N’aimez pas le monde

De nombreux passages dans la Bible nous mettent en garde concernant ce qu’elle appelle « le monde »:

« N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde » (1 Jean 2.15).

« Ne vous conformez pas aux habitudes de ce monde » (Romains 12.2, FC).

« …en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise » (2 Pierre 1.4).

Jésus dit au sujet de ses disciples: « Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde » (Jean 17.16).

Évidemment, dans ces passages « le monde » ne signifie pas tout simplement « les êtres humains », comme en Jean 3.16, qui nous rappelle que « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique ». Très souvent, le terme se réfère plutôt à la société humaine dans la mesure où elle est éloignée de Dieu, organisée selon de fausses valeurs, dirigée par de mauvais désirs, animée par l’orgueil humain et l’égoïsme; c’est une humanité qui a abandonné la volonté du Dieu qui l’a créée. Le monde est aussi l’ensemble de choses matérielles et de plaisirs passagers qui séduisent l’homme et l’éloignent de Dieu. Voilà pourquoi Jean dit: « Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui » (1 Jean 2.15).

Quelques fausses valeurs du monde

L’espace ne permettra pas d’examiner en profondeur toutes les mentalités et tous les comportements de ce monde corrompu, mais l’apôtre Jean identifie pour nous trois catégories principales: « Tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du monde »  (1 Jean 2.16). Les gens du monde sont à la recherche de plaisirs charnels. Que ces plaisirs soient liés au sexe, à l’alcool ou la drogue, ou au luxe, le monde se rebelle contre tout ce qui peut entraver cette recherche. Malgré la loi de Dieu qui n’autorise les rapports sexuels que dans le mariage qui unit un homme et une femme pour la vie, le monde se donne à la pornographie, la prostitution, l’adultère, l’homosexualité, l’inceste, et les rapports entre célibataires. Du moment que c’est « consensuel », on estime que les partenaires sexuels ont le droit de faire ce qui leur plaît. Comme c’est généralement le cas avec les raisonnements mondains, Dieu n’y figure même pas. Malgré les effets néfastes de l’alcool ou de la drogue sur les comportements ou la santé, le monde condamne comme « rabat-joie » celui qui recommande l’abstinence. Les luxes les plus coûteux et les aliments les plus raffinés sont justifiés par les hommes du monde par toutes sortes de raisonnements: « Tout le monde a droit au bonheur. » « On ne vit qu’une seule fois. » « Mon argent m’appartient, et j’en ferai ce que je veux. Cela ne regarde que moi. »

La convoitise des yeux correspond très souvent à l’amour de l’argent. Ce n’est pas seulement le désir du luxe, du confort et du plaisir dont nous venons de parler. L’homme du monde cherche en l’argent la sécurité, ne voulant pas reconnaître que Dieu est le seul vrai refuge. « Veux-tu poursuivre du regard ce qui va disparaître ? Car la richesse se fait des ailes, et comme l’aigle, elle prend son vol vers les cieux » (Proverbes 23.5). Paul dit en 1 Timothée 6.17: « Recommande aux riches du présent siècle… de ne pas mettre leur espérance dans des richesses incertaines, mais de la mettre en Dieu. »

Les gens du monde s’attachent à l’argent également pour s’en vanter. Ce n’est pas parce qu’on en a besoin que l’on s’acquiert des maisons grandioses, des bijoux et des habits de la haute couture; c’est très souvent pour s’en glorifier ou pour impressionner les autres. Paul dit: « Recommande aux riches du présent siècle de ne pas être orgueilleux » (1 Timothée 6.17).

Cela nous amène au troisième élément de « ce qui est dans le monde » : l’orgueil de la vie. Cet esprit crée une sorte de rivalité avec les autres. L’orgueilleux ressent du plaisir, non pas dans le fait qu’il est riche, ou beau, ou intelligent, ou fort, ou célèbre, ou influent, ou sportif, ou même juste, mais dans la pensée qu’il est plus riche, beau, intelligent, fort, célèbre, influent, ou juste que d’autres personnes. L’homme mondain s’intéresse à ce qui lui permet de s’exalter par rapport aux autres. On se glorifie du pays où l’on est né, comme si l’on avait choisi d’y naître. On se glorifie pour avoir supporté l’équipe gagnant dans un match sportif, comme si l’on était l’un des joueurs. On se glorifie d’avoir acquis un téléphone ou autre gadget de dernier cri, comme si on l’avait inventé soi-même. L’essentiel, c’est d’être en quelque sorte au-dessus de son prochain.

Cette même caractéristique fait que l’homme du monde n’aime souvent pas qu’on lui parle de Dieu, car la pensée de Dieu lui rappelle qu’il est petit, faible, pécheur, ignorant, mortel, et surtout qu’il devrait soumettre sa volonté à celle de son Créateur. Il a été dit que l’orgueil conduit à tous les autres péchés et que c’est l’attitude la plus opposée à Dieu qui puisse exister.

La nécessité de rompre d’avec le monde

Dans la poursuite des convoitises de la chair et des yeux, et de tout ce qui nourrit son orgueil, l’homme ne cesse de se compromettre. Il abandonne son intégrité et pratique le mensonge et la corruption. Il ne respecte pas ses engagements. Il se prostitue en adorant des esprits ou des idoles. Il se laisse dominer par ses passions, que ce soit la colère ou le désir sexuel. Il suit la dernière mode sans jamais se demander si elle est digne d’être suivie. Il se rend esclave de ce qui promet le plaisir (mais qui finit par tuer), de ce que les autres pensent (même s’ils n’ont pas son bien-être à cœur), et de ce qu’il veut posséder (mais qu’il ne peut conserver que pour peu de temps).

Le diable n’a pas besoin de prendre une personne dans tous les pièges de ce monde – une seule approche peut suffire pour tuer en elle le vrai amour de Dieu. « Infidèles que vous êtes! Ne savez-vous pas qu’être ami du monde, c’est être ennemi de Dieu? » (Jacques 4.4, FC).

Dans l’Ancien Testament Dieu voulait que son peuple, le peuple d’Israël, soit différent de tous les autres. À maintes reprises il dit: « Vous serez saints, car je suis saint » (Lév. 11.44,45; 19.2; 20.7). À maintes reprises il dit à son peuple de ne pas agir comme les nations qu’il chassa du pays de Canaan (Lév. 10.9-11; 15.31; 20.23,26;  Deut. 7.1-6; 12.29-31.) Il adresse la même sorte d’exhortation aux chrétiens: « Sortez du milieu d’eux, et séparez-vous, dit le Seigneur; Ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai » (2 Cor. 6.17). « Ne vous conformez pas au monde, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence » (Rom. 12.2). « ...Soyez irréprochables et purs, des enfants de Dieu irrépréhensibles au milieu d’une génération perverse et corrompue, parmi laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde » (Phil. 2.15). « ...Vous ne devez plus marcher comme les païens, qui marchent selon la vanité de leurs pensées… ayant perdu tout sentiment, ils se sont livrés à la dissolution, pour commettre toute espèce d’impureté, jointe à la cupidité. Mais vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris Christ » (Éph. 4.17,19).

Un rôle des sacrificateurs sous l’ancienne alliance était celui d’enseigner au peuple ce qui pouvait le souiller aux yeux de Dieu. « Vous éloignerez les enfants d’Israël de leurs impuretés, de peur qu’ils ne meurent à cause leurs impuretés, s’ils souillent mon tabernacle qui est au milieu d’eux » (Lév. 15.31). Quand nous évangélisons, nous devons chercher à « éloigner les hommes de leurs impuretés », c’est-à-dire leur enseigner la nécessité de se repentir du péché, de rompre d’avec les valeurs et le style de vie du monde (Actes 2.38; 3.19; 14.15; 17.30; 24.25). De même, ceux qui enseignent l’Église ne doivent pas manquer de rappeler aux chrétiens l’importance de se maintenir dans la pureté: « Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière! Car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité. Examinez ce qui est agréable au Seigneur; et ne prenez point part aux œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condamnez-les » (Éph. 5.8-11).    

Le danger de retourner à la vie du monde

Non seulement il faut, lors de la conversion, une rupture d’avec le monde; il faut par la suite une vigilance continuelle pour que le monde ne nous séduise pas de nouveau. On ne serait pas les premiers chrétiens à rechuter. Paul dit au sujet de l’un de ses compagnons dans l’œuvre de Dieu : « Démas m’a abandonné, par amour pour le siècle présent » (2 Tim. 4.10). En expliquant ce que représente le sol où se trouvait les épines dans la Parabole du Semeur, Jésus dit : « Celui qui a reçu la semence parmi les épines, c’est celui qui entend la parole, mais en qui les soucis du siècle [le monde] et la séduction des richesses étouffent la parole, et la rendent infructueuse » (Matt. 13.22). Et Pierre donne cet avertissement aux chrétiens : « En effet, si, après s’être retirés des souillures du monde, par la connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, ils s’y engagent de nouveau et sont vaincus, leur dernière condition est pire que la première » (2 Pi. 2.20).   

Il y a des chrétiens qui perdent leur récompense céleste parce qu’ils se laissent égarer par de fausses doctrines (2 Jean 7-9). Il y en a d’autres qui rechutent parce qu’ils sont séduits par le monde et s’engagent de nouveau dans le péché. Il faut que l’Église mette continuellement ses membres en garde et que les chrétiens individuels soient vigilants. Quand Satan voulait tenter Jésus de se détourner de la volonté du Père, il « lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire, et lui dit: Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m’adores » (Matt. 4.8,9). Nous devons comprendre que le diable emploiera des tactiques similaires pour nous empêcher de porter du fruit pour Dieu et pour nous perdre éternellement.

Comment le monde nous influence

Dieu ne veut pas que nous soyons totalement isolés du monde, enfermés dans des monastères ou retirés comme des ermites. Jésus dit que nous devons être comme « le sel du monde » ou « la lumière du monde » (Matt. 5.13-16). Le sel doit entrer en contacte avec la nourriture pour avoir son effet; la lumière doit se trouver là où elle peut éclairer les hommes. Ayant reconnu que ses disciples n’étaient pas du monde, Jésus pria Dieu à leur sujet: « Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal » (Jean 17.15).

Étant donc encore dans le monde, nous devons être conscients des diverses manières par lesquelles nous risquons d’être influencés et amenés à nous conformer aux habitudes du monde.

Les amis que nous fréquentons:

« Ne vous y trompez pas: les mauvaises compagnies sont la ruine d’une bonne conduite » (1 Cor. 15.33, FC).

« Heureux l’homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, qui ne s’arrête pas sur la voie des pécheurs, et qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs » (Ps. 1.1)

Nous devons avoir le discernement pour reconnaître nos propres faiblesses. Il y a des personnes qui nous amènent facilement à nous compromettre, à ignorer nos convictions chrétiennes, à tomber de nouveau dans les vices que nous avons rejetés. Il vaut mieux éviter ces personnes-là si nous nous laissons influencer vers le mal au lieu de les influencer pour le bien.

L’attrait du plaisir:

« Qu’il n’y ait ni impudique ni profane comme Ésaü, qui pour un mets vendit son droit d’aînesse » (Héb. 12.15).

Moïse « préféra être maltraité avec le peuple de Dieu plutôt que de jouir des plaisirs momentanés du péché » (Héb. 11.25).

Il ne faut pas nous mentir: le péché offre des plaisirs; il y a bien un appât, quelque chose qui nous attire au monde. Mais le plaisir est très passager, et le hameçon est mortel.

L’intimidation

Le monde sait manier la carotte et le bâton. Tout en nous proposant des plaisirs charnels et de quoi satisfaire à notre orgueil, il nous menace du mépris, du rejet, voire de la persécution si nous restons dans la voie de Dieu.

« C’est assez, en effet, d’avoir dans le temps passé accompli la volonté des païens, en marchant dans la dissolution, les convoitises, l’ivrognerie, les excès du manger et du boire, et les idolâtries criminelles. Aussi trouvent-ils étrange que vous ne vous précipitiez pas avec eux dans le même débordement de débauche, et ils vous calomnient » (1 Pi. 4.3,4).

« Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés » (2 Tim. 3.12).

« Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait… S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jean 15.18-20).

La culture

Il nous est parfois difficile de reconnaître l’influence du monde sur nous, parce que nous sommes immergés en quelque sorte dans la pensée mondaine; sa propagande est continuelle. Elle se présente à nos sens chaque fois que nous nous promenons dans la rue, que nous ouvrons un poste de radio ou de télévision, que nous lisons un journal ou une revue, que nous branchons un ordinateur ou jetons un coup d’œil sur l’écran d’un smartphone, que nous écoutons de la musique moderne, etc. Le barrage de raisonnements non-chrétiens et de séductions charnelles ne cesse jamais. Il n’est pas surprenant que la Bible dit: « Le monde entier est sous la puissance du malin » (1 Jean 5.19).

Soyons donc conscients du danger d’être victimes du lavage de cerveau que le monde veut opérer sur nous. Choisissons de nourrir notre esprit plus souvent de la parole de Dieu et de méditer ses préceptes. « Comment le jeune homme rendra-t-il pur son sentier? En se dirigeant d’après ta parole… Je serrai ta parole dans mon cœur afin de ne pas pécher contre toi » (Ps. 119.9,11). Choisissons de fréquenter davantage des hommes spirituels, à l’exemple des premiers chrétiens qui « étaient chaque jour tous ensemble » (Actes 2.46). Choisissons de ne servir qu’un seul Maître, car « Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon » (Matt. 6.24). Acceptons la réalité que ce monde n’est pas chez nous – nous sommes des pèlerins, des gens qui sont de passage (1 Pi. 2.11; Héb. 11.13-16; Phil. 3.19-21); il est donc attendu que nous serons différents des hommes du monde dans nos valeurs, notre langage, nos ambitions et nos actes.

Le chrétien a besoin de s’interroger honnêtement: Suis-je vraiment différent des non-chrétiens qui m’entourent? Ai-je pris le temps d’analyser mes ambitions et mes valeurs ? Pourrais-je jamais être mal vu, voire persécuté, parce que je refuse de participer à tel ou tel péché ou parce que je parle ou raisonne d’une toute autre manière ?

Le sort final des choses du monde et des gens mondains

Quand nous sommes attirés par les séductions du monde, quand le monde nous menace du rejet ou même de la persécution parce que nous ne nous conformons pas à ses valeurs, n’oublions jamais ce qui est en jeu: « Ne vous y trompez pas: ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni efféminés, ni les homosexuels, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu. » (1 Cor. 6.10). « Que servirait-il à un homme de gagner tout le monde s’il perdait son âme ? » (Matt. 16.26). « Et le monde passe, et sa convoitise aussi; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement. » (1 Jean 2.17)

B.B.

(dans Vol. 14, No.5)

La femme prise en adultère

Le monde a suivi avec intérêt les événements au Nigéria il y a plusieurs années quand une femme accusée d’adultère fut condamnée à mort par une cour islamique. Selon la loi du Sharia instituée dans certains états nigérians, une telle femme devait être lapidée, tuée à coups de pierre. Beaucoup de personnes, au Nigéria comme partout au monde, s’opposèrent à cette décision. Ce ne fut pas seulement des musulmans qui ont participé au débat.  Malheureusement, certains qui voulaient commenter la situation d’une perspective chrétienne ont mal présenté l’enseignement de Jésus par rapport à une telle situation. Ils ont donné l’impression qu’il faut non seulement tolérer toute sorte de péché, mais l’approuver. Quelques-uns ont même honoré la femme qui a péché.

Un passage de la Bible auquel beaucoup ont fait appel se trouve en Jean 8.2-11. Dans ce passage Jésus est mis en face d’une femme qui, elle aussi, était accusée d’adultère parmi un peuple dont la loi prescrivait de lapider à mort la personne trouvée coupable de ce péché.  Voici le récit :

« …Dès le matin, il alla de nouveau dans le temple, et tout le peuple vint à lui. S’étant assis, il les enseignait. Alors les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère ; et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus : Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu ? Ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. Et s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers ; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu. Alors, s’étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit : Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a-t-il condamné ? Elle répondit : Non, Seigneur. Et Jésus lui dit : Je ne te condamne pas non plus ; va, et ne pèche plus. »

Quelles sont donc les leçons à dégager de cette histoire ?  Nous allons voir tour à tour la faute de la femme, la faute des maîtres de la loi juive qui l’ont conduite devant le Seigneur, et le pardon de Jésus.

La faute de la femme

La femme que l’on a amenée devant Jésus avait violé le septième des dix commandements : « Tu ne commettras point d’adultère. » (Exode 20.14). Selon Lévitique 20.10 et Deutéronome 22.22 la peine de mort était bien prescrite dans ces cas.

Le Nouveau Testament ne contient pas un code civil pour gouverner une nation comme ce fut le cas pour la loi de Moïse. Le Nouveau Testament ne prescrit pas telle ou telle sanction – amende, emprisonnement, peine de mort, etc. – pour différents crimes. Mais il s’accorde avec l’ancienne loi sur la gravité du péché et la peine que mérite le pécheur. Romains chapitre 1 parle de plusieurs sortes de péchés : l’idolâtrie, les péchés sexuels, l’injustice, l’amour de l’argent, le meurtre, la rébellion envers ses parents, et bien d’autres. Le verset 32 dit, en parlant des hommes pécheurs : « Et,  bien qu’ils connaissent le jugement de Dieu, déclarant dignes de mort ceux qui commettent de telles choses, non seulement ils les font, mais ils approuvent ceux qui les font. » (Romains 1.32).

Certains pensent que l’Église doit combattre la peine de mort, quel que soit le crime, comme si une telle sentence était toujours exagérée. Mais le Nouveau Testament dit, au contraire, que le gouvernement est autorisé par Dieu lui-même à punir les malfaiteurs, même par la peine capitale. Lisez Romains 13.4 : « Le magistrat est serviteur de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, crains ; car ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée, étant serviteur de Dieu pour exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal. » Je le répète, ce n’est pas à l’Église de tuer les malfaiteurs, mais elle doit déclarer aux hommes que s’ils ne se repentent pas, ils connaîtront un sort pire que la mort. Ephésiens 5.5 nous avertit : « Car, sachez-le bien, aucun impudique (celui qui commet le péché sexuel, tel que l’adultère ou la fornication), ou impur, ou cupide, c’est-à-dire idolâtre, n’a d’héritage dans le royaume de Christ et de Dieu. Que personne ne vous séduise par de vains discours ; car c’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion. »

Ceux qui commentaient la situation au Nigéria ont dit toutes sortes de choses pour justifier l’acte de la femme. « Cette femme n’était pas heureuse dans son foyer. Elle n’était pas satisfaite. Voilà pourquoi elle a fait ce qu’elle a fait. » Mais le mariage est sacré, étant institué par Dieu lui-même. Le mariage comporte des vœux de fidélité. Il y a un temps pour pardonner, mais nous ne devons pas justifier ou minimiser la gravité du péché.

La femme qui a été amenée devant Jésus avait été prise en flagrant délit d’adultère, trouvée dans l’acte même. Oui, elle méritait bien la mort.

