie pas que ce péché était tolérable chez les membres « ordinaires » de l’Église. Au contraire, il y a une correspondance remarquable entre les listes de péchés dans la discussion de la discipline en 1 Corinthiens 5 et celle des qualifications des évêques en 1 Timothée 3 et Tite 1. Paul dit à l’Église en 1 Corinthiens 5.11 de ne pas avoir de relations avec un soi-disant frère qui serait impudique, cupide, outrageux, ivrogne ou ravisseur. On ne devait pas tolérer ces péchés dans l’Église. Et pourtant, Paul se donne la peine de disqualifier ces mêmes personnes du ministère de l’évêque. On doit s’éloigner du frère cupide, et choisir comme évêque un homme « désintéresse » (littéralement, « n’aimant pas l’argent » ; la version TOB dit « ni cupide »). On doit s’éloigner du frère outrageux (insulteur), et choisir comme évêque un homme qui n’est pas « coléreux », mais plutôt « pacifique ». On doit s’éloigner du frère ivrogne, et choisir comme évêque un homme qui n’est pas « adonné au vin » (la version TOB dit « buveur »). On doit s’éloigner du frère ravisseur (voleur, filou) et choisir comme évêque un homme qui n’est pas « porté à un gain déshonnête ». De même, il faut s’éloigner du frère impudique, et choisir comme évêque un homme qui est « mari d’une seule femme ». Paul ne suppose nullement que ces différents péchés seront tolérés parmi les chrétiens. Il insiste seulement sur la pureté morale qui doit caractériser ceux qui sont chargés de surveiller le troupeau de Dieu. Comment pourraient-ils conduire et parfois corriger les autres si eux-mêmes vivaient en violation des lois de Dieu ?

Le deuxième problème dans le raisonnement cité plus haut est la définition de « mari d’une seule femme ». En fait, le terme n’est pas simplement le contraire de polygame. Les mots qui sont utilisés en grec sont très généraux : « un homme » (pas « un mari ») « à une seule femme » (pas « à une seule épouse »). L’expression disqualifie en même temps le polygame, l’adultère, et celui qui répudie sa femme pour autre cause que la fornication et qui en épouse une autre ; l’expression ne se réfère pas exclusivement à la polygamie. En effet, Paul utilise l’inverse exacte de cette expression en 1 Timothée 5.9 où il dit qu’une veuve soutenue par l’Église devait avoir été « femme d’un seul mari ». Ce n’est pas que certaines femmes avaient eu plusieurs maris à la fois ; Paul parle simplement de la fidélité envers son conjoint.

L’évangélisation

Pour beaucoup de chrétiens, le vrai problème en ce qui concerne la polygamie, c’est l’évangélisation. Ils trouvent que l’exigence de renoncer à la polygamie est un obstacle insurmontable au salut de ceux qui ont déjà plus d’une femme. On veut annoncer une bonne nouvelle, mais on se voit plutôt comme celui qui vient pour briser un foyer. On veut que ses parents ou ses amis polygames se donnent au Seigneur, mais on est certain qu’ils rejetteront l’Évangile s’ils doivent se séparer de leurs femmes.

Certes, on ne trouve aucun plaisir à informer quelqu’un que son mariage n’est pas acceptable devant Dieu. On a raison de penser qu’il lui serait très difficile de changer de vie. Pourtant, cela ne doit pas nous empêcher d’enseigner, avec de la prière et de l’amour sincère, ce que la Parole de Dieu demande. Nous devons être convaincus que quiconque peut se repentir du péché et devenir enfant de Dieu (1 Tim. 1.15,16). Ce n’est pas à nous de décider qu’une personne n’obéirait pas à la volonté de Dieu, et donc refuser de lui annoncer la bonne nouvelle. De nombreuses personnes que l’on aurait cru trop enfoncées dans le péché pour changer sont aujourd’hui des chrétiens fidèles. Il y a des anciens polygames qui se sont repentis et sont devenus par la suite des prédicateurs de l’Évangile. Ce n’est pas à nous non plus de diluer la Parole pour faciliter la « conversion » (2 Tim. 4.1-5).