La faute des maîtres de la loi

Mais la femme n’était pas la seule coupable dans cette histoire. Les scribes et pharisiens étaient aussi en faute. Ils agissaient par hypocrisie. Ils présentaient ce cas devant Jésus « pour lui tendre un piège, afin de pouvoir l’accuser. » (Jean 8.6). Le souci de ces hommes n’étaient pas de faire appliquer ou de savoir appliquer les commandements de Dieu dans la loi de Moïse. Si la femme avait été prise en train de commettre l’adultère, c’est que son partenaire dans le péché était connu également. Lui aussi devait être amené et puni. La loi était très claire : « Si l’on trouve un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux, l’homme qui a couché avec la femme, et la femme aussi…Si une jeune fille vierge est financée, et qu’un homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les amènerez tous deux à la porte de la ville, vous les lapiderez, et ils mourront… » (Deutéronome 22.22-24). Mais les maîtres de la loi n’avaient besoin que de la femme, parce que leur seul but était de prendre Jésus dans leur piège et le discréditer. Cette femme n’était pour eux qu’un outil.

En quoi consistait donc le piège ? Les Juifs à cette époque vivaient sous la domination de l’empire romain. Les Romains leur permettaient de juger des affaires moins importantes, mais se réservaient le droit d’appliquer la peine de mort. Voilà pourquoi les chefs des Juifs seraient contraints plus tard d’amener Jésus auprès du gouverneur romain quand ils voulaient le faire mourir. Si Jésus disait aux Juifs de mettre à mort la femme adultère selon la loi de Moïse, ils pourraient l’accuser devant les Romains de ne pas respecter leur autorité et d’exciter le peuple à leur désobéir. Ils pourraient aussi mettre en cause la compassion de Jésus. Si, par contre, Jésus disait aux Juifs de ne pas mettre la femme à mort, les scribes l’auraient accusé d’un manque de respect pour la loi de Dieu, ou ils auraient dit que Jésus ne prenait pas l’adultère pour un péché grave.

Mais l’hypocrisie de ces hommes se voient aussi dans le fait qu’ils étaient prêts à faire mourir cette femme pour son péché, sans même penser à leurs propres péchés. La parole de Dieu, en effet, est particulièrement sévère envers ceux qui, avec une arrogance aveugle, méprisent les autres pécheurs sans reconnaître qu’eux aussi, ils sont coupables. Romains 2.1-3,21,22 par exemple, dit ceci : « O homme, qui que tu sois, toi qui juges, tu es donc inexcusable ; car, en jugeant les autres, tu te condamnes toi-même, puisque toi qui juges, tu fais les mêmes choses. Nous savons, en effet, que le jugement de Dieu contre ceux qui commettent de telles choses est selon la vérité. Et penses-tu, ô homme, qui juges ceux qui commettent de telles choses, et qui les fais, que tu échapperas au jugement de Dieu ?… Toi qui prêches de ne pas dérober, tu dérobes ! Toi qui dis de ne pas commettre adultère, tu commets adultère ! » Peut-être que tout le monde connaît les paroles de Jésus en Matthieu 7.3-5 : « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère, laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. »

Jésus n’a pas dit que la femme ne méritait pas de mourir. Mais en disant, « que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle » il a obligé ces hommes à faire face à leurs propres faiblesses. Selon une ancienne traduction arménienne de ce passage, quand Jésus s’est baissé pour écrire dans la poussière avec son doigt, il écrivait les péchés de ces hommes : mauvais désirs, visites secrètes chez des prostituées, corruption, méchanceté, ruse, etc. Il les aidait à voir qu’ils étaient aussi coupables que la femme. Ces hommes devaient non seulement s’examiner et se repentir de leurs propres péchés, mais aussi adopter l’attitude recommandée en Jude 22,23, la pitié pour les pécheurs, mais l’horreur de leurs péchés : « Ayez pitié des uns, de ceux qui doutent ; sauvez-les en les arrachant au feu. Ayez pour les autres une pitié mêlée de crainte, haïssant jusqu’à la tunique souillée par la chair. »

La grâce de Jésus

Nous avons vu la gravité de la faute de la femme adultère, et la gravité de l’hypocrisie des maîtres de la loi. Voyons rapidement la grâce de Jésus. Lui, il aurait pu condamner cette femme, jeter contre elle la première pierre, parce qu’il était effectivement sans péché. Il n’aurait pas été hypocrite s’il avait choisi la juger. Jésus ne devait rien à cette femme qui avait violé la loi du Dieu très saint et très juste. Mais Jésus a préféré exercer son droit divin de pardonner les péchés. Il dit à la femme : « Je ne te condamne pas non plus ; va, et ne pèche plus . »  Le jour viendra où, selon 2 Thessaloniciens 1.8, Jésus viendra du ciel « au milieu d’une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus. » Mais Jésus est venu premièrement pour que les hommes puissent ne pas être condamnés lors du grand jugement . « Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. » (Jean 3.17).

Remarquons que la grâce que Jésus offre n’est pas un permis de continuer dans le péché. C’est une occasion de faire un nouveau départ, de se détourner du mal dans lequel on vivait. Loin de dire à la femme, « tu as péché, mais ça fait rien », Jésus lui dit qu’il faut changer de vie.

Conclusion

Nous sommes tous des pécheurs. Ne soyons pas pressés pour condamner les autres, pour exiger qu’ils soient pleinement punis pour leurs fautes. On nous jugera du jugement dont nous jugeons. Le jugement sera sans miséricorde pour qui n’a pas fait miséricorde.

Mais en même temps, nous ne devons pas minimiser le péché, le justifier ou le prendre à la légère. Dieu est réellement un Dieu d’amour, mais Dieu ne minimise pas le péché. Le péché mérite la mort. Pas seulement le péché de l’adultère, mais mon péché et le vôtre. Dieu prend nos péchés tellement au sérieux, qu’il a payé le prix suprême afin de les ôter. A la croix de Christ, Dieu a prouvé à la fois sa haine du péché et son amour pour nous. Paul le dit en Romains 5.8 : « Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous ». Quand Jésus a fait grâce à la femme prise en adultère, il a montré son amour pour le pécheur. Quand Jésus est mort sur la croix, il a montré la gravité de nos péchés.

B.B

L’homosexualité

Le président des États-Unis a récemment déclaré qu’il serait favorable à la légalisation du mariage entre personnes du même sexe. Les socialistes ont promis conduire la France à légaliser de tels mariages, ce que la Belgique et le Canada ont déjà fait. Le mouvement LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) a gagné énormément de terrain dans ces dernières années dans la société occidentale.  Ce que ces personnes recherchent n’est pas simplement une protection légale contre la discrimination et la persécution: elles exigent l’approbation morale. Au Canada comme en Suède il existe des lois qui traitent de «discours haineux» toute prédication qui présente les actes homosexuels comme étant pécheurs. (Il paraît que pour les militants gays la tolérance est une route à sens unique: ils réclament le droit de proclamer que leur mode de vie est moralement acceptable, mais celui qui tient des idées contraires n’aurait pas le droit de s’exprimer à son tour.)

Un nombre surprenant de dénominations, y compris les Églises d’état au Danemark, en Norvège et en Suède, ainsi que l’Église Réformée en Suisse, l’Église Episcopale, et certaines dénominations presbytériennes et Luthériennes acceptent maintenant que leurs membres et même leur “clergé” soient des homosexuels pratiquants; elles font des cérémonies pour bénir les unions entre personnes du même sexe et célèbrent des mariages «gays» dans leurs lieux de culte. Certes, il y a d’autres dénominations, tel que l’Eglise Catholique Romaine, la plupart d’Églises Baptistes,  l’Église Adventiste, l’Église du Nazaréenne, les Témoins de Jéhovah, les Mormons, l’Église Apostolique, les Assemblées de Dieu, l’Église Pentecôtiste Unie, et d’autres qui n’approuvent nullement ces pratiques. On trouve néanmoins du changement rapide dans les attitudes à l’égard de l’homosexualité.

Beaucoup de gouvernements n’acceptent plus la Bible comme guide en ce qui concerne la moralité et n’admettent pas qu’elle soit citée pour justifier telle ou telle loi ou politique. Il n’est donc pas étonnant que ces gouvernements approuvent toutes sortes de comportement contraires à la moralité chrétienne. C’est toute autre chose, par contre, de voir des Églises et des individus qui prétendent être chrétiens accorder leur soutien sans réserve à ce mouvement.

Bon nombre d’homosexuels sont franchement hostiles à la religion tout simplement parce qu’elle a pendant longtemps condamné leur style de vie. Ils profèrent des insultes et des grossièretés à l’égard de la Sainte Parole qui ose identifier comme péché les formes de sexualité qu’ils adoptent. Ils font penser aux paroles de Jésus en Jean 3.19,20: «Et ce jugement c’est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière de peur que ses œuvres ne soient dévoilées.»  Cette attitude hostile se comprend donc.

Mais de plus en plus on rencontre des personnes qui s’affichent sans honte comme étant homosexuelles et en même temps comme disciples de Jésus! Il y a des Églises locales composées principalement de gays, ainsi que des prêtres et des pasteurs qui prétendent croire à la Bible tout en approuvant l’homosexualité. Je dis bien qu’ils approuvent; les vrais chrétiens traitent les homosexuels et tous les hommes avec amour, se disant qu’il faut aimer le pécheur et détester le péché, mais ces dirigeants religieux prétendent que la Bible ne condamne pas l’homosexualité. Un prêtre catholique du nom de Daniel Helminiak a publié un livre qui s’intitule: What the Bible Really Says About Homosexuality (Ce que la Bible dit réellement au sujet de l’homosexualité).

Sans vouloir mettre en doute la sincérité de tous ceux qui croient pouvoir épouser le christianisme ET l’homosexualité, il faut reconnaître que certains, tel que le Dr. Helminiak, sont coupables d’avoir tordu le sens des Écritures (2 Pierre 3.16).  Ils s’attirent une malédiction: «Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui changent les ténèbres en lumière et la lumière en ténèbres.» (Ésaïe 5.20). «Celui qui justifie le méchant et celui qui condamne le juste sont tous deux en abomination à l’Éternel» (Prov. 17.15).

Ce que la Bible dit réellement au sujet de l’homosexualité

Voyons donc les principaux passages bibliques qui traitent de la question de l’homosexualité. Nous verrons en même temps les explications offertes par les soi-disant théologiens gays.

Le cas de Sodome et Gomorrhe

Tout étudiant de la Bible se rappelle l’histoire des villes de Sodome et Gomorrhe que l’Éternel a détruites par le feu du ciel à cause de leur péché criant. Le terme «sodomie» (la pratique du coït anal) est, bien sûr, dérivé du nom de la ville de Sodome, où habitait Lot, le neveu du patriarche Abraham. Voici le récit du comportement des habitants de cette ville la nuit où Lot a logé chez lui des étrangers (qui étaient, en fait, des anges de Dieu:

«Ils n’étaient pas encore couchés que les gens de la ville, les gens de Sodome, entourèrent la maison, depuis les enfants jusqu’aux vieillards; toute la population était accourue. Ils appelèrent Lot, et lui dirent: Où sont les hommes qui sont entrés chez toi cette nuit? Faites-les sortir vers nous, pour que nous les connaissions. Lot sortit vers eux à l’entrée de la maison, et ferma la porte derrière lui. Et il dit: Mes frères, je vous prie, ne faites pas le mal! Voici, j’ai deux filles qui n’ont point connu d’homme; je vous les amènerai dehors, et vous leur ferez ce qu’il vous plaira. Seulement, ne faites rien à ces hommes puisqu’ils sont venus à l’ombre de mon toit. Ils dirent: Retire-toi! Ils dirent encore: Celui-ci est venu comme étranger, et il veut faire le juge! Et bien, nous te ferons pis qu’à eux. Et, pressant Lot avec violence, ils s’avancèrent pour briser la porte.» (Genèse 19.4-9, LS)

Les «érudits» tels que le Dr. Helminiak voudraient nous faire croire, en citant des passages comme Ézékiel 16.49, que Sodome et Gomorrhe ne furent pas condamnées à cause de l’homosexualité. Ce texte dit: «Voici quel a été le crime de Sodome, ta sœur. Elle avait de l’orgueil, elle vivait dans l’abondance et dans une insouciante sécurité, elle et ses filles, et elle ne soutenait pas la main du malheureux et de l’indigent.» Helminiak dit: «Le sexe n’est jamais mentionné. L’histoire de Sodome parle, en réalité, de l’obligation de montrer de l’hospitalité envers les inconnus…. ils entourent la maison de Lot, en exigeant savoir qui sont les étrangers.»

Helminiak ne cite pas le verset suivant en Ézékiel qui dit: Ces villes «sont devenues hautaines, et elles ont commis des abominations devant moi. Je les ai fait disparaître, quand j’ai vu cela.» Il fait semblant de ne pas savoir que le mot «connaître» signifiait clairement dans ce passage «connaître charnellement, faire des rapports sexuels avec». («Adam connut Ève, sa femme; elle conçut, et enfanta Caïn… Adam connut encore sa femme; elle enfanta un fils, et l’appela du nom de Seth.» – Gen. 4.1,25; voir aussi Nombres 31.17,18; Gen. 4.17; Matt. 1:23-25; Luc 1:27,34.) Il fait semblant de ne pas connaître d’autres passages bibliques qui lient la destruction de Sodome et Gomorrhe sans aucun doute au comportement sexuel de leurs habitants: «[Dieu] a délivré Loth, cet homme juste qui était consterné par la conduite immorale des habitants débauchés de ces villes.» (2 Pierre 2.7, Semeur).

«Sodome et Gomorrhe et les villes voisines, qui se livrèrent comme eux à l’impudicité et à des vices contre nature, sont données en exemple, subissant la peine d’un feu éternel» (Jude 7, Segond).

La loi mosaïque

«Vous ne devez pas coucher avec un homme comme on couche avec une femme; c’est une pratique monstrueuse.» (Lév. 18.22, FC. La version Louis Segond met: «C’est une abomination.»)

«Si un homme couche avec un autre homme comme on couche avec une femme, ils se rendent tous les deux coupables d’une action monstrueuse et doivent être mis à mort. Ils sont seuls responsables de leur mort.» (Lév. 20.13, FC)

Les partisans de l’homosexualité appliquent au moins deux sortes de raisonnements à ces passages dans la loi de Moïse. On suggère que d’autres choses qui étaient qualifiées d’«abomination» dans la loi de Moïse, telle que la consommation de certains aliments (le porc, les crevettes, etc.) n’ont jamais été condamnées par les premiers chrétiens. En fait, de nombreux commandements du livre de Lévitique ne sont plus observés par les fidèles. Pourquoi, alors, dire que l’interdiction des rapports homosexuels serait toujours en vigueur?

Cette question n’est pas bête, mais la réponse n’est pas très difficile à trouver. De nombreux passages enseignent clairement que la loi de Moïse n’est plus en vigueur (Rom. 7.1-6; 2 Cor. 3.6-11; Eph. 2.11-19; Col. 2.13-17; Héb. 7.11-14; 8.6-13; etc.) Elle a servi son but dans le plan de Dieu, celui de nous conduire à Christ (Gal. 3.23-25). Si aujourd’hui nous obéissons aux commandements de respecter nos parents, de ne pas voler ou de ne pas commettre l’adultère (ou les actes homosexuels), c’est parce que ces commandements ont été repris dans la nouvelle alliance sous laquelle nous vivons en Jésus-Christ, celui à qui toute autorité a été donnée (Matt. 28.18). D’autres lois, telles que les commandements sur les aliments impurs, n’ont pas été reprises (1 Tim. 4.1-5). Comme nous le verrons tout à l’heure, l’interdiction des rapports homosexuels fait partie des lois qui figurent dans le Nouveau Testament aussi bien que dans l’Ancien.

Un deuxième argument avancé à l’égard de ces passages en Lévitique prétend que l’intention principale de Moïse était de séparer les Juifs des Païens. Les actes homosexuels qui étaient condamnés étaient pratiqués à l’époque dans des rituels de certaines religions païennes, desquelles les Juifs voulaient se séparer. Ce n’était donc pas, nous dit-on, le côté sexuel mais l’aspect religieux qui était en vue.

Il est vrai que le peuple d’Israël devait se distinguer nettement des Païens, et il est également vrai que l’immoralité sexuelle était une partie importante des cultes idolâtres dans cette région du monde à cette époque. Mais une lecture même superficielle du contexte de chacun des deux versets cités plus haut révèle que les comportements sexuels qui y sont décrits (relations sexuelles avec un proche parent, avec une bête, avec la femme de son prochain, etc.) étaient condamnables qu’ils soient associés à l’idolâtrie ou pas.

Le Nouveau Testament

On a généralement l’impression que, par rapport à l’Ancien Testament, le Nouveau Testament insiste plus sur la foi, sur l’homme intérieur, sur la tolérance, l’humilité et l’importance ne de pas juger les autres. Il est vrai que certains Juifs du temps de Jésus étaient hypocrites et sans compassion. Ils condamnaient les autres pour les mêmes fautes qu’ils commettaient eux-mêmes, tout en se croyant justes devant Dieu sur la base de critères plutôt externes ou cérémoniels. Ils détestaient Jésus parce qu’il révélait le mal dans leurs cœurs. Malheureusement, beaucoup d’hommes aujourd’hui ignorent que Jésus, tout en insistant sur la pureté de cœur, proclamait en même temps la nécessité d’une moralité rigoureuse, y comprise en matière de sexualité (Matthieu 5.27-32; Marc 7.20-23). Tout en offrant le pardon à la femme prise en adultère, il lui dit: «Va, et ne pèche plus» (Jean 8.11). En fait, il appelait tous à la repentance comme condition de pardon (Matt. 4.17; Marc 9.43,44; Luc 13.1-5; 24.46,47); or, la repentance signifie que l’on reconnaît ses actes comme pécheurs, que l’on en est attristé, et que l’on prend la résolution ferme de s’en détourner.

Jésus chargea ses apôtres non seulement d’annoncer le pardon, mais aussi d’enseigner aux convertis à observer tout ce qu’il leur avait prescrit (Matt. 28.20). Il leur a promis, pour ce faire, l’aide du Saint-Esprit, qui leur rappellerait tout ce qu’il leur avait dit et les conduirait «dans toute la vérité» (Jean 14.26; 16.13). Qu’est-ce que les apôtres ont donc enseigné sur le sujet de l’homosexualité?

«Ne savez-vous pas que ceux qui pratiquent l’injustice n’auront aucune part au royaume de Dieu? Ne vous y trompez pas : il n’y aura point de part dans l’héritage de ce royaume pour les débauchés, les idolâtres, les adultères, les pervers ou les homosexuels, ni pour les voleurs, les avares, pas plus que pour les ivrognes, les calomniateurs ou les malhonnêtes. Voilà bien ce que vous étiez, certains d’entre vous. Mais vous avez été lavés, vous avez été purifiés du péché, vous en avez été déclarés justes au nom du Seigneur Jésus-Christ et par l’Esprit de notre Dieu.» (1 Cor. 6.9-11, Semeur*).

Dans ce passage il est dit explicitement que ceux qui pratiquent l’homosexualité ne peuvent pas aller au ciel. Mais il est dit tout aussi clairement qu’il leur est possible de recevoir le pardon. Ce passage nous enseigne en plus que des homosexuels peuvent cesser de l’être, qu’ils peuvent (et doivent, s’ils désirent le salut,) se repentir. [Ce seul verset semble contredire l’idée de «l’orientation sexuelle» selon laquelle certains gays se disent: «Dieu m’a créé comme ça; ce n’est donc pas une faute. Il faut que je m’accepte tel que je suis et que les autres fassent autant.» L’expérience de milliers d’anciens homosexuels, y compris ceux que Paul mentionne ici, milite contre cette conception. D’ailleurs, quand bien même une personne aurait en elle des désirs dont elle ne connaît pas l’origine, cela ne voudra pas dire qu’elle peut encourager ces désirs, les traiter de «naturels» ou chercher à les satisfaire. Ceci est vrai pour les hétérosexuels aussi bien que les homosexuels. Il y a évidemment des gens qui désirent sexuellement des petits enfants; d’autres qui ont envie de commettre des actes sexuels avec des animaux; d’autres qui trouvent que le plaisir sexuel est accentué quand l’acte est accompagné de violence ou perpétré contre la volonté d’autrui (le viol). D’autres ont le fort désir de faire des rapports avec leur frère ou sœur ou même avec leur père ou mère. Est-ce que c’est Dieu qui les a créés comme cela? Bien sûr que non. Il est plutôt normal de réprimer de tels désirs. Il faut lutter et demander de l’aide à Dieu afin de se rendre maître  de ses désirs sexuels (1 Thess. 4.1-8).]

Un autre passage clair dans le Nouveau Testament se trouve en Romains 1. Ayant parlé du refus des hommes de rendre l’honneur que l’on doit à Dieu, de leur choix insensé d’adorer les images, et du fait qu’ils ont délibérément changé la vérité concernant Dieu contre le mensonge, l’apôtre inspiré continue ainsi: «Voilà pourquoi Dieu les a abandonnés à des passions avilissantes : leurs femmes ont renoncé aux relations sexuelles naturelles pour se livrer à des pratiques contre nature. Les hommes, de même, délaissant les rapports naturels avec le sexe féminin, se sont enflammés de désir les uns pour les autres; ils ont commis entre hommes des actes honteux et ont reçu en leur personne le salaire que méritaient leurs égarements.» (Romains 1.26,27, Semeur).

Qu’en dit M. Helminiak? «Le terme ‘non-naturel’ que l’on trouve dans la lettre aux Romains 1.28-29 devrait être traduit par les termes «atypique» ou «non conventionnel». La Bible, si elle est lue en cohérence avec ses propres termes et contexte ne présente aucune condamnation explicite des actes homosexuels.» Non seulement cet «érudit» est malhonnête, car le mot grec utilisé par Paul, παρα ϕυσιν, signifie bien, comme il a toujours été traduit, «contre nature», mais il croit apparemment que ses lecteurs sont dépourvus d’intelligence. En effet, le contexte de ce terme en Romains 1 ne laisse aucun doute que l’on parle de l’homosexualité et que ce comportement «vil» et «honteux» est un «égarement» moral. Pourquoi l’homosexualité serait-elle qualifiée de «contre nature»? Peut-être que c’est compte tenu de la pratique de la vaste majorité des êtres humains (moins de 2% sont homosexuels), de l’anatomie des deux sexes, et du processus de la reproduction. Mais ce ne sont pas là nos arguments contre la pratique de homosexualité; nous sommes, avant tout, contraints de traiter l’homosexualité de péché parce que nous faisons confiance à la Bible comme parole de Dieu, et malgré les efforts que certains déploient pour tordre son sens, son enseignement sur ce point est absolument clair. Le bien et le mal ne sont pas déterminés par les sentiments personnels, par un vote populaire, par la décision d’un gouvernement, ou par la présence ou l’absence d’un sentiment de culpabilité; c’est la parole inspirée de notre Créateur qui a le dernier mot.

Voici encore un autre passage qui montre que l’homosexualité est un comportement que Dieu condamne: «Il faut savoir ceci: La Loi n’est pas faite pour ceux qui font le bien, mais pour les malfaiteurs et les rebelles, pour les gens qui méprisent Dieu et les pécheurs, pour ceux qui n’ont ni respect ni scrupule à l’égard de ce qui est sacré, ceux qui tueraient père et mère, les assassins, les débauchés, les homosexuels, les marchands d’esclaves, les menteurs, les gens sans parole et, d’une manière générale, pour tous ceux qui commettent des actions contraires à l’enseignement authentique que vous avez reçu.» (1 Timothée 1.9,10, Semeur).

Loin de nous l’idée que l’homosexualité est le péché le plus grave que l’on puisse commettre, mais nous ne cherchons à légitimer aucun péché. Si l’on a l’impression que les chrétiens insistent particulièrement sur celui-ci, c’est peut-être parce que les adultères, les menteurs, les pédophiles, et les hypocrites de tout genre ne sont pas dans les rues en train proclamer leur fierté d’être ce qu’ils sont et de réclamer des droits en tant que minorité qu’il ne faut jamais diffamer ou frustrer. Ce sont les gays qui répondent bien à la description de Paul en Philippiens 3.19: « ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte».

Conclusion

Soyons clairs; quelle que soit la réaction de certains lecteurs, ce que nous avons écrit ici ne représente ni la haine ni «l’homophobie». Aucun de nos propos ne devrait être interprété de manière à encourager ou justifier la violence ou l’hostilité personnelle contre une personne ou un groupe. Décrire un comportement comme étant immoral et condamnable devant Dieu n’est pas une preuve de haine. Au contraire, c’est l’amour pour Dieu, pour la vérité, et oui, pour le pécheur, qui nous pousse à dire humblement à ceux qui vivent dans le péché qu’ils ont à se repentir. L’Éternel nous dirait, comme au prophète Ézekiel: «Quand je dirai au méchant: Tu mourras! Si tu ne l’avertis pas, si tu ne parles pas pour détourner le méchant de sa mauvaise voie et pour lui sauver la vie, ce méchant moura dans son iniquité, et je te redemanderai son sang… Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Éternel. Convertissez-vous donc, et vivez.» (Ézék. 3.18; 18.32).

Si vous menez une vie homosexuelle, ou si vous vous permettez simplement de regarder des personnes du même sexe pour les convoiter dans votre cœur (voir Matt. 5.28), vous avez besoin de croire en Jésus comme Fils de Dieu et comprendre que Dieu est prêt à vous pardonner. Vous devez ensuite vous repentir de tous vos péchés, y compris les péchés sexuels. Dites ouvertement que vous croyez en Jésus, et soyez baptisé pour le pardon de vos péchés. Priez Dieu régulièrement pour demander la force de surmonter la tentation. Participez aux assemblées de l’Église du Seigneur. Veillez sur vos pensées, et évitez les personnes, les activités et les lieux qui vous tentent souvent de retomber dans le mal. «Dieu est fidèle, et ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces» (1 Corinthiens 10.13).

B.B.

*J’ai utilisé différentes traductions du Nouveau Testament dans ce numéro de Chemin de Vérité pour que le sens des passages cités soit claire pour tous les lecteurs. Des explications supplémentaires du sens des mots utilisés dans le grec seront quand même utiles. Dans le passage ci-haut, le terme «pervers» («effeminés» dans Louis Segond) traduit un terme employé pour décrire un homme mou, qui s’abandonne aux plaisirs sensuels, ou qui a les manières d’une femme; mais, et particulièrement dans ce contexte, le terme désignait surtout des hommes ou garçons qui se laissaient abuser homosexuellement. Le mot grec traduit ici par «homosexuels» («infâmes» dans Louis Segond, «pédérastes» dans le FC), est formé du mot αρσεν (mâle) et κοιτε (coït, accouplement, rapport sexuel). Il signifie évidemment «hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes» et était employé pour ceux qui jouent le rôle actif ou dominant. À la place de pédéraste ou homosexuel, on trouve dans plusieurs traductions le mot «infâme», qui désigne ce qui est honteux ou avilissant. Que cette manière plus discrète de désigner des actes auxquels on ne voudrait pas penser ne vous empêche pas de reconnaître de quoi parlent ces textes.

La polygamie

*Si vous trouvez que ce sujet n’est pas pertinent dans votre pays parce que la polygamie ne fait pas partie de vos mœurs, prenez quand même le temps de lire ce numéro. Plusieurs principes dans cette étude s’appliquent à la question du divorce et du remariage. En plus, les idées concernant le mariage sont constamment mises en question dans les sociétés occidentales. Si le mariage homosexuel se fait accepter aujourd’hui dans certains pays, il n’est pas invraisemblable que l’on voie demain des campagnes en faveur du droit de contracter des mariages polygames. Enfin, des immigrants en Europe ou en Amérique qui viennent de pays où le mariage polygame n’est pas accepté se sont mis à pratiquer une forme de polygamie : ils ont une femme et des enfants dans leur pays d’origine, et une autre famille dans leur pays adoptif.


Le problème

De nombreuses personnes en Afrique sont touchées par le problème de la polygamie. Bien que certains hommes continuent de prendre plusieurs femmes, d’autres ont vu que la polygamie est un piège. Les avantages qu’elle semble offrir sont moins importants que les malheurs qu’elle crée.

L’homme pense au prestige, au plaisir que lui procurerait une femme plus jeune et plus belle, et peut-être à l’aide de plusieurs femmes et de leurs enfants dans ses travaux champêtres. Il découvre plutôt que les charges d’une si grande famille dans le monde moderne sont lourdes : frais de scolarité, habillement, ordonnances médicales, nourriture, etc. Il a du mal à supporter les querelles entre ses épouses. Et il se voit toujours en train de mentir dans un effort de ne pas exciter la jalousie de l’une ou de l’autre.

La première femme a peut-être accepté l’idée d’un foyer polygame en pensant à l’aide dans ses devoirs domestiques. La nouvelle femme pensait à la sécurité matérielle et sociale d’un mariage avec un homme déjà établi dans la vie. Chacune s’est retrouvée dans une situation où elle doit lutter contre sa rivale afin d’avoir l’amour et l’argent de son mari pour elle-même et pour ses enfants.

L’enfant, qui n’a pas choisi de naître dans un foyer polygame, se voit négligé par son père, qui a peut-être déjà trop d’enfants pour bien s’occuper d’eux tous. Peut-être que l’enfant est méprisé par sa marâtre. Peut-être qu’il ne reçoit pas les mêmes avantages donnés à ses frères et sœurs parce que sa mère n’est pas la femme préférée.

Il existe sûrement des exceptions, des foyers polygames où l’on trouve une bonne entente, mais les témoignages négatifs abondent. Il suffit de considérer les foyers polygames cités dans la Bible pour trouver une confirmation : Abraham et ses femmes Sara et Agar (Gen. 16.1-6; 21.1-12), Jacob et ses femmes Léa et Rachel (Gen. 29.31–30.24), Elkana et ses femmes Anne et Peninna (1 Sam. 1.1-8) montrent tous le potentiel pour la discorde quand on se marie à plus d’une femme. Dans le cas du roi David, c’étaient les enfants de ses différentes femmes qui perpétuaient et même rendaient violente la rivalité.

La polygamie, pourtant, produit plus que des problèmes de mésentente domestique ; elle représente aussi un problème moral. Les différentes dénominations catholiques et protestantes ont pris toute une gamme de positions face à ce problème. Certaines Églises défendent à leurs membres de prendre plus d’une femme, mais acceptent et baptisent ceux qui se sont mariés à plus d’une femme avant d’entendre l’Évangile. D’autres demandent au polygame de se séparer de toutes ses femmes sauf la première avant de recevoir le baptême. D’autres refusent aux polygames le baptême et la communion, mais leur permettent de jouer un rôle actif dans la vie de l’Église locale. D’autres encore, généralement d’origine africaine, approuvent la polygamie, leurs fondateurs mêmes prenant plusieurs femmes.

Que faut-il enseigner et pratiquer à cet égard ? Comme pour toute autre question de moralité, la Bible seule doit faire autorité. Il est important de signaler dès le départ de nos recherches que Dieu nous dit : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Éternel. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées » (Ésaïe 55.8,9). C’est Dieu seul qui peut nous montrer ce qui est réellement selon la justice, la charité et la sainteté.

Le mariage et l’adultère

La Bible déclare sans équivoque : « Que le mariage soit honoré de tous, et le lit conjugal exempt de souillure, car Dieu jugera les impudiques et les adultères » (Héb. 13.4). Dieu exige que les hommes respectent le mariage, une institution qu’il a lui-même ordonnée. Violer ses principes, c’est souiller quelque chose de pur. Se rendre coupable de l’impudicité (fornication, débauche) ou de l’adultère mérite la condamnation de Dieu. Ceux qui commettent ces péchés se souillent (Marc 7.21-23), doivent être ôtés du milieu de l’Église (1 Cor. 5.11-13), n’hériteront pas le royaume de Dieu (1 Cor. 6.10), pratiquent des œuvres de la chair (Gal. 5.19), et seront jetés dans l’étang de feu (Apoc. 21.8). Il n’est pas étonnant que Paul dise : « Fuyez l’impudicité ! » (1 Cor. 6.18). Au vu d’un si grand danger, nous devons nous garder avec soin de participer à ou d’approuver des actes de péché sexuel.

Mais est-ce que la polygamie est égale à l’adultère ? Voyons de quelle manière la Bible présente la nature du mariage et de l’adultère.

1 Corinthiens 7.2-5 : « Toutefois, pour éviter l’impudicité, que chacun ait sa femme et que chaque femme ait son mari. Que le mari rende à sa femme ce qu’il lui doit, et que la femme agisse de même envers son mari. La femme n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est le mari ; et pareillement, le mari n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est la femme. Ne vous privez point l’un de l’autre, si ce n’est d’un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière ; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente par votre manque de maîtrise de soi. »

Pour éviter la tentation d’avoir des rapports sexuels en dehors du mariage, la Bible recommande de se marier. Dans le mariage selon Dieu, chaque homme a sa propre femme et chaque femme a son propre mari. Dans le mariage polygame, la femme partage un mari avec d’autres femmes. Selon Dieu, quand un homme se marie, il n’a plus autorité sur son propre corps. Son corps appartient à sa femme, et il a le devoir de satisfaire aux désirs sexuels de sa femme. Le corps de la femme appartient à son mari, et elle a le devoir de satisfaire à ses besoins sexuels. De cette manière les tentations de chercher la satisfaction ailleurs sont diminuées.

Un homme déjà marié n’a plus le droit de donner son corps à une autre femme. Faire une cérémonie de mariage avec l’autre femme ne change pas le fait que la première a l’autorité sur le corps de cet homme. Il est évident que la sexualité devait s’exprimer dans une relation monogame. En dehors de ce cadre, les rapports ne sont pas approuvés de Dieu.

En Matthieu 19.4,5 le Seigneur dit : « N’avez-vous pas lu que le Créateur, au commencement, fit l’homme et la femme et qu’il dit : C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. » En donnant son enseignement sur le mariage Jésus s’est basé sur ce que Dieu avait ordonné au commencement. Il s’agit de l’union permanente de deux personnes, un homme et sa femme. Ces deux deviennent une seule chair. Une troisième personne n’a pas de place dans l’union intime que Dieu a voulue. Il n’y a aucun doute que Dieu a prévu pour l’homme la monogamie. Il n’a créé qu’une femme pour Adam. Bien que les hommes se soient égarés du plan originel, Jésus les rappelle au modèle donné lors de la création.

Romains 7.2,3 dit : « Ainsi, une femme mariée est liée par la loi à son mari tant qu’il est vivant : mais si le mari meurt, elle est dégagée de la loi qui la liait à son mari. Si donc, du vivant de son mari, elle devient la femme d’un autre homme, elle sera appelée adultère ; mais si le mari meurt, elle est affranchie de la loi, de sorte qu’elle n’est point adultère en devenant la femme d’un autre. » La Bible définit l’adultère très clairement dans ce passage. Une femme déjà liée à un homme dans le mariage commet l’adultère en se joignant à un autre homme. Une femme ayant plusieurs maris est forcément adultère.

Est-ce que la femme seule peut se rendre coupable de l’adultère, ou bien est-ce que Dieu exige que l’homme aussi soit fidèle à son conjoint ? Y a-t-il deux mesures différentes de fidélité : une mesure pour la femme qui a droit à un seul mari, et une autre mesure pour l’homme qui peut se permettre toutes les femmes qu’il désire épouser ? En Marc 10.11,12 Jésus dit : « Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard ; et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère. » Évidemment, la même règle s’applique aux hommes comme aux femmes. Il n’y a pas de distinction qui donne aux hommes un droit qui serait refusé aux femmes. Le même acte rendrait coupable d’adultère homme ou femme.

Notez bien que Jésus dit que l’homme qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère « à son égard », c’est-à-dire, à l’égard de sa femme. L’homme commet l’adultère, non seulement quand il séduit la femme d’autrui, mais aussi quand il n’est pas fidèle à sa propre femme. Si celui qui répudie sa première femme avant de prendre une deuxième commet un adultère à l’égard de la première, il est encore plus sûr que celui qui fait venir à la maison la deuxième femme pendant que la première est toujours avec lui commet aussi un adultère et provoque par son infidélité la jalousie de sa femme légitime.

En Matthieu 19.9 Jésus déclare : « Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère. » La seule cause légitime pour laquelle un homme pourrait prendre une autre femme du vivant de sa première femme est donc l’infidélité de celle-ci. Le mot grec utilisé dans ce verset est « porneia » (« fornicatio » dans la version latine) et signifie un acte sexuel, la fornication. Ainsi, la version TOB rend l’expression dans ce verset « sauf en cas d’union illégale ». Il ne s’agit pas d’une infidélité en matière de religion, mais d’une infidélité sexuelle.

Si un homme divorce d’avec sa femme et en épouse une autre, tandis que la première femme n’avait pas commis la fornication, Dieu ne reconnaît pas ce divorce. Ainsi, cet homme est toujours lié à sa femme et se rend infidèle envers elle en prenant la deuxième. Répudier la femme innocente, c’est du péché, mais ce n’est pas l’adultère. L’adultère se commet en prenant la deuxième femme.

Matthieu 5.32 ajoute que « celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d’adultère, l’expose à devenir adultère, et celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère ». Cet élément s’accorde avec la manière dont nous avons déjà présenté les liens du mariage. Si un homme divorce d’avec sa femme pour une cause quelconque, c’est-à-dire, quand elle n’a pas commis d’adultère, il la prive des rapports sexuels (et de son soutien matériel) et la met dans une situation ou elle sera tentée d’avoir des rapports avec un autre homme ou même de se marier à un autre. Puisque Dieu ne reconnaît pas leur droit de se divorcer, ils sont toujours liés par le mariage. Le fait d’avoir des rapports avec un autre homme après ce divorce non-reconnu par Dieu serait un adultère. L’homme qui épouse la femme ainsi divorcée se rend coupable aussi en prenant une femme qui est toujours mariée aux yeux de Dieu.

Quand on est lié à un conjoint par le mariage, on n’a le droit ni au mariage ni aux rapports sexuels avec d’autres personnes. Toute violation de ce principe est un adultère.

Quelques objections à la condamnation de la polygamie

Certaines objections peuvent venir à l’esprit quand il est dit que la polygamie est un péché. Examinons-les pour voir si elles pourraient annuler les principes que nous venons de présenter.

–En voyant que l’on ne trouve ni le terme « polygame » ni l’exemple d’un polygame dans le Nouveau Testament, certains chrétiens ont cru que la Bible se tait sur le sujet et que nous ne pouvons donc pas condamner la polygamie.

Mais est-ce que la Bible est silencieuse au sujet de ce que Dieu accepte dans le mariage ? Loin de là. Elle montre clairement que c’est le mariage monogame que Dieu approuve, et elle définit avec suffisamment de précision ce qui constitue l’adultère. Le mariage à plusieurs femmes ne correspond pas à ce que Dieu ordonne (les deux deviendront une seule chair), mais plutôt à ce qu’il condamne (qui en épouse une autre commet un adultère).