Au premier siècle la persécution contre l’Église était très sévère. Ne pas participer au cultes païens pouvait exclure le chrétien entièrement de la vie économique et sociale. Jésus condamnait pourtant ceux qui encourageaient le compromis parmi les chrétiens (Apoc. 2.19-23). Devenir chrétien quand l’Empire romain avait déclaré la guerre contre l’Église, c’était choisir l’emprisonnement, l’enlèvement des biens, et parfois la mort. Les premiers chrétiens continuaient pourtant de prêcher au nom de Jésus. Ils n’ont pas modifié le message et ils n’ont pas raisonné que leurs auditeurs trouveraient la vie chrétienne trop difficile.

7 Questions sur le divorce et le remariage

7 Questions sur le divorce et le remariage

«L’Eternel Dieu dit: Il n’est pas bon que l’homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui. L’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena vers l’homme. Et l’homme dit: Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair! on l’appellera femme, parce qu’elle a été prise de l’homme. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair.» (Genèse 2.18,22-24)
En instituant le mariage Dieu a offert à l’homme une grande bénédiction. Il savait que l’homme aurait besoin d’une compagne pour partager sa vie afin d’éloigner la solitude et jouir d’un bonheur plus profond. Il a donc créé la femme, voulant que l’homme et la femme soient unis pour toute leur vie dans l’amour mutuel. Il accordait à l’humanité quelque chose de beau et de précieux: le cadre idéal pour vivre l’amour, s’exprimer sexuellement, éduquer des enfants et se réfugier des difficultés et des incertitudes de la vie dans les bras d’une personne qui offre inconditionnellement son amour, sa présence et son soutien moral, quelle que soit l’épreuve.
Malheureusement, les hommes n’ont pas toujours respecté la volonté de Dieu en ce qui concerne ce don précieux. L’égoïsme, le manque de respect mutuel, l’infidélité, et bien d’autres péchés ont eu leurs effets dans de nombreux foyers. Parfois ces mariages subsistent, mais dans une ambiance sans affection et tendresse, sans confiance, sans communication, sans paix et sans bonheur. Ces mariages pourraient être sauvés et rendu heureux si les deux conjoints s’engageaient à mettre en pratique les conseils de la Bible. Mais d’autres mariages ont déjà terminé par le divorce. Certaines personnes sont passées par le mariage, le divorce et le remariage plusieurs fois.
Il est vrai qu’il y a souvent des questions épineuses en ce qui concerne le mariage, des situations réelles qui sont très complexes et difficiles à démêler. A cause de l’égarement du dessein originel de Dieu, on ne sait pas toujours comment procéder pour retrouver, si possible, une situation saine et acceptable devant Dieu. Nous essayerons, néanmoins, de répondre, à l’aide de la Bible, à plusieurs questions relatives au mariage et au divorce afin de dégager les principes divins qui régleront la majorité des cas.
1. Qui a le droit de se marier ?
La première catégorie de personnes ayant le droit de se marier est composée de celles qui n’ont pas encore été mariées. Les «vrais» célibataires ont la possibilité de se marier. Ce n’est pas du tout une obligation, et il peut y avoir des situations où il serait nettement mieux de rester célibataire (1 Corinthiens 7.8,9,25-27), mais le fait d’imposer le célibat obligatoire est identifié en 1 Timothée 4.1-3 comme une fausse doctrine, voir une «doctrine de démons». L’apôtre Paul lui-même n’était pas marié, mais il affirmait son droit de se marier et de se faire accompagner par sa femme au cours de ses voyages missionnaires (1 Corinthiens 9.5). A l’homme qui n’avait pas d’épouse, Paul dit: «Si tu t’es marié, tu n’as pas péché; et si la vierge s’est mariée, elle n’a pas péché» (1 Corinthiens 7.27,28).
La deuxième catégorie est composée des veufs et des veuves «Une femme est liée aussilongtemps que son mari est vivant; mais si le mari meurt, elle est libre de se marier à qui elle veut; seulement, que ce soit dans le Seigneur.» (1 Corinthiens 7.39). Romains 7.2,3 et 1 Corinthiens 7.8,9 affirment ce même droit à ces personnes dont le conjoint est décédé.
Les personnes divorcées qui avaient bibliquement le droit de divorcer constituent une troisième catégorie ayant le droit de se marier. Ce qui nous amène à une deuxième question:
2. Qui a le droit de divorcer ?
En Matthieu 19.3 les pharisiens demandèrent à Jésus: «Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour un motif quelconque» Après leur avoir rappelé le passage de Genèse par lequel nous avons commencé cette étude, Jésus déclara: «Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint.» (Déjà dans l’Ancien Testament Dieu avait dit par le prophète Malachie: «je hais la répudiation le [divorce]» (Mal. 2.16). Les pharisiens poursuivirent en demandant pourquoi Moïse avait autorisé de renvoyer une femme en lui donnant une lettre de divorce. Jésus leur répondit: «C’est à cause de la dureté de votre coeur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes; au commencement, il n’en était pas ainsi. Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère.» Le mot grec traduit «infidélité» par Louis Segond est le mot porneia, d’où nous avons le mot fornication (et aussi le mot «pornographie». Il s’ agit du péché sexuel, toute relation sexuelle en dehors du mariage. D’autres traductions sont: «union illégale» – TOB, «fornication» – Darby, et «adultère» – Ostervald. Selon Jésus, cette action est la seule cause de divorce reconnue par Dieu. Si votre conjoint a eu, après votre mariage, des relations sexuelles avec toute autre personne que vous, la parole de Dieu vous autorise de divorcer d’avec lui et de trouver un autre conjoint qui vous sera fidèle. (Il devrait aller sans dire que si vous avez été infidèle vous-même envers votre mari ou votre femme, vous n’avez pas le droit de divorcer d’avec l’autre et de vous remarier. Autrement, un homme qui veut changer d’épouse pour n’importe quelle raison pourrait tout simplement commencer ouvertement une relation avec une autre femme. Quand son épouse jalouse le répudie, il se marie à celle qu’il a choisie en disant que son divorce est «biblique» puisqu’il eut pour cause la fornication – la sienne! Une telle conclusion est manifestement fausse.)
Etant donné que Jésus ne cita que cette seule exception à l’interdiction de divorce, les nombreux arguments que les gens avancent pour justifier leurs décisions de divorcer ne sont pas valables aux yeux de Dieu. Si votre femme est stérile, si votre mari est devenu impuissant, si votre femme vous semble trop querelleuse, si votre mari est au chômage depuis longue date, si vos parents mettent une pression sur vous de changer d’époux, vous n’avez quand même pas le droit de divorcer. Nous pouvons certainement sympathiser et peutêtre suggérer des moyens de résoudre certains problèmes, mais nous ne pouvons pas autoriser le divorce là où Dieu ne l’a pas autorisé.
Certains croient trouver une deuxième cause biblique pour le divorce en 1 Corinthiens 7.15 qui parle des mariages entre chrétien et non-chrétien. Paul avait dit aux versets 12 à 14 que le chrétien dont la conjointe, qui n’ est pas croyante, accepte de vivre avec lui, ne doit pas la répudier (la répudier parce qu’elle n’est pas chrétienne, bien sûr). Il doit rester avec elle et garder l’espoir qu’elle se convertira. La même règle s’applique à la soeur en Christ dont le mari non-chrétien consent à habiter avec elle. Au verset 15 la situation contraire est envisagée: Que faire si le non-croyant ne veut pas rester avec un conjoint chrétien ? «Si le non-croyant se sépare, qu’il se se sépare; le frère ou la sœur ne sont pas liés dans ces cas-là. Dieu nous a appelés à vivre en paix.»