–Certaines personnes soutiennent la polygamie en se référant à des hommes de Dieu dans l’Ancien Testament qui étaient polygames (Abraham, Jacob, David, etc.). Si Dieu leur a permis d’avoir plusieurs femmes et ne les a pas condamnés, se disent-ils, pourquoi dirait-on maintenant que c’est un péché ? C’est une question tout à fait naturelle.

Les pharisiens ont posé une telle question quand Jésus leur disait de ne pas divorcer d’avec leurs femmes (« Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint »). « Pourquoi donc, lui dirent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner à la femme une lettre de divorce et de la répudier ? Jésus leur répondit : C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes ; au commencement, il n’en était pas ainsi. Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre commet un adultère » (Matt. 19.6-9). Dieu avait permis certains éloignements de sa volonté sur le plan du mariage, mais Jésus déclarait que cela ne serait plus le cas. Rappelons-nous que toute autorité lui a été donnée (Matt. 28.18). C’est sous le Nouveau Testament que nous vivons (Héb. 8.6-13).

–Un autre argument offert en faveur de la tolérance de la polygamie est basé sur la culture. On peut remarquer que dans une culture donnée, on ne considère pas qu’un homme marié qui épouse d’autres femmes tout en gardant la première commet un acte d’infidélité. Si en Afrique on ne pense pas que la polygamie soit un adultère, les chrétiens ne doivent pas imposer aux africains la conception européenne ou américaine du mariage.

Dans chaque société, qu’elle soit africaine, occidentale, ou asiatique, on trouve des valeurs communes et des pratiques répandues qui sont condamnées par Dieu. C’est pourquoi le chrétien, où qu’il se trouve, est appelé à sortir du monde et faire partie d’un peuple séparé (1 Cor. 6.17). Afin d’être le peuple de Dieu, il faut accepter une moralité plus élevée que celle de nos voisins qui sont du monde.

Il y a, en plus de la polygamie, beaucoup de pratiques et de valeurs relatives au mariage qui sont contraires aux enseignements du Christ et de ses apôtres. Par exemple, beaucoup s’attendent à ce qu’un homme fréquente des copines ou même des prostituées si sa femme est en voyage, parce que, se disent-ils, « les hommes sont faits comme ça ». Encore, certaines cultures acceptent difficilement que la stérilité d’une femme n’est pas une cause légitime pour le divorce. Dans la société actuelle, la majorité des jeunes rejettent l’idée qu’il faut attendre le mariage avant d’avoir des rapports sexuels. Toutes ces attitudes sont contraires aux principes bibliques. L’Église doit tenir courageusement aux commandements de Dieu. « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait » (Rom. 12.2).

Ce n’est pas la société occidentale qui nous pousse à croire que la Bible enseigne la monogamie. C’est l’influence de la Bible qui a amené la société occidentale à croire que le mariage doit être monogame. L’Afrique doit bénéficier de la même bonne influence.

La repentance

La polygamie, étant une forme d’adultère, est bien un péché que Dieu jugera, qui exclut le coupable du royaume de Dieu, et qui doit être pardonné pour que l’homme accède au ciel. Le polygame, peut-il recevoir le pardon de Dieu et être sauvé ? Bien sûr. Mais on ne peut pas parler de pardon sans parler de la repentance.

En envoyant ses disciples évangéliser le monde entier, Jésus a bien parlé de la nécessité de croire et d’être baptisé pour être sauvé (Marc 16.15,16), mais il a aussi parlé de la repentance : « Il leur dit : Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu’il ressusciterait des morts le troisième jour, et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem » (Luc 24.46,47). Nous voyons donc l’accent mis sur la repentance dans la prédication des apôtres. Pierre prêcha : « Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés » (Actes 3.19).

Quand on se repent de ses péchés, on cesse de les pratiquer. La repentance est la ferme résolution que l’on prend de changer sa pensée et son comportement. Étant triste devant l’iniquité de ses actes, on se repent (2 Cor. 7.10). Cette repentance produit par la suite des fruits qui en sont dignes, un comportement nouveau (Matt. 3.8). Celui qui vole s’arrête de voler et si possible restitue ce qu’il a pris (Luc 19.7-9). Celui qui adore les idoles s’en débarrasse. Celui qui s’enivre renonce à l’ivresse. Et celui qui commet l’adultère cesse d’avoir des rapports avec d’autres femmes que sa femme légitime, sa première.

En Marc 6.17,18 nous lisons que le roi Hérode fit arrêter Jean-Baptiste « à cause d’Hérodias, femme de Philippe, son frère, parce qu’il l’avait épousée, et que Jean lui disait : Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère ». Pour se soumettre à la prédication de Jean il n’aurait pas suffi pour Hérode de simplement renoncer à épouser d’autres femmes de ses frères à l’avenir. Jean s’attendait à ce qu’Hérode se sépare d’Hérodias. Il n’a pas dit : « Il ne t’était pas permis de la prendre », mais : « Il ne t’est pas permis de l’avoir. »

Est-ce que Dieu exigerait réellement à un homme de répudier des femmes qu’il a épousées et avec qui il a fait des enfants ? Si l’homme n’avait pas le droit de les épouser au départ, oui. C’est ce qui a été exigé au temps d’Esdras. En Esdras chapitre 9 il est dit que des hommes parmi les Juifs revenus en Israël après la captivité babylonienne avaient péché en prenant pour femmes des filles parmi les peuples païens qui les entouraient. Esdras 10.44 ajoute que « plusieurs en avaient eu des enfants ». Or, la loi de Moïse avait formellement interdit de tels mariages. Le chapitre 10 montre ce que ces hommes décidèrent de faire quand ils virent leur faute. Ils dirent : « Faisons maintenant une alliance avec notre Dieu pour le renvoi de toutes ces femmes et de leurs enfants, selon l’avis de mon seigneur et de ceux qui tremblent devant les commandements de notre Dieu. Et que l’on agisse d’après la loi » (Esdras 10.3). Évidemment, comme il a déjà été dit, nous ne vivons plus sous la loi de Moïse. Ce cas n’est pas cité pour que l’on applique cette loi contre le mariage avec d’autres ethnies. Mais le récit nous montre que la repentance d’un mariage interdit par Dieu exige la séparation. De la même manière, on ne peut pas se repentir du péché de la polygamie et continuer de vivre dans la polygamie.

Quelques objections à l’exigence de se séparer de toute sauf la première femme

Certains chrétiens acceptent le fait que la polygamie n’est pas conforme à la volonté de Dieu, mais croient que celui qui a déjà plus d’une femme avant de devenir chrétien doit garder toutes ses femmes après sa conversion. Examinons les arguments qui sont avancés.

–L’apôtre Paul dit en 1 Cor. 7.24 : « Que chacun, frères, demeure devant Dieu dans l’état où il était lorsqu’il a été appelé. » Au verset 27 il dit même : « Es-tu lié à une femme, ne cherche pas à rompre ce lien. » On conclut donc que le polygame ne doit pas rompre les liens avec ses multiples femmes, mais plutôt demeurer dans l’état où il était quand il a été appelé. (On ne souligne pas, pourtant, que la deuxième partie du verset 27 dit : « N’es-tu pas lié à une femme, ne cherche pas une femme, » ce qui empêcherait au chrétien célibataire de pouvoir se marier.)

Si l’on ne considère pas le contexte de ce chapitre, on risque de mettre la Bible en contradiction avec elle-même. Si le verset 24 n’est pas qualifié par le contexte, il enlève la nécessité de toute repentance. L’homosexuel, le brigand, l’idolâtre, et le rebelle à ses parents auraient tous à demeurer dans leur état de péché. Mais en réalité, Paul parle de conditions qui ne sont pas pécheresses. Les exemples qu’il cite sont l’état circoncis ou incirconcis, l’état esclave ou libre, et l’état marié ou célibataire. On n’a pas besoin de s’inquiéter, car on peut servir Dieu de manière acceptable dans n’importe lequel de ces états. Un état d’adultère n’est pas en vue dans ces versets.

–D’autres attachent beaucoup d’importance au fait que celui qui aspire à la charge d’évêque doit être, selon 1 Timothée 3.2 et Tite 1.6, « mari d’une seule femme ». On définit cette expression comme « non-polygame ». On suppose donc qu’il y avait des hommes polygames dans les Églises et que cela était acceptable tant que ces hommes ne cherchaient pas à devenir évêques.

Au moins deux problèmes enlèvent la force de cette objection. Premièrement, le fait de préciser un péché qui disqualifie un homme de la charge d’évêque ne signifie pas que ce péché était tolérable chez les membres « ordinaires » de l’Église. Au contraire, il y a une correspondance remarquable entre les listes de péchés dans la discussion de la discipline en 1 Corinthiens 5 et celle des qualifications des évêques en 1 Timothée 3 et Tite 1. Paul dit à l’Église en 1 Corinthiens 5.11 de ne pas avoir de relations avec un soi-disant frère qui serait impudique, cupide, outrageux, ivrogne ou ravisseur. On ne devait pas tolérer ces péchés dans l’Église. Et pourtant, Paul se donne la peine de disqualifier ces mêmes personnes du ministère de l’évêque. On doit s’éloigner du frère cupide, et choisir comme évêque un homme « désintéresse » (littéralement, « n’aimant pas l’argent » ; la version TOB dit « ni cupide »). On doit s’éloigner du frère outrageux (insulteur), et choisir comme évêque un homme qui n’est pas « coléreux », mais plutôt « pacifique ». On doit s’éloigner du frère ivrogne, et choisir comme évêque un homme qui n’est pas « adonné au vin » (la version TOB dit « buveur »). On doit s’éloigner du frère ravisseur (voleur, filou) et choisir comme évêque un homme qui n’est pas « porté à un gain déshonnête ». De même, il faut s’éloigner du frère impudique, et choisir comme évêque un homme qui est « mari d’une seule femme ». Paul ne suppose nullement que ces différents péchés seront tolérés parmi les chrétiens. Il insiste seulement sur la pureté morale qui doit caractériser ceux qui sont chargés de surveiller le troupeau de Dieu. Comment pourraient-ils conduire et parfois corriger les autres si eux-mêmes vivaient en violation des lois de Dieu ?

Le deuxième problème dans le raisonnement cité plus haut est la définition de « mari d’une seule femme ». En fait, le terme n’est pas simplement le contraire de polygame. Les mots qui sont utilisés en grec sont très généraux : « un homme » (pas « un mari ») « à une seule femme » (pas « à une seule épouse »). L’expression disqualifie en même temps le polygame, l’adultère, et celui qui répudie sa femme pour autre cause que la fornication et qui en épouse une autre ; l’expression ne se réfère pas exclusivement à la polygamie. En effet, Paul utilise l’inverse exacte de cette expression en 1 Timothée 5.9 où il dit qu’une veuve soutenue par l’Église devait avoir été « femme d’un seul mari ». Ce n’est pas que certaines femmes avaient eu plusieurs maris à la fois ; Paul parle simplement de la fidélité envers son conjoint.

L’évangélisation

Pour beaucoup de chrétiens, le vrai problème en ce qui concerne la polygamie, c’est l’évangélisation. Ils trouvent que l’exigence de renoncer à la polygamie est un obstacle insurmontable au salut de ceux qui ont déjà plus d’une femme. On veut annoncer une bonne nouvelle, mais on se voit plutôt comme celui qui vient pour briser un foyer. On veut que ses parents ou ses amis polygames se donnent au Seigneur, mais on est certain qu’ils rejetteront l’Évangile s’ils doivent se séparer de leurs femmes.

Certes, on ne trouve aucun plaisir à informer quelqu’un que son mariage n’est pas acceptable devant Dieu. On a raison de penser qu’il lui serait très difficile de changer de vie. Pourtant, cela ne doit pas nous empêcher d’enseigner, avec de la prière et de l’amour sincère, ce que la Parole de Dieu demande. Nous devons être convaincus que quiconque peut se repentir du péché et devenir enfant de Dieu (1 Tim. 1.15,16). Ce n’est pas à nous de décider qu’une personne n’obéirait pas à la volonté de Dieu, et donc refuser de lui annoncer la bonne nouvelle. De nombreuses personnes que l’on aurait cru trop enfoncées dans le péché pour changer sont aujourd’hui des chrétiens fidèles. Il y a des anciens polygames qui se sont repentis et sont devenus par la suite des prédicateurs de l’Évangile. Ce n’est pas à nous non plus de diluer la Parole pour faciliter la « conversion » (2 Tim. 4.1-5).

Au premier siècle la persécution contre l’Église était très sévère. Ne pas participer au cultes païens pouvait exclure le chrétien entièrement de la vie économique et sociale. Jésus condamnait pourtant ceux qui encourageaient le compromis parmi les chrétiens (Apoc. 2.19-23). Devenir chrétien quand l’Empire romain avait déclaré la guerre contre l’Église, c’était choisir l’emprisonnement, l’enlèvement des biens, et parfois la mort. Les premiers chrétiens continuaient pourtant de prêcher au nom de Jésus. Ils n’ont pas modifié le message et ils n’ont pas raisonné que leurs auditeurs trouveraient la vie chrétienne trop difficile.

Résister à la tentation sexuelle

Résister à la tentation sexuelle 

L’immoralité sexuelle n’est pas un petit problème. Ce serait une erreur grave que de se dire: «Tout le monde commet la fornication. Dieu comprendra. Que ce soit bien ou pas, les hommes sont faits comme ça. Ce que je fais est naturel.»
Il y a des gens qui raisonnent de cette façon. Je suis persuadé, par contre, qu’il y a de nombreux croyants qui veulent bien se garder sexuellement purs. Ils acceptent le principe que les rapports sexuels sont réservés au mariage; ils ne contestent pas cet enseignement et voudraient s’y conformer. Mais la faiblesse humaine est bien là. On cède à la tentation, et on a très honte. Qui n’a pas de luttes dans ce domaine? Il n’y a pas de recette miracle pour combattre le péché sexuel, mais des conseils bibliques peuvent nous aider à lutter contre la tentation et rester purs. 
1. La Prière. 
Quand le moment approchait où Jésus serait arrêté et conduit à la mort, il a donné ce conseil à ses apôtres, qui seraient bientôt mis à l’épreuve: «Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible» (Matthieu 26.41). Il y a des situations où l’on a plus besoin de prière que de sommeil, parce qu’on manque de force spirituelle plus que de force physique. On est généralement moins fort qu’on ne le pense; il ne faut donc pas compter sur ses propres forces. Le Christ dit bien: «Car vous ne pouvez rien faire sans moi» (Jean 15.5). Paul dit, par contre, «je puis tout par celui qui me rend fort» (Philippiens 4.13). Nous avons besoin de l’aide du Seigneur, et nous devons la demander. «Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous» (1 Pierre 5.7). Si le péché sexuel est pour vous un fardeau, un souci permanent, confiez cela au Seigneur par la prière associée au jeûne. Le jeûne exprime votre tristesse face à vos défaites et l’urgence de la demande que vous adressez à Dieu.
En parlant de la prière, il est vrai que nous devons prier en tout temps pour que Dieu nous aide par rapport à nos faiblesses. Mais il est aussi vrai que la prière est très utile au moment même où l’on sent la tentation. Quand les pensées impures se présentent à notre esprit, nous devons demander tout de suite à Dieu, et cela avec ferveur, de nous aider à les repousser. Soulignons aussi qu’il faut vouloir sincèrement ce qu’on demande. Quelqu’un a raconté à C.S. Lewis « qu’adolescent il priait constamment pour rester chaste. Cependant, il prit conscience des années plus tard que lorsque ses lèvres murmuraient : “O Seigneur, rends-moi chaste”, son cœur secrètement ajoutait: “mais je t’en prie, pas tout de suite” ». 
2. Les précautions (garde-fous). 

Quand nous avons du mal à éviter un péché, nous avons besoin d’examiner honnêtement notre vie et nos habitudes pour savoir dans quelles situations nous sommes aptes à commettre ce péché. (Il serait utile aussi de constater dans quelles conditions les autres cèdent à ce genre de tentation. Même si nous ne nous sommes pas encore rendu coupables dans une situation pareille, il est probable que le danger nous guette aussi.) Ayant identifié ces situations, nous devons prendre les précautions nécessaires pour les éviter, quand bien même ces précautions nous coûteraint très cher. C’est là essentiellement le conseil que Jésus donne d’une manière figurée en Matthieu 5.28- 29: «Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son coeur. Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne.». Mais quelles sortes de situation pourraient être si dangereuses? Cela dépend des personnes. Pour certains, «l’œil droit» pourrait représenter une personne: une femme avec qui vous avez des rapports ou habitez en concubinage. Si vous ne pouvez pas l’épouser, il est mieux de rompre complètement avec elle. Ou bien, s’agit-il peut-être d’un ami ou un cousin qui vous entraîne souvent avec lui dans des activités immorales. Votre amitié avec cette personne est de longue date et vous l’aimez bien, mais l’association avec elle vous mène à la ruine spirituelle. Il faut avoir le courage de refuser ses invitations de sortir ensemble, même si vous perdez ainsi son amitié. D’autres personnes participent à des loisirs qui les rendent moins capables de résister à la tentation sexuelle. La consommation d’alcool est un piège de ce genre. Ce n’est pas un hasard que l’on trouve très souvent des bars et des hôtels côte à côte dans des quartiers qui sont très «animés» la nuit. On s’enivre un peu, et voilà qu’on est plus ouvert à l’idée de commettre la fornication. La danse est un autre loisir qui s’avère dangereux. Les soirées dansantes préparent souvent le terrain au péché sexuel. L’habillement, la musique, et les mouvements des corps sont généralement choisis pour éveiller les désirs charnels. Il y a des endroits où certaines personnes ne peuvent en aucun cas se rendre si elles veulent se garder pures. Tout chrétien ferait bien de ne pas aller dans une boîte de nuit ou s’arrêter devant un stand de revues pornographiques. Mais certains ne devraient pas aller dans un cybercafé non plus, parce qu’ils n’arrivent pas à résister à la tentation de visiter des sites pornographiques. (Certains chrétiens ont les moyens d’avoir à domicile un ordinateur avec connection à l’internet, mais pour la raison déjà évoquée il pourrait leur être nécessaire de s’en passer.) Bien sûr, il y a des chrétiens qui ne sont pas attirés par ce mauvais côté de l’internet, et ils peuvent naviguer sans que cela soit pour eux une occasion de chute. Mais il faut se connaître et avoir le courage d’«arracher son oeil droit» si cela est nécessaire pour sa vie spirituelle. Donnez-vous des règles. Que ces règles soient nécessaires pour les autres ou pas, ce seront pour vous des garde-fous qui vous aideront à ne pas dévier du droit chemin. Sachez, néanmoins, que la bataille sera remportée ou perdue au niveau de l’esprit. Après tout, je suis généralement capable de démonter les garde-fous que j’ai moi-même mis en place. 
3. Les pensées.

Il serait impossible de surestimer l’importance de notre pensée dans cette lutte contre le péché, et cela pour au moins deux raisons: (1) On peut pécher sans «passer à l’acte» – la simple pensée de mon coeur peut être un péché grave devant Dieu (Actes 8.22); mais en plus, (2) les mauvais actes que je commets commencent par des pensées et des intentions. Jésus dit en Marc 7.21-23: «Car c’est du dedans, c’est du coeur des hommes,que sortent les mauvaises pensées, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l’homme». La Bible en Français Courant dit: «Du coeur de l’homme viennent les mauvaises pensées qui le poussent à agir de façon immorale, à voler, etc.» Voilà pourquoi Proverbes 4.23 nous conseille: «Prends garde à ce que tu penses au fond de toi-même: c’est plus important que tout, car ta vie en dépend» (FC).
En Romains chapitre 8 l’apôtre Paul décrit deux manières de vivre: selon la chair et selon l’Esprit. La première manière, celle du monde, reconduirait le chrétien à la mort spirituelle dont il s’est échappé lors de sa conversion; la deuxième manière, celle qui est selon l’Esprit, conduira le chrétien à la vie. Paul dit à partir du verset 5, «ceux, en effet, qui vivent selon la chair, s’affectionnent aux choses de la chair, tandis que ceux qui vivent selon l’esprit s’affectionnent aux choses de l’esprit » (Romains 8.5). Pour comprendre ce passage très important, il faut connaître le sens de «s’affectionner à» quelque chose. Il s’agit de s’attacher à, de se préoccuper de, ou de mettre sa pensée sur la chose en question. La chair dans ce passage n’est pas synonyme de «corps»; le corps lui-même est une merveilleuse création de Dieu, et il n’est pas présenté dans l’Ecriture comme étant mauvais. La chair désigne ici la pensée et les désirs de l’homme qui s’est éloigné de la volonté de Dieu; c’est notre penchant vers le péché; c’est ce qui est faible ou perverti en nous, ce qui est indigne. Une attitude charnelle peut s’exprimer dans la jalousie et les disputes (1 Corinthiens 3.3), ainsi que dans l’égoïsme et l’amour de la richesse. Mais «la chair» se réfère souvent d’une manière particulière aux appétits corporels, aux désirs sensuels qui finissent par contrôler notre vie. L’apôtre Paul poursuit aux versets 6-8: «Et l’affection de la chair, c’est la mort, tandis que l’affection de l’esprit, c’est la vie et la paix; car l’affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu’elle ne le peut même pas. Or ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu.» Vivre avec la pensée fixée sur la chair et ses désirs nous rend ennemis de Dieu. On ne peut pas vivre avec de telles pensées et se soumettre à Dieu. C’est impossible. En Romains 13.14 Paul nous dit: «N’ayez pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises». Ne pas avoir soin de la chair, c’est ne pas permettre à notre pensée d’être fixée sur nos mauvais désirs. Quand nous nous préoccupons trop des envies de notre corps et de notre nature pécheresse, nous penserons bientôt aux moyens de les satisfaire. Plus on y pense, plus les convoitises deviennent fortes et plus on a du mal à ne pas y céder. Il faut absolument lutter contre l’impureté dans le cœur si on veut l’éliminer des actions. Il faut tuer le serpent dans l’oeuf en repoussant les pensées et les intentions impures dès qu’elles se présentent à notre esprit. Si l’on n’essaie pas de supprimer ces idées tout de suite, les chances de céder à la tentation augmentent énormément.
Un humoriste a remarqué: «Le moyen le plus sûr de faire disparaître la tentation est d’y céder». Quand on a très envie de manger de la banane, cette envie disparaît quand on finit d’en manger. Parfois, étant dans la tentation, on se dit: Je le ferai juste cette fois-ci (ou seulement jusqu’à tel moment), et après je me repentirai. Je ne le ferai plus. Et juste après l’acte on peut être pris d’un remords réel, de sorte qu’on croie sincèrement qu’on ne répétera pas la faute. Mais l’appétit sexuel, comme tous les autres, s’accroît si l’on s’y abandonne. Les affamés pensent sans doute beaucoup à la nourriture, mais les gloutons aussi. Admettons qu’il est souvent difficile à celui qui est privé de rapports sexuels de ne pas y penser, mais les chercheurs nous disent que plus on fait l’amour, plus on a envie de le faire. Plus on est exposé aux stimulations sexuelles, plus le désir sexuel grandit. Encore, il vaut mieux tuer le serpent dans l’œuf; il est quand même plus facile de lutter contre des pensées seulement, plutôt que des pensées plus des habitudes enracinées.
Comment, alors, pouvons-nous conserver pure notre pensée?
Premièrement, nous devons refuser de fixer notre attention sur les plaisirs immoraux. Mon cœur ne peut pas méditer ce qui est pur, si je le nourris de l’impureté. Je ne peux pas éviter les fantaisies charnelles (qui risquent de mener tôt ou tard aux actes charnels) si je me permet de contempler les clips vidéos qui passent à longueur de journée sur certaines chaînes de télévision et dans lesquels de beaux hommes et de jolies femmes font étalage de leurs corps de manière à exciter les désirs de tous ceux qui regardent. Je ne peux pas éviter les pensées impures si je me permet de lire des romans ou des revues qui aiguisent mon appétit sexuel, de regarder des films érotiques, ou de jeter des regards de convoitise sur les filles qui passent dans la rue habillées de la manière la plus séduisante. Je dois aussi m’abstenir de visiter des sites internet qui présentent de quoi m’exciter sexuellement. Voilà pourquoi nous trouvons des versets comme Job 31.1: «J’avais fait un pacte avec mes yeux, et je n’aurais pas arrêté mes yeux sur une vierge», et Psaume 119.37: «Détourne mes yeux de la vue des choses vaines. Fais-mois vivre dans ta voie!» Nous devons apprendre à détourner nos yeux de ce qui ne peut que nous entraîner dans l’impureté.
Mais il ne suffit pas de dire: «Ne pensez pas à telle chose». Supposez que vous voulez renoncer à consommer du chocolat. Si je vous dis: «Ne pensez pas au chocolat. N’imaginez pas le goût d’un bonbon au chocolat, d’une truffe ou bien d’un éclair au chocolat», c’est un bon conseil. C’est bien ce que vous devez faire si vous allez cesser de manger du chocolat. Mais je vous aiderais peut-être davantage si, au lieu de vous dire constamment de ne pas penser au chocolat, j’arrivais à vous distraire par autre chose qui n’a rien à voir avec le chocolat. Ainsi, la Bible nous dit non seulement de ne pas exciter nos propres désirs charnels, mais elle nous conseille de remplir notre pensée de ce qui est positif et en harmonie avec la sainteté: «Je dis donc: Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair» (Galates 5.16); «Au reste, frères, que tout ce quiest vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l’objet de vos pensées» (Philippiens 4.8). Remplissez votre esprit de la parole de Dieu, l’apprenant par cœur. Remplissez vos heures libres de prière, de service au nom de Christ et de moments de communion fraternelle avec le peuple de Dieu. Remplissez vos yeux de la beauté de la nature, la création de Dieu. Remplissez votre bouche d’actions de grâce et de bonnes paroles d’encouragement. Laissez le moins de place possible dans votre vie où pourrait s’introduire ce qui est charnel et mondain.
4. La persévérance.
La lutte contre le péché sexuel demande une vigilance éternelle. On peut surmonter la tentation pendant plusieurs jours ou bien trouver que pendant un certain temps on n’est même pas tenté de commettre un péché sexuel. Mais la parole de Dieu et la vie elle-même nous apprennent à ne jamais baisser notre garde. Rappelez-vous ce que Luc 4.13 nous dit au sujet de la tentation que subit Jésus au désert: «Après l’avoir tenté de toutes ces manières, le diable s’éloigna de lui jusqu’à un moment favorable.» Tant que nous serons dans ce monde, Satan reviendra pour tester nos défenses spirituelles. Il sait attendre un moment de faiblesse. L’avertissement de l’apôtre Pierre est tout à fait à propos: «Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera » (1 Pierre 5.8). Il rôde autour de nous. Il cherche une occasion. Il veut nous surprendre. N’ayons pas une confiance excessive en nous-mêmes. Tout comme l’alcoolique qui arrête de boire mais ne peut plus jamais consommer de l’alcool sans danger de retomber dans l’ivrognerie, nous devons toujours prier, laisser nos «garde-fous» en place et veiller sur nos pensées.
Quand il nous arrive de céder à la tentation sexuelle, il y a des choses à ne pas faire pour aggraver la situation. D’un côté, nous ne devons pas minimiser la gravité de notre faute. Chaque échec risque de nous enfoncer davantage dans notre problème, de nous soumettre à l’esclavage moral et spirituel. Le péché est une sorte d’addiction; il nous rend esclaves. Pierre dit au sujet de certains faux docteurs qui égaraient des chrétiens à l’époque: «Ils leur promettent la liberté, quand ils sont eux-mêmes esclaves de la corruption, car chacun est esclave de ce qui a triomphé de lui» (2 Pierre 2.19). Paul dit à certains chrétiens à Corinthe qui justifiaient leur immoralité: «Alors tout m’est permis, ditesvous.Certes, mais tout n’est pas bon pour moi. Je puis tout me permettre, c’est vrai, excepté de me placer sous un esclavage quelconque. J’entends, moi, ne me laisser dominer ou asservir par rien» (1 Corinthiens 6.12, version Parole Vivante). Ecoutez l’avertissement urgent de l’auteur de l’Epître aux Hébreux: «Prenez garde, frères, que quelqu’un de vous n’ait un cœur mauvais et incrédule, au point de se détourner du Dieu vivant. Mais exhortez-vous les uns les autres chaque jour, aussi longtemps qu’on peut dire: Aujourd’hui! afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse par la séduction du péché.» Le péché nous séduit, et plus nous commettons un péché, plus notre coeur tend à s’endurcir, à ne plus ressentir de la peine face à notre culpabilité, à ne plus avoir le désir ardent de surmonter ce péché dans notre vie. Ne minimisons pas donc le mal que nous avons commis, et le mal que nous faisons contre nous-mêmes.
Mais de l’autre côté, nous ne devons pas désespérer face à nos échecs. Certes, il est difficile de rester pur, mais «difficile» n’est pas la même chose qu’«impossible». Nous savons, en effet, que Dieu ne demande jamais l’impossible. «Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter » (1 Corinthiens 10.13). Il est vrai que ce verset ne me console pas quand je viens de céder à la tentation, car il me rappelle que je suis quand même inexcusable: j’aurais pu résister. Mais il m’encourage si je veux bien reprendre la lutte. Il m’assure que je ne serai jamais sans choix, obligé de pécher malgré ma volonté de rester pur. Avec Dieu la victoire est bien possible. Et en plus, Dieu veut que je réussisse, malgré toutes les fois où je l’ai déçu. Il veut qu’au lieu de baisser les bras je me remette sur les pieds pour essayer de mieux faire la prochaine fois. Il me dit: «Rejettez loin de vous toutes les transgressions par lesquelles vous avez péché; faites-vous un coeur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi mourriez-vous maison d’Israël. Car je ne désire pas la mort decelui qui meurt, dit le Seigneur, l’Eternel. Convertissez-vous donc, et vivez» (Ezéchiel 20.31,32). «Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous?» (Romains 8.31). Tant que je suis prêt à me détourner sincèrement du mal et renouveler ma décision de lutter de toutes mes forces contre le péché dans ma vie, je suis assuré que Dieu m’acceptera de nouveau et sera là pour m’aider.
Gloire à Dieu pour sa grâce en Jésus-Christ! Elle nous donne le courage de reprendre la lutte contre les mauvais désirs en nous. Mais attention! Certains, selon Jude 4, «changent la grâce de Dieu en débauche», c’est-à-dire ils traitent la grâce et la patience de Dieu comme un permis, un laisse-passer ou une autorisation qui permettrait de vivre dans le péché sans conséquence. Ils vivent selon leurs convoitises, comptant sur la grâce de Dieu et ne faisant pas de vrais efforts pour combattre le péché. Or, le pardon que Dieu nous offre devrait avoir l’effet contraire sur nous. Tite 2.11,12 dit: «Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été manifestée. Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété». A cause de la grâce de Dieu, je peux avoir de l’espérance, l’espérance de la vie éternelle avec mon Seigneur Jésus dans la gloire. Or, comme 1 Jean 3.3 le dit: «Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui-même est pur.»
Comment obtenir la purification du péché
Pour jouir de cette espérance, il faut bien lutter contre le péché dans sa vie. Mais il faut aussi recevoir la purification des péchés qu’on a déjà commis. Ce n’est pas le simple passage du temps qui les fait disparaître. De même, on ne peut pas faire assez de bonnes oeuvres pour neutraliser son passé. Une seule chose peut effacer les péchés que vous avez commis, que ce soit des péchés sexuels ou d’autres sortes de péchés: le seul remède est le sang de Jésus-Christ.
Pour que ce sang vous purifie, il faut croire en Jésus-Christ, vous repentir de vos péchés, déclarer votre foi devant les autres, et vous faire immerger (baptiser) pour le pardon de vos péchés (Romains 3.25; Actes 17.30; Matthieu 10.32,33; Actes 2.38). «Maintenant, que tardes-tu? Lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur» (Actes 22.16).
B.B.

(dans Vol. 8, No. 3)

Le mythe des rapports protégés

Le mythe des rapports protégés

J’ai perdu quelqu’un qui m’était très cher. Pendant plus de dix ans il avait participé active- ment à toutes les activités de l’Eglise; il prêchait, il encourageait, il conduisait des cantiques, il jouait dans les matchs de football que les frères organi- saient pour passer du temps ensemble, il rendait visite aux autres, il évangélisait, il était un modèle d’engagement envers le Seigneur. Pour moi per- sonnellement, ce frère en Christ a été comme un membre de ma famille. Il y avait un amour sincère et profond entre nous.

Pendant deux semaines de sa maladie il vivait avec ma famille pour que nous nous occu- pions de lui. Nous avons vu ses souffrances de près, et nous avons souffert avec lui. Nous gardons de précieux souvenirs de ce frère bien-aimé.

Ce que je vais vous dire ici n’enlève rien à l’amour que nous avons eu pour lui. Je crois, cependant, qu’il est nécessaire de vous le dire, parce que nous avons des leçons à apprendre.

Mon frère est mort du SIDA. Quand il est devenu complètement fou, quand il se faisait insul- ter dans la rue à cause de ses comportements bizarres, quand on le voyait entrer et sortir de la salle de réunion une douzaine de fois pendant une étude biblique, lentement et en traînant les pieds, c’est le SIDA qui en était la cause. Quand il se plaignait des plaies dans la bouche et des plaies sur ses par- ties privées, quand il disait: «Ma peau est gâtée», c’était à cause du SIDA. Quand il faisait la diarrhée jusqu’à une douzaine fois dans la nuit et vomissait quand il voulait manger, c’était le SIDA. Et quand il est mort à l’âge de 30 ans, laissant une mère inconsolable, c’était le SIDA.

Le vrai ennemi: le péché

Comprenez-moi, le SIDA n’est pas le vrai ennemi. C’est le péché. Une semaine avant sa mort, mon frère bien-aimé a confessé qu’il avait commis la fornication. Il l’avait commis avant de devenir chrétien, mais il l’a aussi commis tout au long de sa vie chrétienne. Il avait très bien caché son péché de nous autres, mais il ne pouvait pas en cacher les conséquences. Il avait eu des rapports avec plu- sieurs filles, mais avec une il avait continué pen- dant neuf ans! Celle-là est morte du SIDA trois mois avant notre frère. Dieu seul sait qui a infecté qui.

J’ai connu plusieurs autres frères et sœurs en Christ qui sont morts du SIDA. Généralement, la cause de leur mort n’était pas connue de l’entou- rage de ces personnes, surtout parce qu’elles craignaient d’être abandonnées.

J’ai donc beaucoup pensé au SIDA et à ce problème d’immoralité si répandue, même chez des gens qui sont, à part ce péché, des chrétiens très fidèles. (Bien entendu, il y a des innocents infectés du SIDA: des nouveau-nés qui naissent avec la maladie, ceux qui ont reçu des transfusions de sang contaminé, et des conjoints dont les partenaires infidèles les ont infectés. Nous parlons plutôt de ceux qui se font infecter par leurs propres rapports sexuels en dehors du mariage.) Mon but dans cet article n’est pas d’honnir la mémoire de ceux qui sont morts, mais d’en tirer des leçons. Il est évi- dent, en effet, qu’il y en a beaucoup dans l’Eglise qui vivent dans le péché sexuel. Il est douloureux de penser à ce qui est arrivé à mon frère, mais l’Ecclésiaste 7.2 dit: «Mieux vaut aller dans une

maison de deuil que d’aller dans une maison de festin; car c’est là la fin de tout homme, et celui qui vit prend la chose à cœur».

Etant en quelque sorte dans la maison de deuil, je voudrais qu’on prenne à cœur une leçon concernant le SIDA. Il faut qu’on apprenne comment éviter le sort qui vient d’être décrit. La manière de l’éviter n’est pas ce qu’on appelle souvent «les rapports protégés», cette expression que nous entendons et voyons dans les campagnes de sensi- bilisation contre le SIDA: les pancartes, les affi- ches, les propos sur la radio, etc. En fait, toute cette propagande sert à répandre un mythe. Elle fait penser aux paroles de Jérémie 6.14 concernant les faux prophètes de son temps: «Ils pansent à la légère la plaie de la fille de mon peuple: Paix! Paix! disent- ils; et il n’y a point de paix». Le mythe des rapports protégés fait penser également aux paroles de II Timothée 4.3,4: «Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables.» Ceux qui prônent l’emploi des préserva- tifs comme protection contre le SIDA ne font que donner un message calculé pour plaire aux audi- teurs. On sait fort bien que la moralité biblique est la seule façon très sûre d’éviter les maladies sexuellement transmissibles, mais on estime que les jeunes «détourneront l’oreille» d’une telle idée.

Les préservatifs sont incapables de protéger contre le SIDA

Contrairement à ce qu’on nous dit, les préservatifs, ou capotes, ne peuvent pas bloquer le passage du virus du SIDA. Ils ne sont pas même un moyen très sûr d’empêcher les grossesses. Premièrement, ils sont parfois défectueux. Ils échouent 26% du temps parce qu’ils ne restent pas bien en place ou ils se déchirent. Deuxièmement, ils sont souvent inefficaces parce qu’ils sont utilisés incorrectement. Une étude aux Etats-Unis a trouvé que parmi une classe de femmes non- mariées, les préservatifs n’empêchent pas la gros- sesse 44% du temps. Troisièmement, l’emploi des préservatifs ne marchent souvent pas parce qu’ils ne sont pas utilisés chaque fois. Certaines études, encore aux Etats-Unis, ont montré que seulement 5-17% de la population utilise des préservatifs pour tous leurs rapports sexuels. (Même chez les cou- ples où l’un des partenaires est infectés du SIDA – ceux qui auraient le plus intérêt à employer les préservatifs, 50% ne les utilisaient pas pour tous leurs rapports sexuels. Une femme ne peut pendre grossesse qu’au maximum huit jours dans le mois, mais le SIDA se communique 365 jours par an. Une seule erreur après 500 rapports «protégés» suffit pour contracter la maladie.

Une étude de jeunes aux Etats-Unis, réalisée de 1988 à 1995, montra que l’utilisation des préservatifs augmenta de 33% au cours des années de l’étude. Le nombre de naissances (sans compter les avortements) parmi les adolescents non-mariés augmenta de 31,2% dans la même période. Encore on voit un indice de l’inefficacité des capotes. Mais on voit aussi un piège dans la distribution de préservatifs: elle incite à une activité sexuelle plus élevée.

Les préservatifs ne réussissent donc pas toujours à empêcher les grossesses. Ils ne sont pas un moyen efficace pour empêcher les maladies vénériennes, non plus.