Beaucoup de personnes disent que, selon ce verset, si l’on est abandonné par son mari ou sa femme, on peut se remarier. Mais ce n’ est pas là le sens des propos de l’apôtre. D’abord Paul dit que si le non-croyant se sépare, qu’il se sépare. Le mot utilisé en grec dans ce verset, chorizo, signifie se séparer, quitter. Il ne suggère pas l’idée de se rendre à la cour de justice pour terminer le mariage (ou de rembourser une dot) pour avoir ainsi le droit de se remarier. Le mot pour «divorcer» est apoluo, qui n’est pas utilisé ici. Ni le divorce ni le remariage ne sont mentionné dans ce verset. Ensuite, Paul dit que le frère ou la soeur ne sont pas liés dans ces cas-là. Ici il faut examiner le sens du mot «lié». Paul se sert du mot grec dedoulotai (du verbe doulou). C’est un mot qui se réfère à l’esclavage ou au fait d’être asservi; la servitude. Selon la forme du verbe employée, le sens est que le frère ou la soeur n’est pas asservi au non-chrétien et n’a jamais été ainsi asservi. Le mot est employé 125 fois dans le Nouveau Testament, mais il n’est jamais employé pour désigner le mariage. Paul n’est pas en train de dire que le frère ou la soeur ne sont pas mariés dans ces cas-là. Si oui, il serait en train de dire qu’ils n’ont jamais été mariés dans ces cas-là. Dans le même chapitre nous voyons le mot français «lié» utilisé dans le sens de «marié» ou «lié par mariage à quelqu’un» (versets 27 et 39). Mais dans ces versets, ce n’est pas le mot «dedoulotai» mais le mot «deo» qui veut dire littéralement «collé, joint, ou attaché.» C’est ce mot qui est habituellement employé pour désigner les liens du mariage.
Quel est donc l’enseignement du verset 15 ? Si une femme chrétienne a, par exemple, un mari païen ou musulman qui veut la forcer d’abandonner sa foi chrétienne, qui menace de la renvoyer ou l’abandonner à moins qu’elle cesse d’aller à l’Eglise ou qu’elle accepte de suivre la religion de son mari, elle ferait mieux d’accepter d’être abandonnée. Elle n’est pas l’esclave de son mari de sorte qu’elle soit obligée d’abandonner le Seigneur afin de conserver son mari. Il n’est pas dit qu’elle peut se remarier. Elle doit se considérer dans le même cas que celle qui est mentionnée au verset 11: Elle demeure sans se marier ou bien elle est réconciliée à son mari (s’il change de position). Une autre question se posera maintenant dans l’esprit de plusieurs personnes:
3. Que dois-je faire si j’ai déjà divorcé pour autre cause, c’est-à-dire non à cause de l’infidélité sexuelle de mon conjoint?
Toujours en 1 Corinthiens 7 Paul identifie aux versets 10 et 11 les deux actions possibles: «A ceux qui sont mariés, j’ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se sépare pas de son mari; (si elle est séparée, qu’ elle demeure sans se marier ou qu’ elle se réconcilie avec son mari)et que le mari ne répudie point sa femme.» Certes, quand il y a eu séparation ou divorce, il n’est pas toujours facile de se réconcilier. Si l’autre personne s’est remariée, elle n’acceptera peut-être pas de quitter son conjoint actuel, même si elle apprend que devant Dieu elle n’avait pas le droit de divorcer au départ et donc aucun droit de contracter un autre mariage. Il est vrai que par la prière et la persévérance beaucoup de choses ont été réalisées que l’on n’aurait pas cru possible, y comprises des réconciliations après de longues années de séparation ou de divorce. Néanmoins, la réconciliation ne se produit pas toujours. Dans ces cas, la personne qui n’ avait pas raison de divorcer doit rester sans se remarier, tant que son conjoint légitime sera vivant.
4. Que dois-je faire si j’ai divorcé pour autre cause que la fornication et que je me suis marié à une autre personne ?