Le 26 juillet 2001 deux associations qui représentent 10.000 médecins ont publié un rapport selon lequel les préservatifs sont «un peu efficaces» pour protéger les hommes contre la gonorrhée, mais qu’ils ne sont pas efficaces du tout pour protéger les femmes. En plus les préservatifs n’étaient efficaces ni chez les hommes ni chez les femmes pour combattre d’autres maladies sexuellement transmissibles (MST), à savoir la syphilis, l’herpès génital, la tricomonoase, la chalamydia, et le papillomavirus, qui, à propos, tue chaque année plus de femmes que le SIDA. Sachez que ces mal- adies peuvent provoquer, avant d’être guéries, la stérilité, qui demeure même après le traitement de l’infection. En plus, il y a aujourd’hui des espèces de gonorrhée qui résistent aux antibiotiques et que l’on ne peut donc pas soigner. Si les préservatifs ne protègent pas contre ces autres MST, il n’y a pas de raison pour croire qu’ils protégeront contre le SIDA.

Il n’est même pas possible de tester un préservatif pour voir s’il pourra empêcher le virus de passer. En effet, le virus est la dixième de la taille du plus petit trou que l’on puisse détecter. Il est 450 fois plus petit que le sperme, qui pourtant passe par certains trous dans les préservatifs.

Des chercheurs ont étudié les gants chirur- gicaux faits de latex, la même matière utilisée dans les préservatifs. Ils ont trouvé des passages de cinq microns qui traversaient toute l’épaisseur de ces gants. (Il faut un million de microns pour faire un mètre.) Or, cinq microns est 15 à 50 fois plus large que le virus du SIDA.

Même les chercheurs professionnels sur la sexualité qui parlent souvent des «rapports protégés» savent que les préservatifs ne protègent pas. Lors d’une conférence qui réunissait 800 de ces chercheurs, pas un seul n’a soulevé la main quand on leur demanda s’ils feraient confiance à une capote pour les protéger en ayant des rapports avec une personne séropositive.

Retenons ceci: les rapports «protégés» ne le sont pas. 

Beaucoup de personnes qui travaillent pour arrêter le fléau du SIDA n’insistent pas sur l’absti- nence. Elles sont convaincues que les jeunes vont commettre la fornication de toute manière, quoi- qu’on fasse; recommander l’abstinence n’est donc pas, selon elles, une approche réaliste au problème. On pourrait faire la même remarque concernant l’emploi des préservatifs. Sur une période de 22 ans le gouvernement américain a dépensé 2,5 milliards de dollars (l’équivalent de 1,300 milliards de francs cfa) pour promouvoir l’usage des préservatifs et l’idée des rapports protégés. Au bout de ce temps et cette dépense, 57% des adolescents sexuellement actifs n’employaient JAMAIS de préservatifs, et beaucoup d’autres les employaient mal ou seulement de temps en temps. Pensez-vous que le pourcentage en Afrique ou ailleurs dans le monde soit plus élevé?

Le message sur l’abstinence, par contre, n’est pas aussi inacceptable aux jeunes qu’on ne le pense. Beaucoup de jeunes écouteront l’appel à l’abstinence. Environ 50% des lycéens aux Etats- Unis sont encore vierges, malgré la propagande sexuelle à laquelle ils sont tous les jours exposés. Selon une étude, 62,7% pratiquent l’abstinence.

Lors d’un sondage de 1000 filles de 16 ans ou moins qui n’étaient plus vierges, 85% ont répondu qu’elles aimeraient apprendre à dire «non» aux rapports sexuels sans blesser l’autre per- sonne. Dans un programme pour encourager l’ab- stinence à Washington, D.C., seul 1% des partici- pants ont pris grossesse, et 90% ont réussi à s’ab- stenir totalement des rapports. Dans un autre pro- gramme l’activité sexuelle a diminué de 54%.

Supposez que votre fils ou fille était para- chutiste, mais que la sorte de parachute qu’on lui donnait ne fonctionnait pas 50% du temps. Diriez- vous simplement à votre enfant de mieux attacher la ceinture du parachute avant de sauter de l’avion? Bien sûr que non! Vous lui diriez: «Je t’en prie, ne saute pas! Ta vie est dans le plus grand danger!» Les préservatifs ne donnent aucune garantie de protection contre le SIDA. Mais supposez qu’ils marchaient 50% du temps. Faudrait-il dire aux gens de toujours les utiliser quand ils font des rap- ports sexuels en dehors du mariage? Pas du tout! Il faudrait leur dire: «Je vous en prie, abstenez-vous. Votre vie même est en danger!»

Ce que la Bible nous recommande

La loi de Dieu est assez simple: «soit le mariage avec fidélité absolue au conjoint, soit l’ab- stinence totale». La Bible se réfère à plusieurs sor- tes de péchés sexuels par les termes «immoralité», «fornication» ou «impudicité». Ce sont des syno- nymes. Parmi les péchés sexuels sont les suivants: l’adultère (c’est-à-dire les rapports sexuels d’une personne mariée avec tout autre que son mari ou sa femme légitime), la prostitution, la polygamie (qui, si l’on veut bien voir n’est qu’une forme d’adultère), l’inceste (ou rapports sexuels entre proches parents), les rapports homosexuels (c’est-à-dire entre deux hommes ou entre deux femmes), et la bestialité (c’est-à-dire des actes sexuels entre une personne et un animal). Bien que la plupart de ces choses soient pratiquées presque partout dans le monde, ces péchés sont très souvent reconnus comme tels. La majorité d’hommes n’approuvent pas l’adultère, la prostitution, l’homosexualité, l’inceste, et les autres. Mais il y a une autre forme de fornication qui est encore plus fréquente et sou- vent tolérée comme étant naturelle. Certains ne se rendent même pas compte qu’il s’agit d’un péché. Pourtant, quand la Bible emploie les mots «fornica- tion» ou «impudicité», c’est souvent précisément de cette forme de péché sexuel qu’elle parle: il s’a- git des rapports sexuels entre deux célibataires. Il s’agit parfois de rapports où aucun engagement à long terme n’est attendu. On peut donc avoir plu- sieurs partenaires sexuels au cours d’une année. De l’autre côté il peut s’agir de ce que certains appellent le «concubinage», c’est-à-dire les rap- ports entre deux personnes qui vivent ensemble, même pendant des années, mais qui ne sont pas mariées. Tous ces comportements sont hors du plan de Dieu et condamnés par sa sainte loi.

Qu’est-ce que Dieu veut pour nous dans ce domaine? Selon I Thessaloniciens 4.3-8: «Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification, c’est que vous vous absteniez de l’impudicité; c’est que chacun de vous sache posséder son corps dans la sainteté et l’honnêteté, sans vous livrer à une convoitise passionnée, comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu; c’est que personne n’use envers son frère de fraude et de cupidité dans cette affaire, parce que le Seigneur tire vengeance de toutes ces choses, comme nous vous l’avons déjà dit et attesté. Car Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais à la sanctification. Celui donc qui rejette ces préceptes ne rejettent pas un homme, mais Dieu, qui vous a aussi donné son Saint-Esprit.» Dieu ne veut pas que nous soyons les esclaves de nos désirs sexuels mais que nous en soyons les maîtres. Il ne veut pas que nous exploitions les autres, que nous nous servions des autres comme des objets pour satisfaire nos convoitises. Il veut que nous reconnaissions les principes de pureté sexuelle comme étant donnés par le Créateur de tout être humain, celui qui sait parfaitement ce qui est mieux pour nous; ces règles ne sont pas l’invention de simples hommes qui veulent priver les autres de plaisir et satisfaction. Le péché sexuel, comme tout autre péché, est un refus de se soumettre à la volonté et la sagesse du Créateur; c’est aussi une déformation, une corruption de la sexualité voulue par Dieu depuis le commencement. Ce don de Dieu qu’est la sexualité a pour but non seulement la procréation, mais aussi de rendre plus profonde et intime l’union de l’homme et son épouse; c’est une expression de l’amour que l’on réserve exclusivement pour son conjoint, celui ou celle à qui l’on s’unit jusqu’à la mort.

Quelle est l’attitude de Dieu à l’égard des actes d’immoralité par lesquels la sexualité humai- ne est détournée de sa raison d’être, pervertie et dévalorisée? Nous avons déjà vu dans le passage précédent, I Thessaloniciens 4, que Dieu «tire ven- geance de toutes ces choses». Hébreux 13.4 rep- rend la même idée: «Que le mariage soit honoré de tous, et le lit conjugal exempt de souillure, car Dieu jugera les impudiques et les adultères.» Ces péchés excitent sa colère. Colossiens 3.5-7 dit: «Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre, l’impudicité, l’impureté, les passions, les mauvais désirs, et la cupidité, qui est une idolâtrie. C’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion, parmi lesquels vous marchiez autrefois, lorsque vous viviez dans ces péchés.» Pour Dieu, user les membres sexuels de mon corps contrairement à sa loi, c’est souiller son saint temple, car, depuis mon baptême en Christ, son Esprit habite en moi. Paul nous exhorte en I Corinthiens 6.18-20: «Fuyez l’impudicité. Quelque autre péché qu’un homme commettent, ce péché est hors du corps; mais celui qui se livre à l’impudicité pèche contre son propre corps. Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous- même? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu.»

Toute personne a intérêt à se conserver pure sexuellement, pour sa propre protection contre le SIDA et d’autres maladies, pour le bonheur de son mariage, et pour ne pas exciter la colère de son Créateur. Le chrétien a, en plus, le désir de conser- ver son corps dans un état digne de l’hôte divin qui demeure en lui, le Saint-Esprit. Se conserver pur veut dire qu’on reste vierge jusqu’au mariage, et qu’on est fidèle à son conjoint après s’être marié.

B.B.

(dans Vol. 8, No. 2)

L’avortement

L’avortement

Introduction
Vous savez probablement ce que c’est qu’une échographie: A l’aide d’un appareil, on peut voir ce qui est dans notre corps. Souvent, quand une femme est enceinte, surtout si elle a un problème, le médecin lui dit de faire faire une échographie.
Une femme aux USA qui s’appelle Shari Richard travaille avec ces appareils d’échographie. Elle voit tous les jours ce qui se passe dans le ventre des femmes enceintes. Elle a fait cette remarque: « Si les ventres avaient des fenêtres, l’avortement cesserait. »
Que voulait-elle dire par là? Cette femme connaît très bien ce qui se passe quand on fait une interruption volontaire de grossesse, ce que nous appelons communément un avortement. Beaucoup de gens ne savent pas comment cela se passe, surtout dans des pays où c’est un acte défendu et qui a lieu le plus souvent en cachette.
Il y a plusieurs méthodes. Une méthode s’appelle « Dilatation et Evacuation ». Il s’agit de tuer l’enfant dans le ventre et de l’enlever morceau par morceau. Le docteur insère des pinces et arrache une jambe. Puis il arrache une autre jambe. Puis il arrache un bras, et l’enfant peut toujours être vivant. Selon les échographies, l’enfant lutte pour éviter les pinces. Puis on arrache l’autre bras. Puis on écrase la tête du bébé et le fait sortir.
Une autre méthode consiste à injecter dans l’utérus un sérum hypertonique, c’est-àdire on procède à l’empoisonnement au sel. L’enfant est brûlé vif et meurt dans une douleur atroce..
« Si les ventres avaient des fenêtres, l’avortement cesserait. » Mais ils n’ont pas de fenêtres. Et l’avortement ne cesse pas. Au contraire, on l’a légalisé dans beaucoup de pays, et même dans des pays où c’est interdit par la loi, chacun de nous connaît au moins une femme qui a fait un avortement. C’est très répandu, et c’est un problème qui touche les chrétiens aussi bien que les autres.
Nous avons donc besoin de nous poser quelques questions à ce sujet 

Quand est-ce que la vie humaine commence?
Ceci est une question incontournable si nous voulons parler de la moralité de l’avortement. Il faut déterminer si par cet acte on serait en train de supprimer une vie humaine. Plusieurs réponses sont données.

Selon ceux qui soutiennent le droit d’avorter, la vie commence à la naissance.
Carole Everett, ancienne gérante d’une clinique spécialisée pour les avortements, a supervisé 35.000 avortements. Elle a dit que la question principale que les femmes leur posaient était: « Est-ce que c’est un bébé? » Nous leur répondions systématiquement: « Non, ce n’est qu’une boule de tissu, comme une tumeur ou un appendice. »
Très souvent nous entendons un langage qui sert à cacher la nature de l’acte de l’avortement. Quand on veut avorter, on ne parle jamais de tuer le bébé, mais de terminer la grossesse, enlever le fœtus ou le produit de conception, ou faire disparaître le ventre.

Selon la science, la vie commence lors de l’union de l’œuf de la mère et le sperme du père, c’est-à-dire, à la conception. Considérez ce qu’un enfant fait avant que la mère ne puisse même sentir sa présence: il dort et se réveille; il avale; il a les hoquets; il digère; il entend; il essaie de pleurer; il ressent la douleur; il donne des coups de pied ou de main; et il suce ses doigts. Soyons clairs: scientiquement, la naissance n’est rien d’autre qu’un changement d’environnement, un changement de domicile. Il s’agit de la continuation et non du commencement d’une vie.

Quand est-ce que la vie commence selon la Bible? Quand est-ce qu’on devient une personne?
Constatons d’abord que la Bible emploie le même mot pour l’enfant avant et après la naissance. Elisabeth dit à Marie: “Car voici, aussitôt que la voix de ta salutation a frappé mon oreille, l’enfant a tressailli d’allégresse dans mon sein.” (Luc 1.44). Le même grec est utilisé plus loin pour parler de Jésus après sa naissance. “[Les bergers] y allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche.” (Luc 2.16).
La Bible traite la formation de l’enfant dans l’utérus comme une oeuvre créatrice de Dieu. (Psaume 139.13-17; Job 31.13-15).
Elle nous dit que Dieu a consacré Jérémie comme prophète avant sa naissance. “Avant que je t’eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et avant que tu fusses sorti de son sein, je t’avais consacré prophète des nations.” (Jérémie. 1.5)
Comme nous l’avons vu, Jean-Baptiste a été rempli du Saint-Esprit et a sauté de joie quand il était dans le sein d’Elisabeth sa mère (Luc. 1.15, 44). (Une “boule de tissu”, peutelle être remplie de l’Esprit ou ressentir la joie?)
La loi de Moïse ordonnait la peine de mort pour celui qui provoquait la perte de la vie d’un enfant qui n’était pas encore né, même si cela avait eu lieu accidentellement (Exode 21.22-23).
« Le sens du passage est que si des hommes se battaient et heurtaient une femme enceinte, qui s’était peut-être approchée pour faire la paix entre eux, de sorte que son enfant sorte (naisse prématurément), et qu’aucun mal n’a été subi ni par la femme ni par le bébé, une amende devait être payée. L’amende était imposée parce que même si ni la femme ni le fruit de ses entrailles n’avait été blessé, un tel coup aurait pu mettre la vie en danger.
« Mais là où une blessure avait lieu, soit sur la mère soit sur l’enfant qu’elle portait, la loi de lex talionis s’appliquait sans distinction – au fœtus humain aussi bien qu’au parent. » – Keil et Delitzsch, commentaire sur Exode.
Tous ces donnés bibliques s’accordent sur un point: Une femme enceinte porte dans son ventre une vie humaine, une personne.

Et selon le sens commun, quand est-ce que la vie commence? Ce qui est dans l’utérus est forcément une vie puisqu’il peut mourir. Il est forcément humain – de quelle autre espèce animale veux-tu qu’il soit?
Si l’on ne veut pas reconnaître l’enfant dans le ventre de la mère comme une vie humaine, c’est qu’on peut définir la vie comme on veut. Nous pouvons dire qu’on ne devient humain que lorsqu’on est accepté par ses parents ou que la société décide que sa vie a une valeur et doit être protégée. Une loi de 1857 aux USA disait que les esclaves n’étaient pas des personnes, et donc n’avaient pas de droits. En Allemagne en 1936 la cour suprême a déclaré que les Juifs n’étaient pas des personnes et n’avaient pas droit à la protection de la loi. On peut nier l’humanité de quiconque et puis le traiter comme on veut, mais qu’est-ce que Dieu nous dira au jugement? 

Pourquoi la vie humaine a-t-elle de la valeur?
Reconnaissons donc que c’est un être humain, une personne distincte, qui vit dans le ventre d’une femme enceinte. C’est une vie humaine. Mais pourquoi cette vie devrait-elle être forcément protégée? Qu’est-ce qui fait que n’importe quelle vie humaine a de la valeur? Pourquoi pensez-vous que ce serait un crime que de vous tuer?
Ce n’est pas simplement parce que vous êtes en bonne santé physique et mentale que votre vie a une valeur. Ce n’est pas non plus parce que d’autres personnes vous aiment, parce que vous êtes utile à quelqu’un, parce que vous n’êtes pas un fardeau pour les autres, parce que vous avez de l’argent, ou parce vous habitez tel pays ou tel environnement.
La vraie raison pour laquelle vous avez de la valeur est parce que Dieu vous a créé à son image. “Si quelqu’un verse le sang de l’homme, par l’homme son sang sera vesé; Car Dieu a fait l’homme à son image.” (Genèse 9.6).
La vie humaine est sacrée. Prendre la vie à quelqu’un est donc un crime devant Dieu, un crime digne de la peine de mort.

Quels arguments sont donnés en faveur de l’avortement?
Certains recommandent aux femmes de raisonner ainsi: « Mon corps m’appartient. Si je porte cette grossesse ou pas, cela me regarde moi seul. » Cependant, en tant que chrétienne, votre corps ne vous appartient pas, mais au Seigneur. “Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenz point à vous-mêmes?” (I Corinthiens 6.19)
L’enfant que vous portez est logé dans votre corps, mais il ne fait pas partie de votre corps. Son patrimoine génétique est différent du vôtre. Son sexe est différent du vôtre dans 50% des cas. Il fabrique son propre sang, qui peut être d’un autre groupe sanguin que le vôtre. Non seulement votre corps ne vous appartient pas, mais votre enfant ne fait pas partie de votre corps. Vous n’avez donc pas le droit de détruire son corps.

D’autres justifient l’avortement dans des cas précis en disant, « Cet enfant n’est pas voulu, ne sera pas aimé, et sera donc certainement malheureux. »
Il faut s’examiner honnêtement. Parfois, on ne pense pas au malheur de l’enfant, mais aux problèmes que sa venue peut créer dans la vie de son père ou de sa mère. Parfois il s’agit d’un égoïsme déguisé – c’est la solution « facile » aux problèmes créés par son propre manque de maîtrise de soi. Un bébé mettrait fin aux études de sa mère, ou à sa carrière professionnelle ou à son style de vie sans souci. Une grossesse serait une honte et un fardeau financier. Si la vérité est que l’enfant rend ma propre vie plus difficile, il faut que je le dise ouvertement au lieu de prétendre que mon seul souci est le bonheur futur de l’enfant.
Les sentiments changent, et on ne peut pas les prédire. L’enfant qui n’a pas été voulu peut devenir l’enfant qui est chéri plus que tous les autres. Beaucoup de filles ont décidé avant d’accoucher qu’elles donneraient leurs enfants pour l’adoption, mais quand elles voient ce petit être qu’elles ont porté dans leurs corps pendant neuf mois, elles changent d’avis et ne peuvent plus accepter de le perdre.
Pensez à l’enfant pauvre, l’enfant dont les parents ne l’aiment pas comme il faut, l’enfant qui est souvent malade – seriez-vous d’accord qu’on le tue parce que sa vie est difficile? Serait-il d’accord qu’on le tue parce qu’on estime qu’il est malheureux? Alors pourquoi tuer l’enfant qui n’est pas encore né, surtout quand on considère que nous ne sommes pas Dieu pour connaître son avenir ?

D’autres parlent de cette manière: « Cette grossesse est le résultat d’un viol (ou d’un rapport incestueux). Ce n’est pas bien de la porter à terme.”
Soyons clairs: L’immoralité de la conception d’une vie n’a rien à voir avec la moralité de sa destruction. On ne corrige pas un péché en commettant un autre.
Dans beaucoup de pays, celui qui viole une femme n’est pas puni, ou doit seulement passer un certain temps en prison. Est-ce que c’est juste de laisser partir le coupable et de donner la peine de mort à l’enfant innocent qui n’avait rien à voir avec le crime?
L’avortement ne fait qu’ajouter aux problèmes de la femme violée. Elle n’est plus simplement la victime du péché d’un homme – elle est aussi coupable d’un meurtre. Est-ce que cela peut la soulager?
Beaucoup de femmes qui ont fait un avortement ressentent une profonde dépression, un deuil inconscient, au moment où elles auraient accouché si elles n’avaient pas avorté leurs enfants.
En plus, il n’est pas rare que la femme devienne stérile pour le reste de sa vie suite à l’avortement. L’avortement crée plus de problèmes qu’il n’en résoud. 

Que faut-il faire si l’on a déjà fait un avortement?
Peut-être que vous avez déjà fait un avortement. Peut-être que vous avez déjà pris une femme par le bras pour la conduire quelque part pour un avortement. D’autres ont conseillé des femmes de faire un avortement comme la seule solution à leurs problèmes. Votre conscience vous accuse en ce moment. On a raison de se sentir coupable quand on a fait de telles choses.
Mais il y a de la miséricorde chez Dieu. “Venez et plaidons! dit l’Eternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige; S’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine.” (Esaïe 1.18)
Pour ceux qui ne sont pas encore chrétiens, ils peuvent recevoir le pardon par la foi en Christ, la repentance de leur péché, et le baptême. Pour ceux qui ont déjà été baptisés, ils doivent se repentir du péché de l’avortement, confesser et demander pardon. 

Conclusion
La plupart des gens veulent des enfants. La plupart des femmes luttent très fort pour protéger leurs enfants, qu’ils soient dans le ventre ou qu’ils soient déjà nés. Cet amour d’un parent pour son enfant est ce que la Bible appelle « l’affection naturelle » (Romains 1.31). Mais il y a des situations très dures dans la vie qui peuvent mener un homme ou une femme à ne pas agir selon cet amour naturel, à accepter une solution rapide et apparemment simple au lieu de vivre avec les conséquences d’une naissance qu’on n’avait pas voulue.
Dans ces cas, il faut penser clairement. Il faut appeler les choses telles qu’elles sont. Il ne s’agit pas d’interrompre une grossesse ou enlever une chose. Il s’agit de tuer un enfant, de supprimer une vie humaine. Il faut reconnaître que c’est un péché.
Il faut aussi garder sa foi en Dieu. Il a promis faire concourir toutes choses à notre bien si nous l’aimons. (Romains 8.28). Il a toujours montré qu’il est capable de changer le mal en bien si nous gardons la confiance en lui (Genèse 50.20). Sachons donc qu’il peut agir dans une situation qui semble sans espoir et nous donner des bénédictions merveilleuses si nous restons fidèles à sa volonté.
Ne versons pas le sang innocent. Ne conseillons jamais à quelqu’un de verser du sang innocent. Gardons notre respect pour la sainteté de la vie humaine, même la plus petite et la plus vulnérable.
B.B.

(dans Vol. 6, No. 6)

Fuire la corruption

FUIRE LA CORRUPTION

   Dans tous les pays du monde, et particulièrement les pays en voie de développement, la corruption est un problème très réel. C’est un problème pour les gouvernements et les entreprises, mais aussi pour les gens comme vous et moi. La corruption des autres présente des obstacles à nos projets personnels, nous prive des services que nos gouvernements auraient pu nous rendre, augmente les prix que nous payons pour divers articles, et nous dégoûte quand nous voyons les injustices qu’elle provoque. Notre propre participation à la corruption endurcit notre conscience, nous expose à des sanctions telles que le licenciement ou la prison, et nous souille devant Dieu.
Considérez quelques formes que prend la corruption de nos jours:
>Les demandes d’autorisation, auxquelles il ne manque qu’une signature, restent introuvables sur les bureaux des fonctionnaires, à moins qu’on soit prêt à “faire affaire” avec eux.
>Les policiers et gendarmes exigent de l’argent des chauffeurs qui ne sont pas en infraction, de l’argent qui, d’ailleurs, n’arrive jamais dans les caisses de l’état.
>Les chauffeurs offrent de l’argent quand ils sont en infraction pour ne pas avoir à payer une amende plus chère (ou quand ils ne sont pas en infraction, pour ne pas perdre du temps). Ils préfèrent corrompre la police que d’entretenir et assurer leurs véhicules.
>Les douaniers font payer à des voyageurs qui n’ont rien de taxable dans leurs affaires ou laissent passer des marchandises illégales si le concerné “parle du bon français” (leur donne de l’argent.)
>Les voyageurs cachent les marchandises qu’ils devaient dédouaner.
>Les candidats aux concours donnent de l’argent à ceux qui corrigent les examens pour qu’ils soient admis, qu’ils soient aptes ou pas.
>Les employés des auto-écoles font échouer ceux qui ne leur ont pas donné de “pots de vin”.
>Les parents font faire de faux extraits de naissance pour leurs enfants afin de “diminuer leur âge”, ou ils fournissent l’extrait d’un autre enfant, pour des raisons scolaires ou professionnelles.
>L’acheteur de produits emploie de fausses balances pour diminuer le poids de ce qu’il paie par kilo, et le vendeur met du gravier dans ses sacs de café ou de coton pour augmenter le poids de ce qu’il vend.
>Le ministre ou le directeur d’entreprise détourne des fonds à son compte personnel en Suisse.
>Le fonctionnaire ou l’employé d’une grande société permet à des amis d’acheter des médicaments avec des bons de pharmacie qui sont destinés uniquement à lui-même et aux membres de sa famille.
Toutes ces actions malhonnêtes sont condamnées par les principes bibliques.

Considérez quelques-uns des commandements de la loi mosaïque:
Concernant le commerce et les cours de justice –

Vous ne commettrez point d’iniquité ni dans les jugements, ni dans les mesures de dimension, ni dans les poids, ni dans les mesures de capacité. Vous aurez des balances justes…” Lévitique 19.35,36 (voir aussi Deutéronome 25.13-16 et Proverbes 11.1)
Tu ne porteras atteinte à aucun droit, tu n’auras point égard à l’apparence des personnes, et tu ne recevras point de présent, car les présents aveuglent les yeux des sages, et corrompent les paroles des justes.” Deutéronome 16.19 (voir aussi Ex. 23.8)

Concernant l’honnêteté et la transparence en général –

Vous ne déroberez point, et vous n’userez ni de mensonge ni de tromperie les uns envers les autres. Vous ne jurerez point faussement par mon nom, car tu profanerais le nom de ton Dieu. Je suis l’Eternel” (Lévitique 19.11,12)

Dans le Nouveau Testament Jésus mentionne “la fraude” comme l’un des péchés qui ont leur origine dans le coeur de l’homme et qui le souillent devant Dieu (Marc 7.21,22). Paul précise aussi que l’ancien ou évêque, qui doit servir de modèle pour les chrétiens, ne doit pas être “prêt à gagner malhonnêtement de l’argent” (Tite 1.7 – FC)
Beaucoup de corruption serait éliminée si ceux qui se disent chrétiens essayaient de vivre selon la parole de Jésus: “Tout ce que voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes.” (Matthieu 7.12) Si nous n’aimons pas que les autres nous mentent, nous escroquent ou nous obligent à payer des services qui sont censés être gratuits, alors nous ne devrions pas agir ainsi à leur égard.
Qui ne sait pas que la corruption est un mal qui met nos pays en retard et qui est condamnable devant Dieu? On connaît tous le commandement “Tu ne mentiras pas”. Alors pourquoi ce genre de péché est-il si commun?
On le justifie de plusieurs manières:
– “Tout le monde le fait. Je serai le seul qui ne pourrai pas jouir des bonnes choses dans la vie.”
– “On est obligé. Ils vont perdre tout ton temps et tu n’auras toujours pas ce que tu veux.”
– “Qui pourrait vivre avec le salaire qu’on me paie? Si l’état veut que je sois honnête il doit me payer mieux.”
– “Si tu n’as pas comme connaissances des personnes bien placées qui peuvent t’aider, tu ne pourras jamais avoir du travail sans donner de l’argent.”
– “Les collègues m’obligent à faire comme eux.”
Il y a ceux qui préféreraient être intègres, mais ils trouvent que c’est difficile. Alors, qu’est-ce qui pourrait aider à résister à la tentation? 
1. Reconnaître que c’est un péché 
que d’agir des manières que nous venons de décrire. Refusez de justifier le mal par le fait que les autres sont nombreux à le faire. Dieu dit clairement: “Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal.” (Exode 23.2) “Ne vous conformez pas au siècle présent.” (Rom. 12.2) On n’est jamais “obligé” de commettre le péché (I Cor. 10.13). 
2. Reconnaître que celui qui donne et celui qui
 demande font tous deux partie du problème. Si l’on refusait de prendre les pots de vin, ou si l’on refusait de les donner, la pratique serait éliminée. 
3. S’armer de patience
. Dans beaucoup de situations, on sait que l’on peut obtenir le papier officiel qu’on veut si l’on accepte seulement d’attendre quelques jours. Il ne faut donc pas attendre la dernière minute pour commencer. Très souvent, le policier qui exige de l’argent du chauffeur qui est quand même en règle le laissera partir tôt ou tard sans payer si celui-ci garde son sang-froid et attend. Dans la parabole du juge inique, la veuve n’avait pas d’argent pour corrompre le juge, mais elle avait de la persévérance. “Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait point Dieu et qui n’avait d’égard pour personne. Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait lui dire: Fais-moi justice de ma partie adverse. Pendant longtemps il refusa. Mais ensuite il dit en lui-même: Quoique je ne craigne point Dieu et que je n’aie d’égard pour personne, néanmoins, parce que cette veuve m’importune, je lui ferai justice, afin qu’elle ne vienne pas sans cesse me rompre la tête.” (Luc 18.2-4) 
4. Refuser de vendre son intégrité pour épargner
 quelques francs. Mieux vaut peu, avec la justice, que de grands revenus, avec l’injustice.” (Proverbes 16.8). Le chrétien doit savoir que certaines choses valent infiniment plus que l’argent. Beaucoup ont besoin d’apprendre à vivre selon leurs moyens pour diminuer la tentation de chercher un gain malhonnête.
5. Prier – Dieu peut enlever les obstacles posés par les hommes. Ne sous-estimons jamais le pouvoir de Dieu de contrarier les desseins des hommes méchants et de résoudre nos problèmes. Considérez ces paroles de David: “Ne t’irrite pas contre les méchants, n’envie pas ceux qui font le mal. Car ils sont fauchés aussi vite que l’herbe, et ils se flétrissent comme le gazon vert… Recommande ton sort à l’Eternel, Mets en lui ta confiance, et il agira…Garde le silence devant l’Eternel, et espère en lui… Laisse la colère, abandonne la fureur; Ne t’irrite pas, ce serait mal faire. …Encore un peu de temps, et le méchant n’est plus; Tu regardes le lieu où il était, et il a disparu.” (Psaume 35.1,2,5,7-10) Voir aussi Psaumes 73 et 49. 
6. Etre toujours en règle 
– Il faut toujours avoir tous les papiers nécessaires pour sa personne, son véhicule ou son activité commerciale, et si l’on a commis une faute, il faut accepter qu’il est normal de payer l’amende qu’on vous impose. Les ennemis de Daniel voulaient lui faire du mal, “…Mais ils ne purent trouver aucune occasion, ni aucune chose àreprendre, parce qu’il était fidèle, et qu’on n’apercevait chez lui ni faute, ni rien de mauvais.(Daniel 6.4) 
7. Accepter que ce que tu voulais faire peut ne
 pas être la volonté de Dieu pour toi. Que ce soit le fait de continuer les études académiques ou d’être admis à la gendarmerie ou comme employé dans une certaine société, tu peux vivre avec contentement dans la fidélité à Dieu sans obtenir ce que tu cherchais. Mais si tu dois faire ce qui est illégal ou malhonnête pour atteindre ton objectif, tu ne vis plus dans la fidélité à Dieu.
Il n’est pas facile dans cette vie de se garder pur, mais c’est à cela que nous sommes appelés. Soyons “le sel de la terre” et “la lumière du monde” qui peut transformer notre société. (Matthieu 5.13- 16; Philippiens 2.14; Romains 12.2). Chrétiens, cherchez à ressembler au Dieu que vous servez, afin que “vous deveniez participants à la naturedivine, en fuyant la corruption qui est dans le monde par la convoitise.” (II Pierre 1.4).
B.B.

(dans Vol. 5, No. 6)

Que penser de la loterie?

Que penser de la loterie?

Le chrétien a-t-il le droit de jouer à la loterie? Est-ce un péché que de payer un ticket de loterie? La Bible parle-t-elle des jeux de hasard? Voilà des questions qui se posent dans beaucoup d’Eglises actuellement.
La Bible nous donne les réponses à ces questions et à toute autre sur la moralité. Par sa parole, Dieu « nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété » (II Pierre 1.3). Même lorsqu’elle ne s’adresse pas directement à une question particulière, elle nous donne les principes qui nous permettent d’identifier les comportements qui plaisent à Dieu.
Il est vrai que la loterie est légale, voire organisée par l’état, mais tout ce qui est permis par les lois humaines n’est pas forcément approuvé de Dieu. Les mauvaises pensées, l’orgueil, la cupidité, l’idolâtrie, et bien d’autres péchés ne sont pas des violations des lois civiles, mais ils sont condamnables devant Dieu.
Qu’en est-il donc de la loterie? Au moins trois principes bibliques militent contre la participation aux jeux de hasard: 
1. Il faut se garder de la convoitise.
 
« Mais ceux qui veulent s’enrichir tombent dans
 la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux; et quelques-uns en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments. » (I Timothée 6.9,10). 
« Ne vous livrez pas à l’amour de l’argent;
 contentez-vous de ce que vous avez; car Dieului-même a dit: Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point. » (Hébreux 13.5).
Pour le chrétien, ce ne sont pas seulement les actes qui comptent, mais aussi les motifs. Dieu, qui regarde au cœur, s’intéresse non seulement à ce que nous faisons, mais aussi à pourquoi nous le faisons (Matt.6.1-4). Il veut que nos motifs soient purs.
En toute franchise, personne ne joue à la loterie sans le désir de s’enrichir. (Certes, ce n’est pas parce que l’on veut financer les bonnes oeuvres de l’état que l’on achète ces tickets.) Non, ceux qui jouent le font avec le désir de gagner le « gros lot », de devenir « millionnaire », de s’enrichir. Or, la Bible est très claire en disant de nous garder de telles pensées. Ce n’est pas un péché que d’être riche. Si Dieu nous a donné des richesses nous avons la grande responsabilité de les utiliser selon sa volonté et pour sa gloire (I Timothée 6.17-19). Mais désirer les richesses, c’est autre chose, et chose dangereuse! 
2. Il faut travailler pour se procurer le
 nécessaire. 
« Que celui qui dérobait ne dérobe plus; mais
 plutôt qu’il travaille, en faisant de ses mains ce qui est bien, pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin. » (Ephésiens 4.28). 
« Nous
 vous exhortons, frères,…à mettre votre honneur à vivre tranquilles, à vous occuper de vos propres affaires, et à travailler de vos mains, comme nous vous l’avons recommandé, en sorte que vous vous conduisiez honnêtement envers ceux du dehors, et que vous n’ayez besoin de personne. » (I Thessaloniciens 4.10-12). 
« Car
 lorsque nous étions chez vous, nous vous disions expressément: Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. Nous apprenons, cependant, qu’il y en a parmi vous quelques-uns qui ne travaillent pas, mais qui s’occupent de futilités. Nous invitons ces gens-là, et nous les exhortons par le Seigneur Jésus- Christ, à manger leur propre pain, en travaillant paisiblement. » (II Thessaloniciens 3.10-12).
Bien sûr, les chrétiens, comme tout le monde, ont souvent besoin d’argent pour subvenir à des besoins réels. Dieu reconnaît ces besoins matériels. Mais il nous prescrit aussi la manière de les satisfaire: le travail. L’effort que nous fournissons en travaillant est proportionnel à l’argent que nous gagnons en retour. Que ce soit le travail agricole, le secrétariat, ou le commerce, celui qui paie nos produits ou nos services reçoit quelque chose qui est en rapport avec l’argent qu’il nous verse. Tout en nous procurant ce dont nous avons besoin, nous nous rendons utiles aux autres.
L’esprit de la loterie est tout à fait opposé à la position biblique. Ce qui fait marcher la loterie c’est le désir de gagner beaucoup sans effort. On veut recevoir sans donner en retour. Il n’y a aucun rapport entre le prix du ticket et ce qu’on cherche à remporter. 
3. Il faut gérer de manière responsable ce que
 Dieu nous confie. 
« Comme de bons dispensateurs des diverses
 grâces de Dieu, que chacun de vous mette au service des autres le don qu’il a reçu. » (I Pierre 4.10). 
« Tout vient de toi, et nous recevons de ta
 main ce que nous t’offrons. » (I Chroniques 29.14). « Ne savez-vous pas que…vous ne vous appartenez point à vous-mêmes? Car vous avez été rachetés à grand prix. » (I Corinthiens 6.19,20). 
« Le maître de ces serviteurs revint, et
 leur fit rendre compte. » (Matthieu 25.19).
Tout ce que nous avons appartient en réalité à Dieu. Dans sa grâce il nous confie des biens pour satisfaire à nos besoins et nous permettre d’aider les uns les autres. Au jour du jugement, cependant, il nous demandera de rendre compte de notre gérance. Aurons-nous utilisé l’argent d’une manière responsable?
La probabilité de gagner sur un ticket de loterie est peut-être d’un sur dix mille. Loin d’être un risque calculé ayant de bonnes chances pour rapporter beaucoup, il s’agit presque d’une certitude que l’on perdra son argent, ou plutôt l’argent de Dieu qu’il nous a confié. Il est vrai que l’on doit souvent prendre des risques afin de gagner de l’argent et que tout investissement représente un risque. Les hommes d’affaires, pourtant, cherchent toujours à réduire le risque de perdre de l’argent et se gardent de mettre leur argent là où il a peu de chances de fructifier. Or, dans la loterie les chances de fructifier son argent sont pratiquement nulles. Il est aussi vrai que pour beaucoup d’hommes, les sommes d’argent dépensées sur la loterie ne sont pas excessives. Jésus dit, cependant, « Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes. » (Luc 16.10). Montrons-nous des économes fidèles de tout ce que Dieu nous confie.
B.B.