Jésus dit en Matthieu 5.32: «Mais moi, je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d’infidélité, l’expose à devenir adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère.» Nous avons déjà vu en Matthieu 19.9 que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d’infidélité, et qui en épouse une autre commet un adultère. Marc 10.11,12 affirme la même chose, que ce soit l’homme ou la femme qui initie le divorce. Il précise que celui qui se remarie dans ces conditions commet l’adultère «à l’égard de» ou contre sa première femme. Il semble clair que la personne dont la Bible n’a pas autorisé le divorce demeure, aux yeux de Dieu, mariée à son premier conjoint. Toute relation sexuelle avec autre personne, que ce soit sanctionné par les hommes par une cérémonie de mariage ou pas, constitue un adultère, un péché sexuel. Puisque l’adultère est par définition un acte sexuel, chaque fois que la personne qui s’est remariée contre la volonté de Dieu a des relations avec son nouveau partenaire il s’agit d’adultère. Tous les deux se rendent coupables.
De nombreux passages, tels que 1 Corinthiens 6.10 nous disent que les adultères «n’hériteront pas le royaume de Dieu». Il n’est donc pas permis de continuer dans une telle union. La repentance (Luc 13.1-3; Actes 2.38; 3.19; 17.30; 26.19,20) exige que le pécheur cesse de pratiquer le mal. Il ne suffirait pas de dire: «Je ne divorcerai plus pour des raisons non-bibliques mais je reste avec celui ou celle que j’ai actuellement.» Comme nous l’avons déjà constaté, l’adultère consiste non pas dans le divorce ni dans la cérémonie de mariage, mais dans les relations sexuelles avec une personne que Dieu ne reconnaît pas comme notre époux légitime. Ceci est confirmé par la parole que Jean-Baptiste adressa à Hérode au sujet d’ Hérodias, femme de Philippe, son frère. «Jean lui disait: Il ne t’est pas permis de l’avoir pour femme.» (Matthieu 14.4). Il n’aurait pas suffi pour Hérode de dire «Je ne prendrai plus d’autres femmes de mes frères.» Jean ne dit pas: «Tu n’avais pas le droit de la prendre», mais «Tu n’as pas le droit de la garder.» 
5. Si j’ai divorcé et que je me suis remarié
 avant d’entendre l’évangile, est-ce que mon deuxième mariage n’est pas rendu pur par mon baptême?
On pose souvent et naturellement de telles questions. «Je reconnais que ce que j’ai fait était contre l’enseignement de Jésus, mais j’étais ignorant, étant dans le monde; et puisque Dieu m’offre le pardon de tous mes péchés, pourquoi dites-vous que je dois me séparer de mon conjoint ?»
Premièrement le fait de ne pas reconnaître l’autorité de Jésus et d’ignorer ses commandements ne signifie pas que nous ne sommes pas responsables devant sa loi et coupables quand nous lui désobéissons. Tous, chrétiens comme non-chrétiens, sont sujets à l’autorité de Christ. Il dit en Matthieu 28.18: «Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre.» Éphésiens 1.22 dit que Dieu a tout mis sous les pieds de Jésus. Selon 2 Corinthiens 5.10, «Il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ», et selon 2 Timothée 4.1, Jésus-Christ «doit juger les vivants et les morts.» Or le jugement de Jésus sera selon la parole qu’il a lui-même annoncée (Jean 12.48). Tout le monde est censé connaître la loi. Si nous n’étions pas sous la loi de Dieu, on serait sans péché (Romains 4.15). Le fait que nous sommes qualifiés de pécheurs prouve que nous sommes sous sa loi. Malgré le fait que les hommes se justifient dans leurs actions, la Bible condamne «l’impudicité, l’impureté, les passions, les mauvais désirs, et la cupidité, qui est une idolâtrie. C’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion, parmi lesquels vous marchiez autrefois, lorsque vous viviez dans ces péchés. Mais maintenant, renoncez à toutes ces choses» (Colossiens 3.5b-8a). Même si l’on ignore les lois de Dieu, on est sous sa condamnation quand on y désobéit. On doit s’en repentir, et se repentir signifie que l’on accepte d’abandonner son péché.
Deuxièmement, il est évident que le baptême ne change pas un acte pécheur en acte approuvé de Dieu. Oui, selon l’enseignement de la Bible, la personne qui a cru en Jésus et qui s’est repentie de ses péchés reçoit, lorsqu’elle est baptisée en Christ, le pardon de ses péchés (Marc 16.16; Actes 2.38; Actes 22.16; Romains 6.1-7). Mais quand Dieu me pardonne le mal que j’ai fait cela ne veut pas dire que cette activité ne sera plus pécheresse si je continue de la faire ou si je la reprend de nouveau. Je ne peux pas persister dans le péché sans m’attirer encore la condamnation (Romains 8.13).