(dans Vol. 5, No. 6)

7 Questions sur le divorce et le remariage

7 Questions sur le divorce et le remariage

«L’Eternel Dieu dit: Il n’est pas bon que l’homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui. L’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena vers l’homme. Et l’homme dit: Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair! on l’appellera femme, parce qu’elle a été prise de l’homme. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair.» (Genèse 2.18,22-24)
En instituant le mariage Dieu a offert à l’homme une grande bénédiction. Il savait que l’homme aurait besoin d’une compagne pour partager sa vie afin d’éloigner la solitude et jouir d’un bonheur plus profond. Il a donc créé la femme, voulant que l’homme et la femme soient unis pour toute leur vie dans l’amour mutuel. Il accordait à l’humanité quelque chose de beau et de précieux: le cadre idéal pour vivre l’amour, s’exprimer sexuellement, éduquer des enfants et se réfugier des difficultés et des incertitudes de la vie dans les bras d’une personne qui offre inconditionnellement son amour, sa présence et son soutien moral, quelle que soit l’épreuve.
Malheureusement, les hommes n’ont pas toujours respecté la volonté de Dieu en ce qui concerne ce don précieux. L’égoïsme, le manque de respect mutuel, l’infidélité, et bien d’autres péchés ont eu leurs effets dans de nombreux foyers. Parfois ces mariages subsistent, mais dans une ambiance sans affection et tendresse, sans confiance, sans communication, sans paix et sans bonheur. Ces mariages pourraient être sauvés et rendu heureux si les deux conjoints s’engageaient à mettre en pratique les conseils de la Bible. Mais d’autres mariages ont déjà terminé par le divorce. Certaines personnes sont passées par le mariage, le divorce et le remariage plusieurs fois.
Il est vrai qu’il y a souvent des questions épineuses en ce qui concerne le mariage, des situations réelles qui sont très complexes et difficiles à démêler. A cause de l’égarement du dessein originel de Dieu, on ne sait pas toujours comment procéder pour retrouver, si possible, une situation saine et acceptable devant Dieu. Nous essayerons, néanmoins, de répondre, à l’aide de la Bible, à plusieurs questions relatives au mariage et au divorce afin de dégager les principes divins qui régleront la majorité des cas.
1. Qui a le droit de se marier ?
La première catégorie de personnes ayant le droit de se marier est composée de celles qui n’ont pas encore été mariées. Les «vrais» célibataires ont la possibilité de se marier. Ce n’est pas du tout une obligation, et il peut y avoir des situations où il serait nettement mieux de rester célibataire (1 Corinthiens 7.8,9,25-27), mais le fait d’imposer le célibat obligatoire est identifié en 1 Timothée 4.1-3 comme une fausse doctrine, voir une «doctrine de démons». L’apôtre Paul lui-même n’était pas marié, mais il affirmait son droit de se marier et de se faire accompagner par sa femme au cours de ses voyages missionnaires (1 Corinthiens 9.5). A l’homme qui n’avait pas d’épouse, Paul dit: «Si tu t’es marié, tu n’as pas péché; et si la vierge s’est mariée, elle n’a pas péché» (1 Corinthiens 7.27,28).
La deuxième catégorie est composée des veufs et des veuves «Une femme est liée aussilongtemps que son mari est vivant; mais si le mari meurt, elle est libre de se marier à qui elle veut; seulement, que ce soit dans le Seigneur.» (1 Corinthiens 7.39). Romains 7.2,3 et 1 Corinthiens 7.8,9 affirment ce même droit à ces personnes dont le conjoint est décédé.
Les personnes divorcées qui avaient bibliquement le droit de divorcer constituent une troisième catégorie ayant le droit de se marier. Ce qui nous amène à une deuxième question:
2. Qui a le droit de divorcer ?
En Matthieu 19.3 les pharisiens demandèrent à Jésus: «Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour un motif quelconque» Après leur avoir rappelé le passage de Genèse par lequel nous avons commencé cette étude, Jésus déclara: «Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint.» (Déjà dans l’Ancien Testament Dieu avait dit par le prophète Malachie: «je hais la répudiation le [divorce]» (Mal. 2.16). Les pharisiens poursuivirent en demandant pourquoi Moïse avait autorisé de renvoyer une femme en lui donnant une lettre de divorce. Jésus leur répondit: «C’est à cause de la dureté de votre coeur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes; au commencement, il n’en était pas ainsi. Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère.» Le mot grec traduit «infidélité» par Louis Segond est le mot porneia, d’où nous avons le mot fornication (et aussi le mot «pornographie». Il s’ agit du péché sexuel, toute relation sexuelle en dehors du mariage. D’autres traductions sont: «union illégale» – TOB, «fornication» – Darby, et «adultère» – Ostervald. Selon Jésus, cette action est la seule cause de divorce reconnue par Dieu. Si votre conjoint a eu, après votre mariage, des relations sexuelles avec toute autre personne que vous, la parole de Dieu vous autorise de divorcer d’avec lui et de trouver un autre conjoint qui vous sera fidèle. (Il devrait aller sans dire que si vous avez été infidèle vous-même envers votre mari ou votre femme, vous n’avez pas le droit de divorcer d’avec l’autre et de vous remarier. Autrement, un homme qui veut changer d’épouse pour n’importe quelle raison pourrait tout simplement commencer ouvertement une relation avec une autre femme. Quand son épouse jalouse le répudie, il se marie à celle qu’il a choisie en disant que son divorce est «biblique» puisqu’il eut pour cause la fornication – la sienne! Une telle conclusion est manifestement fausse.)
Etant donné que Jésus ne cita que cette seule exception à l’interdiction de divorce, les nombreux arguments que les gens avancent pour justifier leurs décisions de divorcer ne sont pas valables aux yeux de Dieu. Si votre femme est stérile, si votre mari est devenu impuissant, si votre femme vous semble trop querelleuse, si votre mari est au chômage depuis longue date, si vos parents mettent une pression sur vous de changer d’époux, vous n’avez quand même pas le droit de divorcer. Nous pouvons certainement sympathiser et peutêtre suggérer des moyens de résoudre certains problèmes, mais nous ne pouvons pas autoriser le divorce là où Dieu ne l’a pas autorisé.
Certains croient trouver une deuxième cause biblique pour le divorce en 1 Corinthiens 7.15 qui parle des mariages entre chrétien et non-chrétien. Paul avait dit aux versets 12 à 14 que le chrétien dont la conjointe, qui n’ est pas croyante, accepte de vivre avec lui, ne doit pas la répudier (la répudier parce qu’elle n’est pas chrétienne, bien sûr). Il doit rester avec elle et garder l’espoir qu’elle se convertira. La même règle s’applique à la soeur en Christ dont le mari non-chrétien consent à habiter avec elle. Au verset 15 la situation contraire est envisagée: Que faire si le non-croyant ne veut pas rester avec un conjoint chrétien ? «Si le non-croyant se sépare, qu’il se se sépare; le frère ou la sœur ne sont pas liés dans ces cas-là. Dieu nous a appelés à vivre en paix.»
Beaucoup de personnes disent que, selon ce verset, si l’on est abandonné par son mari ou sa femme, on peut se remarier. Mais ce n’ est pas là le sens des propos de l’apôtre. D’abord Paul dit que si le non-croyant se sépare, qu’il se sépare. Le mot utilisé en grec dans ce verset, chorizo, signifie se séparer, quitter. Il ne suggère pas l’idée de se rendre à la cour de justice pour terminer le mariage (ou de rembourser une dot) pour avoir ainsi le droit de se remarier. Le mot pour «divorcer» est apoluo, qui n’est pas utilisé ici. Ni le divorce ni le remariage ne sont mentionné dans ce verset. Ensuite, Paul dit que le frère ou la soeur ne sont pas liés dans ces cas-là. Ici il faut examiner le sens du mot «lié». Paul se sert du mot grec dedoulotai (du verbe doulou). C’est un mot qui se réfère à l’esclavage ou au fait d’être asservi; la servitude. Selon la forme du verbe employée, le sens est que le frère ou la soeur n’est pas asservi au non-chrétien et n’a jamais été ainsi asservi. Le mot est employé 125 fois dans le Nouveau Testament, mais il n’est jamais employé pour désigner le mariage. Paul n’est pas en train de dire que le frère ou la soeur ne sont pas mariés dans ces cas-là. Si oui, il serait en train de dire qu’ils n’ont jamais été mariés dans ces cas-là. Dans le même chapitre nous voyons le mot français «lié» utilisé dans le sens de «marié» ou «lié par mariage à quelqu’un» (versets 27 et 39). Mais dans ces versets, ce n’est pas le mot «dedoulotai» mais le mot «deo» qui veut dire littéralement «collé, joint, ou attaché.» C’est ce mot qui est habituellement employé pour désigner les liens du mariage.
Quel est donc l’enseignement du verset 15 ? Si une femme chrétienne a, par exemple, un mari païen ou musulman qui veut la forcer d’abandonner sa foi chrétienne, qui menace de la renvoyer ou l’abandonner à moins qu’elle cesse d’aller à l’Eglise ou qu’elle accepte de suivre la religion de son mari, elle ferait mieux d’accepter d’être abandonnée. Elle n’est pas l’esclave de son mari de sorte qu’elle soit obligée d’abandonner le Seigneur afin de conserver son mari. Il n’est pas dit qu’elle peut se remarier. Elle doit se considérer dans le même cas que celle qui est mentionnée au verset 11: Elle demeure sans se marier ou bien elle est réconciliée à son mari (s’il change de position). Une autre question se posera maintenant dans l’esprit de plusieurs personnes:
3. Que dois-je faire si j’ai déjà divorcé pour autre cause, c’est-à-dire non à cause de l’infidélité sexuelle de mon conjoint?
Toujours en 1 Corinthiens 7 Paul identifie aux versets 10 et 11 les deux actions possibles: «A ceux qui sont mariés, j’ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se sépare pas de son mari; (si elle est séparée, qu’ elle demeure sans se marier ou qu’ elle se réconcilie avec son mari)et que le mari ne répudie point sa femme.» Certes, quand il y a eu séparation ou divorce, il n’est pas toujours facile de se réconcilier. Si l’autre personne s’est remariée, elle n’acceptera peut-être pas de quitter son conjoint actuel, même si elle apprend que devant Dieu elle n’avait pas le droit de divorcer au départ et donc aucun droit de contracter un autre mariage. Il est vrai que par la prière et la persévérance beaucoup de choses ont été réalisées que l’on n’aurait pas cru possible, y comprises des réconciliations après de longues années de séparation ou de divorce. Néanmoins, la réconciliation ne se produit pas toujours. Dans ces cas, la personne qui n’ avait pas raison de divorcer doit rester sans se remarier, tant que son conjoint légitime sera vivant.
4. Que dois-je faire si j’ai divorcé pour autre cause que la fornication et que je me suis marié à une autre personne ?
Jésus dit en Matthieu 5.32: «Mais moi, je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d’infidélité, l’expose à devenir adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère.» Nous avons déjà vu en Matthieu 19.9 que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d’infidélité, et qui en épouse une autre commet un adultère. Marc 10.11,12 affirme la même chose, que ce soit l’homme ou la femme qui initie le divorce. Il précise que celui qui se remarie dans ces conditions commet l’adultère «à l’égard de» ou contre sa première femme. Il semble clair que la personne dont la Bible n’a pas autorisé le divorce demeure, aux yeux de Dieu, mariée à son premier conjoint. Toute relation sexuelle avec autre personne, que ce soit sanctionné par les hommes par une cérémonie de mariage ou pas, constitue un adultère, un péché sexuel. Puisque l’adultère est par définition un acte sexuel, chaque fois que la personne qui s’est remariée contre la volonté de Dieu a des relations avec son nouveau partenaire il s’agit d’adultère. Tous les deux se rendent coupables.
De nombreux passages, tels que 1 Corinthiens 6.10 nous disent que les adultères «n’hériteront pas le royaume de Dieu». Il n’est donc pas permis de continuer dans une telle union. La repentance (Luc 13.1-3; Actes 2.38; 3.19; 17.30; 26.19,20) exige que le pécheur cesse de pratiquer le mal. Il ne suffirait pas de dire: «Je ne divorcerai plus pour des raisons non-bibliques mais je reste avec celui ou celle que j’ai actuellement.» Comme nous l’avons déjà constaté, l’adultère consiste non pas dans le divorce ni dans la cérémonie de mariage, mais dans les relations sexuelles avec une personne que Dieu ne reconnaît pas comme notre époux légitime. Ceci est confirmé par la parole que Jean-Baptiste adressa à Hérode au sujet d’ Hérodias, femme de Philippe, son frère. «Jean lui disait: Il ne t’est pas permis de l’avoir pour femme.» (Matthieu 14.4). Il n’aurait pas suffi pour Hérode de dire «Je ne prendrai plus d’autres femmes de mes frères.» Jean ne dit pas: «Tu n’avais pas le droit de la prendre», mais «Tu n’as pas le droit de la garder.» 
5. Si j’ai divorcé et que je me suis remarié
 avant d’entendre l’évangile, est-ce que mon deuxième mariage n’est pas rendu pur par mon baptême?
On pose souvent et naturellement de telles questions. «Je reconnais que ce que j’ai fait était contre l’enseignement de Jésus, mais j’étais ignorant, étant dans le monde; et puisque Dieu m’offre le pardon de tous mes péchés, pourquoi dites-vous que je dois me séparer de mon conjoint ?»
Premièrement le fait de ne pas reconnaître l’autorité de Jésus et d’ignorer ses commandements ne signifie pas que nous ne sommes pas responsables devant sa loi et coupables quand nous lui désobéissons. Tous, chrétiens comme non-chrétiens, sont sujets à l’autorité de Christ. Il dit en Matthieu 28.18: «Toute autorité m’a été donnée dans le ciel et sur la terre.» Éphésiens 1.22 dit que Dieu a tout mis sous les pieds de Jésus. Selon 2 Corinthiens 5.10, «Il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ», et selon 2 Timothée 4.1, Jésus-Christ «doit juger les vivants et les morts.» Or le jugement de Jésus sera selon la parole qu’il a lui-même annoncée (Jean 12.48). Tout le monde est censé connaître la loi. Si nous n’étions pas sous la loi de Dieu, on serait sans péché (Romains 4.15). Le fait que nous sommes qualifiés de pécheurs prouve que nous sommes sous sa loi. Malgré le fait que les hommes se justifient dans leurs actions, la Bible condamne «l’impudicité, l’impureté, les passions, les mauvais désirs, et la cupidité, qui est une idolâtrie. C’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion, parmi lesquels vous marchiez autrefois, lorsque vous viviez dans ces péchés. Mais maintenant, renoncez à toutes ces choses» (Colossiens 3.5b-8a). Même si l’on ignore les lois de Dieu, on est sous sa condamnation quand on y désobéit. On doit s’en repentir, et se repentir signifie que l’on accepte d’abandonner son péché.
Deuxièmement, il est évident que le baptême ne change pas un acte pécheur en acte approuvé de Dieu. Oui, selon l’enseignement de la Bible, la personne qui a cru en Jésus et qui s’est repentie de ses péchés reçoit, lorsqu’elle est baptisée en Christ, le pardon de ses péchés (Marc 16.16; Actes 2.38; Actes 22.16; Romains 6.1-7). Mais quand Dieu me pardonne le mal que j’ai fait cela ne veut pas dire que cette activité ne sera plus pécheresse si je continue de la faire ou si je la reprend de nouveau. Je ne peux pas persister dans le péché sans m’attirer encore la condamnation (Romains 8.13).
Si je vis dans la fornication, ayant des relations sexuelles avec une femme sans que nous soyons mariés l’un à l’autre, le fait de croire en Christ et me faire baptiser ne prend pas la place du mariage que je dois faire. Être baptisé ne veut pas dire que je suis du coup marié à mon partenaire dans la fornication et que cette relation est maintenant pure devant Dieu. Être baptisé ne veut pas dire que celle que Dieu ne reconnaissait pas comme ma femme légitime est maintenant reconnue comme ma femme. Le baptême ne me donne pas le droit de demeurer dans une situation que la parole de Dieu condamne.
6. Est-ce qu’il est vraiment possible de «rester comme ça» sans se marier, sans avoir de relations sexuelles avec qui que ce soit ? Dieu exigerait-il une telle chose ?
Si l’enseignement de Jésus sur le mariage nous paraît difficile, sachons qu’il paraissait difficile à ses premiers disciples également.
En apprenant la position du Seigneur à l’égard du divorce ils se sont exclamés: «Si telle est la condition de l’homme à l’égard de la femme il n’est pas avantageux de se marier.» (Matthieu 19.10). La réponse de Jésus indique qu’il était conscient que d’autres n’accepteraient pas ce qu’il avait dit, mais qu’à cause du royaume des cieux certains avaient accepté d’être comme des eunuques, des hommes qui n’ont jamais de rapports sexuels avec des femmes.
Oui, il est certainement difficile pour la plupart d’hommes et de femmes de ne pas se marier et de se garder purs dans un monde immoral. Chacun est appelé, pourtant, à savoir «posséder son corps dans la sainteté et l’honnêteté, sans se livrer à une convoitise passionnée» (1 Thessaloniciens 4.4,5). Ce n’est pas seulement à la personne qui a divorcé pour des raisons non-bibliques que Dieu demande de s’abstenir de rapports sexuels. Le célibataire doit en faire autant, quel que soit le nombre d’années qu’il doit attendre avant de se marier. Le frère marié dont la femme devient victime d’une longue maladie qui empêche les rapports doit faire autant. La femme dont le mari est en prison doit faire autant. Leurs situations ne sont pas de leur faute, mais elles imposent l’abstinence.
Quel que soit le sacrifice demandé par Dieu, nous pouvons être sûrs que Dieu le récompensera. «Jésus leur dit: Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause du royaume de Dieu, sa maison, ou sa femme, ou ses frères, ou ses parents, ou ses enfants, ne reçoive beaucoup plus dans ce siècle-ci, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle.» (Luc 18.29,30) 
7. Disons que je ne suis pas formellement
 «marié» à mon partenaire (ou mon ex-partenaire). Puis-je divorcer ou me remarier ?
Nous parlons parfois de mariage coutumier et parfois de mariage légal. Mais celui qui n’a fait ni l’un ni l’autre ne peut guère parler de divorcer ou de se remarier. Le concubinage n’égale pas le mariage. Ni les rapports sexuels, ni la cohabitation, ni la procréation ne fait un mariage. Si vous n’avez jamais épousé un partenaire sexuel, vous n’êtes pas lié à la personne. Vous devez vous repentir de votre comportement immoral (soit en vous séparant définitivement, soit en vous mariant), mais votre péché ne serait pas l’adultère dont nous parlons ici. 
Conclusion

Nous reconnaissons que les conclusions tirées dans cette étude seront difficiles à admettre pour beaucoup de personnes. Elles risquent de bouleverser la vie de ceux qui ne soupçonnaient même pas leur condition devant Dieu. Elles provoqueront peut-être de la colère chez d’autres. Si nous ne permettons pas à nos émotions et nos désirs naturels de nous faire perdre l’objectivité, nous verrons, pourtant, que la volonté de Dieu au sujet du mariage est assez claire. La vérité n’est pas toujours agréable ou facile à appliquer, mais c’est elle qui nous libère du péché (Jean 8.32). Ayons le courage de l’accepter, de la prêcher avec amour, et de conformer nos vies à ses exigences.

B.B.

(dans Vol. 5, No. 2)