Si je vis dans la fornication, ayant des relations sexuelles avec une femme sans que nous soyons mariés l’un à l’autre, le fait de croire en Christ et me faire baptiser ne prend pas la place du mariage que je dois faire. Être baptisé ne veut pas dire que je suis du coup marié à mon partenaire dans la fornication et que cette relation est maintenant pure devant Dieu. Être baptisé ne veut pas dire que celle que Dieu ne reconnaissait pas comme ma femme légitime est maintenant reconnue comme ma femme. Le baptême ne me donne pas le droit de demeurer dans une situation que la parole de Dieu condamne.
6. Est-ce qu’il est vraiment possible de «rester comme ça» sans se marier, sans avoir de relations sexuelles avec qui que ce soit ? Dieu exigerait-il une telle chose ?
Si l’enseignement de Jésus sur le mariage nous paraît difficile, sachons qu’il paraissait difficile à ses premiers disciples également.
En apprenant la position du Seigneur à l’égard du divorce ils se sont exclamés: «Si telle est la condition de l’homme à l’égard de la femme il n’est pas avantageux de se marier.» (Matthieu 19.10). La réponse de Jésus indique qu’il était conscient que d’autres n’accepteraient pas ce qu’il avait dit, mais qu’à cause du royaume des cieux certains avaient accepté d’être comme des eunuques, des hommes qui n’ont jamais de rapports sexuels avec des femmes.
Oui, il est certainement difficile pour la plupart d’hommes et de femmes de ne pas se marier et de se garder purs dans un monde immoral. Chacun est appelé, pourtant, à savoir «posséder son corps dans la sainteté et l’honnêteté, sans se livrer à une convoitise passionnée» (1 Thessaloniciens 4.4,5). Ce n’est pas seulement à la personne qui a divorcé pour des raisons non-bibliques que Dieu demande de s’abstenir de rapports sexuels. Le célibataire doit en faire autant, quel que soit le nombre d’années qu’il doit attendre avant de se marier. Le frère marié dont la femme devient victime d’une longue maladie qui empêche les rapports doit faire autant. La femme dont le mari est en prison doit faire autant. Leurs situations ne sont pas de leur faute, mais elles imposent l’abstinence.
Quel que soit le sacrifice demandé par Dieu, nous pouvons être sûrs que Dieu le récompensera. «Jésus leur dit: Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause du royaume de Dieu, sa maison, ou sa femme, ou ses frères, ou ses parents, ou ses enfants, ne reçoive beaucoup plus dans ce siècle-ci, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle.» (Luc 18.29,30) 
7. Disons que je ne suis pas formellement
 «marié» à mon partenaire (ou mon ex-partenaire). Puis-je divorcer ou me remarier ?
Nous parlons parfois de mariage coutumier et parfois de mariage légal. Mais celui qui n’a fait ni l’un ni l’autre ne peut guère parler de divorcer ou de se remarier. Le concubinage n’égale pas le mariage. Ni les rapports sexuels, ni la cohabitation, ni la procréation ne fait un mariage. Si vous n’avez jamais épousé un partenaire sexuel, vous n’êtes pas lié à la personne. Vous devez vous repentir de votre comportement immoral (soit en vous séparant définitivement, soit en vous mariant), mais votre péché ne serait pas l’adultère dont nous parlons ici. 
Conclusion

Nous reconnaissons que les conclusions tirées dans cette étude seront difficiles à admettre pour beaucoup de personnes. Elles risquent de bouleverser la vie de ceux qui ne soupçonnaient même pas leur condition devant Dieu. Elles provoqueront peut-être de la colère chez d’autres. Si nous ne permettons pas à nos émotions et nos désirs naturels de nous faire perdre l’objectivité, nous verrons, pourtant, que la volonté de Dieu au sujet du mariage est assez claire. La vérité n’est pas toujours agréable ou facile à appliquer, mais c’est elle qui nous libère du péché (Jean 8.32). Ayons le courage de l’accepter, de la prêcher avec amour, et de conformer nos vies à ses exigences.

B.B.

(dans Vol. 5, No. 2)